CHAPITRE QUATRIÈME
V érection de la Paroisse et ses démembrements
Peu après ramvée en masse des Acadiens à la Petite-Rivière-de-Montréal, ils se crurent assez nombreux et assez forts, avec les Canadiens du bas de la Rivière et de la Grande-Savane alors appelée le rang des Saints-Anges, aujourd'hui de Saint-Luc, pour demander d'être érigés en paroisse, et d'avoir une église à eux et un curé résidant chez eux, se trouvant d'ailleurs trop éloignés des églises de Saint-Philippe et de Laprairie.
Mgr Briand, évêque de Québec, leur députa son grand-vicaire, M. Gravé, pour vérifier leur requête et leur marquer la place d'une église, s'il y avait lieu.
Or, d'après une requête envoyée à Mgr Hubert, vers 1792, et signée par sept habitants des deux rives de la Petite-Rivière et de la Grande-Savane, M. Gravé aurait trouvé bien motivée la demande d'une paroisse en cet endroit, et aurait réellement fixé la place de la nouvelle église dans la seigneurie des Pères Jésuites de Laprairie, près du Chemin-de-Saint-Jean et du pont actuel de Half-Way-HousCy à environ trois milles plus bas que l'église actuelle de L'Acadie, sur la même rive de la Rivière, et, en prévision de la construction d'un établissement religieux en ce lieu, le Père St-Pé,
jésuite, y aurait acheté le terrain d'un nommé Laramée» et Ty aurait toujours réservé jusqu^à cette date au moins, pour y asseoir une église et ses accessoires, qui se seraient trouvés sur le terroire actuel de Saint-Luc.
Mais cet endroit ne plut pas aux Acadiens groupés plus en amont de la Rivière, sur des terres plus fertiles, et la paroisse ne fut pas érigée. L'Église n*y aurait pas été mal, pourtant, à égale distance de Laprairie et du fort de Saint-Jeati» à neuf milles de chacun de ces deux postes, et la paroisse aurait compris tout le pays circon voisin, à quatre milles à la ronde, ce qui aurait déchargé les paroisses de Saint-Philippe, Laprairie et Chambly, et aurait, plus tard, fait placer régltse de Saint-Luc sur les bords enchanteurs du Richelieu.
Ils revinrent à la charge, plus tard, et, en 1782, le même Mgr Briand, résolu de leur accorder le bienfait d*une église, leur envoya M. Brassier, directeur du séminaire de Saint-Sulpice de Montréal, pour leur en marquer la place.
M. Brassier s'y rendit, le 5 août 1782, et dressa de son opération le procès-verbal suivant, qu'il envoya à l'Evêque:
^' Le jour de Notre-Dame des Neiges, ^ — dit-il,— le ■'cinquième du mois d'août 1782, vu la commission " à moi dotinéc par Mgr TEvêque de Québec, et à la '* réquisition des habitants de la Rivière-de-Montréal "^ dite la Non veIle-Cn.die, dans la baronnie de LongueuiL •^jeme suis transporté au dit Heu, avec M, Filiau, " curé de la prairie de la Magdcleine, pour y fixer les ^* places d'une église, d'un presbytère, et d'un cimetière."