‹ Histoire de l'administration des secours publicsChapitre 24 sur 30 · HÔPITAUX' DE PARIS · texte numérisé non relu

HÔPITAUX' DE PARIS

Nous avons dit qu’en i'789'il existait à Paris quarante- huit hôpitaux et hospices : le nombre de ces établissemens est maintenant réduit à

vingt-deux. Autrefois Ibur population s’élevait à

vingt mille individus; maintenant ils ne peuvent admettre à la fois plus de quinze mille personnes. Mais on y est mieux traité; chaque genre d’infirmité et chaque âge de la vie, pour chacun des deux sexes, ont aujourd’hui des établissemens qui leur sont particulièrement destinés; les malades y respirent un air abondant , ils reçoivent une nourriture convenable à leur état sanitaire , et chacun d’eux a son lit. On a conservé l’ancien nom d’hôpital aux établissemens destinés à recevoir et à traiter les pauvres , pendant le temps seulement qu’ils sont affectés de maladies; on appelle hospices ceux qui sont consacrés à offrir un asile à l'indigence., à l’enfance abandonnée ,

à îa vieillesse dénuée de movens d’existence, et aux longues et graves infirmités.

Il y a treize hôpitaux, savoir : V Hôtel-Dieu , ou J on reçoit tous les blessés et malades qui se présentent, à l’exception des enfans, des incurables, des fous, des femmes en couche, et des personnes attaquées de maladies vénériennes ou chroniques; la Pitié , qui est une annexe de niotel-Dieu ; ici Charité . où l’on reçoit les ma- Jades et blessés, comme à ce dernier hôpital; un tiers des lits est particulièrement affecté aux maladies chirurgicales ; Saint-Louis > destiné uniquement au traitement des maladies chroniques, soit contagieuses, comme les dartres, la gale, la teigne, soit rebelles, comme le scorbut, les cancers, les ulcères invétérés, les écrouelles; Saint- Antoine j Nec-ker 9 Cochin ^ où les malades et les blessés sont reçus comme à l’Hôtel— Dieu; Beaujon , qui fait le même service, et où quelques lits sont réservés pour les malades auxquels les eaux minérales sont ordonnées; les V'ènèi*iem$ > les Enfans malades ^ maisons dont le nom seul indique la destination; C Accouchement ? connu pendant vingt ans sous le

nom de la Maternité : on a trouvé ce titre trop fastueux pour des grossesses et des naissances que les bonnes mœurs n’avouent pas toujours; mais quoique les épouses légitimes des pauvres ne forment que la plus faible portion de la population de cet hôpital, il suffit qu’elles y soient admises pour que le peuple ait pris en vénération et la chose et le nom , et ce nom reste vulgaire , malgré les règlement qui l’ont changé; Maison royale de Santé > où l’on ne reçoit que les malades en état de payer un prix modique pour leur traitement; Maison de Santé four ies maladies syphilitiques , où l’on ne reçoit aussi que des pensionnaires.

Il y a neuf hospices, savoir : (a Salpêtrière > pour les femmes; Bicêtrej pour les hommes; (es Incurables - Hommes ; les Incurables - Femmes ; les Ménages 9 maison divisée en deux services, dortoirs et préau; F Allaitement ou les En fans -trouvé s : cette maison n’a été pendant long- temps qu’une section du grand hospice de la Maternité; nous la considérerons encore sous ce point de vue, à cause des rapports moraux et économiques qui existent entre l’Ao

eouchemeht et F Allaitement ; l’hospice des Or~ pheiins ; Moixivouge et $aiîit&-J?éTi'}ie f où l’on paie pension.

Il existe en outre cinq établissent ens particuliers, entretenus sur les mêmes fonds : la Clinique de 1 Ecole de médecine, la Clinique de la Charité , 1 hospice de Vaccine, le bureau de placement d’enfans, et la direction des nour-

rices.

