‹ Histoire de l'Académie françaiseChapitre 61 sur 180 · LE PRESIDENT ROSE · texte numérisé non relu

LE PRESIDENT ROSE

que dans l'enceinte d'une paroisse ou d'une communauté, et dont la mémoire ne pouvoit être précieuse qu'à leur petite contrée ! Où en serions-nous si Plutarque avoit suivi cette méthode ? A peine la mémoire de l'homme suffiroit-elle pour retenir les noms propres des Grecs et des Romains dont il auroit eu à rendre compte. Pour moi, je serois hien charmé que nous eussions une bonne vie d'Homère, de Platon, d'Horace, de Virgile et de leurs pareils; voilà le cas où les plus minces détails ne pourroient que m'intéresser ; mais je ne donnerois pas un fétu pour savoir quelle année de Rome naquit Bavius 1 ; qui étoient son père, sa mère, sa nourrice, son précepteur-, combien il eut de frères, combien de sœurs; quelle année et quel jour il mourut.

Je ne conclus pas de tout ceci qu'à la mort de nos confrères, et le jour destiné à les pleurer, nous fassions mal de leur payer le tribut des louanges qui leur est dû. Rien n'est plus légitime ; et môme quand on passeroit un peu les bornes d'une trop scrupuleuse vérité, ce seroit partir d'un bon principe ; car l'amitié et la douleur grossissent les objets. Mais de vouloir que plus de trente ans après leur mort, car voilà de quoi il s'agit pour la continuation de notre histoire, j'aille réchauffer leur panégyrique, sans avoir trouvé de nouveaux matériaux, qui méritent d'être mis en œuvre, c'est une carrière que je laisse ouverte à ceux qui auront, je ne dis pas plus de zèle, mais plus d'art que je n'en ai.

Par exemple, j'en suis demeuré au président Rose,

' Qui Davium non odil.aïuet lua carmina, Mrcvi. (Virgile.)

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