‹ Histoire de l'Académie française (volume 5)Chapitre 30 sur 81 · XXIX. Claude Bazin^ aeigneur de besons, Parisien · texte numérisé non relu

XXIX. Claude Bazin^ aeigneur de besons, Parisien

* Ces discoars sont certainement de l^Aeadéaiçien ; car le dis cours latin qui se trouve dans e* Recatil aaaayiM reparait, signé, dans les Misctllanta. Le P. Niùèrôb, datks la )f«tê qu'il donne des ouvrages de Priezac, blâme Tabbé d*01ivet de n'avoir pas fa mention de ces discours dans son Catalogue académique : ce reprDCh« taVH t)ds Midé, pallS()[tiè dH)l!tet a exfitttitté d^vàtkte sa fésene. ^ ftafeat Vk\ à écrit phisieurs lettres, uae entre patres {ûÊutfrti, b'Ibl., lit. It, ïétirts VI) tMli \\ lut h!t de gr&ades pr^ tèïiatloti^ d^athitié ei de frîimdB tHo^.

* Voyez le t. II de cette IDuolie, seMldè tvàHte, m. ilV. (0.)

DE MESSIEURS OB l'acadêmif:. ^:i

conseiller d*EtQt ordinaire, cî-devant avocat général au Grand-G)nseil. Il y a de lui une traduction du Trçdii ds la paix de Prague^ où il o'a point mU soq nom'.

Après avoir été avocat général, an Grand Goosell dès l'année 16S9, il fnt pendant vingt ans intendant en Langne* doc, d'où II revint en 167 S à Paris, et y fit Jusqu'à la mort les fonctions de conseiller d'État ordinaire, avec une grande réputation de capacité et d'Intégrité. Il y mourut à l'âge de 67 ans, le 20 mars 1684. Il laissa trois fils, qui se sont également distingués * ; un dans TÉgllM^ nsort archevêque de BoQCO*; un autre dans la robe, mort cooseiller d*État^; un

* Cette traduction parut, in'4'', en 1635. SMl est vrai, comme l'assure d'OIWet, que Bazin, seigneur de Bezons, terre voisine de Paris, soit mort Si l'âge de soixante-sept ans, en 1684, il était donc né en 1617 : il aurait donc publié la traduction dont il est ici parlé, à Tàge de dix-huit ans, et n'aurait eu que vingt-deux ans quand il fut nommé avocat général au grand Conseil. Je pense, à cause de Tlmportance de cette charge, qu'il faut reculer la date de sa naissance; en effet, quand le fameux avocat Le Maistr^ fut nommé conseiller d'État, vers le même temps^ on regarda comme une faveur insigne que le brevet lui en fût conféré quand il avait & peine vingt-neuf ans. {Lettrée Mss, de Chapelain.)

< fiazin de Bezons%ut deux antres enfants^ outre les trois dont il est ici parlé; un fi!s, Orner, chevalier de Malte, mort en 1679, sur le vaisseau le Conquérant, et une fille qui épousa un maître de requête nommé Le Blanc. Il avoit épousé Marie Targer, fille d'an secrétaire du Roi, cousine dcConrart.

* Armand, évêque d'Aire en 1685; archevêque de Bordeaux en 1608. Il étolt agent général du clergé de France au moment de la mort de son père.

* Louis Bazin de Bezons, fils atné de rAcadémlcien, conseiller an Parlement, en 1666; mattre des requêtes, en 1674; intendant

troisième daos Tépée^, maréchal de France et chevalier des ordres du Roi, vivant en cette année 1 729 *.

de Limoges, Orléans, Lyon el Bordeaax, et conseil!» d*Ëtat, en 1686, qui mourut sans postérité, en 1700: il était alors intendant d*OrléaDS.

* Jacques Bazin de Bezons, maréchal de France, en 1709, membre du conseil de régence à la mort de Louis XIV ; il mourut en 1733 : il était en cette année, 1684, mestredecamp de cavalerie. {Mercure galant, mars 1684, p. 235.)

' Cette notice est fort Incomplète. Claude Bazin de Bezons fut reçu à PAcadémie, en 1643, à la place de Séguier, nommé protecteur de TAcadémie après la mort de Richelieu, etïut remplacé lui-même par Boileau-Despréaux. Celui-ci, dans son discours de réception, rendit hommage à cet « homme considérable et par ses grands emplois, et par sa profonde capacité dans les affaires; qui tenoit une des premières places dans le Conseil et qui^ en tant dMmportantes occasions, a été houoré de la plus étroite confiance de son prince , à un magistrat non moins sagequ*éclairé, vigilant, laborieux. » — Bazin de Bezons « se trou voit, par son ancienneté, à la tète de TAcadémie, dit Tabbé de la Chambre, chargé de répondre à Despréaux... 11 s'étoit rendu recommandable parmy nous par Talliance et la liaison étroite qu*il a voit contractées de longue main avec M. Conrart. » (Rec. de har. acad,, 1698, in-4, pages 447 et 452-453. — Voy. en outre, pages 455 et suiv.) — Chapelain, dans son Mémoire des gens de lettres^ ne semble pas faire grand ca$ de lui : « On n*a jamais rien vu de lui par écrit... On Ta entendu, comme avocat général ai^rand Conseil, parler élégamment et fortement en toutes rencontres. » (Mélanges de Chapelain^ p. 262.) — Tallemant «des Beaux en parle fort mal (édit. in- 18, t. Vil, pages 31 et suiv.), et nous apprend quelques faits nouveaux. Ainsi, nous savons que Bazin de Bezons était petit-fils d*un médecin de Troyes ; celui-ci épousa Marie Chanterel, dame de Bezons, qui lui porta la terre de ce nom (Voy. Hurtaut et Magny, Dicl. de Paris, I, 594), et en eut un fils, Claude Bazin de Bezons, qui épousa Suzanne-Henriette Talon., fille d'Orner Talon 1^' el sœur de Tillustre Orner Talon, II* du nom. De ce ma-

XXX. François Salomon, Bordelois, conseiller d'État, ci*devant avocat général au Grand Conseil K 11 y a de lai un Discours (TÊlat à M. Groiius^ et la paraphrase d'un psaume en vers.

Il se Dommoit François-Henri Salomon. Il étoit fils d'un conseiller an Parlement de Bordeaux. Il fat reçu avocat général au grand Conseil , en 1638. Mais au bout de neuf ou dix ans, Tétat de ses affaires ne lui permettant pas de se soutenir à Paris, il se retira dans sa province, et y fût d'abord lieutenant général du sénéchal de Guyenne*. Il épousa ensuite la fille d'un président à mortier au Parlement de Bordeaux, et, après la mort de son beau-père, il exerça cette charge de président*. Il mourut sans enfants *, le 2 mars 1670, à Bordeaux, où il étoit né le 4 octobre 1620.

riage sortit Claude II, Bazin de Bezons, racadémicien. Tallemant Paccuse d*avoir fait faire par Patru les discours quil ne pouvait se dispenser de prononcer.

