LIVRE PREMIER. — PÉRIODE 4800-1830 i
nemcnts ; elle pouvait c prêter » aux bouchers, sur leur propre cautionnement et dans la limite fixée après avis des syndics, sans que Tensemble des sommes remises excédât les 2/3 du dépôt de garantie (354). Le préfet de police, avec l'approbation ministérielle, déterminait l'emploi des bénéfîces de la caisse (355).
L'état de boucher pouvait cesser de deux manières :
1® Volontairement, mais à charge de prévenir six mois d'avance l'autorité ;
2* € Par voie de police administrative >, comportant l'interdiction temporaire ou absolue d'exercer (356).
En cas de fermeture irrégulière ou d'office et, en tout cas, définitive, le cautionnement était perdu (357).
Ce n'était pas encore assez : on limita au chiffre de 300 le nombre des bouchers (358).
Les prérogatives exorbitantes du préfet de police n'étaient ni nécessaires, ni désirables; mais elles offraient, en revanche, le grave inconvénient de faire naître des soupçons : l'événement ne tarda pas à le montrer.
Dans le préambule de l'arrêté par lequel il pourvoyait à la nomination du caissier, Dubois eut la maladresse de viser une pétition du S' Hutot-Dela-
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tour, qui, « pour le cas où il serait choisi », sollicitait la faculté de s'adjoindre Doulcel d'Egligny, banquier, directeur du comptoir commercial et maire du lY* arrondissement.
Il étaitdifficile de montrer, plus clairement, la résolution préconçue d'accorder sa faveur à Hutot, qui n'aurait dû être, ni instruit des présentations faites, par les délégués des bouchers, ni admis à poser, comme candidat, unecondition qu'expliquaienlseuls ses intérêts et non ceux du service qu'on allait lui confier. Dubois passa outre et accueillit Doulcet, en même temps qu'Hulot (359) ; bien plus : le siège de la caisse fut fixé à l'hôtel Jabach, rue St-Merry, où était le comptoir commercial, et on alloua aux caissiers les 2/3 du produit des cautionnements(360). Puis, quoique le règlement exigeât qu'aucun crédit ne fût fait aux bouchers, sans l'avis préalable des syndics, Doulcet se fit autoriser, moyennant une commission de 1/4 0/0, à prêter « des fonds sans emploi )) (361).
L'administration devait aisément deviner que c le but secret » de Doulcet était, par ce moyen, « de se procurer clandestinement la disposition absolue d'une forte partie des fonds provenant du cautionnement des bouchers, pour lesappliquerà ses propres affaires » (36:2).