‹ Histoire de l'Académie françaiseChapitre 8 sur 180 · SECONDE PARTIE · texte numérisé non relu

SECONDE PARTIE

Je n'ai dessein de faire ni des éloges ni des satires. Il y a un milieu. Je m'attache à des récits vrais dans le fond, simples dans la forme.

Pour louer, quelquefois il me suffira d'avoir consulté mon propre goût; mais pour censurer, il faudra que j'y sois autorisé par le jugement du public.

Je ne considère, dans les personnes dont j'ai à parler, que la qualité seule d'Académicien; leurs autres qualités sont étrangères à mon sujet; ou si de temps en temps il m'arrive d'y toucher, ce sera par occasion, et autant que je le croirai nécessaire pour donner une juste idée de leur mérite.

Tel à qui je consacrerois un éloge dans toutes les formes, si j'écrivois l'histoire de nos grands prélats ou de nos grands magistrats, n'aura donc ici de moi qu'un article très-court; et peut-être serai-je plus long sur l'abbé Cotin, par exemple, que sur M. de Harlay, archevêque de Paris; quoiqu'il n'y ait d'ailleurs nulle proportion entre un poète médiocre et un prélat qui,

durant plus de trente ans, conduisit avec tant d'habileté les plus importantes affaires de l'Église.

Il est vrai qu'en me bornant presque au littéraire, je me prive de tout ce qui pouvoit le plus orner mon ouvrage. Mais j'ai devant moi l'exemple d'un grand maître, Cicéron. Dans un livre où son dessein est de faire connoltre les orateurs illustres qui l'ont précédé, il ne s'arrête qu'à leur qualité d'orateur. Plusieurs avoient commandé des armées, avoient été consuls. De petites digressions sur leurs emplois militaires et sur leurs vertus civiles dévoient bien tenter un homme qui ne halssoit pas les occasions de paraître éloquent. Il a pourtant le courage de se captiver ; et, d'une matière si abondante, si variée, il n'en prend que ce qui va directement à son but.

Je remonte à quelques-uns des Académiciens dont a parlé M. Pellisson, mais seulement à ceux sur qui j'ai pu recouvrer des mémoires exacts. Quant aux autres, je me suis contenté de mettre en forme de notes, comme on l'a vu dans le tome précédent, le peu que j'avois à dire sur leur sujet

U n point essentiel , c'est de rapporter j usqu'aux moindres ouvrages d'un Académicien et d'en citer toujours la première édition, parce que, sur cette date, les critiques voient si c'est un fruit ou de la jeunesse ou de l'âge mûr 2.

1 La V* édition, publiée isolément, porte: c Quant aux autres, comme actuel leuient il se fait une nouvelle édition de son Histoire, j'y ai mis eu forme de notes le peu que j'avois à dire sur leur sujet. »

i Dans le texte ancien de l'abbé d'Olivet, la liste des ouvrages

EN PARTICULIER. 'il

Ils voient si c'est un ouvrage posthume, et qui dès lors mérite plus d'indulgence, car l'auteur peut n'y avoir pas mis la dernière main. Et quand il y a plusieurs ouvrages d'un môme auteur, on peut quelquefois, en observant le temps où ils ont été faits, parvenir à connoître les changements arrivés dans ses études, dans son goût, dans ses opinions, et même dans sa fortune.

de chaque académicien suit immédiatement la notice qui lui est consacrée. Nous avons réuni en un corps ces listes particulières pour en faire un catalogue général que l'on trouvera à la fin de ce volume.

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