LIVRE PRKMIKR. - PÉRIODK
la Madeleine (907), ficlicva le boulevard de THôpilal (908) el mil en avant le projet d'établir, autour des places publiques, des parterres de gazons, au devant des propriétés, à l'instar ce qui existai ten Angleterre, Hollande et autres contrées du Nord, « pour aérer, égayer, assainir les villes et offrira la population des lieux de retraite ou de re|K)s » (909).
Lorsqu'un élan fiévreux eut été donné aux constructions, Chabrol reconnut le danger de l'excès, se demandant s'il n'était c pas à craindre que cette émulation générale » ne dépassât « toutes limites?» On transformait c en rues les champs, les jardins d existants, « dans la vaste enceinte de la Capitale. Et, cependant, ces lieux de promenades sont nécessaires, pour les habitants; la facullè de respirer un air libre elsain est un des avantages les plus précieux pour une grande cité ». « La Ville n'aura bientôt plus que les places publiques », ajoutait le préfet de laSeine, « et celles planléesd'arbres, dansquoiques quartiers nouveaux. Elle devra songer, alors ^ à établir de grands jardins publics, aux points cardinaux de son enceinte. . .on doitenprépiger la nécessité, i\uvim\ on voit successivement disparaître ces beaux jardins publics <|ui attiraient, cha(|ue jour de fête, un concours immense » (970).
N'est-il pas remarquable de voir ce coup d'œil
lointain et sûr décoiivranl « la nécessilé » des parcs placés, trente et quarante ans plus lard, à la périphérie ?
§ 4. — Ouvrages décoratifs
L'Empire rêvait de semer dans Paris des monuments ; après sa chute, réconomie parut préférable à la splendeur, etiegouveriiementfut invité, par les représentants des contribuables, à ne pas poursuivre la réalisation d'un programme inconciliable avec la sévérité des principes financiers inaugurés en 1814.
Chabrol regrettait cet ordre d'idées. « Depuis François l^^ dit-il, tous les rois ont embelli Paris > (971), mais, ce qu'il n'ajoutait pas, Tout endetté.
Si TEtat se désintéressait de la décoration d'une cité dont il devait s'enorgueillir, Tédilité, nonobstant les charges du budget communal, ne pouvait imiter une insouciance fâcheuse, aux yeux du préfet de la Seine. C'est pourquoi ce dernier mettait les ouvrages décoratifs au rang desobjets d'utilité publique dignes de méritcM* une part importaiile,dans l'emploi des crédits annuels ; il projetait d'établir, place delà Concorde, un porti(|ue-promenoir, du côté des
LIVRIC PREMIER. -« PÉRIODE 1800-1830 818
Champs-Elysées, avec 4 vasques ayant 20 pieds de diamètre (972).
Dans les églises balies ou restaurées, sous son administration, Chabrol fit peindre des fresques, poser, en dix ans, H2 tableaux et 50 statues,dont il confia Texécution t à ceux de nos jeunes artistes qui avaient faitconcevoird'hcureuses espérances » (973). Il s'efforça de remettre en honneur le goût des vitraux et mosaïques (974), puis, dans un sentiment de respect pour la mémoire d'hommes célèbres dont la France s'honore, fit transférer, do l'ancien jardin du couventdes Petits Augustins à l'église Sainl-Germain-des-Prés, les restes pieusement recueillis do René Descaries, Jean Mabillon et Bernard de Montfaucon ; la mêmeannée (1818), il fit poser des pierres tuinulaires,àrégliseSaint-Elienne-du-Mont, sur les caveaux renfermant les corps de Jean Uacine et Biaise Pascal.
SECTION IX Enseignement primaire
Frochotavait beaucoup réglementé renseignement élémentaire, avant et après réreclion dePUiiiversité (975) ; mais, comme la Ville de Paris subveolîonnail
3i6 HISTOIRE DE L'ADMINISTRATION PARISIENNE
les Bureaux de bienfaisance, chargés d'entretenir les écoles de charité, on ne crut guère indispensable de pousser plus loin les sacriiices.
Il en fui autrement, lorsque la méthode lancastérienne, dite d'enseignement mutuel, se fui propagée en France.
Dès 1815, Chabrol proposait Tinscription d'un crédit, pour l'essai de ce système, dans des écoles au compte de la Villede Paris (976).
Du reste, quoi qu'ayant embrassé, avec ardeur, une innovation que le gouvernement et le Conseil de l'Université soutenaient de tout leur pouvoir, le prélet de la Seine désirait, par dessus tout, répandre l'instruction du premier degré, parmi les ouvriers (977).
Des chilTros éloquents témoignent de ses elTorls, dans ce sens, et de leur succès (978).
Mais, à l'exemple de son prédécesseur et stimulé par les ordres de ses supérieurs, Chabrol continua d'élreindre renseignement privé (979), ce qui contrastait, d'une manière frappante, avec la perception si nette qu'il avait du besoin d'encourager Taclivité individuelle, lorsqu'elle se porte, avec zèle, sur des objets d'intérêt collectif, dispensant ainsi l'administration de soins complexes et de sacrifices coûteux.