1 « 11 faut accoupler Salomon à Bezons : ils ont été tous deux compagnons à la charge d'avocat général au grand Conseil, et reçus en même temps à r Académie : Arcades ambo. » (Tallemant des Réaux.)

* « Il s'en alla à Bordeaux où il épousa une fille du président de La Lane, veuve d'im vicomte d'Oreillan, d*une bonne maison ^ Limousin. Lui acheta la charge de lieutenant général, et prit le nom de Virelade : c*est une terre. • (Tallemant.)

' « M. de La Lane étant mort, M. Henri-François de Salomon fut pourvu de sa charge de président à mortier, et le Roi Thonora du cordon de chevalier de Tordre de Saint-Michel, le 35 janv. 1654, en considération des services quMl avoit rendus à TËtat durant les mouvements de Toulouse et de Bordeaux. » (Vigueul-Marville, Aiéianges d'MsL et de litlér.)

^ On trouve à la Bibliothèque impériale , sous le n« 700**

Tout ce qui se trouve sur Pantiqnité de sa noblesse dans les rapsodies de VigoenloMarvUle D'est qa'onc fable 9 dont ses propres héritiers, gens sensés et pMiis d'heonear, sont les premiers à se moquer '•

XXXI. Pierre ^ Corneille, avocat général à la Table de Marbre de Rouen, né au même lieu. 11 a composé jusqu'ici vingt-deux pièces de théâtre, qui sont : Melite^ Clitandre^ la Veuve^ la Galerie du Palais^ la Sutvanie^ la Place Royale ^ Médée^ V Illusion comique^ le Cid^ Horace^ Cinna, Polyeucte^ la Mort de Pompée^ le Menteur^ la Suite du Menteur^ Rodogune^ Tkèo^ dore^ Héraelius^ Dom SancAe d'Aragon^ Andromède^ Nicomède^ Pertkarite, Il a fait imprimer aussi deux livres de V Imitation de Jieue^Christ^ en vers, et tra* vaille aux deux autres.

(Solaf-^érm. fr.), plusieurs lettres msnaserites adressées de Bordeaux au chancelier Séguier, par son ordre, et signées 1. Salomon, I Vépoqae du mariage du roi Louis XIV ; teiit semble indiquer qu'elles sont d*ttn Sis de Tacadémicieu Salonon ; dans une, Il excuse en ces termes Tinterruption de sa eorrespondanee : t L'extrême maladie de mon père, que j'aj failly k perdre d'une apoplexie suivie d'un délM>rdement général d'humeur sur l'estomac et la poitrine..., me servira , s'il plaît à Votre Grandeur, d'aue triste excusé de tlntermlssion de mes devoirs.! {Leîire du 11 septembre 1659.)

* D^livet nsHraitefort ici dom Bonaventure d'Argonne, chartreux, qui a écrit sous le pseudonyme de Vigneul-MarvUle. On peut epposer è son Jugement eelui de Bayle et de l'ablié d'Artiguy qui fMsafent grand cas des Mélangée tThlMtôire et de îittératuret et de fabbé Banierqui a pris soin de l'édition de 1725, la meilleure. Il est certain qu'on y trouve de précieux et sûrs renseignements.

* Voyez le t. fl de eeile Wslolre, seeende psrtie, srt. xvin . (o.)

DE MESS1BUR8 DB L'AGADÉSllË. !M

XXXII. Pierre nu Rtrr, Pwrimeti. Se^ ouvragM împrimée sont, pmir^â prose, les iraduetions suivantes : ¥0fûi9&n de Cieéron pour h roi Dijotairus^et celle qu*on lui attribue pour la paix^ qui sont du nombre des buit dont j*ai déjà parlé \ Trois Cmliiinûir§ê ; toutes les PAi^ l^fpiqmn^ et le reste des Oraimmt de Cieéron; les Potûdûtêi , les Offlten , les TmculaneB du même auteur» dont il à dessein de traduire les autres ouvrages \ la Louange de Btmre^ d'Isocrata^ deux tomes de VHie- Mm de Flemdte par Siriidat Héradoief tout Sinèfme, eteepté ee que Malherbe en avoit traduit ; Ttie-Live entier, avec le Supplément de Freinshémius ^ le Supplément du mémo auteur, pour joindre au Quinte- Garce de M. de Vaugelas; la Vie de eemt Mëriin par Sévère Sttipice; les Psaumes du roi de Portugal -, Bérénice ^ tragi-comédie en prOse. Pour les vers, il a fait dis4Miii pièces de théâtre^ qui sont : Lieamire et CSeiiste^ Apfémê^ première partie; Argents^ seconde partie; tes Vmiemges de Surène^ Ahimédon , Cléomédon , Lucrèce^ Ctàrigene^ Alcionéëy Saul^ Esthet\ Scevole^ Tiémtsioele% NUocrie^ Ditè^mie^ AmuinflUe^ qui fut imprimée autrefois sans son oementement; deux autres t|U{ ne l*ont pas été , Aritaphite et Clitophon et Leucippe. n achève la dix-neuvième, quil appelle Aruixamdre.

\\ ftit pourvu en 1626 d^une charge de secrétaire du Roi i ;

> Il élott né, eta I6t)3, â^uiie fikniillè noble de Paris.

* Longtemps nxaché àU duc de Vendftme, fils de Henri IT et de

mais ayant fait un mariage d'inclination , il revendit cette charge en 1633, et la nécessité où il se trouva de pourvoir à la subsistance d'une famille Tobligea de s'attacher, en qualité de secrétaire, à César, duc de Vendôme. Il eut, sur la fin

Gabrielle d*Estrées» il eut un de ces brevets d'historiographes de France, qui étaient plutôt un droit à une pension qu une charge réelle. Le livre de VÉtat de la France reconnaît trois sortes d'historiographes : ceux qui exercent leur charge et sont couchés sur rÉtat; ceux qui sont couchés sur TÉtat et n*ont jamais rien fait parottre ; ceux qui usurpent ce titre. — Du Ryer étoit de la seconde classe : quand il mourut, il n*avoit encore rien écrit en vertu de son emploi. Sa pension lui étoit attribuée sur le sceau, c'est-à-dire sur le produit du droit du sceau. Tel autre historiographe avoitson traitement à prendre sur la généralité de Paris; tel autre sur d'autres revenus.

