EXTRAITS DE CHAPELAIN
Nous sommes heureux de pouvoir donner ici de nombreux extraits des lettres de Chapelain ; malheureusement, M. Sainte-Beuve, qui a bien voulu nous les communiquer, ne possède pas toute cette correspondance si précieuse ; nous nous arrêtons, pour ce volume, à Tan 1 6 il 5 mais notre tome second reprendra les extraits à partir de 1659. On verra qu'en beaucoup de cas ces lettres remplacent utilement les registres perdus de Conrart ; mais, plus indépendant que le Secrétaire officiel, Fauteur apprécie la portée de certains actes de l'Académie avec une singulière indépendance. Nous citerons notamment ce qu'il dit de Boissat, et de la lettre adressée par l'Académie à celui-ci, après son accommodement avec le comte de Sault.
A M. GoMMV/ k IteEUX.
[8] décembre 163S.
« Vous viendrez donc assurément, et nous rendrez par votre présence le eontentement qm Dieu aovt a retena si longtemps; vous nous rendrez même V Académie de laquelle vous êtes le prince et le chef, chacun ayant remis à votre retour l'assemblée de nos conseils , et la tenue de nos états. •
^ A M. M Balzac.
1^ mars i63<ê.
" Ce serait ici le lieu de vous parler de l'Académie dont Rfonseigneur le Cardinal s'est depuis peu rendn îe promoteur, et qn^rf autorise de sa protection.
c M. de Btoîs-Robcrt s'étant offert avec tine chaleur et m*c afvriMV hortextraord inaîres éte vows a verlfr de cte qcri vou« tegntékM «» cela, Je craindrofs ëe teàir à <afd, el de nie faire wtm tfmt$Xle a vee My ti Je v<m» en eBftretaniito à cette haire. Je iuis de eette eoraf agnîe par grâeey ely par cet heaaeiir, je trouve me» charges reâo«^blées ^ ne Jufèa«l pas cpi'H nie fût bienséant d'être de ce corps, et de ne pas contribuer à sa perfection tout ce qui seroit en ma puissance, si chacun y apporte autant de zèle que moi, je puis dire sans vanité que nous ferons quelque chose cTe mieux et de plus utile que toutes les Académies ensemble. A moins que de se proposer cet
âTantage, Je TOfiis âymié que Je tieiitfrofs mon Xeiafê
A M. DS BOIS-KOBBRT.
3 août 1634.
« Je ferai savoir à ees messieurs que vous les aimez toujours, et que vous vous honorez du titre d^Académisie. »
A M. COIIRAIET, ▲ JONQUltRB.
Si août 1634.
« UAeMéMe «rt vMuite au petit pied, et, si rinfluence êm^f \iy 9b apparence qu'elle se Féânîr» et néanl : lei trois deniièrea assemblées se sont passées sans rien faire, et^ fà oelie que neiieaUeii» tenir ta&tôt est de même, il lui laadra changer de aorai el l'appeler Y Académie des fainéant». Je Tettft garde eae lettre que M. llfay nard m*» écrite sur son suje^ qui teoe surprendra aussi bien que meî. Je ne l'estimois pas capable d'une teUe huBMlilé, ni d'une si grande déférence. >
A. M. Mayisard.
Août 1634.
« Nous lûmes l'un et Tautre à TAcadémie les fermes honorables avec lesquels vous pirKez d'elle, et fûmes ouïs avec ressentiment de tous. Il seroit long de vous réduire sa forme, et ce qui s'est passé depuis soi^ institution. Ce qui la rend consitfcràbfe', est Tapprobation de Monseigneur le Cardinal,
€t le mérite de ceux dont elle est composée. ïa reste qu'on s'en est promis pourra être, et pourra aussi n'être pas. Quand il n'y auroit autre avantage qu'une fois la semaine on se Toie avec ses amis, en un réduit plein d'honneur, je ne croi« rois pas que ce fût une chose de peu de consolation, et d'utilité médiocre. M. Racan est en cette ville, qui n'en manque point et confesse, avec« sa bonté ordinaire, que les conférences qui s'y font ne lui sont pas inutiles, quelque excellent homme qu'il soit. >
A H. DB Bois-RoBKaT.
4 septembre 1634.
« Prenez patience cependant et, sitôt que votre temps sera fini revenez, et ne donnez pas le temps à la fièvre de vous arrêter dans votre mauvais pays. Peut-être trouverez-vous TAcadémie plus échauffée qu'elle n'est, et les Académiciens en meilleure humeur de bien faire. La salle de M. Desmarets est, depuis six semaines, trois fois plus grande que d'ordinaire, et quand tout le monde y est assemblé, elle paroft comme s'il n'y avoit personne. En effet, c'est qu'il n'y a presque personne, et que, la pénultième fois, la Compagnie ne fut composée que d'un seul. Le bon M. Faret est un des plus négligents, ou plutôt un de ceux que les affaires en détournent davantage.
vn.
A. H. DB BàLZ4C.
Novembre 1654. K Pour la dernière Académie, sans vous la prétendre faire aimer, je vous assurerai qu'elle n'est pas si étrange qu'on
vous la fait; et qu'il a suffi que ce fût une nouveauté pour soulever force inonde contre elle. SI néanmoins il eût été en ma liberté d'en être ou de n'en pas être, Je vous avoue que Je m'en fusse dispensé, et que sans la mépriser, toutes les fois que Je me pourrai donner le temps qu'il faut, par considération, que Je lui donne. Je le ferai assurément, car je suis le plus accablé des hommes. Cela demeurera entre nous, s'il vous plaît. »
A M. DE BaLZ4C.
