III
Bois .
En ce qui concerne les bois dont quelques hospices sont propriétaires, le ministre a pensé que leur mise en ferme serait tout-à-fait contraire à l’intérêt de ces élabiissemens. Telle fut toujours aussi sur cet objet l’opinion de l'administration forestière, qui considère, en général, l’usage où l’on est encore en quelques lieux d’affermer les bois, comme aussi nuisible au sol forestier, que préjudiciable au propriétaire. Il suffit, pour se convaincre de cette vérité, de faire attention à l’accroissement survenu dans le prix des bois , et aux pertes éprouvées par les hospices qui n’ont pas eu la prévoyance de les distraire des anciens baux des exploitations rurales. La situation des bois sur des montagnes escarpées, au loin de toute espèce de débouché, le peu d’étendue des bois , tels que les boquetaux au-dessous de vingt hectares, leur éloignement de toute autre masse, la garde dispendieuse qu’ils exigent, et dont les frais absorbent quel-
quefois les produits , sont les seules considéra» lions qu’on puisse admettre pour affermer cette branche importante des propriétés des hospices. En pareil cas , il est utile que les commissions administratives se concertent avec les agens forestiers; et il importe surtout de distraire des baux la coupe des futaies dépérissantes, afin de faire profiter les hospices de 1 accroissement qui peut survenir dans le prix des bois, et d éviter les abus qui peuvent résulter du plus ou moins de facilité des agens chargés de faire les délivrances. Celles-ci , toutefois, ne doivent point se faire en nature, parce qu’elles sont souvent la source de beaucoup dabus et de gaspillage, et qu’il est rarement facile de connaître l’emploi du branchage et de lecarrissage des bois délivrés.
Au surplus, s’il est reconnu que, hors les cas dont il vient d’être parlé , il serait désavantageux d affermer les bois des hospices , il ne faut pourtant pas en tirer la conséquence , qu on doive leur permettre de les exploiter par cux-memes , et leur faire, à cet effet, la délivrance en nature des coupes annuelles. Cette mesure n est pas
moins abusive que la faculté d affermer : d’abord , parce que , avec le système des exploitations de ce genre , et pour lesquelles les administrations emploient souvent des agens peu instruits, on ne peut facilement s assurer de la fidélité des exploitations : en second lieu, parce que, en pareil cas, on ne sait jamais sur qui doit frapper la responsabilité des délits qui peuvent être commis; qu’il est, en outre, fort difficile d’empêcher qu’il ne soit fait quelques soustractions au préjudice des hospices, et que d ailleurs diverses administrations , qui voient souvent 1 intérêt des pauvres dans la dissimulation de leurs revenus, trouvent, dans un pareil système, les moyens de soustraire aux autorités supérieures la connaissance de la véritable situation de ces établisse mens.
En pareil cas, il est préférable de fixer d’abord