' La pauvreté Tobligea, dit-on, à quitter Paris et à seréfkigier à Picpus ; là, dit Vigneul-Marville cité par les frères Parfait, « un beau jour d'été, nous allâmes plusieurs ensemble lui rendre visite. H nous reçut avec joie, nous parla de ses desseins et nous montra ses ouvrages : mais ce qui nous toucha, c'est que, ne craignant pas de nous laisser voir sa pauvreté, il voulut nous donner la collation. Nous nous rangeâmes dessous un arbre; on étendit une nappa sur Therbe; sa femme nous apporta du lait, et lui des cerises et de Teau fraîche et du pain bis. Quoique ce régal nous semblât très-bon, nous ne pûmes dire adieu à cet excellent homme sans pleurer de le voir si maltraité de la fortune, surtout dans sa vieillesse^ et accablé d'inBrmités. » — Ménage, qui FaUa voir aussi {Henagiana, i60i, 1. 1, p. 342), reçut le même accueil, mais peu touché de celte misère du poète, il lui appliqua ce mot : famiy non fanuB inserviebal. Baillet l'a cité parmi ces écrivains qui faisaient « des traductions à 30 sous ou un écu la feuille, ou des vers à 4 francs le cent quand ils étaient grands, et à 40 sous quand ils étoîent petits. » — Pitoyable auteur de traductions généralement fort négligées, ou simple réviseur de traductions anciennes qu'il retouchait sans se soucier du texte, Du Ryer a laissé

de ses jours, un brevet d'historiographe de France, avec une pension sur le sceau : foibles ressources qui ne le dispensoient pas de travailler pour vivre. De là vient que ses ouvrages sont éloignés de la perfection où Ton sent qu'il étoit capable de les porter. Il a voit un style coulant et pur, ^ale facilité pour les vers et pour la prose. Il ne manquoit que de loisir. Il mourut le 6 novembre 1658, âgé de dn* quante-trois ans, et fût enterré à Saint-Gervais, dans le tombeau de ses ancêtres*

des tragédies où Ton trouve de véritables beautés. Lui-même a composé ces vers sur sa triste pauvreté :

Qirun homme pauvre en tout semble imparfait ! Il est honteux, sot, ignorant, timide, Muet et sourd, insensible et stupide, Sale, Tilain, contagieux, infaît...

Aussi n* est-il recherché de personne ; Chacun le fuit, le quitte et Tabandonne, S*it n'est parfois TÎùté d'un sergent

Qui le console au fort de ses supplices : Hélas ! jamais n'aurai-je de Targent Pour n*a-voir plus tant de sortes de Ticos ?

(Jardin det Muifê, in-12, i643, p. 166.)

1 La date donnée par Tabbé d'Olivet est fausse : la Muse historique de Loret {Gaz, du iâ oct. 1658) lui a consacré une épitaphe dont voici le début :

Trésor d'immortelles douceurs, Chattes muses, divines sœurs.

Pucelles de céleste rare, Pleurez, pleurez votre disgrâce !

Un de vos plus chers favoris, Cn des ornements de Paris, L'auteur de cent doctes ouvrages, Les délices dos âmes sages.

Et qui vous honoroit si fort.

Monsieur du Rver est mort....

3(tt CATàLOOUB

XXXUI» Jean BALUsp«iftt Parisien, «vocal au Par* lepient at w ConsaiU U a traduit la livra intitulé la Mirow du Péekâw piniUnt^ et a donné* an public laa manuacrita auivants, d'antra pluslaura autres quMl a ramaaiéa t OMiMkum Logiem^ $eu Lojiea memora^ tivBy vet PoeHea^ B. P Thomœ Humer ^ ûum noîis et e&njeeturit. Ruâtmenta cogniiionU ï>ei et 9ui , P^tfi Seguierii Prœsidia %nfulod%\ Elogia cîararum virorum Joarmis Papirii JUeusanù^ en deux yoliin)^ ; Chregorii Turonensis opéra pia^ cwn pilis PfUrum 9ui temporii^ en deux volumes -, let Actes du transport du Dauphiné, fait à la couronne de France \ Traité de VEaunie^vie^ par M. Jean Bronaut , médecin du roi* Il a fait aussi réimprimer les Fables d'Ésope en françois^ de sa correction , pour rinstruction du roi , avec des Maximes politiques et morales.

Il étoit attaché i M. le cbaneeliar SégaierS at vraisemblablement c'est ce qui lui fadiita l'entrée à rAcadémie ; car du reste U paroit , à l'égard da style » n'avoir attaint que la médiocrité, même pour le temps où il vivolt '•

1 On trouve à la Biblioib. iap. ê.*6, fr* MO ", plusieurs lettres manuscrites de lui, adressées à 8éf|u!er sur un ton assez familier, si on les compare à beaucoup d*autres émanées même de grands personnages : nous en citerons an passage plus loin dans une note sur Tarticle d« M. de Coielin , d«nt il aToit été précepteur.

* Aussi Chapelain disait-il de lui, dans son Mémoire des gens de lettres : • 11 est plus curieux qtt*babiU, et pla$ cupide de gloire que glorieux. Tout ce qu'il a publié est au-dessous de la médiocrité... C'est un bon homme.»

00 eik anrprla de Be lui voir ici que la qualité d'avoeât. Dana qodqoea-aDs dea pnvMégoa otbleona en sen ooiii pe«ir i'iropreasioo de aea liyrea, ii se dit « protoiiotaire apoaloUqQ»y prieur de Saiiit*Gemiaiii d'AUuyf , amnOnifr du &oi S « Qt J.-B* TUera, dans son TraiU des Perruques^ dit poaîtlvement qu'il présenta une supplique au cardinal de Y^dôme, légat à IcUere^ pour avoir permission de dire la messe

avec UM 9mMq%^* fê 4oi4 cette partlpu^rité i M» Tab^é Joly, ebanoioe ie DUon» auteur dea £lQf§9 4c gmlques m^ teursfranfois, diwt j'ai parlé ci-desays , page 179. BaUea* dens mourut à Paris en 1675,

XXXIV. François ^ de Mézerat, natif de la vieomlé d'Argentan, au diocèse de Séez. Il a fait aussi réimprimer une continuation de l'Histoire des Turcs^ depuis Pan 16H jusqu'en 1648; et trois volumes in-folio de Y Histoire de France^ depuis la naissance de la monarchie jusqu'à la paix de Vervins^ et a dessein de la continuer jusqu'à notre temps.

