‹ Histoire de l'Académie française (volume 5)Chapitre 29 sur 81 · XXII. Daniel Hay , abbé de Ghambon , né en Bretagne · texte numérisé non relu

XXII. Daniel Hay , abbé de Ghambon , né en Bretagne

Il étoit frère de M. du Ghastelet, le second des Académiciens dont l'éloge ait été fait par M. Peliisson. Il naquit le

> Ce placet est de Tan 1661, mais postérieur à la mort deMazarlD, arrlTée le 7 mars de cette année. ^ Voyez le tome 11 de celle Hlsioife, seconde panle» art* xu« (o)«

23 octobre 1596, à Laval, où leor père, Daniel Hay, étoit Juge civil, criminel et de police. H y eat, dès l'âge de vingtcinq ans, le doyenné de l'église collégiale, avec le prieuré de Notre-Dame de Vitré. Cette raison, jointe à son goût naturel pour la retraite, le retint presque toujours dans sa patrie, et il y mourut le 20 avril 1671. On m'a mandé de Laval, quMI était grand controversiste et grand mathématicien; qu'il avoit même beaucoup écrit sur ces matières; mais que le marquis du Ghastelet, qui est auteur d'une Politique mili' taircy et d'un Traité de ^éducation de M. le Dauphin^ ne connoissant rien aux manuscrits de son oncle, et ne voulant pas qu'un autre les débrouillât, prit le parti de les jeter au feu.

XXIIL Louis Gmv, Parisien , avocat au Parlement et au conseil. Ses ouvrages imprimés sont les versions suivantes : La Pierre de touche j traduite de l'italien, de Boccalini. Le Dialogue des causes de la corruption de rÉloquence. L* Apologétique de Tertullien. La quatrième Catilinaire^ qui est une des huit oraisons de Cicéron, traduites par divers auteurs et imprimées en même volume. Les Harangues de Symmaque et de saint Ambroise sur l'autel de la Victoire, La louange d'Hélène^ dlsocrate. L'Apologie de Socrate et le dialogue appelé Criton^ de Platon. U Histoire sacrée de Sulpice Sévère. Le dialogue appelé Brutus , ou des illustres Orateurs^ de Cicéron. Il a traduit aussi quelques Êpiires choisies de saint Augustin^ qui ne sont pas encore imprimées'.

' ^ Giry a traduit aussi presque toute la Cité de Dieu de saint Augustin. (In-S*", 2 vol., 1665, 1667, Paris.)

Il mourut à Paris en 1665, âgé de soixante et dix ans. Le père François &lry, célèbre noinime, étoit son fils unique ^ On a écrit la \ie de ce religieux, et nous y trouvons un grand éloge de M. Giry, de sa probité, de son savoir, de sa piété, de son désintéressement^; qu'aux chambres royales des amortissements et des francs fiefs, il eut la commission d'avocat général du Roi ; que le cardinal de Mazarin le mit de son conseil particulier '.

^ Louis Giry eut, avant ce fils, deux autres enfants : un garçon, dont on ne sait rien, et une fille qui fut religieuse à l'abbaye royale des dames de Saint-Dominique de Poissy. Louis Giry avait épousé Anne Pijart, femme d'une rare piété, qui mourut vers 1650. De ce mariage naquit, en i635, François Giry, qui fut pro- « vincial des Minimes de la province de France, connu par de nombreux écrits; sa vie, qui a été écrite en i691 par le P. Claude RafTron, minime (un vol. in-12), nous a fourni ces détails. Nous y voyons aussi que racadémicien Giry avait une fort belle bibliothèque, et que ses consultations écrites étalent en grand crédit. Quand son jeune fils entra, à son insu, chez les Minimes, il obtint un arrêt du Parlement pour Ten faire sortir; depuis, sur ravis de Godeau, son ami, qui avait essayé vainement de détourner François de son dessein , il permit à son fils d*obéir à sa vocation : celui-ci fit sa profession en septembre 1652.