L organisation administrative est appropriée a 1 étendue et a 1 importance de ce service. Elle

résulte dim arrêté du 17 janvier 1801. Outre la commission administrative, qui est chargée de 1 exécution des lois et réglemens, il y a un conseil général qui dirige touslesétablissemens consacrés aux pauvres, et à quf appartient la dispo-

sition de leurs revenus; il est la pensée de 1 administration; il médite et délibère sur toutes les réformes, sur toutes les améliorations. L’ordonnance du 18 février 1818 a porté à quinze le nombre des membres de ce conseil général , indépendamment du préfet de poliee qui y

siège et du préfet du département qui préside. Les membres sont nommés par le Koi , sur une

liste quintuple de candidats, dressée par le con* seil, et soumise à Sa Majesté avec l’avis du pré-* fet du département, par le ministre de Tinté*

rieur. Le conseil est renouvelé chaque année par cinquième au mois de décembre. Les mem* hres sortant ne peuvent être réélus qu’après une

année d’intervalle.

Les regrets que nous avons exprimés sur le défaut de publicité des comptes, ne s’appliquent pqint aux établissement de charité de la ville de Paris. L’administration ne craint pas de mettre toutes ses opérations au grand jour. §es comptes

annuels sont imprimée Le régime intérieur y çst exposé dans m petits détails, et Von y trouva tous. les éléniens, duno bonne statistique médicale. ÏJn membre dit conseil général a publié çn * 8 rapport qw prétente le tableau complet de h situation do mouvement de tous ces élabl issemens dans; période de di%

années, de ibo4 a i8n j. .Cet ouvrage * d’un haut interet , nous fourni, ça, beaucoup do: renseigne^ mens précieux.

Les revenus fixes et variables, de tous, lm éta- Missemens dirigés par le coasoÜ; généM W §mk

élevés en 1819 aux sommes ci-après détaillées; savoir :

Fermages , tant en argent cfuen nature , j29^,6^6 fr. 18 centimes (i). Coupes de bois» 1.5,699 fr. (a). Loyers de maisons, 371,214 fr. 87 c. (5). Sommes dues par îa ville en remplacement de loyers de maisons dont elle s’est emparée pour cause d’utilité publique, 57,5y4 fr.

(1) Les biens ruraux consistent en 56 fermes , 66 lots de terre, i5 maisons et 12 moulins.

(2) Les hospices possèdent 1307 arpens de bois.

(3) En i8o3 les établissemens hospitaliers possédaient encore dans Paris n3i maisons. Le plus grand nombre était extrêmement dégradé par défaut de soins et de réparations ; plusieurs étaient devenues inhabitables. Diverses aliénations de ces maisons furent autoriséespar lois ou par décrets des 24 février 1 8o4, 1 8 mai 1 806, 24 mai 1809. Le produit devait être employé en biens ruraux , en placemens au Mont-de-Piété, en rentes sur l’État. Un décret du 24 janvier 1 81 x ordonna de nouvelles ventes. Les sommes qui en proviendraient devaient être versées à la caisse municipale. En remplacement, on cédait aux hospices le produit des halles et marchés , que l’on évaluait a 45o,ooo francs. Mais on voit que ce produit est encore fort au-dessous de cette estimation; et comme les versemens faits a la caisse municipale, sur le produit des ventes de maisons des hospices, s’élèvent a 12,324,177 francs <S3 centimes , dont l’intérêt à 5 pour 100 est de 616,208 fr. 89 c., les marches n’ayant donné, en 1819, que 004,667 fr. 60 c., le complément des intérêts dus par la ville de Paris a été de 3 1 1, 55 1 francs 29 centimes.

oo c. Produit des marchés, 304,607 fr. 60 c. Complément des intérêts de capitaux versés à la caisse municipale, provenant de ventes de maisons, 5n,55i fr. 2 9 c. Intérêts de prix de ventes dus par les acquéreurs, 2,04 1 fr. 14 c.

Rentes foncières, 8,i:j3 fr. 67 c. Rentes sur particuliers, 4^09 fr. 66 c. Rentes sur l’Etat, 702,700 fr. 5i c. Remplacement de la halle au vin, 16,071 fr. 43 e. Pensions pour admission, 99,5 n fr. 82 c. Pensions d’élèves sages-femmes, 69,44 1 fr* 70 c. Journées de malades , 1 85,43 1 fr. 17 c. Intérêts de capitaux placés au Mont-de- Piété, 12,240 fr. 1 5 e. Bénéfices d’exploitation de cet établissement, 357,920 fr. 44 c- Boni de prescription au Mont-de-piété , 57,016 fr. 09 c. Amendes et saisies, 12,088 fr. 24 c. Droit de recherche, 8,200 fr. 20 c. Produits intérieurs, 20,661 fr. 84 c. Ventes d’effets, io,3o5 fr. 34 c. Dons et legs, 4co5 2 fr. 5g c. Droits sur les spectacles et guinguettes, 538,721 fr. 44 c* Produits de la filature des indigens , 462,225 fr. 33 c. Produits de la maison d’éducation passage Saint- Pierre, 5,293 fr. 76 centimes. Fonds de retraite , 1 1,204 fr* 28 c. Recettes diverses , 69,519 fr. 26 c.

