LIVRE PREMIER. — PÉRIODE
somme h emprunter, encore moins pour assurer ramorlissemenl du capiUil ; le seul gage espéré consislail clans les recettes a provenir de la crealion des abattoirs et de renlrepôl des vins, puis dans le développement des halles et marchés. Mais, avec quelque diligence que l'on conduisît ces opérations, elles ne pouvaient être terminées à Tépoque où le remboursement de la dette souscrite devait avoireu lieu ; les produits entrevus comme réalisables, pendant la période de libération, étaient, dès lors, un mirage.
Gependanti les commissaires du Corps législatif trouvèrent moyen de renchérir, en lyrisme et illusion, sur le préfet de la Seine :
c L'emprunt qui fait Tobjet de la loi, déclaraiton, n'est point nécessaire, pour couvrir un déficit, ... les dépenses do la Ville de Paris, sageMenl combinées avec les receltes, prèsenlenl une balance eaxicle, et, si les années antérieures ont offert des arriérés, les moyens ordinaires snffisent pour les payer (or, au I" janvier 1810, les arriérés atteignaient 5 millions).
€ Cet emprunt j dont les fonds sont assurés, remplit le but qu'onsepi'opose... » (125).
Non content de témoigner une pareille confiance, rinlerprète de la Commission législative se livra,
ensuite, à un parallèle, entre ce qu'avaient fait, pour la décoration de Paris, Tancicnne monarchie et l'Empire ; à Tentendre, les édifices construits, sous Louis XIV, avaient subi une « vétusté anticipée i.
Cette flagornerie ne fut pas un cas isolé ; déjà, le 30 pluviôse an Xll, Sédillez, organe du Tribunat, tenait aux députés ce langage qu'il suffit de rappeler, pour mettre en relief la servilité qui régnait dans les grands corps de l'Etat :
c A Versailles, comme autrefois à Rabylone, on fait des merveilles qui étonnent limaginalion, mais qui la fatiguent ; car rien ne la fatigue plus que la vue confuse de trop de chefs-d'œuvre réunis et entassés ».
Comme pour montrer à quel point il se jouait de lapuissancenominalement appelée législative. Napoléon se fit réserver le soin de prescrire le mode de réalisation et la durée d'amortissement de l'emprunt (126).
En outre, alors qu'on avait représenté au Corps législatif les produits des halles, marchés et entrepôts comme étant réservés à la garantie du remboursement à effectuer, deux ans après l'Empereur changea la destination du gage, qui devint la base d'un autre emprunt fait aux hospices de Paris (127),