L'EGLISE DE SAINT-LUC
Il les fixa, en eflFet, où ils furent placés et où ils sont encore, sur un terrain donné à cette fin par TAcadien Jacques Hébert, et accepté, séance tenante, par M.Brassier au nom de TÉvêque, J.-Bte Cire, un autre Acadien, fournissant, pour s'y rendre, un chemin de quarante pieds de largeur. M. Brassier ordonna même de procéder immédiatement à Télection des syndics pour la construction d'un presbytère, dont il avait lui-même fait le plan, qu'il livra à Honoré Landry, chargé par l'assemblée de le recevoir.
Le 27 octobre suivant, Mgr de Québec, ayant approuvé les procédés de M. Brassier, ordonna de met- • tre à exécution tout ce que son délégué avait décidé, arrangé, terminé, et concédé, et donna sainte Marguerite d^ Ecosse pour titulaire à la nouvelle paroisse.
La paroisse religieuse de L'Acadie se trouvait donc formée, et ses braves habitants en éprouvaient une sainte allégresse.
Elle comprenait tout le territoire actuel de la paroisse, et, en sus, presque toute la paroisse actuelle de Saint- Luc, la moitié de la paroisse de Saint-Jacques-le- Mineur, et tout ce qu'il pouvait y avoir de colons sur les paroisses actuelles de Saint-Biaise et de Saint- Cyprien, et, au-delà, jusqu'aux États de New-York et du Vermont.
Aussi la population s'y aggloméra-t-elle et y devintelle en peu de temps fort considérable. Les gens de la campagne, autrefois, ne s'enfuyaient pas, comme aujourd'hui, vers les villes et les manufactures, où la santé s'étiole et les mœurs s'effritent; mais ils préfé-
raient sVnfoncer clans la profondeur des terres, pour j mener une vie paisible et y établir leurs enfants.
Il fallut l)ien que T Église les y suivît et leur v bâtît des temples. Il en résulta quatre démembrements suc* cessifs de L'Acadie^ pour former quatre nouvelles paroisses, de rétablissement de chacune desquelles nous allons parler en un paragraphe distinct.
Si — Saint-Luc
La paroisse de Saint-Luc a été la fille aînée de L*Acadie.
Les habitants des Savanes actuelles de Saînt-Luc, ayant longtemps espéré voir fixer rétablissement religieux de la Petîte-Rivière-de-AIontréal au pont de Hciît'Wnv-Housie, où il eût été si bien fixé, Tavaient avec peine vu placer où il est encore. Il y avait encore peu de voitures: convenables dans le pays, et les habi* tants même du Côteau-des-Hêtres ( \411age de St-Lnc), obligés souvent de se rendre à Téglise de L*Acadie, à cheval, avec leurs femmes ou leurs filles en croupe avec eux. s*en trouvaient trop éloignés.
Aussi, dès 1792. où les fidèles de L'Acadie commencèrent i\ parler de bâtir une église, le culte sV étant jusque là exercé dans le haut du presbytère, adressèrentils des requêtes à Tévêque, Mgr Hubert, le suppliant de leur accorder une paroisse distincte, dont l'église serait plus rapprochée d'eux. L*uae de ces r^nêtes pv>rtait les noms de Joseph Coupai, Joseph Brossean»
l'H(;lise de vSaint-cyprien
Constant Cartier, Joseph Brosseau, Charles Compain, Antoine Brosseau, et Etienne Denault.
M. Lancto, leur curé, qui a toujours été Tami de Saint-Luc, en écrivit à TÊvêque, le 3 février 1793, lui suggérant, si le nombre des prêtres le permettait, d 'exaucer leur demande, afin de rétablir la concorde et la paix.
Mgr Denault, auprès duquel ils revinrent encore à la charge, n'exauça pourtant leurs prières qu'en 1798,. où il détacha de L'Acadie les deux Savanes, le Coteaudes- Hêtres, ce qu'il y avait de familles à Saint-Jean, et une partie de la Petite- Acadie, pour en faire une nou-^ velle paroisse sous le vocable de Saint-Luc, évangéliste.
Ce ne fut qu'en 1832, le 9 mai, que les deux conces-^ sions du bas de la Petite-Rivière et le reste de la Petite- Acadie furent annexés à Saint- Luc comme ils le sont aujourd'hui. Les vieux Acadiens de la Petite-Cadie d'alors en furent si affligés que, pour éluder le décret d'annexion, ils préférèrent, plusieurs d'entre eux, entre autres Pierre Clouâtre, fils de Dominique, aller demeu* rer à L' Acadie, pour y vivre, y mourir et y être inhumés.. Les fidèles de Laint-Luc, cependant, continuèrent à être desservis de L' Acadie, jusqu'à l'arrivée de leur curé en octobre 1801.
§ II — Saint-Cyprien
Cette paroisse est souvent appelée Les Côtes, et Napierville.
Elle était déjà colonisée et habitée, lorsque, vers.