25 février 1635.
« J'attends avec impatience l'édition de vos belles lettres, et la harangue que vous me promettez pour l'Assemblée, de laquelle Je vous dirai qu'elle se rend tous les Jours, et de plus en plus, honorable : s'accroissant de Jour en Jour de personnes de condition, en sorte que les aboiements du vulgaire cessent, et l'applaudissement demeure général. M. du Chastelet, M. l'abbé de Bourzé (Bourzéys) et M. Godeau ont déjà parlé chacun près de trois quarts d'heure ; c'est à notre ami M. de Bois-Robert à entretenir la Compagnie la première séance. J'ai même sentiment que vous pour quelques Académiciens ; mais Ils y sont, et les choses ne sont plus en état d'être révoquées. Le temps purgera la Compagnie, mais vous ruiustrerez toujours, et elle tirera plus de gloire de vous seul que de honte de ceux qui y trouvent place indignement * • »
^ Yo|ez plus loin la réponse de Balzac.
300 t>iÈCES JlSTlFlCAriVM.
A M. DE Balsâc.
Avfil MS*.
« Le discours qne J'ai fait à la compagnie est lon«; et maevais, deux raisons qui vous doivent détourner de Tesposer à une vue si délicate que la vôtre. C*est pourquoi j'attendrai des ordres plus précis de vous pour vous l'envoyer. »
A M. Ds Bauux;.
31 nui 1637.
« Pour rAcadémie, elle languit à l'ordinaire; peu de gnos s'y rendent aux jours réglés, et l'on n'y fait plus eKeroifie de lettres. Elle en a néannooias toujours le nom, et le prenuar promoteur de cette assemblée ne parle tous les jours que da rhomologation de ses privilèges. Apiès quoi, si aous oa travaillons comme des manœuvres, on nous dégradara et eaUiera. Les Muses françoises ne riment plus depuis un an que l'on leur a donné le bréviaire à traduira an prose, m
A M. P£ Màia^.
1 7 octobre IBST»
« Pour M. Bourbon, vous faites une chose digne de votre générosité d'oublier le passé, et de vouloir bien un raecommodement dans lequel, à considérer les choses à la rigueur, vous pouvez prétendre de grands dommages et intérêts.... Je solliciterai M. de Vaugelas de s'acquitter envers cet ex-
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cellent ennemi de la commissioii ^e vous kil aviez deonée ; et de mon- c6ié J'agirai avec te rodme, ear je ne J'avolfl vn, depuis qu*ii étoit mon maître de classe, que quand H et son entrée dans l'Académie, et le toat se passera comme vous le sauriez souhaiter. Je crois que le motif de la nomination de cette personne a été pour avoir dans la compagnie des gens formidables au Pays-Latin, s'il se soulevoit contre elle, comme l'on en a parlé... J*ai cent fois pensé aux lettres que le preqaier (Bourbon) vous a écrites, et que vous m'avez montrées; mais il faqt avouer qu'il est bon latineur. »
xn.
A. M. fiOUCHABD, ▲ R0»B.
46 mai 4666.
■ Il semble par votre lettre que vous croyez pouvoir être admis en votre absence. Je vous répéterai ici, si Je ne vous Fai déjà écrit, qu'on ne vous peut proposer pour cela que vous ne soyez présent, et qu'après l'avoir fait agréer à son Éminence, qui, par un ordre particulier, a voulu être consulté sur tous les prétendants, afin de fermer la porte à toute brigue et ne souffrir dans son assemblée que des gens qu'il connoisse ses serviteurs... Une place d'Académicien en France n'^st psjis jun bénéfice, et son Éminence est assiégée de tant d'affamés, et qui attendent depuis si longtemps, que Jusqu'ici nous n'avons vu aucun de notre troupe gratifié de pareil bienfait, si vous en exceptez M. de Bois-Robert. »
A M. Maynabd, bn Auvbrgne.
28 avril 4636.
• Le peuple se réjouit aux dépens de l'Académie, et s'en-
368 PiÈCES JUSTIFICATIVES.
tretient d*une mauvaise comédie manuscrite où nous sommes la plupart introduits personnages, à ce qu'on dit, peu agréablement. Votre éloignement vous aura sans doute fait oublier par ce mauvais comique, et nous défrayerons la Compagnie sans vous. »
A M. DE BaLZ4G.
20 juin 4658.
« Qualche scioperato s'est avisé de faire rire les crocheteurs aux dépens de notre sénat littéraire, car il ne fait point rire les honnêtes gens. Il a fait une mauvaise farce où nous représentons tous, etjusquesàM. le Chancelier même, ce qui a fait supprimer la pièce, parce qu'on menaçoit d'un voyage en Bastille celui qui s'en avoueroit le compositeur. C'est, à vous parler sérieusement, une maigre bouffonnerie et qui ne nous fait point de tort. Pour la compilation de Saint-Germain , elle est d'une matière plus sujette à censure, et je ne crois pas qu'elle ait été vue à Paris... »
A M. DE Balzac.
5 septembre 1638.
■ L'Académie sta per iirarle calze^ tant elle est languissante et oiseuse. Vous avez oublié qu'elle ne se tient que les lundis. »
A. M. l'abbé de BOIS-ROBEBT.
27 septembre 1638.
K L'Académie languit sans vous, et nous nous aperce-
YODS extrêmement de votre absence. Mais nous n'oserions vous trouver à dire, sachant que vous êtes utile auprès de la personne de notre maître commun , et que , dans le service que vous lui rendez, vous représentez celui que la Compagnie lui doit, et qu'elle a impatience de lui rendre. >