DU ROI LOUIS QUATORZIÈME
Le troisième féTiier 1671 , rAcadëmie éunt exlnordinairement assemblée en présence de Monseigneur Ségaier, chancelier de France, son Protectenr; après qne messire François de Harlaj de Cbampralon, arcbeTéqne de Rouen, nommé par Sa Majesté à rarcbevécbé de Paris, a été reçn en l*une des quarante places d'Académicien, Tacanle par la mort de feu messire Hardouin de PéréUxe de Beaumont, arcbevéque de Paris, autrefois précepteur du Roi, et a remercié la Compagnie par un discours très-éloquent, mêlé des louanges de Sa Majesté, Paul Pellisson Fontaoier, se trouvant Directeur, a dit :
Monsieur ,
Cette assemblée extraordinaire, ce concours de nos Académiciens, leurs yeux, leur visage, leur attention, leur silence même, vous ont déjà dit combien ils se sentent honorés de votre présence et touchés de vos
bontés. Mais ils attendent de moi quelque chose de plus et veulent que je parle, beaucoup moins pour la nécessité que pour l'éclat, en un jour que nos registres marqueront & TaVenir entre les plus grands et les plus solennels. Je ne vois pas un de mes Confrères, mainte^ nant ravis de se pouvoir dire les vôtres, qui, par un zèle très-juste pour vous, mais trop injuste pour moi, ne s'imagine que je dois dire tout ce qu'il pense, et Je dire avec son esprit, ses lumières et sa délicatesse, que je n^'ai pas.
Les^ uns se promettent que, pour la gloire de TAcadémie, je relèverai votre auguste caractère, plus relevé de lui-môme que tous les discours humains ; les autres ne doutent pas que je ne fasse valoir le sang illustre, les alliances des maisons souveraines, les honneurs et les emplois, et, ce qu'on ne peut oublier en ce lieu, les lettres si souvent et si heureusement jointes aux armes, dans les grands hommes dont vous sortez. Ceux-ci s'arrêtent principalement aux qualités personnelles, soit celles de l'honnête homme, soit celles du prélat, également accomplies en vous-, ceux-là en particulier, au profond savoir, a qui l'àge même n'a pas été nécessaire; un grand nombre à l'adresse judicieuse mêlée de douceur et d'autorité qui se rend, toutes les fois qu'il le faut, maîtresse des assemblées, des compagnies et des peuples mêmes pour leur utilité propre et pour celle de l'État ; tous ensemble, à cette éloquence de toutes les sortes, tantôt privée, tantôt publique, tantôt préparée, tantôt soudaine, toujours assurée de persuà-
.134 DlSGOyR^ AG4I)Ë)|{QUES
lier Qw de plaire, et ^piU voq§ vpî}pj 4^ rpRftHvg}pr Tjdée, $i belle, si yiye, si mh\p fjap? J}P5 egppls,
Pour moi, Mpnçieur, je connoi§, j'^mifp, j^ spn^ comme eux tous ces avantages e( (iij{}§ P4treg q^e npys pensons posséder npus-ipérpps pn vpi|s po§sé()^][||.. ]^;ijs quand ils m'aurojent prôlé [Q\\i^^ l§Mr^ vpjx p9^^ foir# éclater de si grandes cbqses autant qi^'p^les le inp|*itpnt, je pe sais si Ip concert 4^ l4nt 4'p'pgps, qHPlqwP jUStP et quelque harippnjeuîf q^i'j| pôt ètrp , flg l)le§sçr9it point vos oreilles pour être trop près de vou§.
Pfe pourrois-je ppjut me soulepjr par Ift npi}vpfipté, pt découvrir eq quelque pj^rtie dp [^ty ppMr m^ rfjrf , moins fréquentée, 4^^ louapgeç qi{e vplfe pudpur époutât sans peinp, qH'elle ne pût rcfuSPr^ Qû'ellp fftt bien aise de publier elle-piêmp ?
