N8 TRAVAUX DE L'ACADEMIE
tée de plus d'un tiers, font assez voir que cette Académie n'est pas une Compagnie de gens oisifs.
En un mot, le véritable fruit de ses Assemblées ne consiste point dans les travaux qui s'y font en commun. 11 consiste bien plutôt dans les lumières que les écrivains qui sont du Corps se trouvent à portée d'y puiser mutuellement, pour se rendre plus capables de servir le public. Ce n'est pas une loi pour eux de consulter la Compagnie sur leurs ouvrages; ils sont aussi maîtres de leurs plumes que s'ils n'étoient pas Académiciens; et, comme la Compagnie ne répond ni de leur doctrine ni même de leur style, aussi ne la consultent-ils qu'autant qu'ils le jugent à propos pour leur propre satisfaction. Mais plus la liberté est grande à cet égard, plus elle les invite à ne point se refuser le secours d'une critique faite par leurs confrères : critique toujours rigoureuse, parce qu'elle vient de gens éclairés; toujours utile, pnree qu'elle tombe sur des gens dociles; toujours agréable, parce quelle n'éclate qu'entre amis.
Voilà à peu près ce que je m'étois proposé de dire sur rAcaJêmie françoise, considérée en général; il me reste à parler des Académiciens en particulier.