Jleceites extraordinaires, i o, Zf 82 fr. 84 c. Toutes ces sommes montent à 5,978,643 fr. i5 c. ; et les recettes provenues ou représentatives du patrimoine des hospices, y entrent pour 2,o52,43â fr, 82 c. Il faut y ajouter |5, 164,000 fr. de supplément assigné à ces étahlissemens sur l’octroi, et 600,000 fr. de fonds départementaux pour le service des enfans-trouvés. Total général , 9,742,643 fr. i5 c. (1).

La dépense s’est élevée à 9,680,735 fr. 81 ck savoir : hôpitaux , hospices et étahlissemens y relatifs, 6,196,025 fr. 67 c. Enfans-trouvés, 1,228,289 fr. 3 1 centimes. Secours à domicile,

3 ,85o, 101 fr. 69 c. Dépenses extraordinaires pour constructions, 407,269 fr. 54 c.

(1) A l’époque de !a révolution, les hôpitaux de Paris jouis-

saient d un revenu patrimonial de 3, 4o8, 600 livres; savoir: loyers de maisons , 1 ,092,000 liv. • fermages de biens ruraux , y compris» les bois, 284,000 liv.; rentes sur l’État, i,g5o,ooo liv. 3 rentes sur particuliers, 2J,oqo liv. ; rentes sur corporations , 4,600 liv. ; cens et redevances dans Paris, 3o,ooo liv.; droits féodaux dans Paris, s5,ooo liv. Ils prélevaient en outre, sur les entrées , des droits qui, dans les cinq ans antérieurs à la révolution, s’élevèrent, au profit de Fhôpital-général seul , au taux moyen annuel» de 2,400,000 liv. Ils avaient la taxe des pauvres; ils jouissaient d’une foule d’exemptions et de droits casuels.

Le nombre des indigens malades ou valides

existant au i*\ janvier 1819 dans tous les hôpi* taux et hospices, était de 1 5,666. Entrés pendant l’année, 4^,690. Total, 60, 356. Sortis guéris ou avec la pension représentative, 39,951; Morts, 6,945. Restant le 3i décembre 1819, au soir, i5,46o.

À ces 60, 356 indigens secourus dans les hô* pitaux et hospices, il faut ajouter 33 1 malades traités à la Clinique de l’école de médecine, â63 à la Clinique de la Charité, 1 7,167 enfans» trouvés, tant ceux qui ont été portés à l’hospice dans le cours de l’année, que ceux provenant des années précédentes , et dont l’hospice paie les pensions ou mois de nourrice à la campagne % ï5i enfans reçus dans l’hospice de la vaccine 3» 2,077 mis en essai ou en apprentissage par le bureau de placement. Le nombre des indigens secourus s’élève ainsi à 80,873 , sans compter ceux qui ont été assistés à domicile , et dont nous parlerons ailleurs.

Sur les i3,666 indigens existant dans les éta« blissemcns au ier janvier 1819, les hôpitaux en

avaient 4, 1 89 ( i ), dont 1 ,832 hommes, 1 ,849 femmes, 299 garçons, 209 filles. Ce nombre n’est pas toujours le même; mais en divisant par

565 jours la somme des journées de traitement,

qui a été, pour toute l’année, de i,5o8,.J25, on trouve une population moyenne de 4» 1 33. Les hospices en avaient 9,477 (1 2) » dont 3,4i8 hom-

(1) L’Hôtel-Dieu , 789; la Pitié, 5g4; la Charité, 3og; Saint- Antoine , 2495 Decker, 112; Cochin, ii5; Beaujon, i5i; les Énfans malades, 4^7 ; Saint-Louis ,686 ; maison royale de Santé,

85 ; maison de Santé des Siphilitiques , 39; l’Accouchement , 176 ; enfin les Vénériens , 469. Le grand rapport dont nous avons parlé contient des tableaux , par professions , de tous les indigens qui sont entrés pendant -dix ans k l’hôpital des Vénériens : nulle profession n’en a fourni , a beaucoup près , autant que les cordonniers.