Oq je me trompe, ou j'pntrpvpjs quplqpe jçi^r gt quelque lumière à cp desspjn^ p^r qMî|p4 }6 regar4p quelle est l^ maip qui ypus dppos î| RftMSi g»i HRH? donne à yous^ quand je vois \f^ plapp h p}M§ iïppQft^plp du clergé François, cellp q^i deni9p4p )p p)p^ tQMtPf ^H^ grandes qualités, soit civiles, soit pçplési^tiqu^^i ¥flli3 être déférée à Tinstapt et çpps hésiter, Rpij ppipt pftr l'ordrp de la spqppssipn, p| 4e Tftgp, ni pv 1b h»Si»r4» ni par la pab^le, niais par }p jugen^ept pt }e pbgU ^'W prince sage et habile s'il en fnt j^niais ; jp n^e per^najp que les lopanges infinies et inépujsahlp^ d'MP $i ^r^pd Roi, encore qq^ vous le^ époutiez loujqqrs aypc joie, encore que vQps les portipz yous-mème plps haut qHP personne du monde, ppmme no»^ yenon? 4p l'éprçuïçr,
retombent pjaîirnoins tqulp§ §pr vpu§, yppg F^viPnpPnJ et V0U5 apparljennept clpsoppiai^ ; pt qu^p |ie^ f|'ftb»p- (lonner vplre élpge, je )e ffintipuerai petif-^lfe ^'i^pe manière plus noble, si je ppn]niepcQ le çjpn.
Le plqs fameux |les apcieps en Ta^t {\\x ps|qégyrjqu§ avoit 9 parler de Iq plus grande beauté du nionde, celèbre par ses aventures, sortie, comme il djsojt. dp §ang de leurs Dieux, reçue après sa mort entre )es Péesses, p( donnant sqns cesse des marques dp son pquvpjf. |1 p^sse légèrpfppnt tf^nt de gran<]s endroits, que cb^pup voyoit comme lui ; mais il s'arrête au jugement ^p Thésée, qiii cru( devoir tout entreprendre poi^r e|le; pi)is, fjéprivqnt en particulier toptes les autres qc(jpns de ce gfapd bomn^e, le§ monstres dpmplés, ripjn^ipp §t la violence r^prjmép^, les Ipjs élsNie§, |es yilles fondées gi| flplivréps de la servitude, il çrQJt aypir i|ssp; élevé rhérpjnp ep élevant le Mro5.
^'essftyerai, quoique avec un génip bien diCfërpnti qi)elqup phose (le çen^blf^bl^. Yûi)§ noe le perniettpz, Messipnr^, Il y a de§ ten^ps et <}p? P«lièrp§ an-de?gp? deslpis; il y 4, vous le savez, des irrégularités pln^ l^eurepses qne Ips règles n^ômes. f 'es|; d>il|eqf$ loqpr, selqp npf cQu(pn)p^, p^^lr^ angn^te fon(li)teur Louis XI|1 qnp dp parler 4'un tel pis, H plus haute et 1^ plus dur«ible récompense qui ait été accordée sur la terre à sfi silgpsse, à sa tempérance, à sa justice, à 3a piété *, ç'pst louer sans affeclalion et sans pnvie notre grand Protecteur présent, la voix, mais la digne voix d'un si grand maître, Tipterprète aussi vénérable qu'éloquent et que
fidèle de ses pensées royales, le premier dépositaire de ses volontés et de son pouvoir ^ c'est louer en même lempsTillustre Confrère dont nous réparons si heureusement la perte, qui a travaillé durant tant d^années à former, a%-ec la nature, avec Dieu même, l'ouvrage le plus parfait que nous puissions admirer aujourd'hui ; c'est vous louer enGn, Messieurs, et tous les membres de ce Corps qui partagent si diversement et en tant de sortes, ou la confiance du Monarque, ou ses bonnes grâces, ou ses bienfaits, ou son approbation et son estime.
Ne pensez pas toutefois, Messieurs, que je veuille TOUS provenir en sa faveur par cette espèce d'inlérêl. Oublioi pour un peu de temps toutes les grâces que vous en avex rvçues et toutes celles que les belles-lettres en i^\vi\enl tous les jours. Ne vous souvenez plus que vous ^^res nos François, Effacez même de votre imagination, si loulofv^is il est possible, cette bonne mine digne de Tenîpirw cvMiime parloient les Anciens, cet air, ce port, ceiîo nîajestè si douce et si redoutable, ce mélange d huîUAnilo et de grandeur qui éclate dans ses yeux, qui tvlKip|H> à tous les efforts de la peinture et de la s^nilj»(ur\\ et qui s^imprime si vivement dans les cœurs. Il lue S4«tVa que vous connoissiez la France et que vous r^xvf ivnnne autrt*fois. En quel lieu de cette vaste inoïK^rv^lùo no lo lrv>uverez-vous point lui-même plus gr^iul quo U monarchie et tel que je voudrois vous le |Hni\oir r^^piYSontor?
