‹ Histoire de l'Académie françaiseChapitre 9 sur 180 · JEAN-LOUIS GUEZ DE BALZAC · texte numérisé non relu

JEAN-LOUIS GUEZ DE BALZAC

Conseiller do Roi en se» Conseil»', l'on des premiers Académiciens, né en 1597, mort le 18 février 1654».

Il naquit3 en 159-4 à Angoulème, où son père, gen-

' Pour éviter tout anachronisme, il est à observer que les titres dont le nom d'un Académicien est suivi, repondent la plupart, non pas au temps de sa réception, mais aux derniers temps de sa vie. fo.)

* Cette date de la mort de Balzac est fausse. Ce n'est pas le 18 février comme l'ont dit Bayle, l'abbé d'Olivet et d'autres, mais le 8 février, qu'eut lieu la mort de Balzac. On le voit par le passage suivant d'une transaction pas<ee entre le frère de Balzac, Fr. Guez de Houssiues, et sa sceur Anne Guoz, dame de Campaignolles, pour rouler la succession de Balzac qui venait de mourir : « Ledit seigneur de Bal/.ac étant décédé en celle ville, en la maison de ladicie dame de Cauipagno (**c;, lebuiliesme de febvrier de la présente année, » etc.— La Musc historique de Loret ne fait meolion de celte mort que dans la lettre du 21 février 1C34.

3 Bayle, dans son Dictionnaire, arl. Balzac, rem. A., prétend que Balzac etoil ne en lo95, ou même plus tard. Mais j'ai trouvé 1594 dans uu Mémoire de la propre main de Chapelain.

;Et Balzac lui-même, dans une de ses lettres non imprimées à Chapelain, du 13 juin 1645, autorise cette date :

« Je suis très-content, dit-il, de l'épi tre a M. de Coligny. Mais • au lieu d j masser des rimes en fué, il seroit lempr> pour M. de

4.-L. GUEZ DE BALZAC. «3 tilbomme de Languedoc, avoit épousé une demoiselle 1 qui lui apporta en mariage la terre de Balzac, située

c Voiture, aussi bien que pour moi, de souger à nous convertir < sérieusement.

Jam subrepH iners xtas, necamare decebit, Dicere nrc cano blanditias capite.

« Le feu cardinal de La Valette lui a dit mille fois ces deux « vers du porte qui est son favori. Ce poêle [Tibttlle) mourut a « l'âge de vingt-cinq ans; et M. de Voilure et moi en avons plus « de cinquante, dont peut-être nous n'avons pas vécu un quart « d'heure selon les règles de M. de Sainl-Cvran. »

Puis donc que Balzac passoil cinquante ans en 10 1.\ il étoit ue tout au moins en 1591]. o.)— Toule la partie de cette noie renfermée enlre crocbets, a été supprimée depuis la lre édition. Comme tous les biographes jusqu'ici, l'abbe d'Olivel a pris pour exact l'âge que se donnait Balzac d'une manière plus ou moins vague. Mais tous les calculs de Bay le de l'abbe d'Olivel el d'autres, tombent devant la pièce suivante, publiée en 18I.S par M E Castaigne. C'est l'acte même du baptême de Balzac que nous devons aux patientes recherches de cet crudit. Nous le transcrivons textuellement :

« Le jour et Teste de la trè«-sainrte et indlvidue Trinité, premier jour de julng, ;in I.W,en IVJise parrochialle de Saint-Paul d'Anpoulesme, a est»- haptite J.-iian (l .y (on h ' r; nm> ■<■ Gu /), fils de noble homme Guillaume!;»)- et tle damoyselle Marie Nesmond, sa femme ; el a esté son pariu monseigneur Jelian-Loys de La Valette, chetallier du !-ainl-Lspril,duc d'Espei non, p;m de France, lieutenant | our le Roy des pais d'Augoumoysel Saint-Oiige, pais d'Onis, et du hault et bas pais de Lwnouzin, et sa marine damovaelle mère dud. seigneur d'E^pernon, et a tenu, au lieu de lad. damoyselle..., madame de Houilhat, sa fille. »

(Beehcrches sur la maison ou naquit Jean-Louis Gue/. de Balzac, etc., par J. -F. Eusehe Castaigne. — Angouléme, I)elrais»e, 1840.

ln-8*, tirage à part à 100 exemplaires des Annales de la Société archéologique de la Charente.)

• Bien « demoiselle * et noble en effet, puisqu'elle ctut de la famille de

6i J.-L. f.t EZ DE BALZAC.

dans le voisinage de cette ville, sur les bords de la Charente.

