‹ Histoire de l'Académie française (volume 5)Chapitre 16 sur 81 · DE MÉZIRIAC · texte numérisé non relu

DE MÉZIRIAC

de bel art qu'il ne connût et où il ne pût même tra- Tailler de ses mains , point de personne, de quelque condition qu^elle fût, et même d'entre ses domestiques, avec qui il ne s'amusât agréablement. On le voyoil faire toute sorte d'exercices, suivant la saison ou suivant la compagnie qu'il avoit, jouer aux cartes, aux dés et à tous les autres jeux, dont il connoissoit jusqu'aux der-« niëres Gnesses; danser au milieu d'une compagnie de femmes, et cela avec tant de liberté, qu'il faisoit souvent porter après lui un portefeuille pour écrire quand il lui en prenoit envie, sans s'éloigner du lieu où Tas-* semblée se trouvoit. Avec cette humeur libre et fami-- Hère, jointe à son mérite, à sa naissance et à son bien, il étoit non-seulement aimé, mais encore respecté et révéré de tout le monde, et possédoit une espèce d'empire dans sa patrie. Il n'en abusoit pas néanmoins, et ne s'en servoit que pour le bien ou pour le plaisir de ceux-là mêmes qui le lui donnoient. Il étudioit soigneusement leurs inclinations et leur génie, et suivant qu'il les jugeoit propres à quelque science ou à quelque art, il les y poussoit de tout son pouvoir, et prenoit plaisir de les en instruire et d'en conférer avec eux.

Quelquefois aussi il leur proposoit des parties de divertissement : et sur ce sujet il me souvient (Tavoir ouï souvent raconter à notre ami, fort au long, comment il fit représenter, par des personnes de condition qu'il cboisit lui-même, les Bergeries de M. de Racan, qui étoit son ami intime. Premièrement il changea la pièce en quelques endroits, afin de faire que la scène en fût aux environs de Bourg en Bresse^ puis il prit pour cette

iîd DES AGADEMrëleN^ tsN {PARTICULIER.

motion une safte, ilonl \^ îhniim xmetm &tè flfeil^ <«té8 làiâMeét ¥«if* ftu« spèëtiteilA I6s tiièiMs lient qui étoiettl j^rrf-i^sëhléii en pëttt stir k théàu^. Les miébines qu'» fillIbU néi««SMirèMèftt dMâ i^ette plèeë pôur représenter lès ebéilltes A*(Jil m«^(^iëti, étôiéfit fâiléji él disposée» fivêe tifi ^Hm éfLlrMfie; et quafld ytt fiëHSlfl dragon ènflarniné tit)t â pHf oArë, Une Aeè actrieèS faillit à pAmër de fewf, el M p^byvÊtH de la eofitpagnie eif trembla, «f^igtiaHt té qui ai>rive SOfUfeM en oéS rai^ contres, que lé feu né fit plus qu'on ne toi àVdit 6tànhnè. Mats 6è qui iU^ âè ^ meffeilleut, e'c^t quSI atèfft pris tôUs M mêoH fr^oprei aiit rftiee quil féef avdit distribués^ «t ^« pfesqué imn ayant \^ fAMM passions qtilK dëVèiëm l-epfdienkir) m du fMins ffi'en étant pB f^t llbighéa, l'inltoèfeift dVitfè façon éfc^

ttàordlh&if^. n f «ût étitrd autres un Jeune boMme qui fkisofl le pèrsd«Mfigé d'ufi amant affligé, él qui éloH amàht affligé luÎHftêmè, qui surpassa en eette occa^ëfl les Rosctus, ie^ Ésope et iei llonddry \ et apr^ it^ pleuré le preiWer, fit pleurer tckitè rassemblée, telle étoit donc la ^ié de cet Académicien, (fui fie fut paë longue : car il (i^arcrfl guère* que quaràhte^inq atta, quand il mourut. Il a laissé des enfiints, et plusieurs ouvrage^ de toutes sortes.

> Roscius et Ésope êtaicnl des acteurs fort célèbres de rancienne Rome; Mondory n'oblfnt pas moins de réputation dans la tr:.géaie, sous te règne de Louis XUI.

* Il iiiol^t le M février 1636, aîBsi qu'on le voit par san épU iaplM, qui est sur un parchemin emborduré d'ébène^ dans Téglise paroissiale de Bourg.