Je uo protonds pas cependant ne rien oublier d*une
si ample matière dans un discours d'aussi peu d'élendue que celui-ci, ni parcourir également avec vous toutes les parties de TÉtat. Au contraire, j*éviterai, Messieurs, je le déclare, plutôt que je ne chercherai dans mon sujet tout ce qu'on a le plus remarqué, le plus loué jusqu'à cette heure. Je passe à dessein une infinité de choses, dont chacune i part seroit tout Tornement d'un panégyrique pour un prince moindre que le nôtre. Je laisse la Noblesse ou purifiée ou soumise aux ordres de la justice \ une partie du Tiers-État occupée aux travaux utiles, inconnus auparavant dans le royaume, et le partage des étrangers^ tout ce qu'il y a de plus difiBcile et de plus grand entrepris pour le bien du commerce, jusqu'à la jonction des mers, déjà si avancée, et qui passoit auparavant pour le vain discours des gens de trop de loisir ; le peuple en général soulagé ; la fécon* dite récompensée ; les procès abrégés; les lois réformées ; l'économie servant à la magnificence et à la libéralité.
Hais ni le grand Archevêque que nous recevons aujourd'hui parmi nous, ni mes propres sentiments, ne me permettent de passer aussi légèrement sur l'Église, pacifiée depuis peu , florissante depuis longtemps par l'application du prince, par ses soins et par sa piété. Vous, Messieurs, à qui tous les siècles sont présents comme le nôtre et qui voyez avec douleur les vicissitudes humaines s'étendre à tout ce qu'il devroit y avoir *de plus immuable parmi les hommes, jusqu'à la religion , jusqu'aux autels , remontez à huit ou neuf cents ans dans nos histoires, plus loin encore, presque jus-
n3i< DISCOlRS ACAbfîMfQltES
qu'au temps heurinix eîl malheur^Ui tout èlHSëhiWe A^^ martyrs el de leùrg Inirdcles : Votià tië irôniet^i f)Oihl ailleurs, je ne cfàins pn^ de lé dire, les prérrii^rfis places de TÉglise remplies en Vtûhcë iè plitÈ ètcëllenls sujets, le mérite plus distingué (lar là récompenses, Tindignité plus flétrie et plus éloignée par le mépris. Si quelqu'un en peut douter, qu'il regarde teulèment les Tictoires non sanglante^ que le travail, que le savoir, que là piété de nos prélats et de leurs troupes sacr'éei remportent à toute heure sur ceux que des tern(ïs totiâ différents et lé malheur de hos pères atoietit séparés dêl la foi. Heureux les captifs volontaires qdi suivent avec' joie le char de ce triomphe ! mais ing^ltts en tnêmé temps, ou obligés de reconnôftre que, si c'est Poiiv^ge des pasteurs, le choix des pasteurs est l'ouvrage dti Roi, comme le Roi celui de Dieu même !
Je ne finirols point, Messieurs, Si je ne me rcnfermoiâ désormais dans quelques réflexiohS pdrlictidèrés, siftiples et abrégées sur les travaux de notre Monarque, h veux bien , et il est juste, qu'on admire dans seà maisons royales la nature surmontée par Tart ; tes fofitàifiés, les canaux, ou plutôt les ^fvlè^es et teà tuehy par des conduits souterrains, occuper la placé des sablons dénies et des terres altérées; mais qui ne t'admirera luimême inflnimènt davantage, Si, paf les i'oies (ïJus secrètes, plus obscures et plus inconnues du gouvernement dont il est lui seul Touvrii^r, le conducteur è( le maltfe, il a su corriger, surmonter el chtfttgéf efl mieux les mœurs, les inclinations et le géJKie de ses peuples ? •
DE i»BLLlSSl3N. 3:îfl
\6bi af ëi ^u, Meésieuf^, ^ou^ la f^ètitë dHlHè Reine tfés-plëtiâè, Yimpléd se ifiori(rér quéI(|aerol5$ Nardlrrî^^Nf, rfùjèiifd'htii môrtë on rfiuëlte à la Cduf .
