‹ Histoire de l'Académie française (volume 5)Chapitre 22 sur 81 · JEAN SIRMOND · texte numérisé non relu

JEAN SIRMOND

Jean Sirmond * était natif de Riom en Auvergne, de bonne famille de la robe. Il étoit neveu du P. Sirmond, jésuite, confesseur du roi Louis XIII, et Tun des plus savants hommes de noire siècle. Il vint à la Cour, et par la faveur du cardinal de Richelieu, qui reslimoit un des meilleurs écrivciins qui fussent alors , il fut fait historiographe du Roi, avec douze cents écus d'appointements. Il fit pour ce Cardinal divers écrits sur les affaires du temps, presque tous sous des noms supposés. Labbé de Saint-Germain, qui étoit Técrivain du parti contraire, le maltraita fort dans cette pièce qu'il appeloit \ Ambassadeur chtmériqyf^. Il fit une réponse, qui

< Le premier de ces rondeaux se trouve à la p. 74, 4. II de redit, de 1681, et le second à la p. 72.

* Oq lit DE SiRMONDZ dans les deux premiers ouvrages quMl donna au public, (o.)

3 C*est une satire contre Richelieu ad Sirmond n*est mis en

lEAH SIRMOND. ^3

est dans le recueil de M. du Chfltelet'. L'abbé de Saint- Germain fépliqua, et le traita encore plus injurieusement, ce qui l'obligea de faire un nouvel écrit pour sa défense. Mais le cardinal de Richelieu et le roi Louis Xin moururent là-dessus, et il ne put jamais obtenir sous la Régence un privilège pour faire imprimer cet ouvrage*. Cela le fâcha beaucoup, et, voyant d'ailleurs que son ennemi étoit de retour à la Cour *, et que la faveur ne seroit plus de son côté, il se retira en Auvergne, où il mourut âgé d'environ soixante ans. Il a laissé un flis, qui doit, à ce que Ton dit, faire imprimer quelques-uns de ses ouvrages, particulièrement des

jeu q«e ponr n eomplaistncê. On Jugera de eeitt fuièev par le débat : « Messire Jean Sirmond prendra les titres de doc de Snbin et de marquis de Cléonville; il attachera une épée à lOti eâté, et aura pour son train cinq ou six ardents de TAcadëmie gaaétique, que nous avons rendus hardis k mentir; surtout fis seront instruits aux louanges de monseigneur le Cardinal duc, et, pour cet effet, apprendront tons les poèmes, épigrammes, élégies, acrostiqnes» anagrammes, aonneis et autres pièces faites par les poètes latins et fran^ois de ce temps, pour débiter partout cette belle marchandise. -— ... Monsieur Tamhassadeur ne parlera, dans tout son Toyage, ni en bien ni en mal du Roi...; il ne mettra en avant que les louanges de VÉminenifssime par^esnts les mort fis; il rappellera iHeu visible^ Ange tutélaire de l'univers , Esprit qui fait motiroir les deux et les astres, Vhenr du monde, la suprême Hitetihgfnee,9 etc.

1 V Ambassadeur chimérique est de I6ô7, le Recueil de Ihi Gbltelet est de 4635 : il y a donc ici une erreur.

* La Consolation à la Règne régente sur ta mort du feu Roy semblait cependant de naturel lui attirer la faveur d*Anne d'Autriche.

' L*abbé de Saint-Germain rentra en France dès 1643. On tronve au t. 631 des Mss. Dupuy le texte de ses lettres d*ahoiition.

vers latins ^ Sa prose marque beaucoup de génie pour réloquence \ son style est fort et mâle, et ne manque pas d'ornements ^. Voici les pièces que j'ai vues de lui, dont la plupart sont dans le recueil de M. du Chàtelet : Le Portrait du Roi\ fait du temps du connétable de Luynes \ le Covp d'État du roi Louis XIII^ écrit en faveur du cardinal de Richelieu; la Lettre déchiffrée; T Avertissement aux provinces^ par le sieur de Cleovr ville^ que j'ai ouï estimer son chef-d'œuvre-, V Homme du Pape et du Roi^ pour répondre au comte de La Rocque, ambassadeur d*Espagne à Venise, qui avoit fait un livre contre la France, sous le nom de Zambec-

^ Jeao SirmoDdy fils de racadémicien, n*a fait imprimer de son père qu'an Recueil de poésies latines, dont la plupart avoient été auparayant imprimées en feuilles yol an tes. (o.) — 1 vol. in-4^,aTec ce titre : Joannis Sismondi Carminum libri duo, quorum prior Heroïcorum est, posterior elegiarum, Joannis Sirmondi fîlii studio curaque nunc primum in lucem editi. — Parisiis, ap. Edm. Martinum, MDCLiv. — Dédicace à Christine de Suède.

' La Consolation à la Reyne, que nous venons de citer, est précédée d'une dédicace à M"'* de Sénecey où il parle ainsi de son style: « Je sais, dit-il, combien l'imperfection de sa forme est éloignée de la dignité de sa matière. Outre qu'il ne contient simplement que les raisons ordinaires que le sens commun met tous les jours en la bouche de tout le monde, sur ce que j'y traite, il est entièrement dépourvu de tous ces ajustements réguliers et de toutes ces délicatesses du langage qui font aujourd'hui partie du luxe ingénieux et de la galanterie du temps. »

' Je n'ai trouvé aucun ouvrage de Sirmond qui soit nréci:»ément sous ce titre : Portrait du Roi; mais ce pourroit oien être la même chose que celui qui est cité sous un autre titre dans la liste de ses ouvrages, (o.)

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