* Voici le jugement qu'en porte le Mémoire de Chapelain : ^ • Personne n'écrit en françois plus purement que lui ni ne tourne mieux une période. Il est de la profession du Palais, dans laquelle il est estimé. II a peu plaidé. Ses ouvrages ne sont que des traductions, où le porte son inclination, et où il réussit entre les bons... Son style est net, mais sans nerfs et sans vivacité, dans le peu qu^on a vu de ses compositions propres, b — Godeau, dans la lettre que nous citons (ci-dessous, note 3), lui dit de son style: c Votre style est pur et fort tout ensemble; il n'y a rien d'affecté ; les ornements y sont dans toute leur force, et les figures y brillent de tous côtés.» — Cf. Baillet, Jugements des savants, t. III, p. 132.

' En 1636, Giry était déjà avocat au Parlement, comme on le

i«« CATALOGIE

XXIY. NÂoc^Us Peuot« sieur d'ÂBLAKOonr, i ' Cbampaçiie. Ses oarn^es imprimés sont U préface de rHcmmiie femme et les traductions suivantes : tOcUk' rritf de Minotius Felix« Quatre des boit Oraisom de Gcéron, qui sont celles pcvr Qvintius^ pour la loi Ma-ttiïîj^ prier -Varpf.TL*, pcvr Liçarius, Arrian , cfet ^errts ^rA^J^-'^Jre, La HeiraiU des dix mitte^ par Xéno(>bùQ. Tcmies les ûEurres de Tacite. Les Cdmmeniairet de C^s^r. 11 traduit maintenant Lucien ^

n naquit à Chikxiâ^6Qr>yame le ^ avril 1606, et moarut à sa t«rr d*AbUncoiirt^ aoprcs de Vitnr, le 1 7 novembre 1664, Comme sa vie se troaTe dans les Œuvres de M. Patra, qui* sont entre les mains de tout le monde, je n*cn donnerai point ici d>Jrtraît, Od perdroit tn^ à ne la pas lire d*mi bout à Tantre. JV ajouterai seulement deux on trois petits articles.

1. Toochaot la traduction des sennons italiens do Père Kami, imprimée ams le nom du Père du Bose, et que Coiomies dit être de M. d'AbUncourt^ il est vrai que M. d*Ablan* courte à lice de \io^t ans, se destinant à précber, traduisit quelques bons endroits de ses sermons, et que eioq ou six ans aprèss a\ ?.nt tout de nouveau embrassé le calvinisme, il do:n)a le peu quHI a^oit tra.iuit de ses sermons au Père du

voit |Kir U SBM'r^ tica «Tcce lettre que lui aJresfait Godeao, éTéque de Gnsî^, an s«.^t iV U iTàCQcù<>n des Harcmçues deSTin- ■laque et de <aint Aii.tr\'i>«». (nV.e^a. qui eiail fort lié avec Giry, St (4>fvt0^r d uiïe prtfâ^e U m 'uctioo du nùx/o^ve des causes ée Id cwrm/ 1 cm Jf idy^mîmcf Itvk'' Peî>ui$, daas son Histoire et re^iise. i\* sicvle, «vl. ^ii, a U date 594, U puie encore de son «mî STec eK>pp.

* >otts doDoerv^DS la liste pus couiplète de ses ouvrages à h lo du second voluiue de cette Hi>i^Mre,

Bose, qui par là fat détermioé à faire le reste. Ainsi le discours de Ck)lomiés n'est pas sans fondement; mais d'antre e6té, cela ne suffit pas poar qu'on doive, comme a fait Bajrte, mettre cette traduction en son entier sur le compte de M. d'Ablancourt.

n. Quand M. Colbert se fit donner des mémoires sur les gens de lettres vivants en 1663, son principal dessein étoit de voir en quel genre chacun pourroit travailler à la gloire du Roi. Or M. d'Ablancourt fût Jugé le plus propre de tous à bien écrire l'histoire de ce grand prince'. Il accepta la proposition, qui lui en fut faite par Tordre de M. Colbert, avec^