▼crus à^ei ^ii âiiprlravant, éous le régrië fl^iiti Roi tfè^-sttWe, ce cjtie nous flè voyons plus, l'e^tcès opposé âëeite veflti, passant du bas peuple aux personnes de qucllité, déshonorer la France comme quelques-unes des nations voisines.
La fiireur des duels, invétérée et confirmée paf* tant de siècles, étoiteri notre seule nation un msti ihcurdble, ddttt là guérison est maintenant si parfaite, que nd(is ctiriittiençofts à Toublier avec le mal môme.
Le commerce maHtirtie étoit impossible aux François, incapables^ dîSclit-on, de chercher un proflt ôÙ V8H cdrrittiëhce presque toujours par dei perles; 6\i Vàh Uè s'avance que par le bon ordre, par la persévéMnce et pat le travail. Ce commerce cependant, aussi bieii que mille autres avantages, nous Tait aujourd'hui autafit de jilbiiit que nous avons de voisins.
Efi i|uel lieu dû monde éloit-il autrefois plus permis et piltJS facile aux particiiliers , en quel lieu du monde VSiit èSt-il aujourd'hui plus diiQcile et fuoins perrhis de Hë point faire leur charge,- d'abuser de leur autorité, d*ôtre dispensés des lois, de se dispenser eux-mêmes de létir devoir?
Çcrelles histoires, quel^ livres, quelles nations et qtfèlleS langues n'ont parlé de l'insolence du so'.dat françois et du peu de discipline de nos troupes? Elles vivent maintenant, nous l'avons vu de nos yeux en Flandre, elles vivent mèUie dans les villes conquises plus réguliè-
rement que leurs propres habitants, pendant que les sujets d* Espagne, tremblants, captifs et renfermés dans leurs murailles, n*osent les perdre de vue et s'écarter à la campagne par la seule crain te de leurs propres garnisons.
D*oi!i viennent, Messieurs, tant de changements à la fois, et si remarquables? Y a-t*il quelque révolution extraordinaire, quelque conjonction et quelque constellation nouvelle dans le ciel? Dispensons-nous de l'observer : laissons-en le soin à ces nouvelles académies royales, filles ou sœurs de la nôtre, ouvrages en* core de la même révolution, ou plutôt de la même main, si magnifique et si puissante. Ce qu'il y a de certain et d'indubitable, c'est que nos Rois sont nos astres; leurs regards, nos influences ; leurs mouvements et leur conduite, la première source sur la terre de nos vices et de nos vertus.
Mais peut-être que le Roi dont nous parlons s'est borné lui-même au dedans de son Etat. Demandez-le, Messieurs, à toutes les nations du monde, à qui Ton peut dire qu'il est et qu'il a toujours été presque aussi présent qu'à nous, ou parla protection, ou par l'amitié, ou par la crainte, ou par l'hommage libre et volontaire que les plus éloignées rendent si souvent à sa réputation et à sa vertu.
le ne puis encore, Messieurs, toucher ici que rapidement et, comme en courant , la matière de plusieurs volumes. Je ne dirai rien des victoires et des progrès avant la paix des Pyrénées, cù sa modestie lui fait prendre bien moins de part qu'il n'en doit avoir. Il commence à gouverner lui-même , ayant désormais, pour
premier ministre, le génie joint au courage, au travail, au secret, à la fermeté, a la ponctualité et à l'exactitude. L'Espagne veut usurper sur nous, dans une cour voisine, une égalité injurieuse et qu'on ne lui peut jamais accorder : elle est aussitôt contrainte, ce qu'on n'avait jamais vu encore, de céder la préséance par une déclaration solennelle et publique. Dunkerque et la Lorraine cependant se réjouissent de revenir à l'empire françois. On viole à Rome la dignité d'un ambassadeur : le Roi en tire une double gloire, et de faire hautement réparer l'offense et de l'oublier. La pyramide, tout abattue qu'elle est par lui-même , subsistera deux fois dans l'histoire, monument de sa puissance et monument de sa bonté.
