‹ Histoire de l'Académie française (volume 5)Chapitre 61 sur 81 · LA TROUPE · texte numérisé non relu

LA TROUPE

Si vous le trouvez bon, nous Tavons agréable.

BAUDOUIN

Je condamne à mon tour Timportun effectif. Et veux mettre agissant en la place d'actif.

LA TBOUPB.

Hé bien 1 nous défendons qu'aucun de nous les mette, Renvoyant effectif au faiseur de gazette.

M. LB CHANGELIBR (Ô).

. Que dis-tu, Colletet?

COLLETET

J'en condamne un peu moins ; Je me contenterai de blâmer néanmoins.

HABERT

Condamner néanmoins ! d'où vous vient cette audace?

(a) Je ne saurois louffrir le TÏeux MiparavMil, Qui se trouve cent foii à la place d'oomil.

■AUBOnill.

Pour mes traductions, c*est un mot néœsuire, Et li Ton 8* en sert mal, je n^y sauroii que faire*

L^BaroiLi.

Peut-être Tonlei-roai garder encor jodû.

BAUDOUIN

Sans lui, comment rimer si bien à parodié f

L*Bffr01UI.

Paradù est un mot ignoré du Parnasse,

Et Itê deux dans nos vers auront meilleure griee.

(6) SKRISAT.

Que dira Colletet ?

COLLBTST.

Le plus grand de mes soins Est d'ùter nonobtlant et casser fUonmmnt.

PIÈCES JUSTlFlCATrVES. 451

Ce mot, à votre avis, n'a-t-il point bonne grâce? II remplit bien la phrase, il coule doucement; Il met dans le discours un certain ornement, Et, s'il n'est trouvé bon d'un homme de cervelle, On le condamnera.

GOLLETET.

Faisons langue nouvelle, Puisque l'Académie en a bien le pouvoir ; Tandis que nous voici faisons notre devoir. Néanmoins a mille ans; la troupe académique Lalssera-t-elle un mot de la langue gothique ?

HABEBT.

S'il étoit plus nouveau, Je le tiendrois suspect; Plus il est ancien, plus on lui doit respect.

GOLLBTET.

Laissez donc ainsi soit, piéça, les blandices^ Dont la vieille Gournay fait toutes ses délices.

HABEBT.

On les a retranchés, non pas pour être vieux, Mais pour ce qu'aisément on pourra dire mieux.

GOLLETET.

Vraiment, gentil Habert, un homme de votre âge

BABIRT.

Condamner néanmoins! d'où vient cette pensée ? CoUetet, avez-vous la cervelle blessée?

Néanmoint ! qui remplit et coule doucement, Qui met dans le discours un certain ornement.... Pour casser nonobitant, c'est un méchant office Que nous nous rendrions dans les cours de justice.

DBSHABITS.

Puisque car est sauvé, laissons le reste en paix.

Et faisons une loi qui demeure à jamais :

■ Les auteurs, assemblés pour régler le langage,

« Ont enfin décidé dans leur aréopage :

• Voici les mots soufferts, voici les mots casséf.... ■

Monsieur de Serisay, c'est à vous, prononcer..

im PIECES Jl STIFICATIVES.

Ne devroit point aimer cet antique langage.

Il nous demeure encore le mot de toutesfois.

Je crois que nos messieurs me donneront leurs voix.

M. LE CHANCELIER

C'est assez discouru sur une telle affaire; Gombaud, il faut parler; c'est à vous à vous taire.

GOMRAUD.

J'approuve la censure, et n*ai rien vu blâmer Qu'on ne dut, sur ma foi, justement réformer.

M. LE CHANCELIER

Vous, monsieur de Bréval.

RKÊVAL.

J'ai repris empirance Aux œuvres dç Du Vair ; il y faut décadence,

M. LE CHANCELIER

iMessieurs, allons- nous- en gravement consulter Ce qu'on doit trouver bon, ce qu'on doit rejeter.

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