1 L*abbë d'Olivet fait ici allusion au Mémoire de Chapelain que nous avons déjà eu occasion de citer; mais si quelqu*un a paru mériter réloge absolu d*étre le plus propre & écrire Tiiistoire du Roi, c'est peut-être plutôt Silbon que d*Ablancourt. Voici, du reste, ce que dit Chai)elain : -^ « Ablamcoijrt. II est de tous nos écrivains en prose celui qui a le style plus dégagé , plus ferme, plus résolu, plus naturel. Son génie est sublime ; et, quoiqu'il soit sans comparaison le meilleur de nos traducteurs, c'est dommage qu'il se soit réduit à un emploi si fort au-dessous de lui; car il a de la force de son chef, de l'éloquence, de la doctrine, et n'est pas foible dans le raisonnement. S'il avoit voulu entreprendre une histoire, il n'y a que son [>eu de pratique des affaires du monde qui l'eût pu empêcher de la faire très-bonne; car il a acquis souverainement l'air de la bonne^ narration par tant d'historiens du premier rang qu1l a rendus avec applaudissement dans sa langue; et il ne seroit nouveau ni dans les harangues, ni dans les matières de guerre; enfin , le seul de nos bons ouvriers que je connois qui pourroit s'acquitter éminemment de cette sorte de travail, s'il •voit de bons Mémoires, et qu'il fût plus instruit des intérêts de l'Europe, présents et passés; car encore qu'il ait bonne opinion de lui, et avec justice, comme il n'est point vain et que la raison le ramène quand elle lui est montrée , il recevroit les avis qu'on lui donneroit. »

une pension de mille écm. D alloit venir à Paris et s'y établir, pour être à portée de recevoir les instroctions dont il auroit besoin. Mais M. Colbert, lorsqu'il en rendit compte an Boi, ayant dit à Sa Majesté que M. d'Ablanconrt étoit protestant, toot lot rompu. « Je ne veux point, dit Je Roi, d'an historien qui soit d'une antre religion qne moi; » ajoutant néanmoins qu'à l'égard de sa pension, puisque cet écrivain avoit du mérite d'ailleurs, il entendoit qu'elle lui fût payée. Je trouve ces particularités dans les lettres manuscrites de Chapelain. III. On garde dans la Bibliothèque du Boi une copie du testament de M. d'Ablanooort, daté du 5 octobre 1664, et par conséquent antérieur de quarante-quatre jours à sa mort. Joignons à cela le récit bien circonstancié de M. Patru, et nous verrons si l'on peut, avec quelque sorte de vraisemblance, accuser M. d'Ablancourt d'avoir volontairement abrégé ses jours, comme on l'a dit premièrement dans le Menagiana^^ et puis dans une 'Infinité de mauvais livres. Mais lorsqu'une fois quelque sottise a été imprimée, c'est assez pour qu'elle soit éternellement répétée par de misérables compilateurs.

XXV. Jacques Esprit, né à Béziers, conseiller du Roi en ses conseils. Il n'y a rien de lui d'imprimé que des Paraphrases de quelques Psaumes,

Il naquit à Béziers le 22 octobre 161 1. A l'âge de dix-huit

' Cependant Ménage pouvait être l>icn renseigné, puisqu'il élait, comme Patru, ami de d'Ablancourt et en correspondance avec lui; quand parut \^Menagiana, Patru avait déjà écrit depuis longtemps sa Vie de d^Ablanantrt, et Ménage, qui la connaissait certainement, n'a pas hésité à aflfirmer le contraire. (Voy. McnagianOy V édit., 1694, 1. 1, pp. 306-307.)