XXXV. François Tristan l'Hermite, gentilhomme ordinaire de M. le duc d'Orléans, né au château de Souliers, en la province de la Marche. Ses ouvrages imprimés sont diverses pièces de théâtre : Marianne^ Panihèe ^ la Mort de Sénèque; — de Crispe; — du grand Osman^-^ la Folie du Sage. Trois volumes de poésies, intitulés : les Amours ^ la Lyre , et les Vers hé"

1 Dans une carte de TEurope que lai dédia le graveur Nicolas Berey, en 16S7, il est qualifié de « aumônier heaoraire da Roy, aeadémicten. >

* Voyez le t. II de cette Histoire, seconde partie, art. xvi. (o.)

* Cette pièce fut publiée en i656, après la mort de Tristan, par Qainanlt.

roiques. Pour la prose : un volume de Lettres^ et quelques autres petits traités. Il travaille à un roman de plusieurs volumes, qu'il appelle la Coromène , histoire orientale. Il a fait Y Office de la Vierge en français^ qui contient diverses pièces spirituelles en vers et en prose.

Parmi qoelqnes flctIoDS dont M. Tristan pent avoir embeUi son Page disgracié^ nous y trouvons la véritable histoire de sa Jeunesse , et même il n'a pas en grand besoin de recourir au mensonge pour lui donner tout à fait l*air de roman. On y voit quHl se disoit issu d*une très^ancienne maison, jusqu'à compter parmi ses ancêtres le fameux Pierre THermite, auteur de la première croisadCi et Tristan i'Hermite, grand prévôt sous Louis XI; que dans son enfance il fut amené à la cour, et mis , en qualité de gentilhomme d'honneur, auprès du marquis de Yerneuil, fils naturel d'Henri IV ; qu'à l'âge d'environ treize ans , s'étaot battu contre un garde du corps et ayant tué son homme , il prit la fuite et se sauva en Angleterre, d'où, après diverses aventures, il voulut passer à la cour de Gastille , pour s'y présenter au connétable Jean de Yélasque, son parent ; mais qu'en traversant la France incognito, lorsqu'il fut en Poitou, il manqua d'argent et de tout secours pour continuer son voyage , en sorte quUI se mit entre les mains de la fortune. Elle lui fit trouver entrée chez l'illustre Scévole de Sainte- Marthe, qui, parvenu à un âge très-avancé, vi voit à Loudun sa patrie, dans un doux et honorable repos. Ce docte vieillard avoit toujours fait son amusement de la poésie ; il fut charmé de retenir un jeune homme vif, amusant, porté aux belles connoissances , et qui d'ailleurs pouvoit , en faisant auprès de lui l'office de lecteur, lui être d*un grand secours.

Tristan passa dans cette maison, e'est-à-dire dans le sein des Lettres, quinze ou seize mois. Après quoi , par les bons ofGces de messieurs de Sainte- Marthe, il devint secrétaire du marquis de Vîllars-Montpezat, qui faisoit sa demeure au grand Précigny , en Touraine. A quelque temps de là , ce marquis fut appelé par le duc de Mayenne à Bordeaux, et y mena son secrétaire ; la cour y passa en 1620 ; Tristan, qui Jusqu'alors avoit déguisé à ses maîtres son nom et sa naissance, fut enfin reconnu par M. d'Humières, premier gentilhomme de la chambre, et Louis XIII, à la prière de ces seigneurs, non*seulement lui accorda sa grâce, mais même lui ût amitié. Voilà par où flnissent les deux premiers livres du Page disgracié. Ils laissent Tristan à Tàge de dix - huit ans. Il en promettoit deux autres livres, qu'il n'a point publiés, ou que du moins je n'ai pas vus. Ainsi, sur le reste de sa vie, nul détail. Tout ce qu'on en sait, c'est qu'étant poète, joueur de profession % et gentilhomme de Gaston, duc d'Orléans , aucun de ces trois métiers ne l'enrichit. Quant à ses tragédies , elles réussirent toutes en leur temps ; mais celle de Marianne est aujourd'hui la seule d'estimée. Il mourut âgé de cinquante-quatre ans, le 7 septembre 1655*.

1 Comme Voiture, il avoit à un tel point la passion du jeu qa*il y perdit tout ce qu*il y pouvait hasarder. 11 a reçu , disent les frères Parfait, à diverses fois, mille pistoles de M. le duc de Saiut'Aignan, et n*a pas trouvé dans cette somme de quoi s^acheter un habit honnête.

* Il étoit né en 1601. Voici comment Loret parle de sa mort {Muse hislor,, Gazette du 11 sept. 1655) :

Mardi cet auteur de mérite

Que Ton nomme Tristan THennite,

Qui, faiunt aux Mnies la cour,

Donnoit aux Ters un si bon tour,

Si vertueux, si gentilhomme,

Et qui d^ètre un fort honnête homme

XXXVI. Georges de Scudéry, gouverneur de Notre- Dame de la Garde, né au Havre-de-Grâce. Il a fait seize pièces de théâtre : Ligdamon y h Trompeur puni , h V<^ssal généreux^ la Comédie des, Comédiens j en vers et en prose ; Oranle, le Fils supposé^ le Prince déguiséj la Mori de César ^ Diçhn^ r Amant libéral^ l'Amour tyrannique^ Eudoxej l'Illustre Bassa^ tragi-comédie; Andromire^ Axiane, Arminivs ; quantité de Poe* sies méUeSy imprimées ensuite de ses pièces de théâtre, jusqu'au nombre de dix ou douze mille vers; le Cabinet y qui est un recueil de poésies sur des tableaux ; un volume de diverses Poésies in-4o. Il a fait VÊpitaphe du cardinal de Richelieu , qui a été imprimée et depuis gravée en bronze, pour mettre sur son tombeau. Il a fait un poème héroïque, qu'il appelle Home vaincue. Ses ouvrages de prose sont : V Apologie du théâtre , Observations sur le Cid; deux Lettres à F Académie^ et une â M. de Balzac, sur le même sujet-, traduction des Œuvres de Manzini •, Y Illustré Bossa ^ roman en quatre parties*, deux volumes de Harangues des Femmes

Atott en tout lioi le renom, Déoèd» 4tt sul de poulmon Dam le très-noble hôtel de Guise, Où ce prince que chacun prise ^ Far ses admirables bontés, Par ses soins et générosités Dès longtemps s*étoit fait paroitre Son bienfaiteur, Mécène et maître.

On mit dans l'égliae Saint-Jean Le corps dodit monsieur Tristan.

Tristan eut pour élève Qainaalt, qtt*il s'attacha après la mort de son fils unique.

illustrés; Discours politiques des rois; le Grand Cyi^us, roman qui doit avoir dix volumes.