Un prince ecclésiastique, son allié ne peut dompter une ville aussi forte que rebelle, obstinée dans sa faute par un faux amour de religion et de liberté. Tout le parti protestant se doit émouvoir pour elle dans TEmpire. Elle se rend toutefois à la vue de nos troupes, ou plutôt au seul nom de notre Monarque, comme si elle venoit de voir tomber ses bastions et ses murailles, et chacun approuve ce qu'il n'a pu empêcher.
Le Turc est déjà bien près de Vienne avec cent mille hommes, il n'a plus de rivière qui l'arrête. Toute l'Allemagne tremble, presque toute la chrétienté. Six mille François d*une valeur héroïque le vont délivrer et dissipent cette épouvantable armée, méprisant leur vie par la noble ardeur d'obéir et de plaire à leur Roi.
Les Hollandois, ses alliés se trouvent pressés par un ennemi voisin et plein de vigueur : il les sauve avec
d4â DISCOURS 4f4DÉI|iQUH:S
gjèpérpsilé d'un péril extrême, n'ignprant pus, mm m «ettant pas i^n cpmptp ses intérêts i y^nir. Us sont en mit me temps engagés en une gperre cruelle aviec l'Angleterre : il se déclare pour eux comnie il V% prqnriis \ il conserve néanmoins le pouvoir et Tautorité (}'arbitre pntre les deux natioqs, et se départ niagn^pinfemen^ 4p ses propres avantage^ poqr leur donner |a p4j>'.
On refuse a la Reine ce qup I^ sapg et les Ipis lui doun^nt« Après ayoif cpipbatfM P^r les rajspns, le vojli qifî marche a la t^te de ses arpnées; qui étonne \e^ pliis yipux ^\, lesplps sages capitaines par sa cpn4uil^, les p)us braves et les p)u^ déterminés soldats par sa vqleur; q|]i force, qui giigne, qui inonde placer et proyinpps eptières, comme un torrent qqp Thiver fn^mp rpp4 p)M8 rapjcjp, sans qu'il manque pen ^ s^ glpJFp, que ce qm manque tpujqprs a pejle des héros : p est W'^^ ^ résQut avec peinp 4 l^MP fésister ^ 4 li^s i|ttendre, et que lenr réput^itiop lais^p beaucoup mpins ^ fqire a leurs Qrmqs.
Mais pe torrent va noyer et ravager, pomme Ton pense, amis et ennemis avec la m^me fiireur. Il surprend à la véritp amis et ennemis, piais d'pne autre Sprte. Il se relire beaucoup au-deçà de ses justes bornes ; le conquérant pst au-dessMS dp ses ponquêtps ; ni ces belles et grandes possessions, ni les espérances infiniment plus belles et plus grandes, ne lui persuadent ou de violer ou d'éluder imp parolp donnpp : rare pxemple d'honneur, de mqdératjpn et d'équité!
Parmi tant de pruspérités et de iriflfflphpSj S il faut, quv l»i l'urlum^ au plutôt t^ette sqgcî^se supéf ipurp qui ne
Pë PfÇL^ISSOM. 343
||îii}Mu fiviîiigle ^\^^. r^VL>!iglttmt*pt bun^ain, le traite l}0Q (q\^ ou (leg^, comm^ ^put le reslie des plus grands ))0(HP)^P9 e|, 1)^ $e n[)pi)lrM pas loujours également fayprfiblii ^ifx bons (les^ein^ , on croiroil qu'elle ne veut ))ifmilipr )a nation que pour relever davantage le mérite âl) pripp|3. Aussitôt que pos troupes, et nos troupes les |nei|leures et les plus fortes, séparées de la France par 4e§mers et éloignées des yeuz du maître, manquent à ^xécptpr s^4 ordres, pu n*en peuvent recevoir de nou- Ye§ui^i ce n est piMs ce que p'étpit auparavant. L'Afrique et Çapdie vpiept d^ui^ entreprises contre les infidèles, gr9P(jes, généreuses, pieuses i jamais, louables pp tpp( ce qi^Vlles ppt de lui, être néanmoins suivies d'un succès contraire, comme pour faire septir aux Pf^PSPiS pe qu*ils savpient seiilepient jusques alors: que )eurs victoires étoj^nt bc^aucoup moins un effet de leur y^IeuFt qn'MP ^-^t de s*) cpnduite.
