LIVRE PREMIER. — PÉRIODE
€ Huit mois s'écoulèrent en arbitraire des caissiers et en mécontentement des bouchers » (363). Se rendant compte de leur impuissance à lutter, les syndics adhérèrent à Teiaclion d'Hutot et Doulcet, et, en outre, à la déh'vrance d'un t mandat général » aux caissiers^ cequifrappaitdMntérôt non plus les sommes réellement remises, mais la totalité des cautionnements : Dubois approuva ces dispositions (364).
On ne s'en tint pas là. Les caissiers payaient en papier du comptoir commercial, afin qu'il leur revînt à nouvel escompte, par les hcrbagers ou les marchands de bestiaux obligés de le recevoir. Les deux comnn'ssaires des halles et marchés protestèrent contre de tels agissements (365), qui allaient à rencontre du but poursuivi : procurer un paiement rapide et à bon compte aux herbagers, afin de faire baisser le prix de la viande.
Jusqu'en 1807, les caissiers remirent, au préfet de police, des bordereaux périodiques de leurs opérations; or, en vérifiant les comptes, six ans après, on reconnut que les écritures étaient fictives (366); l'argent des bouchers était employé à des spéculations de banque et de commerce, avec l'avantage de ne servir qu'un intérêt de 2 t/2 0/0 par année (367). Les livres d'Hutot et Doulcet ne faisaient môme pas connaître toutes les opérations effectuées ; quelques-
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unes étaient inscrites t sous des noms anonymes ou supposés » et impliquaient t nécessairement la tenue de registres ou cahiers secrets » ; les registres « ostensibles » ne firent mention c de ces résultats mystérieux que longtemps après les vrais dates » des transactions.
A la Hn de Tannée 1807, averti, déjà, par un décret qui instituait, à la préfecture de la Seine, un contrôle financier sur les droits d'abri perçus aux Halles, Dubois supprima la commission officielle de 1/4 0/0, qu'il avait allouée aux caissiers, mais en laissant, à ceux-ci, toute latitude pour prêter, « à leurs risques et périls », aux bouchers, en réglant eux-mêmes le taux de rémunération (368).
Le gouvernement se saisit de l'examen des comptes de la caisse, pour les années 1807 h 1800, seiiloment (309) ; il ordonna au préfet de police de former, sous sa présidence, une commission que Dubois constitua dérisoirement : il choisit, en effet, comme assesseurs, deux chefs de bureau de sa préfecture, deux membres de la chambre des bouchers et deux conseillers municipaux : ces derniers seuls étaient donc indépendants. Aussi, l'avis exprimé conclut-il dans un sens entièrement favorable aux caissiers. Mais, le Conseil d'Etat s'était réservé de tout vérifier ; Napoléon prit, dans le sein de cette assemblée,