A l'âge de dix-sept ans1 il alla en Hollande , je ne sais a quelle occasion2; mais il nous apprend lui-même que, peu de temps après, il accompagna dans plusieurs voyages le duc d'Epcrnon, à qui son père étoit attaché, et qu'ensuite s'étant donné au cardinal de La Valette , il alla, en qualité de son agent, passer dix-huit mois à Rome pendant les années 1621 et 1022.

A son retour d'Italie3, n'étant encore âgé que de vingt-huit ans , il se confina dans sa terre de Balzac , d'où il ne sortit presque plus le reste de ses jours que pour se montrer cinq ou six fois à Paris \ Il s'y laissoit attirer par quelques lueurs de fortune sous le ministère du cardinal de Richelieu 5, qui , avant que d'être mi-

1 A l'âge de vingt ans.

* En 1617, c'est là qu'il connut Théophile, et si l'on er croit une lettre injurieuse de celui-ci, il en a uroit rapporté, parsuiu* de ses débauches, les maladies dont il se plaint si souvent dans ses lettres. Voyez Œuvres de Théophile {Dib. elzév. t. h, p. 285). — C'est là qu'il composa son Discours politique sur l'état des Provinces-L'nhs .

' Le séjour de Balzac en Italie eut la plus heureuse nflueuce, dit-il lui-même, sur son style. C'est là qu'il prit cette extrême délicatesse qui distingua ses œuvres et s'babitua au soin, souvent exagéré, qu'il donne à ses moindres écrits. Voyez, dans ses œuvres, les Passages défendus, 3e défense ; voyez aussi le 18e discours.

4 L'erreur est donc manifeste des écrivains qui font de Balzac un des visiteurs assidus de l'hôtel de Rambouillet. — Nous avons eu l'occasion ailleurs de prouver qu'il assista rarement aux célèbres réunions de la marquise. — Moniteur du 27 juillet 1857.

• Voyez les Œuvre* de Balzac, édition in-folwt tome n., p. 402,

J.-L. GlEZ b\ù BALZAC. (i.'i nistrc et cardinal , avoit recherché son amitié Mais entin l'âme fièrc de Balzac 7 ne put se résoudre à cette patience et à ces hassesses que l'ambition exige de ceux qui n'ont que du mérite. 11 ne voulut pas obtenir à force de persévérance et d'importunilé les grâces qu'il croyoit dues à l'éclat de sa réputation , et il préféra au superflu que la cour lui eût vendu trop cher à son gré, le nécessaire et l'honueTe que sa campagne lui fournissoit\

— Balzac > parle d'un inconnu, qui nVsl nuire que lui-même, ii U'juol un « bouffon» :iui ait fait perdre les bonnes grâces du car- •iin.ll de La Valette, et que leduc d'Kperuon voulait faire nommer secrétaire cïe la Reine, mue de Loui» XIII, après la mort de M. de \ illc-Si\in ; il rappelle aussi que M. de Luron (depuis cardinal de Hiclielit-u , voulant obliger un liommc « qui lui avoit chatouille l'c spril », a\ail dit H»" lui, a |>eine fige de vingt-deux ans : « Voilà un homme a qui il I. unira faire du bien quand nous le pourrons, el il faudra eomnieucer p;ir une ahbave de dix mille livres. » — « ... Toutefois, ajoute Hal/.tr, les choses en "-ont demeurées là... >1. de itichelieu ne s'est point souvenu de ce qu'avoil dit M. l'Evoque de Lui'on. »

1 Cependant le recueil des Œt'ii.s comji'tds <!c Value (1 \o\. in-folio) s'ouvre par une lettre du l février 10:! I, où Hichelieu, d'-j.i cardinal el ministre, donne a Ital/.ac des louanges infinies el lui promet des marques de sou aflHlion. — ltal*a< , satisfait de ies éloges, se consola de n'avoir rien de plus, <. puisque, dit-il dans sa réponse du 10 mais les honneur» de ce momie sont d'ordinaire ou l'héritage des sots ou même la rccompeioe du vice. »►

— Quels honneurs |>ouvail offrir le cardinal a un homme qui en jugeait el en parlait ainsi ?

- Aujouid'hui l'usage est de dire Haluic tout court. Mais dans u!i arlii-le qui lui c>l consacre à lui en particulier, la bienséance veut que je lui donne encore du Mons.rur, au moins pour l'ordiii.ni ; ear je ne re|>ouils pasque l'u>agc ne m'entraîne quelquefois, sju * que j v pense. J'observerai la même règle à l'égard des autres A< -idemicieus, qui sont deja éloignes du temps ou j'écris, (oj

* Il n'eut jaunis (Je la c<> >r qu<- deux mille fine -s de pension à

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