‹ Histoire de l'administration parisienne au XIXe siècle (volume 2)Chapitre 49 sur 280 · LIVRE PREMIER. — PÉRIODE · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER. — PÉRIODE

s'accrut avec le développement de la population ; le soin de fixer les clauses et conditions de l'entreprise, d'en surveiller l'exécution matérielle et fînancière, appartint au préfet de la Seine, comme, précédemment» il avait été dévolu à l'administration départementale et non au bureau de police.

SECTION VI Abattoirs.

La corporation des bouchers de Paris avait une origine fort ancienne, puisque la première charte qu'elle obtint du pouvoir souverain, au xii' siècle, reconnut à cette communauté une existence antérieure (392).

Elle était riche, puissante, et c'est, sans doute, à ces circonstances qu'il convient d'attribuer le fait qu'au XVII* siècle, seulement, on ordonna de transférer, hors d u centre de la capitale, «les tueries » (393) et que les intéressés restèrent en possession du droit d'abattre le bétail.

Ce que la monarchie n'avait pas osé faire, l'Empire l'exécuta très facilement : il transforma en service public l'abattage des animaux de boucherie et de

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charcuterie. Le moyen à employer, pour opérer celle évolution, fut d'une extrême simplicité: on chargea la Ville de Paris de construire des abattoirs, et nul particulier, dès l'ouverture de ces établissements, ne devait plus recevoir, de la police, Tautorisalion nécessaire, afin d'installer autour de la capitale, des bâtiments pour le même usage (394).

Aucune loi n'avait conféré un tel monopole aux communes, et le pouvoir de police était, ainsi, détourné de son but, dans un intérêt financier. Mais, en pratique, il faut le reconnaître, les bouchei*s et charcutiers n'auraient probablement pas payé moins cher les services de particuliers, et le public aurait eu moins de garanties, pour l'examen des animaux et la bonne tenue des ateliers.

SKCTÏON VU Inhumations.

Après une longue enc(uèle, et d'accord avec l'autorité diocésaine, le Parlement de Paris avait pi*escrit de transférer, loin des habitations, les cimetières paroissiaux (30<)} ; cette mesure fut étendue à toute la France, sous le ministère de Turgot et

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appliquée dans une foule d'endroits (396). Vers la fin du règne de Louis XVI, elle reçut, dans la capitale, par les soins de la police, un mode inusité d'exécution : les ossements des cimetières supprimés prirent place, avec un ordre parfait, dans les vastes carrières à plâtre anciennement exploitées sous la plaine de Montroupc (397). Mais, les nouveaux champs d'inhumation restèrent la propriété des fabriques paroissiales (398) ; ils passèrent, après la Révolution, dans le domaine communal (399).

Sous le Directoire, le ministre de Tintérieur renvoya auxadministraleursdu département de la Seine le projet présenté, dans les dernières années de la monarchie, par l^enou, en vue de répartir, entre quatre nécropoles suburbaines, les inhumations pour le service de la capitale ; le défaut de fonds ne permit d'acquérir qu'un terrain avoisinant la place Clichy et qui fut l'origine du cimetière Montmartre (400).

Dans son rapport du i2 fructidor an VI, au Conseil des Cinq-Cents, sur le rétablissement de l'octroi, à Paris, Aubert mettait les acquisitions, pour le service des sépultures, au nombre des objets dont les ressources à créer permettraient de s'occuper promptcment : (( Il est urgent et nécessaire, disait l'organe de la commission |)arlementaire, de changer ces cloaques appelés cimetières, (|ui, ne présentant de

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la destruclion humaine que des images dégoûtantes, nuisent encore à la salubrité de Pair ». Peu de temps après, rinstitul chargeait quelques-uns de ses membres de lui soumettre une étude sur Télat actuel des cimetières parisiens et, le 5 frimaire an Yll, il adoptait le plan de réformes qui lui était présenté par Baudin (des Ardennes), au nom de ses collègues.

Dès Tan V, on Ta dit, dans V Introduction, des efforts avaient été faits, par les administrateurs du département de la Seine, pour proscrire le spectacle répugnant et scandaleux des corps de dccédés, qu'on enlevait, à domicile, comme s'il se fût agi de prendre, aux abattoirs, des déchets d'animaux, pour les jeter à la voirie.

Mais, s'il appartenait à l'autorité publique d'imposer quelque décence, dans les conditions de transport des cadavres, la puissance civile était désarmée, pour contraindre les familles à rendre aux défunts les derniers devoirs. « On n'accompagnait plus au lieu de la sépulture... la dépouille mortelle des parents. > Ce fait se trouve allesté dans un rappoH de Champagne, sur les travaux de l'Académie des sciences morales et polili(|ues en Tan IX.

L'Institut national eut le courage et l'honneur de réagir, par un acte ostensible, contre a ce délaissement, cet abandon » ; le 13 brumaire an VU, il fit

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