(2) Incurables - hommes , 3875 Incurables -femmes, 4p8; les Ménages , 299 aux dortoirs communs , et 364 dans le préau ; Montrouge , 1 25 ; les Orphelins , 52i ; Sainte-Périne ,161; Bicetre , s635; la Salpêtrière, 44^7* Dans ces deux derniers établissemens , on traite spécialement la folie , l’imbécillité et l’épilepsie. Voici a cet égard quelques détails curieux , extraits du rapport général. Dans une période de dix ans, il est entré a Bicetre i6g3 fous ou imbéciljes, 547 épileptiques; venus des autres divisions, 67 fous, 47 épileptiques : total, 2164. Sortis, 734 fous ou imbécilles , 1 44 épileptiques ; passés dans d’autres divisions ,106 fous ÿ 239 épileptiques ; morts, 704 fous ou imbécilles, 1 23 épileptiques . 1 A la Salpêtrière, il en est entré 2804, savoir : de l’âge de 12 a 5o ans, 1713 folles, et 292 par suite de rechute; 5ff> folles de l’âge de 5i a 85; idiotes, *29; épileptiques, 6/j-;

mes, 5,538 femmes, 5/p garçons, 179 filles. Les enfans-trouvés ne sont pas compris dans ce calcul; nous en ferons un article à part. Le nombre total des journées de traitement dans les hospices a été de 5,442>6i 1. La population moyenne de chaque jour a donc été de 9,404.

Le nombre des employés de tout grade dans les hôpitaux et hospices , tels que sœurs hospitalières, infirmiers, médecins, chirurgiens, aumôniers, agens d’administration, de surveillance , de comptabilité, etc. , est d’environ 1 ,4oo, dont environ 1,200 reçoivent la nourriture.

Les observations faites sur une série de dix ans ( de 1804 à 1810 ), présentent une mortalité moyenne de 1 sur 7 dans les hôpitaux, et de 1 sur 6 dans les hospices. En 1819, elle

aliénations simulées , i o : sorties guéries , 1 249 ; non guéries , 227; mortes, 790. Les causes principales d’aliénation sont, pour le$ hommes, ivrognerie, chagrins, infortune, suites de maladies; pour les femmes, hérédité, convulsions de l’enfance, désordre des règles , suites de couche , temps critique , ivresse , amour contrarié , frayeur , et surtout chagrins domestiques. Chez les individus devenus fous par la secousse des événemens politiques , on a remarqué que l’aristocratie était la folie des hommes 5 et la démocratie la folie des femmes.

a été , dans les hôpitaux , de i sur 7 , et dant

les hospices, de 1 sur 6*^°- (i).

La durée moyenne du séjour des malades* dans les hôpitaux, varie selon la nature du traitement. La plus courte est de onze jours et demi ( à l'accouchement ); la plus longue est de soixante-dix-huit jours ( aux vénériens ). Le terme moyen, pour tous les hôpitaifx, est de trente-neuf jours et demi.

Le prix moyen de journée a été, dans les hôpitaux, 1 fr. 74 c. f ; dans les hospices, 87 c. f; et pour les hôpitaux et hospices réunis, taux commun, 1 fr. i4 c. f- (2). Dans ce taux com-

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(1 ) Il y a deux manières de calculer la mortalité dans les hôpitaux. Première formule : réunissez au nombre des individus existant le Ier janvier ceux qui sont entrés dans le cours de Tannée, et divisez le total par le nombre des morts. Deuxième formule : ajoutez aux individus existant le ier janvier les individus entrés pendant Tannée j déduisez du total ceux qui existaient le 5 s décembre au soir, et divisez le reste par le nombre des morts. Pour les hospices , la mortalité se calcule ainsi : divisez le montant des journées de traitement par celui des jours de Tannée [365], et subdivisez par le nombre des morts.

