GG J.-L. GUEZ DE BALZAC
Peut-être aussi qu'à cet égard sa mauvaise santé faisoit partie de sa philosophie. A quoi bon courir après les richesses , si Ton ne se sent pas en état d'en pouvoir jouir? Il n'avait pas trente ans que déjà il se plaignoit d'être « plus vieux que son père, et aussi usé qu'un vaisseau qui auroit fait trois fois le voyage des Indes » A ces hyperboles on reconnolt M. de Balzac. Il dit ailleurs2, et remarquons que c'est dans un ouvrage composé peu de temps avant sa mort, « que si on pouvoit séparer de sa vie les jours que la douleur et la tristesse en ont retranchés, il se trouveroit que, depuis qu'il est au monde, il n'a pas vécu un an tout entier i. »
prendre sur l'épargne, mais dont il fut rarement paye. On y ajouta les titres de conseiller d'État, et d'historiographe de France, qu'il appelle de mai/nifiques bagatelles, tome I, page 870. Il ne prenoit que le titre de Conseiller du Roi en ses consàls. (o.) — Voici le passage de Balzac (Lettre à Conrart, du 2a avril 1648) : « Monsieur, j'ai reçu le commit iimus... Votre adresse à obliger fait couler votre civilité dans la barbarie des committlmus. Vous cultivez les pierres de la chancellerie. Vous cueillez du fruit sur des arbres morts. Car, en effet, n'est-ce pas par votre moyen que je recouvre aujourd'hui mes qualités et mes titres? Le temps les devoit avoir moi>is. Ma paresse les a voit oublies. Je croyois les avoir perdus dans un exil de douze ans. Je ne croyois plus être ni conseiller d'État ni historiographe de France. Et si j'ai obligation à la libéralité du feu Hoi de ces magnifiques bagatelles (le mot de magnifiques corrige celui de bagatelles , c'est vous, Monsieur, qui confirmez les grâce» du Prince, qui remettez en honneur un pauvre banni, qui le réhabilitez en cire et en parchemin. »
1 Vo>e/. tomei, paye 12, une de ses lettres, du I juillet \C>2î. (o.) — Lettre a Philippe Cospeau.
* Voyez tome n, page or»8. (o.) — Lettre à Chapelain.
3 Dans une lettre du 28 octobre 10:21 au Prieur de C.hives, il
J.-L. Gt EZ DE BALZAC. i\l
11 fut d'abord connu par ses Lettres^ dont le premier volume parut en 1621. Elles causèrent, si j'ose ainsi parler, une révolution générale parmi les beauxesprits '. Jusqu'alors ils avoient formé une République où les dignités se partageoient enlre plusieurs ; mais cette République tout à coup devint une Monarchie où M. de Balzac fut élevé à la Royauté par tous les suffrages : « On ne parloit pas de lui simplement comme du plus éloquent des hommes de son siècle, mais comme du seul éloquent*. >»
Placé ainsi sur le trône de l'Éloquence , il vit ce qui peut-être ne sétoit jamais vu entre auteurs, la jalousie de tous ses contemporains se taire devant lui. Mais ce que la jalousie n'osa tenter fut entrepris par le zèle d'un jeune Feuillant , nommé Dom André de Saint- Denis, qui prit feu sur quelques paroles indiscrètes de M. de Halzac \ et lâcha contre lui un petit écrit assez pi-
dil quelles sont ses mnhrlio une ti« \re et une «ciatique continuelles.
1 «Hien n'est égal, dit M. -na^i* , à l'emp résument que lemoignoit le public pour avoir les lettre* «le M. «le Raliac lorsqu'il en impr rouit de nuu\elle>. C.Yluit le |>n*-» nt te plus agréable que les Allants pussent fane t leurs maîtresse:»... Celoil a qui en auioit de* premiers, et les libraires *a\oieiiL lio-bu-n proliter de eetle impatience du publie. » (\lrna;i<>u<t, edil. IG'.H, toute n. p. I"l.
1 bespreaux, HefleviMi VII sur lambin.
* Qu tl y a qinl'jK s prd's Moines (jui sont dans l h tlisr t omme 1rs tels r! lu nu'u.s an>m'iui vtoirnt tlnns ï.lrche. Ital/ac, t. i, page lit. «».) — La lettre ou Hal/ac parle ainsi est adressée a un moine, au Prieur «Je C.hi\es. Ce n'était donc pa* a tout le corp»» «les lleguliers qu'il s attaquait, niais a ceux qui faisaient larde parmi eux. El dans la même lettre il fait |Y|o^.> de deii\ uj":ne<», le ï\ J< - *« pb et l'aï be de Saitil-f u.ui.