ans il vint à Paris Joindre son atné, qui étoit prêtre de l'Oratoire. Il entra dans<laroémeeongrégation le 1 6 septembre 1 639. Il y donna quatre on cinq années à l'étude des belles-lettres et de la théologie. Après quoi, ayant eu occasion de se faire oonnoltre à l'hôtel de Liancourt et à ThAtel de Rambouillet, il tat ébloui par des idées d'ambition, qui le rappelèrent dans le monde. U avoit une heureuse physionomie, de la délicatesse dans l'esprit, une aimable vivacité, de l'enjouement, beaucoup de facilité à bien parler et à bien écrire ^ Le duc de La Rochefoucauld, auteur de ces Maximes si connues, le goûta infiniment, et se fit un plaisir de le produire partout*. Enfin M. le chancelier Séguier voulut l'avoir : il lui donna sa table et cinq cents écus de pension ; il lui procura de plus une pension de deux mille livres sur une abbaye, et le brevet de conseiller d'État. Mais en 1644 on lui rendit quelques mauvais offices auprès de M. le Chancelier; et il se réfugia

* Somaize, dans son Dictionnaire des Précietues (voy. nouv. édii. Biblioth, elzév,, 1. 1, p. 93), dil de lui : « ÉrUnante est un de ceux qui a le plus de pouvoir parmi les précieuses; et, comme il étoit dans an rang fort considéré auprès d'elle dès le temps de Valère (Voiture), il a (depuis que Fatôi'e-Voiture et Sésoshis- Sarasin sont morts) partagé une bonne partie du gouvernement avec les autres dont j*ai parlé. C'est un des plus galants hommes à'Atfiènes (Paris), et qui a dans sa personne, outre cent belles qualités qui le font chérir des dames et surtout des précieuses, un esprit qui ne Tabandonne jamais. — L*abbé d*Arligny (Mémoires de littérature, t. V, p. 326) parle ainsi de lui : « Il étoit de ces hommes amphibies qu'abusivement on appelle abbés, parce qu'ils portent un petit collet. Il faisoit l'empressé auprès des dames et composoit des vers de galanterie. )»

* Sur ce point et sur l'ensemble de cette notice, nous ne pouvons mieux faire que de renvoyer au beau livre de M. Cousin : Madame de Sablé, pp. 86 et suiv., 597, 417.

±jù CATALOGUE

ptMir me itecoode iûi& aa âcnftio^ftfc <ic SaîDl-liagioire, sans Yoo.4Mr BcaoflUMiit» nt^rakirt i'àa^ de fûnlom. £a oe t«fBp»-la M. k prîBc* ée CoAti pcanii sciiMMnail à sa eonversHM^ H il aU«kt «m vcbI a Salai MigloMm pov caafiérer avec stt dinctean. ■ y cMMt IL Esprit il c» tel CMhaatéf il It tifa et CB amioatfe, et lai dooaa «a lagonMldaaa iMl bù4a, afce Kiiila éem éê |— ina Pca 4a Icmpa 9§ié^ H. Siffil ajaal fanM la léialatina ée m «arier, «Mie a'ajaat pas et faat Msarcr k daMifa ée m ieaHae, ee prince lai fit aoe praaKSâa de qaaraate aMik liTice, assî* gnces lar k comte de PezeiMS. MadaiaedeLongaevitte*, dans k même vue, loi doona quioie nûUe IItrs a^eat comptaoL Quand k prinee de Coati alk daas soa gOQTernemeot de Languedoc, oa il est mort, k reroBaoiasanee obligea M. Eàprit à k suifrc en cette province; et sa favear auprès dagouvemear devint telkqae UMlesks affaires, petites et grandes, passoient par ses mains-. Après avoir perda en 1666 on protectear si utik et si longtemps éprouvé, il se tint k reste de ses jours en Languedoc, uaiqieiiient occupé à bien ckver aa fiuniUe, qui eonsistoit en trois filles*, dont

^ Vojei, sur les rapports de X** de Longuenlle et d^Esprit, au momeiit où celui-ci partit pour Munster avec k duchesse , une épitre de Bois-Robert à M. Esprit. {Les Épistres em vers et autres œuvres poétiques de M. de Bois-Robert MeteL — Paris, 1659, in-8%p. H.)

