‹ Histoire de l'administration parisienne au XIXe siècle (volume 2)Chapitre 100 sur 280 · LIVRE PREMIER. — PÉRIODE · texte numérisé non relu

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outre celui d'octroi, on restreignait les sources, Té tendue et rimportancc de l'approvisionnement qu'il s'agissait d'assurer. Mieux eut valu, à coup sûr, réunir les deux (axes successivement levées et ne les percevoir qu'à Tentréedans Paris, sauf,sicel?i paraissait utile, à réserver une quote part du produit aux besoins alimentés avec les revenus nets de la Caisse de Poissy.

§ 6. — Entrepôts des vins

Depuis 1815), le régime de Tentrepôt Saint- Bernard n'éprouva aucun changement ; le commerce des vins parut satisfait des règles établies, puisqu'il prêta 1.200.000 francs, alin de hâter la formation du marché à son usage (873) et qui s'étendit, notamment, par la cession de terrains domaniaux, ayant une superficie totale de!2.434 mètres, (|ui provenaientde l'abbaye Saint-Victor (874).

Une circonstance retarda, pendant plusieurs années, l'essor de l'entrepôt: c'est la prétention élevée,par la régie des contributions indirectes, de soumettre la Ville de Paris au droit de circulation et de la priver ainsi du bénéfice de rachat, par la perception d'une seule taxe à l'entrée. Il fallut un amende-

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ment d'initiative parlementaire, pour mettre fin à la contestation (875).

SECTION ÏV Baux de Paris

L'alimentation de Paris, au point de vue hydraulique, fut Tun des objets qui éveillaient le plus vivement la sollicitude constante de Chabrol.

Dans une communication spéciale, il énonçait ainsi les exigences à satisfaire : Paris a bsoin d'eaux abondantes ; l'administration s'occupe des moyens de lui en procurer ; les habitations parlicnlières et les monuments publics en réclament ; elles sont nécessaires à la salubrité comme à Tembellissement de la Ville (876). Puis, il examinait les diverses combinaisons réalisables, en inclinant pour l'emploi de machines à vapeur élévatoires, eu égard à Téconomie qu'on obtiendrait sur la dépense de dérivation.

Néanmoins, le préfet de la Seine n'avait jamais renoncéàrachèvemont des canaux de rOurcqetSaint- Martin (877). Deux autres opérations se liaient,dans son esprit, à la précédente : la distribution générale

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des eaux, pnisrécoulemcnl ralionnel des eaux projetées dans les égoûts.

L'élat financier de la Ville ne permetlait pas de faire un appel direct au crédit el de couvrir les annuités crun emprunt en rapport avec Tensemble des dépenses qu'exigeait Tadduction, jusqu'à la Seine, près rArscnal, des eaux dérivées à l'est de Paris. On chercha donc à traiter avec des compagnies, par voie de concession à long terme, en donnant la priorité à rachèvement du canal de rOurcq, auquel ferait suite celui de Saiut-Denis arrivant jusqu'au bassin de la Villette. Des compagnies étrangères firent les premières offres, qui furent écartées, parce qu'elles stipulaient la faculté d'importer les matériaux, tandis qu'on voulait qu'ils fussent pris en France. Une soumission de capitalistes parisiens sembla, au contraire, acceptable; le Conseil municipal voyait, dans le traité à passer, un quintuple avantage :

!• Sortir d'un état d'incertitude, la Ville ne pouvant, ni abandonner renlreprise, ni la poursuivre, faute de ressources annuelles;

2* Procurer, en peu d'années, une distribution d'eau ;

3* Obtenir, gratuitement (?), la propriété du canal Saint-Denis ;

4* Affranchir la Ville des risques d'entretien, pendant les premières années de Texploitation ;

5® Améliorer les conditions à réaliser, pour le canal Saint-Martin (878).

Tout en reconnaissant la valeur de ces arguments, la Commission parlementaire, à la Chambre des députés, proposa d'ajourner le projet de loi portant approbation de l'emprunt consenti el du tarif de péage ; chose étrange : ces conclusions étaient présentées par M. Breton, conseiller municipal de Paris et député de la Seine ; elles furent soutenues par M. Delesserl, qui représentait, aussi, le même département ; M. Benoist se joignit à ses collègues, pour combattre la demande de sanction législative, qui fut, néanmoins, accordée, après les discours de M. Bcc(|uey, directeur général des ponts et chaussées, et du baron Pasquier, son prédécesseur, devenu garde des sceaux (879).

Aucune objection ne fut soulevée, contre la demande de la Ville, tendant à concéder les travaux du canal Saint-Martin (880); mais, on stipula que Tentreprise serait adjugée, avec concurrence et publicité (881), sous réserve de faire approuver, par le gouvernement, les droits à percevoir ^882).

Un incident t*Acheux retarda Texécution du premier traité ; Chabrol dut en faire part au Conseil

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municipal : « Déjà, dit-il, les eaux [de TOurcq] seraient arrivées à Paris, sans l'opposition que les agents de Mgr le duc d*Orléans ont mise à la dérivation (883) » ; et il ajouta : c Cette affaire, qu'il était dans les vues du Conseil de terminer par une transaction, a été conduite, d'autre part, de manière a rendre toute conciliation impossible » (884). Le prince opposant avait, en efl'et, porté, devant les tribunaux civils (885), Texamen de ses titres, qui ne pouvaitconstituer u ne question de propné^é; Chabrol éleva le condit avec succès (886) ; le duc d'Orléans se rabattit sur une interprétation étroite des actes qui permettaient à la Ville de verser les eaux de la rivière d'Ourcq dans le canal : il succomba, de nouveau (887), et restreignit, alors, ses prétentions, en demandant une rente perpétuelle de 30.000 fr. capitalisée à 5 0/0 ; la Ville souscrivit à ce désir (888); mais elle dut, en outre, indemniser la compagnie concessionnaire : celle-ci reçut plusieurs avantages en nature qui étendaient sa jouissance ou restreignaient ses travaux, d'où résulta un retard d'exploitation (889) ; l'instance, mal à propos formée, réagit, en outre, sur les revenus communaux, en ajournant le produit des abonnements pour le service privé.

La distribution générale des eaux rencontrait les

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mêmes embarras financiers que rachèvement des canaux. Chabrol proposa de recourir à l'expédient qui avait réussi, dans la première opération (890). D'après Tavis favorable du Conseil municipal (891), la Ville de Paris obtint Tautorisation :

t® D'adjuger la distribution des eaux de ses sources et canaux ;

2« D'élever 2.000 pouces d'eau de Seine (892).

Mais, le 2 juin 1830, la tentative de concession échoua (893).

L approvisionnement hydraulique des édifices publics et privés n'élait pas le seul but que désirait réaliser le préfet de la Seine, en anienanl les eaux du fleuve, des canaux el des sources dans les divers quartiers : la nuiliiplication des fontaines publiques et un large système d'arrosage lui paraissaient indispensables.

« Le principal avantage des fontaines, disait-il en 1820, c'est la salubrité. L'arrosage des rues contribue beaucoup à leur assainissement ».

Quanta Técouiement des eaux projetées dans les égouts, il menaçant d'exiger aussi des dépenses fort au-dessus des ressources disponibles. Chabrol résolut la difiiculté, avec ses connaissances et sa pratique d'ingénieur; au lidu de 99 millions qu'eut coûté le réseau d'ouvrages souterrains, on se tira

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