(2) Ce prix varie suivant les établi ssemens : a TIIotel-Dieu, 1 fr. 96 c.5 a la Pitié , 1 fr. 33 c.j à la Charité , 1 fr. 84 c.j a Saint- Antoine , s fr. 68 c.;* a Saint-Louis , 1 fr. y5 c. 5 aux Vénériens,

mun, les dépenses directes des établissemens entrent pour 75 c., le pain pour 16 c. , le vin pour 12 c. , les drogues pour environ 5 c. , et les frais généraux d’administration, pour 5 c. et quelque fraction. Mais, pour comparer utilement, d’une année à l’autre, le prix de journée d’hôpital, et juger de l’économie du service, il faut pouvoir aussi comparer le prix des denrées. Ce dernier renseignement est la base de tous

les calculs. Voici les prix de 18 19. Le kilog. de pain blanc est revenu à 28 c., moins une légère fraction; le pain moyen à 25 c. ■§; le prix moyen des farines , première qualité, a été de 55 fr. 01 c.

2 fr. 47 c-j Decker, i fr. 32 c.; Cochin, i fr. 79 c.; Beaujon, ï fr. S7 c. ; JEn fans malades, 1 fr. 43 c. ; maison royale de Santé , 3 fr. 67 c. ; maison de Santé des Siphilitiques , 3 fr. 09 c. ; Accouchement, 2 tr. 14 c.; Salpêtrière , 72 c.; Bicêtre, 86 c.; Incurableshomraes, 1 fr. 35 c.; Incurables -femmes, 1 fr. 18 c.; Ménages, s fr.; Montrouge, 1 fr. 63c.; Orphelins, 86c.; Sainte-Périne , 2 fr. 02 c. Les dix ans de 1804 a i8i3 présentent un prix moyen 1111 peu moins élevé. Cependant on a obtenu quelques économies de détail , notamment à la Charité , ou le prix de journée était alors de 2* francs. Mais en se reportant à la fin du siècle dernier, on trouve des prix bien plus élevés que ceux d’aujourd’hui : en 1797 le prix de journée à la Salpêtrière revenait h 90 centimes, comme je prouve la correspondance ministérielle de cette époque.

îe sac , et 47 fr. 38 c. la seconde qualité. La viande a varié depuis 68 c. jusqu’à 79 c. le kilog. Le vin d’Orléans est revenu à 5o c. le litre; celui de Bordeaux, à 62 c. (1)

(1) Les principales consommations des hôpitaux et hospices 7

en comestibles, boissons et combustibles, pendant Tannée 1819^ ont consisté , savoir :

Pain blanc, 1,353,444 kil. ; pain moyen, 1,902,794 kil. 3 vin

pour les valides , 863, 509 lit. 3 vin pour les malades , 478,693 lit.;

bierre, 35oolit.; viande, 1,191, 5r6kil. 3 légumes secs, 8i3,5 67

hectol.,3 légumes frais , 585, 775 kil. 3 vermicelle , 3663 kil. 3 riz, 20,081 kil. 3 farine, 1 3,537 kü- 3 beurre frais , 7534 kil. 3 beurre demi-sel, 15,790 kil. 5 pruneaux, 44>279kiï.| œufs, 68,686 douzaines 3 lait , 241 ,8g5 lit.3 fromage de Comté , 26,365 kil. 3 fromage de Marolles, 3o,5oikiï.; sel, 74,009 kil., poivre, 357 kil. 3 huile à manger, 4,845 kil. 3 vinaigre, r8,3g5 lit. 3 raisiné, 60,267 kiL;

pommes de terre, 149,622 kil. 3 poisson, i6,8g8kil.3bois de chauffage , 12,442 stères 3 charbon de bois ,8120 hectolit. ; charbon de Ierre3 24,399 hectolit.3 briquettes, 23, 4503 chandelles , 7718 kil.; huile a brûler, g354 kil.

Il y a bien des ehefs-lieux de départemens dont les consommationssont loin d’égaler celles-là. Mais aussi la consommationentière de Paris est-elle immense. Le conseil municipal en a relevé seulement six articles, montant à 134,900,000 francs, savoir : farines au prix de 5o francs le sac , 26,000,000 3 somme payée à la caisse de Poissy, pour prix des bestiaux amenés sur 3es marchés de Sceaux et de Poissy pour la consommation de Paris, 4°,noo,ooo fr.; beurre et œufs , 10,700,000 fr. 3 poisson de mer et volaille ,. 9 millions 200 mille francs3 premier achat des boissons, 28,000,000 fr.; bois et charbons , 21,000,000 fr. A ce petit nombre d’articles de consommation si l’on ajoutait les légumes, le gibier, le poisson

Nous avons dit que des mesures avaient été prises relativement aux droits des anciens fondateurs. Voici ce qui a été réglé par un arrêté du 3 septembre i8o3.