Quant à son Age, certainement B. PeUissoû avoit reçu de faux

On voit de lui ûfi {letlt litre de poésies italiennes, où il y É dès iihitàtioiis déis plus belles cdmparaisotis qui sont dttils les huit (ïi^Hiiërs lirrês de V Enéide i

Un autre de poésies latines;

PinsiéuH poésies en françoîs : il y en a 3ans le Recueil de 1621, appelé Délices de la Poéèiefrançoise^ et dans celui dé Tati 1627 ;

Un volume qui contient une partie des épi très * d'Ovide, traduites ert vers françois, avec des commetitaires fort savants. Il y en a une qu'il dit avoir été traduite vingt ans auparavant par Guillaume Bachet, sbn frère aîné ^ ;

La véritable Vie d'Ésope en françois : je àiÈ la véritable, parce que celle de Planudes est tenue pour JTabuleuse par les savants;

Diophante^ traduit de grec en latin, avec des commentaires, dont M. de Fermât, notre ami, et tous ceux qui entendent l'algèbre font très-grande estime» Il di-

mémoires. Car Thistoire de Bresse nous apprend que M. de Héziriac étoit d'an premier lit, et que son père contracta un second mariage au mois de septembre 1586. On ne peut donc pat douter que H. de Héziriac ne fût né avant 1586, ni que par conséquent il eût au moins cinquante-deux ans lorsqu'il mourut, en 1638.

Voilà ce que j'avois écrit dans mes premières éditions. Mais un livre imprimé depuis peu & Dijon, sous ce iMtei Éloges de quelques auteurs françois^ lève ici toute difficulté puisqu'on y rapporte rentrait baptistaire de Méziriac, selon lequel il étoit né le 9 d'octobre 1581. (0.)

^ Avant que de publier ce volume, il avoit donné à part la seconde épltre sous un titre orthographié à l'italienne:

Bfitre de Filis à Défnofoon^ imitée d'Ovide. À D^fon, 1616. (o.)

* Voy. ci-dessus, page 175.

soit lui-même qu'il s'élonnoit comment il avoit pu venir à bout de cet ouvrage^ et qu'il ne Tauroit jamais achevé sans la mélancolie et Topiniitreté que lui donnoit une fièvre quarte qu'il avoit alors ;

Un livre- de Récréation» arithmétiques^ adre H. de Tournon, où il enseigne toutes les subtilités qu'on peut faire dans les jeux par les nombres, et d'où on a pris une partie des Hécréaticnu mathémaliqves;

Un traité de la Tribulation^ traduit de Fitalien de Cacciaguerra.

Son grand ouvrage étoit la traduction de Plutarque, qu'il avoit entreprise à l'envi de celle d'Amyot, où il prétendoit, comme je vous ai dit ailleurs', avoir trouvé une infinité de fautes. Son travail étoit presque achevé quand il mourut, et nous pouvons espérer qu'on le donnera un jour au public'.

Il cite souvent dans ses œuvres un commentaire sur ApoUodorÇy qui ne parolt point, et qui vraisemblablement est aussi entre ses papiers '.

^ Voy. ci-dessus, p. 77. — Le Discours qui contient les remarques de Méziriac a été imprimé, en 1716, en tête de l'édit., qa*on donna alors de ses Épttres d*0Tide.

• Voyez ci-dessus, p. 77, rem. !. (o.) — V. note 3, ci-dessous.

' Le Commentaire de M. de Méziriac sur Apollodore est aujourd'hui dans la bibliothèque du Roi % et c*est Toriginal même do Tauteur. Outre cet ouvrage^ nous apprenons de Guichenon, dans son Histoire de Bresse, que M. de Méziriac en avoit encore laissé quatre autres prêts à imprimer :

I. Elementorum Arilhmeticorum lUni XUI. Il y eu a dans la bi-

* Ce Commtnlaire ne »*y troutt pai^ non plni qu*tiiciui antrt oanvge de Méiiriae.

DE PORGHÊRES-D'ARBAUD. 181

De toutes les choses qu'il savoit, il n'y en avoit point

qu'il possédât plus à fond que l'Histoire fabuleuse, en

laquelle il a passé parmi les doctes pour le premier

homme de son siècle.

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