* Vof . ks Mémoires de Daniel de Cosnac, publiés par la Société de THistoire de France, tome 1*'. — Cf. notre édition du Dictionnaire des Précieuses, Paris, P. Jannet, 1856, â vol. in-i6, t. I, p.93;t. il,p. 2â7.

* Jacques Esprit épousa GeoevièTe BoUain ; Tune de ses filks, Bonunée Armande, épousa M. d*Espondeissan ; Tautre, nommée Félice^ M. de Poussanelte ; la troisième fut religieuse, comme on le dit ici.

DE MESSIEURS l)K L'ACADÉMIE. tftl

ii» ont éU martéeft, il r»Qti<9 esi merla daag hb eouva^t. U moarut 4 Bési^ra le « jaUl#t i«7« ^ On croit que la tra4iiQUoo du Pwégyriqu^ 4$ Plmt

quoique imprimé^ «qu; tç jigai a'uo 4^ le^ |rire« al)))^^, ^ v^ritçibleipent de lui.

wmi\lê9 4'ÉUI orâiwNUMi , «féMpteyr dQ M- }• duo 4' AiqofJ , at qoi • Mt Ift m^« fonotkm iiupr^ du IWî durant un un. Sii o^uvrei împriméeQ sont : un diiconri imprimé sous h nom do Traduction de FabrieÎQ Comir polini j Véronois , sur la otmtroriéiè f humeurs qui Ht trouve entre certaines nations^ et singulièrement entre la française et r espagnole, ayec deux Discours politiques. Petit discowi chrétien de Timmortaliii de l'âme , avec le corollaire , et un Discours $ceptique de la musique. Discours de Vhistoire. Cçnsidération sur l'éloquence françoise de ce (emps^ De Fin^ruction de Jd* fe Dasu phin. De la liberté et de la servitude* De la vertu des païens , avec les preuves des citations. Quatre volumes in-octavo à' Opuscules ou petits traités. Opusctde scep-

^ GhtpaUti joga tUui m vifi al ms ttnf rai : c Esprit. ^ Son fort esi ésu$ i* Uiéalasit, al ii a paa de loads ^Mn de là. Pour de Pifliiginition al ëa stf la» li aa • beaucoup, el éeril élégammeal aa prose el en vers frtnçaie. L'inégaliié de sa via, quoique lou^ Joars ionooeate, le lill peaAotUa pour ua homme de peu de téie, el n'a pae eiapéelié i^n^va ne Ttil aimé à eauae de aa Itonté. De préëlcaleur, U aat dareau ben eoaritaan, el da aoarlisan père de fa* aiilie» el laul poar faita teinne dool il avaii grand besoia. • «* Gf. auraoB atjrla, Voilure, édit. idSl, p* 469.

* Voyez le lama ii da aalU iiialoira, aaeoade parlia, an. x. (0.)

tique sur celle commune façon de parler : N'avoir pas le sens commun. Jugement sur les anciens et principaux historiens grecs et latins^ dont il nous reste quelques ouvrages. Lettres touchant les nouvelles remarques sur la langue françoise. Un volume in-quarto de Petits traités en forme de lettres^ écrites à diverses personnes studieuses*, second volume de lettres, ou traités semblables, non encore achevé d'imprimer. La Géographie du prince j la Morale du prince j la Rhétorique du prince ^ pour M. le duc d'Anjou. L'OEconomique^ la politique^ et la logique du prince^ pour le Roi. Ces trois derniers ne sont pas encore imprimés.

