LIVRE PRI«:M1ER. — PÉRIODE
rédimer de celte charge, au moyen d'une aggravalion des^ droils d'enlrée, sur un certain nombre de marchandises (85).
On ne se dissimulait point relTel des dispositions ainsi adoptées ; mais, ayant constaté Tessor que prenait l'usage des vins et spiritueux, en même temps que l'amoindrissement survenu, dans l'industrie des brasseurs, le pouvoir central augmenta les taxes afférentes aux boissons et réduisit celles applicables aux orges (86).
Cela ne suffisait pas encore ; avec l'ère des grands travaux, la Ville de Paris, sauf pour les années 1806 et 1808, soldait ses comptes en déticit ; les budgets de 1807 et 1809 furent dresses en supposant des recettes t à créer >, qu'on évaluait à 830.000 et à 500.000 fr. (87).
Après les liquides, il parut possible de frapper plus fortement les comestibles, en particulier la viande de boucherie ; mais, avant toute décision, l'Empereur voulut connaître les sentiments de l'assemblée municipale (88) ; celle-ci, dans une délibération du 10 mars 1810, ne se contenta point d'accepter, sans réserve, le projet qui lui était soumis . elle crut à propos de formuler un dire dont le caractère, à la fois optimiste et illibéral, annonçait peu de lumières, chez ses auteurs :
# Persuadé, d'ailleurs, dil le Conseil, que Pautorité trouverait les moyens de réprimer la cupidité des détaillants ou de tous autres qui prétexteraient de ces légers accroissements de droits pour aggraver la condition des consommateurs, etc. ».
Qu'entendait-on par là ? Le Gouvernement allaitil réglementer les prix ? Provoquerait-il une loi pour ériger en délit le fait de renchérir les cours des marchandises assujetties à un relèvement de droits fiscaux ? Les intermédiaires devraient-ils supporter seuls les conséquences de la surcharge d'impôts ? A défaut d'une contrainte choquante, mais [positive, créée par le législateur, au mépris de tous les principes, n'était-il pas illusoire de s'en référer à la sollicitude du pouvoir central, pour prévenir une répercussion de l'impôt sur la valeur des ohjets échangeables ?
Le directeur général des contributions indirectes, dans un rapport du 19 décembre 1810, au Ministre des finances, faisait ressortir le caractère chimérique des espérances nourries par le Conseil municipal :
« Ce n'est pas ainsi, dit-il, que raisonne le commerce. Les bénéfices qu'il a fails, il veut les faire encore. Il combine l'augmentation du droit avec le prix auquel il doit livrer sa marchandise, pour ne