40 insToiRE DE l'acadie
1820, il fut question, à L* A cadie, de construire le presbytère actuel. Ce fut pour les habitants des Côtes, le signal de la demande formelle d*une paroisse. Ils s'adressèrent à Mg^r Plessis, êvêc|ue de Québec, représenté à Montréal par Mgr Lartigue, son auxiliaire, pour être détachés de L'Acadie et érigés en paroisse distincte.
Ils alléguaient, à Tappui de leur demande» que Fon voulait, à L*Acadie, les forcer à paver pour la construction d*un presbytère, et qu'il ne leur semblait pas juste de les intéresser à cette bâtisse, vu que, par la force même des choses, ils auraient eux-mêmes à ériger chez eux prochainement tout un établissement religieux. Et ils ajoutaient qu'ils étaient trop éloignés de leur église, et assez nombreux pour supporter une église et sustenter un curé.
Les habitants du sud de la première Grand 'Ligne, qui craignaient d'ctre englobés dans la nouvelle paroisse de la seigneurie de De Léry, après avoir construit le presbytère neuf de L'Acadie, se joignirent à leur deinrinde.
Ils furent tous exaucés. Mgr Plessis leur octroya ime paroisse sous le vocable de Saint-Cyprien, évêque de Cartilage.
Ce fut la fille cadette de L'Acadie.
Les habitants du sud de la première Grand* Ligne ny (leuieiirèrent. cependant, que jusqu*en 1831, où ils furent rendus à L'Acadie, lorsque cette dernière paroisse fut érigée canoniqueraent, selon le procès-v^erbal de yi. Boucher, curé de Laprairie, qui avait été délégué
I/i:OLISI': DK vSAIXT-JACOUES-LE-MIXEUR
-par rÉvêque, et qui avait tenu son assemblée dans la seigneurie de De Léry, à la maison d'Amable Lamoureux, le 25 février 1830.
La même année (1831) le Grand -Bemier passa à Saint-Jean. Le curé de cette dernière paroisse, quêtant pour Saint-Jean encore récent, ayant dit à M. Paquin, •curé de L* Acadie : ^' Que me donnerez-vous pour ma paroisse ? " M. Paquin répondit : " Le Grand-Bernier.^^ On prit, en efiFet, les formalités voulues, et, comme ce Tïeau rang devait nécessairement appartenir à Saint- Jean, il y fut annexé.
La chose ne fut pas aussi facile pour le Petit-Bemier, qui ne passa à Saint-Jean qu'une vingtaine d'années plus tard.
Il en avait été question, en 1843, pendant que M. LaRocque était curé de L'Acadie, mais il ne trouvait pas les raisons assez plausibles pour motiver cette annexion. Ce ne fut que lorsqu'il fut devenu curé de Saint-Jean que les raisons lui parurent assez fortes pour y consentir.
§ III — Saint-Jacques-le-Mineur
Plus tard, comme il devenait nécessaire au bien des âmes d'ériger une église au village de Jobnstown, aux profondeurs des seigneuries de Laprairie et de De Léry, et d'y établir une paroisse sur le territoire a,djacent, Mgr Signay érigea celle de Saint-Jacques-le- Mineur, le 26 novembre 1834, et lui donna cinq milles de longueur du fertile rang double du Ruisseau-des- Noyers, jusque là desservis de L'Acadie.
\^t: iiL" lUL, n:^>c!iiuc.tuL, iju tiLi piiuLtriinJït LLC lOfUj que
Saint-Jacques-le-Miiieur put avoir son curé, les fidèles du Ruisseau continuant à aller aux offices à L'Acadie, tant il y eut d'obstacles à la nouvelle paroisse, Louis Lucier, J.'Bte Perrier, Pierre Régnier, et autres, ayant d'ailleurs supplié rÉvêque, par une requête du 28 septembre 1836, de ne pas permettre aux syndics d*y faire une répartition, pour éviter des procès, et à cause de la mauvaise année.
C*était à ré])oque où le blé commençait à manquer.
§ IV — Saînt-Blaise
Enfin, le 5 février 1873, quelques habitants de la première Grand' Ligne, où se trouve aujourd'hui Saint- Biaise, dont Louis Laberge qui offrait gratuitement le terrain, Zéphirin Roy, Antoine Bissonnette, et autres, présentèrent une requête à Mgr Bourget, évêque de Montréal, le suppliant de leur accorder une paroisse et une église.
" Le lonp, en effet, — comme récrivait M. LaRocque dans les Mélnng^es Religieux de 1841, ^s'était placé ^^ en embuscade sur les confins de L'Acadie et de Saint- •^ Valentin, cherchant à dévorer le troupeau", et y faisait beaucoup de mal.
Ils allégaaient, à l'appui de leur requête, surtout le grand éloignement où ils se trouvaient des églises de L'Acadie et de Saint- Valentin.
Ce ne fut pourtant qu'eu 1886 que Mgr Fabre accepta un terrain offert par Théophile Morin et dame