LIVRE PRKMIER. - PÉRIODE
cortège au convoi de racadcmicien Charles (te Wailly.
Déjà, il avait applaudi, le 15 vcndimiaire an Y, le poème de Legouvé, sur l'oubli du respect pour la dépouille des morts ; le 5 frimaire an VU, il approuva les conclusions formulées par Baudin(des Ardennes)» interprète d'une commission ayant charge d'examiner de quelle manière» « au décès des membres » de la savante compagnie, seraient rendus des hommages funèbres.
Frappé de la double initiative et de Patlitude résolue d'un corpsqui, pourtant, comptait, dans son sein, des philosophes pou suspects de Siicrifier aux préjugés, Lucien Bonaparte, ministre deTintérieur» écrivit, le î> ventôse an VllI, à Tlnstilut, pour le prier de mettre au concours cette double question : « Quelles sont les cérémonies à faire, pour les funérailles, et le règlement a adopter, pour le lieu des sépultures » ? (juaranle mémoires furent déposés ; deux seulement méritèrent d'être mis au premier rang ; ils émanaient d'Amaury Duval el de Tex-abbé Mulot, représentant i\ PAssembléc législative.
Néanmoins, TAcadémie crut à propos d'extraire des études non récompensées les vues communes à leurs auteurs et qui paraissaient utiles (401).
De son côté, la dernière Administration centrale de la .Seine avait fait imprimer (402) une monogra-
phie deCambry (403), Tud de ses anciens membres, sur les réformes dont était susceptible le service des inhumations.
A son tour, dans sa première session de germinal an VIII, le Conseil général de la Seine « porta, auprès de Taulorilé, les plus vives réclamations, sur le scandale des inhumations, et sollicita Téreclion de cimetières publics, dans lesquels se réuniraient, aux pratiques d'ordre, de salubrité et de police, les institutions morales et religieuses qu'on jugeait si utiles do recréer ». Ainsi s'exprime Quatremère de Quincy, rapporteur d'une commission, dont Tavis fut adopté, le 20 germinal an XIII, par rassemblée faisant office de Conseil municipal.
Frochot, un an après sa nomination, s'efforçait aussi de réagir contre le triste état des choses; il pressa le Ministre de Tintérieur d'obtenir une loi, pour acquérir GO arpents de terrain, en dehors et à 1 kilomètre do l'enceinte ; il gémit, auprès des Maires, en reconnaissant que, « depuis longtemps, l'indécence des inhumations était signalée, par Topinion publique » ; que c l'aspect des transports funéraires, faits au mépris de toutes les convenances et de tous les devoirs, choquait universellement les habitants » .
Impatient d'avoir une prompte solution, il eut
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ridée (le convertir en nécropole le beau jardin de Monceau, qu'en (|ualité d'agent de TElat on lui avait prescrit d'aliéner (404).
C'est donc en s'inspirant du vœu public et des éludes effectuées, pour donner satisfaction aux mœurs, en môme temps qu'à la salubrité, que le premier préfet de la Seine réglementa les détails des convois mortuaires, poursuivit, avec persévérance, et obtint, successivement, l'autorisation d'acquérir des terrains destinés à former trois nouveaux cimetières et agrandir celui qu'on avait créé, sous le Directoire, au pied de la butte Montmartre (405).
En outre, Frochot eut l'heureuse initiative d'un service dont la raison d'être ne fut Jamais mise en doute : c'est celui de la vérification médicale des décès, ayant pour but d'éclairer les officiers de l'état civil et du ministère public sur la certitude et le caractère naturel ou suspect de la mort (406).
Au commencement de l'Empire, les transports funèbres, assurés par Tadministration municipale, passèrent dans les mains des fabriques paroissiales, ce qui n'empêcha point de faire adjuger l'entreprise, par les soins du préfet de la Seine (407).
SECTION VIII Travaux de Paria.
La Révolution avait interrompu et retardé, pour longtemps, les grandes opérations prescrites, en 1786, par Louis XVI, en vue d'améliorer notablement Taspect de la capitale.
Mais, à la faveur du séquestre qui alteignit un si grand nombre de propriétés particulières, on eut la pensée d'étendre le réseau des communications et d'activer les élargissements de rues, au devant des maisons confisquées.
La Commission des artistes, devenue plus tard le Conseil général des bâtiments civils, reçut, de la Convention, le soin de tracer, sur le plan de Paris, les voies nouvelles destinées à lotir les biens nationaux, pour en faciliter Taliénalion, puis les alignemenlsà exécuter (408). Dès Tépoque du Directoire, une foule de domaines furent adjugés, avec clause réservant le terrain nécessaire au passage de rues projetées ou à l'élargissement de celles déjà existantes (409).
Le gouvernement consulaire se trouvait donc dans des circonstances heureuses, lui permettant d'ac-