LE PRÉSIDENT ROSE
qui mourut le G janvier 1701. Vous savez que M""' la première Présidente 1 est aujourd'hui tout ce qui reste de sa postérité. Je serois bien flatté certainement de pouvoir écrire quelque chose de son goût, et qui fit honneur à son aïeul. Toute la France sait qu'il étoit aime de Louis XIV ; qu'il avoit beaucoup d'esprit, qu'il ût une grande fortune. Mais venons à l'Académicien. Qu'ai-je à en dire? qu'il a plus d'une fois harangué le Roi à la tete de la Compagnie, et avec beaucoup de succès. Je ne trouve que cela, ni dans nos registres, ni dans la mémoire de ses contemporains. Or, dites-moi, Monsieur, si cela seul est suflisant pour qu'un lecteur, qui ne cherche que du littéraire dans mon ouvrage, me pardonne de lui raconter, et l'éducation de M. Rose, et par quels emplois il a passé, et tous ses faits et gestes pendant une vie d'environ quatre-vingt-dix ans? Je n'ai point assez d'art, encore une fois, pour coudre proprement un accessoire très-long avec un principal très-court.
A la vérité, l'expérience de^mon prédécesseur me condamne, car M. Pellisson, dans ses éloges de nos premiers Académiciens, ne fait point scrupule de s'étendre sur quantité de choses tout à fait étrangères à l'Académie ; et il narre avec tant de grâces, qu'on lui sait gré de tout ce qu'il dit. Mais il avoit pris un tour
1 Madame Portail, (o.) — Voy. t. n, ci~dessus, p. 1 1.
Antoine Portail, gendre du président Ho>e, fut lui-in^nic premier président au Parlement de Paris et membre de l'Académie française. — Ke«;u en 1 724 a la place de l'aube de Choi^y. il mourut en ITT,<i, et fui remplace p.ir V\elle de La <*.lia us*ee.