It sortoit d'une familla noble, originaire du royaume de NapleS) établie depuis plusieurs siècles en Provence ^ Son père, après avoir servi avec distinction sur mer et sur terre, eut la lieutenance de roi du Havre-de-Grâce , où cet académicien naquit en l soi. Il suivit d'abord le parti des armes, comme it nous l'apprend lui-même dans la préface de son Ligdamon , qui est sa première pièce de théâtre* Mais ses propres paroles sont à rapporter ; on géteroit tout en les changeant.

' Georges de Scudéry étoU d'une famille noble originaire d'Apt en Provence, dont le nom est Scutifer dans les contrats lutins, et qui porta celai de Scudier ou Ecuyer quand on commença à faire les contrats en françois^ et depuis celui de Scudéry.

Elzéar Ecuyer^ ayeul de Georges de Scudéry, fit profession des armes et y acquit de la réputation. Son fils, père de Georges de Scudéry, suivit la fortune de Tamiralde Villars, André de Brancas, qui le fit nommer lieutenant de Roi au Havre-de-Grâce, dont il étoit gouverneur : ce ne fut donc pas Scudéry lui-même qui eut cette place. Celui-ci étoit fils de ce lieutenant de Roi et d'une demoiselle de Brilly; il naquit au Havre, en 160f, et passa une partie de sa jeunesse à Apt avant de venir à Paris.

Cf. Niçeron, Mémoire pour servir à Vhistoire de^ hommes iUuS' très, t. XVI.

Le roman de Cyrus, qui contient Thistoire de sa sœur sous le nom allégorique de Sapho, dit • quMl n*y avoit point de famille à Mytilèneoù l*on put avoir une plus longue suite d^ayeuls, ni une généalogie plus illustre ni moins douteuse... Sapho a un frère nommé Charaxe^ qui étoit alors extrêmement riche ; car Scamandrogine (leur père), en mourant, avoit partagé son bien fort inégalement, et en avoit beaucoup plus laissé à son fils qu*à sa fille, quoyqu'à dire la vérité, il ne le méritai pas. i

c Tu couleras aisément, dit-il au lecteur, par-dessus les fautes que je u'ai point remarquées, si tu daignes apprendre qu*on m'a vu employer la plus longue partie du peu d'âge que J'ai, à voir la plus belle et la plus grande de l'Europe, et que j'ai passé plus d'années parmi les armes, que d'heures dans mon cabinet, et beaucoup plus usé de mèche en arquebuse qu'en chandelle ; de sorte que je sais mieux ranger les soldats que les paroles , et mieux quarrer les bataillons que les périodes ^ »

Dans l'épltre dédicatoire de là même pièce au duc de Montmorency : c Je veux , lui dit-il , apprendre à écrire de la main gauche , afin que la droite s'emploie à vous servir plus noblement. » Et dans une autre de ses épitres dédicatoires, il dit qu'il est « sorti d'une maison où l'on n'a jamais eu de plume qu'au chapeau. »

On ne peut enchérir là-dessus, et il faut convenir de bonne foi, n'en déplaise à Bachaumont et à Chapelle, que les dames de Montpellier n'avoient pas tort de le croire

Vaillant, riche et toujoare bien m\B\

* D'OIivet ne cite que la un de cette préface. On y lit encore : « Ne pensant être que soldat, je me suis encore trouTé poète.... La poésie me tient lieu de divertissement agréable, et non pas d'occupation sérieuse. Si je rime, ce n*est qu'alors que je ne sçais que faire, et n'ai pour but en ce travail que le seul désir de me contenter : car bien loin d'être mercenaire, l'imprimeur et les comédiens témoigneront que je ne leur ai pas vendu ce qu'ils me pou voient payer. Tu couleras..., etc.

' Chapelle et Bachaumont sont à Montpellier, dans une société de précieuses de campagne qui croient Scudéry

Vaillant, riche et toujoun bien mis, Et PeUisson un Adonis.

Les deux voyageurs sont allés jusqu'à Marseille, et ils ont

Mais étoit-ce ud grand poêle? C'est de quoi peut-être on ne conviendra pas s! facilement, quoiqu'il nous assure que toutes ses pièces de théâtre eurent un succès extraordinaire, à Texception de sa Didon et de son Amant libéral, « où ies acclamations, dit-il, furent un peu plus froides. Toutefois, ajoute-t-il , l'impression fit après ce que j'avois espéré du théâtre. » Voilà comme il en parle dans la préface de son Arminius , qui est la dernière pièce qu'il ait donnée. Ainsi la satire' a bien eu raison de l'appeler « bienheureux Scudéry , > puisqu'on effet il a été content , et de lui-même et de son siècle, jusqu'au dernier moment.

n avoit épousé une demoiselle de Martinvast, bonne maison de Normandie*. Il mourut à Paris le 14 mai 1667, âgé de 69 ans. Quelques-uns des ouvrages que M. Pellisson lui

grimpé au fort de Notre-Dame de La Garde ; Scudéry, après la perte de sa fortune, en avait dû le gouvernement aux sollicitations de madame de Rambouillet et de Ph. Cospeau, alors évéque de Lisieux.

* Boileau :

Bienheureux Scudéry dont la fertile plume Peut tous les mois sans peine enfanter un Tolume.

(Sat. Il, yen 77.)

Ce qui revient à ce mot de Balzac : c 0 bienheureux écrivains, M. de Saumaise en latin, et M. de Scudéry en françois ! j^admire votre facilité.... » — Chapelain le juge ainsi : cSgudéry a peu de connoissance des langues anciennes : pour la sienne, il la parle assez purement. Son principal mérite est dans son naturel, qui est beau ; et, s*il étoit réglé par le jugement et soutenu par le savoir, il a une vigueur qui ne le laisseroit pas entre les hommes ordinaires. > {Mém, de quelques gens de lettres vivants en 1662.)

* On trouve de madame de Scudéry des lettres nombreuses et fort intéressantes dans la correspondance de Bussy. — Il Tépousa et 1650, et eut d'elle un fils qui fut prêtre.

attribue ici, et qui ont véritablement para sous son nom , viennent de son illustre sœur , Madeleine de Seadéry , morte en 1 701 , A l'âge de 94 ans*

XXXVII. Jean Doujat, Toulousain, avocat au Parlement, seul lecteur et professeur du roi en droit canon au Collège royal de France. !1 a divers ouvrages de longue haleine fort avancés sur plusieurs sciences, et deux particulièrement sur le droit, qu'il appelle Prœnotiones canonicœ çt civiles. Il a publié en diverses occasions des pièces séparées en vers latins ou françois. Il y a de lui une petite Grammaire espagnole^ où i) n*a pas mis son nom, non plus qu'au Dictionnaire de mots gascons sur Goudelin. Il est l'auteur de la préface du Vestibulum de ComénîQs, dont il a donné la copie, et d*un des Épitaphes de M. de Thou, qui fat imprimé sans qu'il le sût, avec beaucoup de fautes dans Yittorio Siri, et qui commence : « Lege Viator, etc. »

Il prêta le serment d'avocat au Parlement de Toulouse en 1687, et au Parleroent de Paris en 1689 ^

^ U était né à ToQlousé, vert f 609i d'une flimill» illoAre : B était petit-fils de Lonii Doujat, premier avocat général qn*alt e« le grand Conseil (verft 15i5)i et fils d'un conseiller ta Ptrieaeni de Tottiottse.

