AU ROI
Sire,
a Le Dictionnaire de l'Académie franeoise paroft enfin (') sous les auspices de Votre Majesté {'}, et nous avons osé mettre à la téte de notre ouvrage le nom auguste du plus grand des Rois {'}. Quelques soins que nous ayons pris (*) d'y rassembler tous les termes (*), dont l'éloquence et la poésie peuvent former l'éloge des plus grands héros, nous avouons, Sire, que vous nous en avez fait sentir plus d'une fois et le défaut et la foiblesse i*). Lorsque notre zèle (7) ou notre devoir nous ont engages à parler du secret impénétrable de vos desseins (•,, que la seule exécution découvre aui yeux des hommes, et toujours dans les moments marqués par votre sagesse, les mots de prévoyance, de prudence et de sagesse même ne répondoient pas à nos idées (•), et nous aurions osé nous servir de celui de Providence (,0), s'il pouvoit jamais être permis de donner au* hommes ce qui n'appartient qu'à Dieu seul. Ce qui nous console (•»), Sire, c'est que sur un pareil sujet les autres langues nauroient aucun avantage sur la nôtre (") : celle des Grecs el celle des Romains seroient dans la même indigence; et tout ce que nous voyons de brillant et de sublime dans leurs plus fameux panégyriques (' J, n'auroit ni assez de force, ni assez d'éclat pour soutenir le simple récit de vos victoires. Que I on remonte de siècle en siècle jusqu'à l'antiquité la plus reculée, qu'y trouvera-t-on de comparable au spectacle qui fait aujourd'hui l'attention de l'univers: toute l'Europe armée contre vous, et toute l'Europe trop foible.
« Qu'il nous soit permis, Sire, de détourner un moment les jeux d'une gloire si éclatante ;'\ , el d'oublier, s'il est possible, le Vainqueur des nations ('*), le Vengeur des Rois ("), le Défenseur des autels, pour ne regarder que le Protecteur de l'Aca-