LIVRE PREMIER. — PERIODE
loycns, dans rémission et la publicalion de lous les vœux, de tous les projets, de toutes les vues qui peuvent tendre à ramélioration de la chose publique » (21).
On a vu combien peu ce langage si formel se traduisit en actes : le gouvernement consulaire ou impérial ne sut respecter, ni le faible rempart opposé, par la nouvelle législation, aux entraînements des administrateurs locaux, ni les personnes appelées, par son propre choix, a exercer leur vigilance sur les mouvements accomplis dans la gestion des affaires municipales.
Aussi, le 10 septembre 1814, Monlamant, rapporteur de la commission du budget tardivement dressé, pour ce môme exercice, exhalait-il des plaintes amëres, au sujet du traitement qu'infligeait l'Empire €^ l'assemblée communale; le langage tenu, en celte circonstance, mérite une citation textuelle, afin (|u'il n'existe aucun doute sur la gravité des faits mis en relief :
c Vous savez que, depuis longtemps, la formalité de soumettre h vos réflexions le budget de la ville de Paris était vaine. I.egouvernemont méconnaissait les droits et les attributions du conseil, ne demandait ses avis que pour la forme ; il est arrivé plus d'une fois que le budget était arrêté déjà, par le
chef du gouvernement, lorsqu'on Ta présenté au Conseil.
« Souvent, encore, d'une session à une autre, le budget éprouvait de notables changements, et des décrets particuliers, rendus à différentes époques de Tannée et qui ordonnaient de nouveaux travaux, venaient ajouter de nouveaux embarras à ceux déjà produits par des évaluations forcées de revenus ou par de premières dépenses mal calculées..
«Vous parleraijc, MM., delà brièveté du temps qui vous était donné, pour Texamen du budget ? Elle vous a fait assez souvent délibérer sur desdépenses considérables, sans avoir pu vous assurer de leur utilité ou de la possibilité de les réduire. Je citerai seulement les dépenses de la police, dont le budget ne vous était présenté ((u'à une épi)(|ue oii le temps ne vous permettait pas d'en faire un examen approfondi ; je vous rappellerai, .VjM., que vous avez été obligés de délibérer, sur le budget de 1813, pour ainsi dire sans désemparer...
« Vous savez encore, MM., qu'une partie des revenus de la Ville était distraite du budget gêné* rai, pour composer le budget de l'extraordinaire, sur lequel vous n'étiez point appelés à délibérer... Le chef de Tadminislration municipale et le Conseil devenaient tout à fait étrangers à des opérations