U fut choisi par M. de Périgny*, non pas, comme on 1^ dit, pour enseigner au Dauphin, fils de Louis XIV» les éléments de l'histoire et de la mythologie^ mais pour faire partie de ta maiton, et Tentretenir de cet matières. Qoelquet-nns de tes enrraget furent composés à cette occation, comme ta tradaction de Velléius Paterculus, son édition de TIU*Live» ete. Cbifieiàia,

Il eut la chaire de professeur en droit eanon au Collège royal en 1651, et uoe autre chaire de docteur régeat daos la Faculté de droit en 16.55.

« On ne sauroit lui rien apprendre dans les langues grecque, latine, italienne, espagnole : il a beaucoup de connoissance de Fesclavonne, de Tallemande et de rhébra!que. » Ce sont les propres termes que je trouve dans une letiire non imprimée de Chapelain à Balzac, du 24 septembre 1650.

« A tant de talents il avoit joint uue rare modestie, une exacte {Hrobité et un parfait désintéressement. Jouissant par son travail d'un revenu considérable, il ne songea jamais à faire des' acquisitions, ni à amasser des richesses. Content d'en tirer une honnête subsistance, il employa tout le superflu au soulagement des pauvres ^» Voilà ce qui se lit dans le sixième Journal des Savants, de Tannée 1689.

n mourut à Tâge de soixante et dix-neuf ans, le 27 octobre 1688, étant alors doyen et de l'Académie, et du Collège royal et de la Faculté de droit.

Outre les ouvrages qu'il a mis an jour, on cite de lui les manuscrits suivants.

I. Du délit commun et du cas privilégié* Bibliothèque historique du P. le Long, num. 2648.

dans son Mémoire des gens de lettres, parlolt déjà, en 1662, avec éloge des nombreux matériaux que Doujat avait recueillis pour r histoire : c II possède assez bien le françois, mais il n'est pas de la premKre classe. > ^>*il utilisait les documents qu'il possède» il faudrait c revoir et réformer ce qu*on j trouveroit à redire. » — Nous retrouverons dans notre second volume Doujat mêlé au procès de Furetîère.

* L*abbé Renaudot, dans le discours qu*il prononça lorsqu'il fat reçu à la place de Doujat, vante àusil t a tertu, et particulîèremeni sa grande charité envers les pauvres, qu'il caciMit avec tant de soin. »

IL Eerum Gallicarum, impubère L^dcmco XIV, liber primus, II n'y en a ea dMmpriiné que la première fcoile, suivant le P. le Long, num. 9596.

m. Consultation sur la renonciation de la reine Mario^ Thérèse d^ Autriche aux États de ta couronne d'Espagne, le cas y arrivant. P. le Long, num. 1 1989.

IV. Réponse au Bouclier d'Ëtat , où t7 est traité délavé^ ri table fin du Roi en son entrée aux Pays-Bas^ P. le Long, num. 12000.

V. Mémoire de Vétat ancien et moderne de la L»* raine ^ etc. P. le Long, num. 12149.

VI. Histoire de la régence d'Anne d'Autriche^ mère de Louis Xi K, indiquée dans le sixième Journal des Sarants , de Tannée 1689.

A {^occasion du Bouclier d'État^ remarquons que Bayle étoit mal informé, lorsqu*il a dit que le baron de Lisola, auteur de ce fameux ouvrage, étoit de Besançon. François de Lisola, fils de JérAme de Lisola, écuyer , et de Susanne Recy, naquit k Salins et y Ait baptisé a la paroisse de Saint- Anatole, le 22 août 1613 ^ J'ai cru devoir, par zèle pour ma patrie, revendiquer en son nom cet homme illustre, dont Texemple suffit pour montrer à ses compatriotes, que s'ib aiment Toisiveté , ce n'est pas que la nature leur ait refusé des talents.

XXXVIIL François Charpentier, Parisien. Il a fait imprimer la Vie de Socrate et la traduction des Choses mémorables de ce philosophe , du grec de Xénophon.

' L*abbé d*OltTet pouvait être biea informé ; loi-même était Dé à Salins, et sa mère était de la même famille que celle da célèbre pampliléuire.

11 a traduit aussi toute la Oijropédie et quelques ou« vrages de Tempereur Julien^ mais cela n'est pas encore imprimé. Pour les vers, il a fait une Paraphrase du psaume CoNFiTEMiMi Domino, imprimée, et plusieurs autres poésies qui ne le sont pas.

Il naqoit le 15 février 1620 et il mourut le 22 avril 1702.

« Le génie aisé et la vivacité qu*il Ût paroitre dans ses premières études Tavolent fait destiner au barreau. Mais quelques talents qu'il eût pour réussir dans cette profession, Tamour des lettres ne lui permit pas de s'y engager. Il préféra à une vie tumultueuse et agitée le repos et le silence du cabinet, et à Tétude des loix la connoissance des langues et des bons auteurs de Tantiquité.

«• M. Colbert étant entré dans le ministère, et ayant conçu le dessein de former, à rimitation de nos voisins, une compagnie pour le commerce des Indes Orientales, voulut d'abord donner à toute la France une idée avantageuse de cet établissement, par un discours qu'on publia sur ce sujet, et il fut tellement satisfait de M. Cbarpentier qui Tavoit composé par son ordre, qu'il le retint pour être d'une Académie qui ne faisoit que de naître % et que l'on a connue depuis sous le nom d'Académie des inscriptious.

« Les langues savantes que M. Charpentier possédoit parfaitement, la profonde connoissance de l'antiquité, et cette critique judicieuse et sûre qui étoit le fruit de ses veilles , le rendoient très-propre à concourir aux travaux de cette nouvelle Académie ; et c'est une justice que tout le monde lui rend , qu'il n'y a personne de ceux qui la oomposoient qui

> On rappelait alors la petite Académie, et elle ne comptait que quatre membres, tous de l*Académie française : Chapelain, Bourzéis, Cbarpentier et Gassaignes.

an jiwn^ trom iinn rut ïil bus at«»ejii«> àf cette belle seite de lI*t*^hl[t*î^ CI iiL i i-iuat^^i^ ^iiT kr pnB£i|Minx oéoemeoU du reçut ot Li»r» ï.!'*.