Les fondateurs de lits dans les hospices de

d’eau douce , les fruits , les huiles , les draps , les toiles , les fers , tous les matériaux de construction, tous les objets d’art j si l’on y ajoutait encore les contributions directes et indirectes , qui s’élèvent a plus de 48 millions, non compris le timbre, l’enregistre i ment, la loterie , les douanes , le se I , on arriverait à des somme» énormes. Pour faire face a tant de dépenses , « il faut bien , dit » le conseil municipal , que Paris ait des ressources considérablés, et qu’elles se balancent avec les besoins. Sans cette baj) lance, la capitale ou les provinces s’épuiseraient bientôt de

v numéraire. Or, depuis plusieurs siècles, l’état actuel des rela- 3) lions entre Paris elle reste de la France, subsiste et n’est point 3) changé. Ainsi, l’argent que les caisses publiques envoient a 3) Paris , celui que les étrangers y apportent, les revenus que les x propriétaires de biens-fonds y dépensent , en un mot , tout le

3) numéraire qui arrive dans cette ville , retourne dans îes pro- 3î vinces , par sa consommation. La seule force des choses met en 3> proportion les demandes de la capitale avec l’étendue du 33 royaume , avec son agriculture et son industrie. Sous ces divers 33 rapports , la population de Paris appartient a tous les lieux avec 33 lesquels cette ville a des communications, soit par des routes ? y. > soit par des rivières ou des canaux, soit par les mers. Tout se 33 réduit donc à un simple mouvement de circulation, dont les 33 provinces recueillent aussi l’avantage. Il leur procure l’écou- 33 lement continuel , le débouché certain de leurs produits, qui ? y» sans emploi, deviendraient pour elles des richesses inutiles. >3

Paris , avec réserve du droit de présenter les indigcns pour occuper les lits dépendant de leurs fondations, continuent de jouir de ce droit, eux et leurs représentans , suivant les clauses et conditions insérées aux actes de fondation, à la charge de se conformer aux réglemens généraux, et de satisfaire aux dispositions détaillées ciaprès. Les fondateurs de lits dans les maisons hospitalières supprimées et réunies à d’autres étabîissemens par décret du 17 janvier 1796^ exercent leur droit dans les hospices conservés. Le fonds nécessaire à l’entretien de chaque lit fondé dans les hospices de Paris, est fixé, à l’égard des malades, à 5oo fr. de revenu net, et a 4oo fr. pour les incurables. Dans le cas où les revenus existant de chaque fondation seraient inférieurs, les fondateurs, ou leurs représentans, ne peuvent jouir du droit de présentation qu’en suppléant au déficit par une nouvelle concession de fonds. Le supplément à fournir peut être fait, soit en argent, soit en rentes sur l’Etat ou sur particuliers. Ces dispositions sont appl icables aux diverses communes du royaume qui jouissaient aussi dé quelques droits de pré-

sentalion dans les hôpitaux de Paris, ou dont les pauvres étaient appelés à jouir des avantages de la fondation. Les droits de présentation précédemment exercés par les paroisses de Paris, sont attribués aux bureaux de bienfaisance. Les lits qui appartiennent à des corporations supprimées, restent à la disposition du Gouvernement. Les communes, l’administration des hospices et les bureaux de bienfaisance peuvent concéder leur droit de présentation dans les hôpitaux de Paris, aux personnes charitables qui, pour en jouir, proposeront de fournir lt^ supplément de dotation exigé. Les fondations de lits qui seront offertes à l’avenir, ne pourront, comme les legs et donations, être acceptées ou rejetées qu’en vertu d’une autorisation spéciale du Roi.

Il nous reste à parler du mont-de-piété de Paris, puisque ses bénéfices accroissent les revenus des hôpitaux. Il avait été détruit en 179^, et le gouvernement directorial l’avait rétabli ; mais des administrateurs actionnaires entraient en partage des bénéfices. Maintenant, en vertu delà loi du 6 février 1804, et de l’arrêté du i5

juillet suivant, le mont-de-piété est régi uniquement au profit des pauvres. Il y a, près de cet établissement, un conseil d administration composé du préfet du département et du préfet de police, et de plusieurs membres du conseil général des hospices. Ce conseil fixe le taux de l’intérêt à exiger des emprunteurs et à accorder aux prêteurs. Le compte annuel est reçu par une commission du Conseil-d’Etat. Avec le produit de la vente des maisons urbaines des hospices, on a pourvu au remboursement des fonds que les actionnaires avaient versés dans la caisse du mont-de-piété.