LIVRR PRRMIRR. — PKRIODB 4800.1830 347
SECTION X Assistanoe Publique
Los invasions ennemies de 1814 et 1815, suivies d'une disette, en 1817, exigèrent des efforts énergiques, pour faire face à une situation qui aurait déconcerté Tinitiative et le dévouement individuels, s'ils eussent dû supporter le poids des sacrifices aux quels on ne pouvait échapper ; en pareille occurrence, la coordination des forces à mettre en mouvement simplifie les choses à accomplir et augmente la puissance des résultats à poursuivre.
Ces considérations ne furent certainement pas étrangères au maintien des lois et règlements organiques sur les secours publics, dans la Ville de Paris (98U) ; on était accoutumé au mode d'assistance établi, depuis le commencement du xix"" siècle, et il parut qu'en l'absence de toute manifestation impérieuse de Tesprit public, une réforme, ayant pour objet d'émanci|)er on de circonscrire les établissements charitables, n'avait aucune raison d'être. On se borna donc à demander un concours plus étendu aux hommes de zèle et crexpéri(*nce dévoués au bien.
Le nombre des membres du Conseil général des hôpitaux, hospices et secours à domicile fut porté de H à 15 (981).
Les Bureaux c de charité » ou de bienfaisance reçurent du gouvernement leur constitution (982) ; on fit entrer, dans leurs cadres, les minisires des cultes reconnus(9H3).
La gestion des ordonnateurs et comptables se trouva naturellement astreinte aux principes sévères édictés pour les communes (984).
Jusqu'alors, les budgets et comptes des services charitables avaient été produits comme annexes à ceux de la Ville (985) Désormais, ils firent Tobjel d'une approbation distincte (980).
L'ensemble de ces mesures inspira confiance aux bienfaiteurs des |)auvros; do 1817 à 1830Je montant dos dons et legs recueillis, par le conseil général des hospices de Paris, augmenta les rentes sur l'Etat (fe 358.000 francs (987).
Au nombre de ces libéralités, il s'en trouve plusieurs fort importantes et qui méritent une mention spéciale, telles que : le legs de 230.000 francs fait par le baron Augot de Montyon, en faveur des pauvres convaloscendents, à la sortie des hôpitaux (988) ; les fondations Brézin, pour donner asile à de vieux ouvriers des industries à marteau (989) ; Bou*
LIVRK: PRKMIER. -r PÉRIODE 4800 1830 SI9
lard, pour assurer les derniers jours des pauvres honteux (990) ; Lambrechls, en faveur dos vieillards, infirmes et orphelins appartenant aux confessions d'Augsbourg et de Genève (991).
Chabrol fit piriive d'une supériorité de vues, à laquelle nés'éleva aucun administra teur,ôn indiquant Tassietie qu'il convenait de donner aux revenus des hôpitaux, hos|Mces et secours à domicile ; le préfet de la Seine émit la pensée qu'on devait leur constituer iuio, véritable dotation, pour faire tendre les élablissemeiils à récoiiomie, en ne pouvant plus com()ter sur les subventions de la Ville, et pour prév(Mîir, chez les philanthropes, la crainte que leurs générosités ne tournassent qu'au profil indirect de la Caisse municipale, en atténuant les sommes prélevées sur Toclroi (992).
Mais cette combinaison si ingénieuse n'eut été prati(|ue (prù la condition de modifier, sur plusieurs points, des règlements de date récente.
Tout d'abord, il aurait fallu que les personnes morales no fussent point rigoureusement astreintes à ne placer leurs capitaux qu'en rentes sur l'Etat (993) soumises à des réductions périodiques (994).
Puis, afin de stimuler le zèle des particuliers, il aurait été à propos d'offrir, an sein du Conseil général et des Bureaux de bienfaisance, quelques sièges.
à des (itulaires nommés sur la présentation des fondateurs d'hospices ou d'œuvres connées à Tadministration charitable, avec la faculté, pour les donateurs, d'être représentes perpétuellement, dans l'exercice de leurs droits, par des membres de leur famille. *
A défaut de dotation, les pauvres hospitalisés ou à domicile continuèrent d'être secourus avec une part annuelle sur le produit des laies d'octroi ; et, au lieu des moyens signalés, parChabml, pour faire régner l'économie, on eut recours à un contrôle approfondi du Conseil municipal.
Certes, en consultant la série des actes réglementaires élaborés, parTadministration générale des hôpitaux, il sembledifficilede pousser plusloinlesouci (|u'on doit avoir, dans la gestion des deniers alfectés au soulagement des mallieiireiix. Mais, dans les services où sont reçus des malades, une puissance rivale de celle du Conseil général avait été installée: c'était la Faculté de médecine (995), dont l'action fut restreinte, depuis 1814, sans que, néanmoins, les professeurs chefs de cliniques aient cessé d'être investis de pouvoirs susceptibles de réagir sur les dépenses intérieures (996).
Malgré les obstacles que suscitait cette intervention d'une autorité dont les ordres étaient exécutoi-