COMPLIMENT
POUR L'ACADÉMIE FRANÇOISE An même mcaslre rran^to de BUurlay de CImumptaIi
•Om IO!C IKITALLATIOII O VkWCMMfàcmà Bl r&Bii
Prononcé dam ion palaif archiépiieoptl , le tt man 1 67 1 .
Monseigneur ,
Voici le comble de notre joie : tous les académiciens, jusques aux moindres, ont triomphé de se voir en quelque sorte égaler à vous par cette qualité ; tous jusques aux plus grands, triomphent encore de vous voir audessus d'eux par ccille de leur pasteur et de leur archevêque.
Présidez heureusement, Monseigneur, à un peuple dont les princes font une partie. Ce Roi lui-même, dont les louanges sont les vôtres, et sur lequel on ne se peut épuiser, tous les jours plus grand, encore qu'il semble ne le pouvoir devenir davantage*, ce Roi, maintenant
DE PËLLISSON. 349
Tamour des étrangers, comme celui de ses peuples, Fadmiration des nations les plus reculées, aussi bien que de ses propres Conseils \ qui pourroit les soumettre toutes ensemble, à qui toutes voudroient être soumises, n'aura point à Tavenir de plus grande gloire que celle de vous être soumis^ et sa piété, Touvrage du ciel, dont vous n'avez point jeté les fondements, mais où vous allez, avec saint Paul, bâtir, en grand architecte^ d*or et de pierre^ ries, sera devant le ciel même, pour parler encore comme cet apôtre, votre espérance, votre joie et votre couronne.
Mais quel sentiment intéressé s'oppose à des pensées si agréables? Quels mouvements* ou de douleur, ou de crainte, les viennent troubler? L'Église vous a prêté à l'Académie ; il faut, Monseigneur, que l'Académie vous rende à l'Église^ qui va désormais vous occuper tout entier ; et si votre repos nous est cher, comment pouvons-nous en conserver seulement ou le souhait ou Tespérance.
Quelles veilles pourront suffire à tous ceux pour qui vous avez à veiller? Quel patrimoine, ou public ou particulier, à celte foule d'infortunés, qui n'en ont point d'autre que le vôtre? Qui sera foible et infirme parmi nous que vous ne le soyez avec lui ? A quoi vous servent vos propres lumières et votre propre pureté, s'il faut que vous répondiez de nos erreurs et de nos fautes ? Qu'importe que vous ayez tant contribué a pacifier rÉglise? Le plus difficile vous reste à faire, si l'aigreur et la division , bannies des assemblées , ne haussant plus 1} voix dans les chaires, n'éclatant plus dans, les
nous ignorons Tart de rendre un témoignage fidèle à la vertu, et le commerce des siècles passés ne nous peut rien promettre de ceux qui sont à venir ; ou Ton saura quelque jour et même après nous, ce que nous venons vous protester aujourd'hui : qu^estimé, chéri, révéré de tout le monde, vous n'avez point trouvé ailleurs plus d*admiration, plus d'amour, plus de respect, plus de soumission que dans TÂcadémie Françoise.