• A J tci.* L DL fH-mnart ât «s oBiriçes, oo peut dire eo iM'ueni. qi :ii i tr:»i ^ t îii*ni'»r: ât J'eif »ni et de l'art , de la

• L ivoc le fltirp» rMiGsif e: ssi^n. Il vwx mêle et forte, r»« i& ctniri ur de r.«.r,h»?e. et a od fese dire, d'intré- ;or t* t «nrct i.trt-"v >«»es.; CK^iXAt et ptrioit avec véhé- TDes:«. Df &:r:e rse^ î:erii9i''i »<ru«Mt an avis et que aoD km s'kl';:a.ct pLr il Mc:r&i.f:>» *« îi hii echappoit qoelifoef:«s es cèiMk» piss teles encoev que tout ee qn*ii a écrit de pèw nf « de p^ aii.'De,

€ Le dlîcocrs. q^""J a dr-cDe ta pcbfie^ De t excellence el </f rMt.Utf d*< ^T^^rîT^t s^^^^mrçT^, déeoaTre assez quel eioa fon xde poor ces exera^es. Mùîs soq assiduité anx asicmb!te5 de FAcader^Je Pa fait encore miecx voir. H en a

* Ctà^^lkin le jï^ ^&>i : c II i le style p«ir et net en pro«e et en Ters. s^t birs U bn^œ grec^e ec lifine. a de la force dans re*f^t el de l'cniditioB mciecDe. Par la V»f de Socrate, qu'il a coiiipil*re. oo Toii qu'il pi.-airoît traTaiMef de son chef; mais il s'e^t ral^tto <ur la traduction, comme s'il craigmoît le labeur ou qu'il «e sentit foiMe (•'?ar les grandes entreprises. L'expérience du monde et des affaires qui lui manque, lui a fait peut-être prendre ce parti comme le plus aisé. Au reste, il Tant autant et plus qu'un autre. >

* CbarpcDtier aToit la manie de contredire. Despréaux parle assez souvent de lai en ce sens^ entre autres dans sa lettre à Racine, du 28 août 1G87, où il se représente lui-même comme c un misérable qui a besoin de sa Toix pour être souffert des hommes, et qui a quelquefois a disputer contre M. Charpentier. Quand ce ne seroit que cette dernière raison, ajoute-t-il, il doit risquer quelque chose, et la vie n'est pas d*nn si grand prix quil ne la paisse hasarder rK>ur se mettre en état d'interrompre un tel parieur.»

DE MESSIEURS DE L'ACADEMIE. 3i5

soutenu les travaux et la réputation par son exemple ; et nul autre académicien n'a parlé plus de fois à la tête de k compagnie ^ «

Tout cela est tiré mot à mot du XXXII, Journal des Savants , de l'année 1702. On y trouve aussi les titres des ouvrages que M. Charpentier laissa en manuscrit :

I. Toutes les OEuvres de Xénophon , traduites en fran* çois : il n'en avoit fait imprimer que la Cyropédie, et quatre livres des Choses mémorables de Socrate.

II. Dissertation sur la Cyropédie^ pour justifier que l'histoire de Cyrus, écrite par Xénophon , est une histoire véritable.

III. La Rhétorique d'Aristote en françois, avec des commentaires.

IV. Trois comédies d'Aristophane, le Plutus^ les Nuées et les Gremuilles^ traduites en prose françoise.

V. Épigrammes choisies de V Anthologie et de Martial^ en vers francois.

VI. La Peinture parlante , traité où Ton fait voir qu'il faut mettre des inscriptions aux tableaux , et des noms aux portraits.

VU. Pièces diverses en prose et en vers, dont quelquesunes ont été mises , mais sans choix et sans goût , dans le Carpentariana.

A l'égard des ouvrages étrangers , auxquels M. Charpentier a eu part, soit pour en avoir corrigé le style, soit pour en avoir procuré l'édition, voyez Carpentariana^ p. 369.

^ Oo trouve jusqu'à seize discours prononcés par Charpentier à rAcadémie ou au nom de la Compagnie, dans le Recueil des ha-' rangues ac€uiémiques, publié en 1698. Il faut dire, du reste, que Cbarpeiaier porta pendant cinquante et un ans (de 1651 à 1793) le titre d* Académicien.

XXXIX. François Tallemant \ natif de La Rochelle, aumônier du roi. Il a traduit quelques Traités et quelques Vies de Plutarque, qu*il n*a point (ait imprimer.

Il avoit de l*esprit , il ne roanquoit pas même de savoir ; mais faute d'avoir bien examiné, comme le veut Horace,

Quid ferre reetuent, Quid valeant humeri,

il a vieilli sur une traduction des Vies de Plutarque , qui n'a point eu de succès. Ce qui avoit fait réussir celle d'Amyot, ce sont les grâces du style. Ce qui fit écliouer celle de M. l'abbé Taliemant, c'est tout le contraire. « Nec tamen satis auls probata est, dit M. Huet dans ses Mémoires , b»c interpretatio, quam ille languente et diffluente oratione vestiebat. In hujusmodi enim scriptionibus bistoricis parum attenditur quam fideliter expressum sit exemplar,quum non satisfit aurium desiderio. • On a reçu plus favorablement sa traduction de V Histoire de Venise. Il mourut âgé de soixante-treize ans, le 6 mai 1693.

XL. Armand du Cambout, marquis de Coislin, baron de Pontchâteau, et de la Roche -Bernard, lieutenant pour le Roi en Basse-Bretagne, né à Paris.

Il mourut le 16 septembre 1702 , à Paris, où il étoit né le

^ H étoit frère cadet de Tallemant des Réaux. Né protestant, il changea de religion sans se brouiller avec sa famille, et, à en croireson frère, sans grande conviction. Voir, pour plus de détails, les Historiettes, éd. in-18, t. Vlii, pages 176 et suiv., et t. I«% Pfotieej par M. de Monmerqué. — Nous verrons, dans notre second volume, son nom mêlé dans le procès de Furetière.

l*' do même mois en 1635, de César du Cambont, colonel général des Suisses, et de Madeleine Séguier, fille du chancelier de ce nom i. Il considéroit fort les gens de Lettres, et se dérobolt avec joie à ses autres occupations pour pouvoir se trouver avec eux. Il a laissé, entre autres enfants*, Pierre du

* Madame de Coîslio, devenue veuve, en 1646, épousa ensuite le marquis de Laval, second fils de madame de Sablé.