XXVII. Daniel de Priézac, conseiller d'Etat ordiuaire, né au château de Priézac en Limosin*. Ses ouvrages imprimés sont : les Observations contre le livre de fabbé de Melrose^ intitulé Philippe le Prldent; Vindiciœ Gallicœ ; trois volumes des Privilèges de la Vierge; Disceptatio légitima^ incontroversiamotainier Apostolicoi Camerœ cognitorem^ âctorem, et Eminentissimos Cardinales Barberinos^ excellentissimumque

1 DaDiel de Priézac était né en 1590. H étudia le droit à Bordeaux, « praelucente Primetio, viamque Sammartbino pandente, > dit son flis, Salomon de Priézac, dans la préface des Mélanges de son père qu'il publia en 1658 (misctllcaieorum libri duo), un peu malgré celui-ci « renaente aliquantum pâtre. » — En 1615, dit Niceron, il fut choisi pour enseigner la jurisprudence; ses succès engagèrent le chancelier Séguier à Tattirer à Paris, 1635, et à lui conférer la charge de conseiller d*Êtat ordinaire : cette faveur explique les éloges pompeux donnés au chancelier Séguier |)ar Salomon de Priézac, en tète du volume que nous citons.

urbis Bonue prœfectumy Defemsores ; un volume in -4® A% Discours politiques. Il en compose maintenant un second.

Il mourut en 1662 ^ Celui de ses livres qui a pour titre, Vindiciœ Gallicœ , est une réponse faite par Tordre de la cour au Mars Gallicus, de Jansénius. Il laissa un flis nommé Salomon, auteur de plusieurs ouvrages, la plupart écrits en latin *.

Voici le titre d'un volume in-octavo, imprimé à Bordeaux en 1621 : Discours prononcés par M. Daniel de Priézac , avocat en Parlement et docteur régent en l'Université de

^ Loret rapporte sa mort en ces termes, dans sa Gazette du 3 juin 1662 :

PrieuMC, rare penonnage,

Comme il paroit en maint ouTragfe

Des gens doctes autorisé,

Que ce charmant a composé,

L*autre jour, comme un trait de flamme,

Exhala Tcrs Dieu sa belle âme...

Monsieur le Chancelier de France

Lui portoit grande bienTeiUanoe,

Depuis longtemps dans son hôtel

Hébergeant ce sage mortel.

Et pour sa Tertu nompareille

Lui donnant le cœur et l'oreille...

Il étoit métaphysicien,

Il étoit académicien :

Académicien, c*est-à-dire

De ceux qui savent écrire.

Et que dans la Cour et Paris

On appelle les beaux esprits.

> On ne connaît Salomon de Priézac que par ses écrits, dont deux seulement, l'Histoire des éléphants et la Dissertation sur le AU, sont en français. Les autres, qui sont en latin, roulent sur des matières de politique ou de physique. — il eut deux filles dont parle TaUemant (édit. in-18, t. vin).

S94 GATALOGUK

Binrdeanz. Il 7 a quatre diieimrs, trois MmçM et un latin. Yraisemblabtoment ils sont de racadémiden , qai les aura fait imprimer dans sa jeunesse , et avant que d^avoir quitté sa province ^ Je n'oserai pourtant pas en faire mention dans ia liste de ses auvrages, parce que lé silence de M. Pellisson rend cela douteux.

XXVtlI. Olivier Pàtru *, Parisien, avocat au Parlement. Il y a de lui la traduction de Toraison pro Archiay qui est Tune des huit, traduites par divers auteurs ; une Épttre liminaire au cardinal da Richelieu, sous le nom des Elzevirs, au devant du Nouveau monde de Laety une autr« au présidant de Mfwmva, polir la veuve et les enfants de Camusat, au devant de T/mfiaiion de Jésus-Christ^ de la trSkdttôUon du P. Antoine Girard, jésuite. Il a plusieurs PkOêyrt et autres ouvrages à imprimer, et é^est de lui (}ue M. de Yaugelas, dans la préface de ses RetnerqMs^ a Ml espérer une Rhétorique françoise,

Page 1