PRONONCE LE 17 NOVEMBRE
Par m. Pelusson,
Lorsqu'il fut reçu à la place de M. de Porchères.
Messieurs,
J'aurois souhaité de ne voir jamais mourir pas un de messieurs les Académiciens, et de demeurer toute ma vie supernuméraire, ce qui ne m'étoit que trop glorieux^ mais puisqu'il en devoit arriver autrement, je me ré* jouis de voir que cette illustre Compagnie confirme aujourd'hui la grâce qu'elle m'avoit déjà faite, et qu'elle n'en a point été détournée ni par les défauts qu'elle a pu remarquer en moi depuis que j'ai l'honneur d'assister à ses assemblées, ni par les divers murmures qui ont été excités de tous côtés contre ce misérable livre, qui, tout innocent quïl est, n'a pas eu certainement le bonheur de satisfaire également à tout le monde. Je me
sens obligé, Messieurs, à vous protester de nouveau que, ni en le composant, ni en le publiant, je n'ai jamais eu d'autre pensée que de servir la Compagnie, d'obliger tous les particuliers qui la composent, d'honorer le Protecteur mort, de rendre tout ce que je devois au mérite et à la qualité du Protecteur vivant.
 cette protestation. Messieurs, j'en ajoute une autre, qui est que je n'imiterai point ceux qui ne témoignent de l'ardeur pour leurs maîtresses que durant les fiançailles et qui s'en dégoûtent le lendemain de leurs noces. Vous me verrez redoubler mon assiduité et mes soins, et, par les devoirs que je rendrai, et à tout le Corps en général, et à chacun de vous. Messieurs, j'essayerai de vous faire voir que dans une âme qui n'est pas tout à fait mercenaire, le souvenir et la reconnoissance d'un bienfait reçu ont encore plus de force que n'en avoient le désir et l'assurance de le recevoir.
in- COMPLIMSNT
POUR L'A^CADÉMIE FJ^ANÇOISIE
A MONSEIGNEUR LE GHANCEUERJ
Monseigneur,
L'Académie est trop sensible à toutes vos grâces pour ne Vétre point à vos prospérités. Le respect que nous avons pour Votre Grandeur ne peut à la vérité ni augmenter ni diminuer. En cela tous les temps nous sont égaux, car ils le sont à votre vertu ^ mais quant à notre satisfaction et à notre joie, nous confessons, Monseigneur, qu'elle dépend de votre fortune. Ce que le Roi vient de rendre à vos grands services, nous pensons l'avoir reçu. Votre gloire est la nôtre ; si vous la regardez sans émotion, nous vous admirerons, Monseigneur, mais nous ne saurions vous imiter.
D£ PELLlSfiOM. 3SI
Souffrez que nous en soyons plus touchés que vous, et qu'on reconnoisse à cette marque à quel point nous sommes tous, en général et en particulier, vos trèshumbles, très-obéissants et ^ès-fidèles serviteurs , etc.
33i DISCOURS ACADÉMIQUES