Qu ajouterqns-nous è cet. éloge, Messieurs, ou plutôt qu'ep pqurrions-nous retrancher? Ce prince ne seroitil point, comme tant (Je princes, moindre que lui-même fi peux qui Tapprqcbent ; autre en ses discours qu'en ses jetions; tellement attaché au devoir de Roi, qu'il en oublie tous les autres, celui de père, celui de particulier^ ^ps magnanimité pour ceux qui le servent; sans consicjération et sans bonté pour tout ce qui est au-dessous dplpi; dp difliicilP'Accèsà ses peuples; impatient du poips et chagrin par la multitude des occupations importantes, qui est de tous les défauts le plus pardonfial)|e,et c^lyi qu^ |es grands hommes surmontent peutêtre le dernier?
344 DISCOURS ACADËMIQUES
Rien moins, Messieurs. Do près plus que de loin, on découvre à tous momenls davantage sa véritable gran* deur; jamais que des sentiments, jamais que des exprès* sions de roi. J*ai cru mille fois qu'il n'étoit pas né, mais qu'il avoit été fait notre maître, comme sans comparaison plus raisonnable que pas un de ses sujets. Quelque autre par une politique basse et maligne, mais qui n'a que trop d'exemples dj^ns les histoires, porteroit envie à son successeur ou se contenteroit d'avoir mis au monde un prince en qui la nature lui représentoit déjà d'elle-même tous les premiers traits de ses propres vertus. Il choisit au contraire pour cette éducation royale tout ce qu'il peut découvrir de plus éclairé, de plus sage, de plus droit, de plus ferme, de plus généreux, de plus honnête, de plus capable, de plus savant, comme s'il n'y devoit plus penser lui-même; il y pense comme si personne ne devoit le seconder dans ce travail, jusqu'à mettre par écrit pour ce cher fils et de sa main, les secrets de la royauté et les leçons étemelles de ce qu'il faut éviter ou suivre, non plus seulement père de cet aimable prince, ni père des peuples mêmes; mais père de tous les Rois à venir? Quel de nos Monarques a prévenu, comme lui, par ses libéralités et par ses grâces, les désirs mêmes des siens? En quel temps a4-oD vu les présents plus magnifiques, les récompenses plus fréquentes ou plus grandes, même du fond de son épargne et de tout ce quMI pourroit retenir? Quel particulier remarquant aussi finement les défautsdes autres, les a aussi humainement dissimulés? Où est l'homme de sa cour, qui se plaigne d'un mot un peu moins con-
certé, ou d*nne raillerie piquante? Qui est-ce qui n*en a point été écouté, et en tous lîeux^ avec patience et douceur? Qui est-ce quil n'a point obligé, même dans les refus? Qu'on me montre le malheureux et Finfortuné, qu'ai-jedit? qu'on me fasse voir l'importun et le fâcheux, à qui il ait jamais dit une parole dure et fâcheuse. Qui Ta jamais vu en colère; ou gémir sous le pénible fardeau qu'il porte, comme s'il le trouvoit plus grand que ses forces, ou perdre sa tranquillité propre, pendant qu'il conserve celle de l'État?
Je prends à témoin cependant les mains aussi laborieuses qu'habiles, nuit et jour occupées sous lui i l'exécution de ses grands desseins, s'il se passe rien, soit au dedans, soit au dehors du royaume, ni aux plus petites choses ni aux plus grandes, qui ne lui passe et repasse incessamment devant les yeux; si ce n'est point par lui que s'entretiennent en tous les climats du monde les négociations étrangères; que nos provinces sont calmes; que Paris a tous les jours plus d'abondance, plus de sûreté et plus de beauté; que les manufactures s'avancent; que les arts libéraux fleurissent, que les sciences triomphent; que les charges se remplissent; que toutes les grâces s'accordent ; que les revenus de l'État se dispensent; que les troupes se conservent et s'exercent; que la mer se couvre de ses vaisseaux de guerre, et voit décharger nos marchandises où n'alloit auparavant que le seul bruit de son nom ; que nos forti- Bcations étonnent la Flandre; que la multitude, que la grandeur, et que la pompe des bâtiments royaux surprennent également le François et l'étranger; que les
3K$ DISCOURS i^C4DÉil|QU£S
f9^^tfcle9 passant Timflgin^tîo^ fi\(tm$^ d^pég au peupU, r)pn commB autrefois par les Grecs pt par lei PQRiaJBS, pour m .acquérir l-^mpire , inaia par un piif ^(Ttil de inagnanimit^ et de bonté j s'il n*6st pas vrai ^p6n qu'un seul homnie, pt p^r cpnséqueî^^ le plus grap4 des liofptncs, fait fiyec fficilité ce prodigieux ppmbre d^ P^p^ps, que nous §vpf}§ ppjpe 4 retenir et 4 pompt^r.
