AL PRESIDENT BOUH 1ER. 3VA
notre Histoire, il me reste à vous demander une grâce. Remerciez bien pour moi notre cher P. Oudin 1 de l'avis qu'il m'a donné au sujet d'une certaine épitaphe latine2 que j'ai mise mal à propos sur le compte de M. Pellisson, pour m'être fié trop légèrement aux mémoires que l'abbé Ferriès m'envoya. Je me crus à couvert de toute surprise, en ne parlant que d'après le cousin-germain de M. Pellisson. Il est cependant trèscertain que l'auteur de cette épitaphe c'est Ménage, puisqu'elle se trouve dans la sixième édition de ses poésies, que j'ai devant les yeux au moment que je vous écris. Ainsi je vois par moi-môme que les plus attentifs se trompent. Mais que penser de nos compilateurs qui, sur la foi d'un anonyme ou sur un simple ouï-dire, farcissent leurs récits de faussetés? Quelquefois même ils n'attendent pas qu'on soit mort. J'en potirrois citer qui me font auteur ou éditeur de livres dont à peine ai-je yu le titre. Pour achever donc de vous dire nettement ma pensée sur l'histoire littéraire de nos jours, je crois, Monsieur, quelle seroit plus courte de moitié si on pouvoit la purger de tout ce qui n'a pour fondement que la flatterie , la malignité ou l'ignorance de l'écrivain.
Paris, 27 août I7Ô3.
» Savant jésuite de Dijon. Les Mélanges historiques et littéraires de Michault lai ont consacré un long article auquel nous renvoyons.
» L'Épitapbe de Sarasin, rapportée dans Y Histoire de l'Académie, article Pellisson. (o.) — Voy. ci-dessus, p. 270.