' II sembleroit que le chancelier eût désiré la réception de son petit-fils à l'Académie françoise, où il avoit déjà son précepteur Ballesdens, ponr qu'il pût y fréquenter des gens de lettres, et tirer profit de leur entretien pour compléter en quelque sorte son éducation. Voici on fragment pris dans une letlre manuscrite de Ballesdens à Séguier, du 6 déc. 4658 : t M. le marquis de Coislin... arriva lundy sur les trois heures; l'abscence de madame, qui étoit lors en visite, l'obligea de venir prendre sa place à TAcadémie, où il sait qu'on a fait tant de vœux pour sa santé. H la remplit si dignement cette après-dînée, que je puis dire que le meilleur historien ne sçauroit faire une si excellente relation de la campagne qu'il fit. Gela me porta à lui dire en secret quej'irois écrire sous luy tout ce que j 'a vois ouy, et qu'on n'en changerait pas un seul mot dans notre histoire épistolaire. Cependant, comme je sçay qu'il ne parle pas seulement, mais qu'il agit et qu*il exécute comme il parle, je lui applique ces deux vers par advaiice, et par quelque espèce de prophétie de sa haute valeur :

Imut iiUrepidui /iammis, hiberna ieeabit JEquora, et armata» aciet iuperabU inermis.

Le mardi suivant, il fut en Sorbonne, où il assista au service qui s'y fait pour feu M. le cardinal de Richelieu. » (Bibliolfi, impér. M. Saint-Germain, fr. 709 ".)

En i662, Chapelain ayant à Tapprécier dans son Mémoire pour Colbert , dit de lui : t Le marquis de Coislin parle fort bien et fort juste. Maison n*a rien entendu de lui en matière d'éloquence, qu'une harangue courte et bonne qu'il fit aux États de Bretagne quand son tour vint d'y présider. Du reste, il se pique plus de guerre que d*écriture. »

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Je TOUS ai rapporté la oaissaDce ^ rétablissement et le progrès de T Acadéoiîe firaoçoîse jusqu'à présent : n'attendez pas que j'aille plus km , et que j'imite cet excellent historien, qui, jugeant de Tavenir par ht connoiâsance du passé , a si bien fait Tboroscope de la République romaine. La fortune de V Académie suivra vraisemblablement celle de TÉtat, et sera bonne ou mau-< vaise, selon les rois et les ministres qu'il plaira à Dieu de nous donner. Il est impossible de prévoir tout ce qui peut arriver au dehors pour sa destruction ou pour sa gloire ; mais Je vous dirai bien entre nous , que s'il y a rien au dedans par où elle puisse manquer, c'est peutêtre une certaine coutume ou loi non écrite , qu'elle observe plus exactement que pas un de ses Statuts. Car, je vous prie, ne croiriez-vous pas que l'avantage d'entrer dans ce corps devroit être proposé comme un prix à toutes les plumes' des François, et à tous ceux qui se sentent quelque génie extraordinaire? Que ces messieurs, lorsqu'ils ont à se choisir un collègue, devroienl toujours nommer le plus digne , quel qu'il fijit , sans même qu'il s'en doutât, assurés que personne ne refuseroit cet honneur, ou que si quelqu'un étoit si bizarre, toute la hopte et tout le blâme en seroit sur lui ? Cependant ils gardent inviolablement cette maxime , de

ne recevoir personne, quelque mérite qu'il ait d'ailleurs , qu'il ne le demande. Je sais tout ce qu'on peut dire en faveur de ce règlement , et ne doute pas que ceux qui en ont été les premiers auteurs , ne se fon« dassent alors sur des raisons en effet très-considérables ; mais je doute fort si le mal qu'il peut produire aujourd'hui n*est point plus grand que l'utilité qu'on en peut attendre. Car s'il en faut parler franchement, il en arrive une chose de très-dangereuse conséquence. C'est que presque personne ne se présente pour être reçu , qui , avant que de rien proposer en public, ne s'cissure des suffrages en particulier, où la civilité ordinaire ne permet qu'à peine de résister aux prières d'un ami. Je veux bien que toutes les places vacantes aient été remplies jusqu'ici aussi bien qu'on le pouvoit souhaiter. J'en vois même, entre les derniers venus , que cette Compagnie compte parmi ses premiers et ses plus grands ornements. Mais qui nous assure qu'il en soit de même à l'avenir^ et qui ne sait que la corruption ne se glisse toujours que trop tôt en toutes les institutions humaines, lors même qu'on n*a rien oublié pour les en défendre ? Ceux qui seront les moins capables de cet emploi seront peutêtre les plus ardents à le rechercher, et l'obtiendront aisément en un pays, et en un siècle où l'on ne sait rien refuser que ce qui regarde l'argent et l'intérêt particulier. Plusieurs autres au contraire , que l'Académie devroit souhaiter pour ses membres, se tiendront à l'écart, ou par quelque pudeur naturelle, ou par cette fierté honnête qui accompagne d'ordinaire la vertu et

le mérite. On aura beau nous dire qu*iU n'en sont point, parce qu'ils ne s*en mettent point en peine. La postérité ne recevra point cette excuse : et si elle voit parottre sur ce théâtre de petits ou de médiocres acteurs, pendant que d'autres qui étoient capables des premiers rôles seront demeurés cachés derrière , elle blâmera sans doute le jugement qui aura fait un si mauvais choix.

Mais si cette Compagnie subsiste longtemps , et avec le même honneur qu'elle a fait jusqu'ici, quand même elle ne donneroit point les œuvres qu'on en attend , il est impossible que la France n'en retire beaucoup d'avantage.

Tant d'hommes d'esprit et de savoir ne peuvent pas s'assembler toutes les semaines sans s'exciter les uns les autres au travail et a l'étude des belles-lettres, sans profiter beaucoup dans ces conversations , et sans répandre insensiblement le profit qu'ils auront fait pour eux-mêmes , sur tout Paris et sur tout le reste du royaume.

Quant à moi , tel que je suis, j'avoue que je me suis formé dès l'enfance, ou dans les écrits, ou dans la conversation de quelques-uns de ce corps, qui ont été mes premiers maîtres. Ce que vous trouverez de plus supportable au style et en la manière de cet ouvrage, vous le devez à TÂcndémie. Mais si l'Académie elle-même n'est point marrie que je me sois donné cette occupation , elle saura qu'elle vous le doit , et que sans notre amitié, et sans votre louable curiosité, je n'aurois point écrit son histoire.

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