‹ Histoire de l'administration parisienne au XIXe siècle (volume 2)Chapitre 108 sur 280 · LIVRE PREMIER. ~ PÉRIODE · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER. ~ PÉRIODE

coulait 844,795 francs, dont 470,145 francs à la charge do la Caisse municipale (948) ; Taugmentalion des frais avait donc été de 540/0, alors que celle de la surface no dépassait pas 34 0/0.

Ce double phénoniène du développement, dans le réseau des rues, cl de la progression, dans lechifiTre des dépenses, donna lieu à un député, M. Bazin, de se plaindre anièremcnl, a la tribune parlementaire: toutes les villes de France supportaient la charge d'cnlrclien du pavé, sauf pour les traverses de grandes routes ; pourquoi, par une dérogation inexplicable, TElat assumait-il la totalité des dépenses afTérentes aux réparations de chaussées, dans la Capitale ?(949).

Chabrol, comme membre de la Chambre élective, répondit à son collègue, en rappelant, ainsi quecela s'était dit maintes fois, que la cause principale de Taccroissement rapide de la population, de la surface livrée au passage, de l'usure du pavé,c'étaitla force d'attraction exercée par la présence des pouVoirs publics ; que, d'ailleurs, Taffluence énorme des personnes françaises ou étrangères, circulant à pied ou en voiture, avait pour résultat d'augmenter beaucoup de consommations sur lesquelles le fisc royal prélevait un tribut très productif ; qu'enfin, le droit commun n'était pas opposable à la Ville de Paris,

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puisqu'on la soumettait à des charges exceptionnelles (garde municipale, budget de police générale) et qu' « à tout prendre », elle perdait plus qu'elle ne gagnait à son régime financier.

Cette critique hardie étonne, dans la bouche d'un préfet, alors qu'elle ne s'inspirait pas des vues gouvernementales ; en ce temps là, il était admis que les fonctionnaires parlassent, avec une courtoise liberté, àleurschefs hiérarchiques, et qu'au cas où ils faisaient partie d'une des Chambres leur langage public restât aussi indépendant que celui de pairs ou députés non revêtus d'un autre titre (950).

Mais, on Ta dit plus haut, l'esprit provincial dominait, dans l'assemblée élective, et il l'emporta sur tous les arguments de Chabrol, au sujet du pavé de Paris.

Afin de donner satisfaction au vœu parlementaire, il y eut un partage fictif des rues de la Capitale,en traverses nationales et rues d'intérêt présumé purement local (951).

A la même époque, l'empierrementdes chaussées, suivant le système de Mac Adam, prenait faveur, en Angleterre. Chabrol le fit essayer, sur les routes du département de la Seine, et, d'après Texpérience tentée, déclara que les résultats étaient médiocres et laissaient la question douteuse (952).

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