‹ Histoire de l'Académie française (volume 5)Chapitre 62 sur 81 · RÉSOLUTION DE L'ACADÉMIE · texte numérisé non relu

RÉSOLUTION DE L'ACADÉMIE

Prononcée par le président Skhisay.

« Grâce à Dieu, Compagnons, la divine assemblée

« A si bien réussi, que la langue est réglée.

« Nous avons njeté ces vieux et rudes mots

« Introduits autrefois par les barbares Goths (a) ;

(«' Apn's ces quaU*e \ers, ou lil ^édition 1753 :

« Kl s'il eu reslc aucun eu favLMu- de Tusa^^o, q 11 fera désormais nu méchant pereuuuagc. ■ Or, qui lit riuiportaut. dtvhu de tous honneurt.

" Nous les avons Atés, et, de pleine puissance,

«( Faisons aux écrivains une juste défense,

» Qui devra leur servir d'une très-forte loi,

« Qu'ils n'usent pour jamais de car ni de pourquoi;

•« Parce que ni parfois ne sont plus à la mode;

« Combien que n'est pas bon; or est très-incommode;

« Jadis semble trop vieux pour vouloir s'en servir;

» Nous bannissons d'autant aussi bien qu'à ravi> :

" Et, quoique la coutume en ceci soit bien forte,

« On dira désormais que l'on pousse la porte.

« Nous cassons sans appel l'importun effectif;

« Nous mettons agissant à la place d'actif;

« Nous souffrons néanmoins; pour le mot à*empirance,

« Ne pourra plus serrir qu'à de vieux raisonneurs.

« Combien giie, pour ee que font un son incommode.

« Et d'autant et parfois ne sont plus à la modo.

I il contle^ il nout appert sont termes de barreau,

(' Mais le plaideur françois aime un air plus nouveau.

t il appert étoit bon pour Cujas et Bartbole ;

« /( eontte ira trouver le parlement de Dole,

< Où, malgré sa vieîllessef il se rendra commun

« Par les graves discours de T orateur Le Bruu.

« Ou pieux Chapelain la bonté paternelle

- Peut garder son tombeau pour sa propre Pucbllb :

« Aux stériles esprits, dans leur fade entretien,

« On permet à rovir, lequel n*exprime rien.

4 Jadis est conservé, par respect pour Malherbe ;

> Dans Tode il a marché, Jadis ^ grave et superbe.

• Kt de là, s' abaissant en faveur de Scarron,

• Il a pris Vair burlesque et le comique ton ,

« Mais il demeure exclus du langage ordinaire .

« Vieux Jadis, c*est pour vous tout ce que Ton peut faire.

0 11 faudra modérer cet indiscret pourquoi, H Et révérer le car pour Tintérèt du Roi.

1 En toutes nations la coutume est bien forte ; « On dira cependant que Von pousse la porte

« Nous souffrons néanmoins, et, craignant le Palai<. t Nous laissons nonobstant en repos pour jamais. « Qu*au milieu des cités la vaine coterie c Au prodigue cadeau soit toujours assortie.

« Personne n'ignorolt qu'il fallolt décadence.

• Voici ce qu'à pea près nous voulons réformer;

« Soit nommé libertin qui nous voudra blâmer!

« Qui ne reconnottra la troupe académique

« Soit estimé cbez nous pire qu'un hérétique ! •

a Et que d&Qi le repts, ainii que d&at Tamour, « lit demeurent bourgeois, éloignés de la Cour. •

Auteun, mes compagnoos, qui réglex le langage, Atons-nous assex hit? en faut-il davantage ?

LA noora.

Voilà ce qu*à peu près nous pensons réfomer. Anathème sur ceux qui nous voudront blimer ! Et soit traité cbes nous plus mal qu*un hérétique Qui ne riconuoltra la troupe académique 1

DBSHAaiTs ( Chancelier de P Académie.) Après ee bel arrAt, des arrêts le plus beau, Je m* en tais tout à l'heure apposer le grand sceau.

Page 1