I) f^ut, Ifessiaprs, qqe j^ contienne fppn admiratioq dans quelque sortp d^ bornas* Érpue H ea^eitfe qu'elle fiil^ pap tant de djver^ objets, ellp oublieroit \p temps et )e Ijeu, elle pass^roit^u^ Qgqresipsplusb^Mtes et les plus ïjMî^^îJ'flPPPlIcroi^cpmmeenjugPinpntdpvantyQusIes ^qis de tputes les notions pt de tops les sjM^Sîi î^^f' fPg^rpis f pnome présents, Ipsplus grands de nosRuis, qui
rfgfirâ) nt sans dput^ du çi^l ^Y^P plaisir et sqns envi^
]|2S p)prv^i|les de lepr sqcppsseur. h c|opfu)nderois au Mipistre pi^fpe, qui ^, tant pris de soin de son enfance et de sps ptpls, s'il rtii attendu ce frui( de ses conseils^ s il pA( PM prédire ce qpe nouspprquvops-, et si Ton 4 passé $ps vues 1^ plus éloignées e^ les plus gr^ipdes. Cpnsolexvgus toutefois, Cardinal illustre, vous qui pouviez ou égaler op ^ITaper tous l^s aptrps : ce n'est p(i^ une honte d'être elfacé par lui. C'est assez pour vptrp gloire d'a- Voir ep quelque part à la sienne. Mais vous, dont nous SPniRes plus particulièrement obligés i pélébrer les lot^flnges, preqiipr protectpur et premier autppr de pqtf ^ ijociéié. génje Iplélaire de ces assemblées, fameui^ f:|rdips)} de Rjfïhelieu, de qui la mémoire sera vénérable
W \W^ ^f^ i^i^F^' ^^^^ Q"^ l'^n parl^r« cpttp lapgMe,
as iBLLlSSOK. 347
tant qu*il y aura des savants, tant qu'il y aura des mi* nistres, et des peuples et des rois ; âme grande, âme haute, aigle dont je ne puis suivre le vol ; pouvez-vous suivre des yeux celui de Louis quatorzième et voir ce qu'il exécute aujourd'hui, sans avouer... Mais où m'emporte le mouvement de mon zèle? Achevez, Messieurs, achevez, et que ce soi|; ^ypç ^Ofil vptre esprit, tout votre travail, toutes vos forces (car il en est besoin); achevez un jour popf rhqpp^Mr ^p 1^ France et pour le vôtre, le Panégyrique que je viens d'ébaucher. Et puisque vous êtes témoins de ma foiblesse, soyez-le de ma passion ou, si vous voulez, de mon emportement; et que s*il m'eût été possible, ébloui deç li|mières d*un si grpnd Roi, charmé de ses vertus, pénétré de ses bontés, j'aurois fait mille et mille fois davantage.
Vous, Monsieur, par qui j'ai commencé et par qui je dois finir : encore qu*il n'y ait sorte de gloire où vous ne puissiez prétendre, comptez toujours pour la plus grande de toutes, celle d'en être si particulièrement estimé. Chérissez cette Compagnie : et pendant qu'elle vous cède avec respect et avec joie tous les autres avantages, sans qu^elle en excepte même celui de bien parler, souHrez seulement qu'elle vous dispute celui de bien connof tre le Prince , c-est-à-dire de le révérer et de l'aimer * .
^ Cp^I^ftUf^ fut, ^^^ sflp uppîirUjP»» ^'•^«^«H 6P H^"efi par Tabbé Régnier Des Marais, en lalin par racqdémicien Jean Doujat, en espagnol par Tabbé Pélicaut, et enQn même en anglais.