‹ Histoire de l'Académie françaiseChapitre 3 sur 180 · L'ACADÉMIE FRANÇOISE · texte numérisé non relu

L'ACADÉMIE FRANÇOISE

J'ai entendu dire à quelques-uns de nos meilleurs écrivains que, la pensée de continuer l'histoire de l'Académie Françoise leur étant venue plus d'une fois, deux raisons les en avoienl toujours détournés : l'une tirée du sujet môme; l'autre, fondée sur ce qu'il n'est 1 guère possible d'égaler M. Pellisson, le premier historien de cette Académie.

Pour ce rpii est d'abord du sujet, on a bien pu le trouver ingrat et difficile à remplir, parce qu'en effet il ne reste là-dessus que peu de mémoires. Ce peu étoit même si dispersé, que la peine de le rassembler remportait \ isiblement sur la gloire de le mettre en œuvre. Mais enfin, parce qu'aujourd'hui la matière n'est pas aussi riche qu'on le souhaiteroit, falloit il donc n'y pas toucher? falloit-il. parce «pion a déjà trop diffère à lem-

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i HISTOIRE D K L'ACADEMIE.

ployer, différer encore plus longtemps, et se mettre pour jamais hors d'état d'y revenir? Au contraire, plus la stérilité du sujet augmente de jour en jour, par le peu de soin qu'on a pris de conserver des mémoires exacts, plus il faut se presser de sauver au moins les principaux faits dont il reste encore des vestiges.

Quant à l'autre difficulté, fondée sur le mérite supérieur de M. Pellisson, j'étois véritablement celui qu'elle devoit le plus frapper. Mais elle ne m'a pas fait oublier cette ancienne maxime : que l'histoire, de quelque manière qu'elle soit écrite, a le privilège de se faire lire. Approuverions-nous que ceux qui ont écrit ce qui s'est passé sous les Césars, nous eussent refusé cette suite de l'histoire romaine, sous prétexte qu'il n'étoit pas aisé de trouver à Tite-Live un continuateur digne de lui? trop de timidité, en pareil cas, viendroit plutôt d'une ridicule vanité, que d'une sage et louable modestie.

Pour moi, persuadé qu'un auteur ne doit que médiocrement consulter ses propres intérêts, lorsqu'il a lieu de se flatter que le fond de son ouvrage, indépendamment de la forme, peut tourner à la gloire de sa nation et au profit des lettres, je me suis volontiers porté à recueillir ce qui regarde une Compagnie à laquelle on doit presque toute la perfection où la poésie et l'éloquence sont arrivées sous le règne de Louis le Grand.

Que savons-nous, après tout, quelle sera en France la fortune des lettres? On ne sauroit prévoir tous les accidents qui peuvent un jour la menacer. Au moins est-il certain que l'un des plus dangereux seroit le manque de protection. Or, si jamais telle étoit la destinée

INTRODUCTION, de nos neveux, par où la combattroient-ils plus avantageusement que par l'exemple du plus grand de nos RoisPOn verra bien par ses médailles, qu a tousses autres titres il ajouta celui de Protecteur de l Académie Françoise 1 ; mais les historiens, entraînés sans cesse par une foule d'événements plus éclatants, négligeront vraisemblablement d'écrire tout ce qu'il crut devoir faire en cette qualité. Attachons-nous donc à en donner ici un détail, qui ne se trouvera point ailleurs, qui fera honneur a sa mémoire, et qui servira peut-être à exciter, jusque dans ses derniers successeurs, le môme zèle pour l'avancement des lettres.

Voilà le but de mon ouvrage, et par quels motifs je l'ai tenté.

Je m'y renferme entre KCtè, qui est Tannée où M. Pellisson finit, et 1700 \

Je n'y chercherai point «l'autre méthode que celle qui se présente naturellement, de commencer par l'histoire générale de l'Académie et de passer ensuite à l'histoire particulière des Académiciens.

1 On trouve, en effet, dans l'histoire métallique, une médaille dont oo lira la description plus loin, p. lO, note I. — Voy. aussi le Xouveau Pnnthton, ou le rapport des divinités du paganisme, de* héros de l'antiquité et des princes surnommes grands, aux vertus et aux actions de Louis le (iratul, par M. de Vertron, 1680, I \o\. in- 1 5, pp. ."».>- H>: — et, du me nie auteur, Lettre à l'abbé Dramarau, pp. i 1-iT.

* L'ahlM» d'Olivet avait continue cette histoire; on verra dans One de ses lettres adress. es au président Houhier, et que nou* reimprimons a la suite de cet ouvrage, quels motifs l'empêche rent de publier ton nouveau travail

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