‹ Histoire de l'Académie française (volume 3)Chapitre 70 sur 89 · GOMBAUD, HABERT, SERIS.AY · texte numérisé non relu

GOMBAUD, HABERT, SERIS.AY

M. LE CHANCELIER

C'est anjoiird'hiii, Messieurs, qu'on révèle à la France

Les mystères sacrés de la vraie éloquence ui).

Voici Kheure où l'on doit chasser l'obscurité,

Où l'on doit découvrir une grande clarté.

C'est aujourd'hui, Messieurs, que la belle Déesse

Qui, dédaignant les cieux pour en être l'hôtesse,

>'avoit jamais planté son siège dans Paris,

Vient enfin habiter avec les beau.x esprits.

C'est à tort, grands auteurs, que la Grèce se vante :

Rome ne paroît plus en ce point triomphante.

Mais vous aurez l'honneur, grands et divins esprits.

D'avoir fait habiter la Déesse à Paris.

GODEAL.

C'est pour vous que du ciel elle a daigné descendre.

fff) Après ces deux vers, ou lit dans Teditiou de 17 33 :

Les Muses qui du ciel ont descendu chez nous Vous rendent par ma bouche un oracle si doux. C'est à tort, grands auteurs, que la Grèce se vaut • ; La Rome des Latins n'est plus la triomphante : L'Italie aujourd'hui tombe dans le mépris. Et les Mu«es n'ont plus de séjour qu'a Paris.

GODEAV.

fini iioiriiit. Alnuseiu'ncur

4i2 PIÈCES JUSTIFICATIVES.

Sans vous, ô grand Séguier, nous aurions beau l'attendre :

Faisant la sourde oreille à ses divins esprits,

Sans vous elle n'eût pas dévalé dans Paris.

Qui croira, Monseigneur, que ces enchanteresses,

Que ces neuf belles Sœurs, nos divines maîtresses,

Délices à présent des cœurs plus inuocens,

Eussent charmé sans vous nos esprits et nos sens?

CHAPELA.TX.

Monseigneur, les doctes pucelles Qu'on m'a vu toujours adorer jN'ont pointMe guirlandes si belles Dont ils puissent vous honorer [a).

Vous voyez les choses futures A travers tant de nuits obscures, Que, veillant au bien de l'État, Vous découvrez ce qu'il faut faire, Au rebours du sens populaire, Pour maintenir le potentat.

BOIS-ROBEBT.

Superbes filles de mémoire.

Venez accroître mon ardeur; Je vais travailler à la gloire D'une incomparable Grandeur (/;).

Étonneraent de l'univers.

Digne et grand sujet de mes vers, Merveille du siècle où nous sommes.

On ne peut assez honorer

[a] Daus l'édition de 1753, ces quatre premiers vers sont supprimés; les six qui suivent sont légèrement modifiés.

(6) Daus la même édition, après ces vers. Bois-Robert interrompt sa strophe, et ajoute :

Que le style élevé me paroît incommode !

Je n'ai pas le talent qu'il faut pour faire Une ode.

Celui que les deux et les hommes Devroient tous ensemble adorer.

M. LE CHANCELIER

Voilà, sur mon honneur, de belles fantaisies, J'en dois remercier vos seules courtoisies.

l'estoile.

Attente de l'histoire, oracle de la cour, V^otre esprit a des traits qui brisent tous obstacles, Et, sans être flatteur, je dirai bien qu'un jour Vous vaincrez tous les saints à faire des miracles ; Mais, grand astre d'honneur, -faut-il pas avouer Que si vous refusez souvent de nous entendre, Lorsque notre devoir nous pousse à vous louer. Vous couvrez un beau feu d'une très-belle cendre?

M. LE CHANCELIEB.

INon, je n'aime pas fort ces importuns auteurs Qui passent chez les grands pour de petits flatteurs.

BAUDOUIN

Grand appui des mortels qu'on doit moins nommer homme

Qu'une divinité 5 Si vous eussiez été dans l'empire de Rome,

Que n'eussiez-vous été?

Près de vous les Gâtons, tous couverts de poussière.

Sont dans l'obscurité,

M. LE CUAXCELIEn.

Que chacun se réduise au mérite d'auteur; J'estime le savant et je hais le flatteur. Mes louanges, Messieurs, ne sont pas nécessaires, Et TOUS avez ici de plus grandes affaires.

SEBISAÏ.

Porchères semble avoir dessein de nous parler.

poncHÈnES.

Quatre mots seulement, Messieurs, puis m'en aller. Monsieur de Colomby m'a chargé de vous dire Que, las de ses emplois, enfin il se retire.

ii PIECES JUSTIFICATIN F.S.

Et leurs grandes vertus ont perdu leur lumière Près de votre clarté !

COLLETET

Enfin je veux écrire à ta juste louange ; l"-t, si tu me permets, si haut prendre le ton, Que le peuple du Tage avec celui du Gange Te croira plus qu'un Dieu quand on dira ton nom.

GOMBAUD

Vous pouvez, Monseigneur, l'aire un effort extrême; Vous pouvez opposer le monde au monde même ; Vous pouvez c'Iiaque jour et vaincre et triompher, Tantôt par le conseil et tantôt par le fer.

HABERT

Vous eu avez tant dit que je n'ai plus que dire. Sinon qu'il en fait plus qu'on n'en sauroit écrire.

M. LE CHAINCELIER.

Je ne vois point ici ni Tristan ni Faret, Non plus que Saint-Amant.

GODEAI".

Ils sont au cabaret.

M. LE CHANXELTER.

Ils sont au cabaret ? Messieurs, quelle apparence î

r.t vous saurez aussi qu'cnuuyé de la Cour, Je vais chercher ailleurs un tranquille séjour.

SERISAY.

Vous nous voyez pensifs, mornes et taciturnes De perdre Vlnlendanl de aos plaisirs norlurnp>. Et vous ferez savoir au muet Orateur Des affaires d'État le fond de notre cœur. Nous regrettons beaucoup un si grand personr.agc, Et ne suivrons pas moins notre important ouvrage.

DESMARETS

Je ne vois point ici Saint-Amaut ai Faret. Ouc sont-ils devenus ?

i.onEAr.

Ils Sont .in caliarel.

i'ii:(:i:s justificatin bis. Ho

Je laisse tous les jours les affaires de France ; Je quitte mon lo^^is ; je viens en ce quartier, Sachant bien le respect que je dois au métier, Et ces gentils galants, sans aucun soin de gloire, Lorsque nous travaillons, prennent plaisir à boire!

SEUISAV.

Voici venir Silhon avec notre marquis.

M. LE CH\^CELTER.

Le dernier nous vient voir sans en être requis (i).

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