Il existe à Paris d’autres établissemens hospitaliers, comme l’hôpital des Quinze-Vingt , ou d’un genre mixte , tels que les sourds-muets et les aveugles-nés. Nous ne les avons pas compris dans le tableau des hôpitaux de cette ville, parce que leurs dépenses sont à la charge de l’Etat, en vertu de la loi du 7 octobre 1 796.

La maison des Quinze-Vingts dépend du grandaumônier de France; c’est ce prélat qui nomme à toutes les places vacantes. Pour y être admis , il faut être dans un état absolu d’indigence et

de cécité; et les pauvres aveugles sont pris non» seulement à Paris , mais dans tous les départemens. Cet établissement coûte par année environ 2 5o,ooo fr.

L’institution des sourds-muets a deux maisons , l’une à Paris , l’autre à Bordeaux. Le Gou-

vernement entretient dans chacune à peu près soixante-dix individus. La dépense totale est de 120,000 fr.

Il en entretient pareil nombre aux aveuglesnés; et la dépense est de 5o,ooo francs. Ces maisons reçoivent aussi des pensionnaires.

Enfin, l’hôpital de Charenton est destiné au traitement de la folie. On y reçoit, comme pensionnaires , les aliénés de l’un et de l’autre sexe» Il y a trois classes de pensions, à raison de 1000 francs, francs et 65o francs par an, y compris le blanchissage. Le Gouvernement dispose dans cette maison de quarante lits d’hommes et de vingt lits de femmes. Il paie î franc 25 centimes par jour, pour le traitement et entretien des individus qu’il y place; et lorsqu’après trois mois d’essai , ces malades ne présentent aucun

«pair de guérison , on les transfère à Bicétre ou à la Salpêtrière. La maison de Charenton coûte

annuellement à l’État environ cinquante mille francs.

Il existe dans les départemcns divers hospices qui n ont plus de revenus suffisans pour leur entretien, et que leurs communes ne peuvent point aider. Le ministre de l’intérieur, sur le crédit de son budget, leur a fourni un secours d environ 240,000 francs en 1818.

En comparant létat actuel des hôpitaux avec leur état ancien , on voit que la dotation de ces établissemens est fort inférieure à ce qu elle était autrefois, maigre tant de débris ramassés de toute part pour en combler le déficit. Quant a 1 administration, ces lois, ces nombreux réglemens que nous avons cités, n’ont fait, à peu près, que remettre en vigueur les principales dispositions des anciens édits. La surveillance est pourtant mieux établie, elle est facilitée par une organisation plus uniforme; cependant

malgré les états de situation qu’on leur demande

tous les trois mois , beaucoup de petits hospice* ont encore une gestion fort obscure.

Mais c’est le régime intérieur qui a reçu de véritables perfectionnemens. Sans parler des progrès qu’ont faits depuis trente ans plusieurs parties de l’art de guérir, il est juste de dire que les malades sont généralement mieux traités, qu’il règne plus de propreté, plus de salubrité, qu’il y a plus d’harmonie entre les services économiques et le service sanitaire. Cet avantage, on le doit encore, en grande partie, aux médecins. Leur science a quitté ces formes trop sévères qui l’isolaient autrefois. Iis ont montré que l’habitude des méditations sérieuses dispose à plus d’un emploi. La confiance publique les a souvent introduits dans l’administration municipale, et ils y ont porté le flambeau d& leur expérience. M. Fourcroy ayant fait une tournée en qualité de conseiller d’État, rapporta qu’il n’avait pas trouvé un seul corps administratif qui ne comptât quelques médecins parmi ses membres. Leur influence fut heureuse pour tous les établissemens de bienfaisance; die

opéra d’ utiles réformes dans le matériel des hôpitaux; et la plupart des villes qui ont fondé un bon système de secours à domicile, y furent puissamment aidées par des magistrats dont l’art de guérir avait été la première étude et la première profession.

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