LIVRE PRGMIlâR. — PÉRIODE 1800-1830 U
les injures de Vair, ni bains publics dans les ardeurs de Vétè, ni sûreté contre les embarras inséparables d'une circulation toujours active et d'une multilude toujours agissante. Il est temps que la Ville de Paris cesse de mériter ces reproches.
« Bientôt donc.... il faut que... de vastes places succèdent à des carrefours dangereux ; que des rues plus spacieuses, établissant, d'ailleurs, des communications plus directes et une circulation plus facile, procurent les moyens de saisir,., rensemble de ces monuments qui, de toutes parts, dans les murs, hors des murs de cette nouvelle Home, s'élèvent ou s'achèvent a la voix d'un nouveau Trajan... n
Cette harangue, plus digne d'un chambellan que d'un administrateur, prèle singulièrement à la critique.
La rue de Rivoli, le long du jardin des Tuileries, ne pouvait soutenir une comparaison avec les monuments élevés tout auprès, par Gabriel, et les voies ouvertes, dans le grand axe de la place Vendôme, ne faisaient que mieux ressortir l'œuvre de Mansard. On n'en avait pas moins promis, à la fin du Consulat, que le style architectural projeté, à l'opposite du jardin des Tuileries, serait une merveille; Sédillez, au nom du Tribunal, vint débiter, à ce sujet, le 30 pluviôse an Kll, au Corps légis-
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lalif, un discours fastidieux où, sans nécessité, pour expliquer la cession amiable de parcelles domaniales, aux propriétaires voisins, l'orateur disait : « Dans les grandes villes,... ce qui est beau tient à ce qui est bon ; l'agréable y devient utile, l'utile y devient nécessaire : ce qui, ailleurs, n'est qu'agrément se change ici en besoin... »
Sans tomber dans des paradoxes aussi manifestes, Frochot, en 1808, se fourvoya, par des cilalious malencontreuses. A l'entendre, on croirait qu'au moment où il parlait le réseau des communications, dans Paris, datait tout entier du Moyen âge et qu'il n'y avait en, depuis lors, aucun progrès accompli, pour faciliter le passage des voitures et piétons.
Or, il suffisait de jeter les yeux sur les façades, dans n'importe (|uol quartier, pour se convaincre, par leur style, qu'une grande partie d'entre elles dataient du xviii" siècle, comme se rattachant, soit à la création de nouveaux débouchés, soit à l'élargissement des anciens.
La coordination des moyens de relier les divers groupes d'habitations remontait au xvii* siècle et, par la suite, toutes les rues fréquentées eurent des plans d'alignements ; sous le règne de Louis XYI, la largeur de 9 m. 74 fut admise, comme un minimum (414) qu'on trouva excessif, sous le Direc-
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loire (^*I5) et que, ni le Consulat ni l'Empire, ne jugèrent indispensable (416).
Le préfet de la Seine élait mieux placé que personne, pour connaître le nombre des fontaines publiques distribuées dans Paris, au temps de Tancienne monarchie, et alimentées par des eaux de sources que, depuis le xiii* siècle, TEchevinage s'efforça de recueillir et d'augmenter.
N'était-il pas, d'ailleurs, contradictoire d'invoquer Taffluence des populations, vers la capitale, et de faire abstraction de Tattrait des monuments créés avant 1800?
C'est donc mal à propos que Frochot se prétendait l'écho des générations éteintes, en supposant, chez elles, de faux griefs. Quant aux générations vivantes, il lui appartenait, certes, d'améliorer, pour elles, la viabilité, l'assainissement, sur des bases plus étendues que celles qu'on dvait coutume de fixer, au siècle précédent. Mais, quand on promet des merveilles, du moins faut-il faire ce qui dépend de soi, pour donner des choses utiles.
Or, à la fin de l'Empire, la Ville de Paris n'avait pas € cessé de mériter les reproches » articulés par Frochot, et l'administration préfectorale demeurait, en outre, responsable de ce qu'on avait laissé à l'état de lettre morte les clauses de contrats doma-
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niaui[ imposant Tobligation de livrer, sans indemnilé, sur simple mise en demeure, les surfaces nécessaires pour obtenir c des rues plus spacieuses... plus directes ».
Il n'y eul, ni bains publics, ni c portiques » autres que In galerie des rues de Rivoli et do Castiglione, déjà en cours d'exécution, avant l'emprunt; cela n'empêcha point la Ville de Paris de consacreraux grands travaux près de 22 millons, de 1808 à 1813, indépendamment des sommes dépensées pour le Canal de TOurcq et la distribution dos eaux.
Napoléon, persuadé qu'il allait imprimer un élan beaucoup plus vif à la marche des opérations, avait, pourtant, pris une mesure sans précédent.
Lorsqu'à partir du xviii^ siècle la monarchie substitua, en fait, son initiative à celle de TEchevinage, pour décorer la capitale, elle eut, du moins, quelque souci des formes : les Prévôt des marchands et Echevins étaient toujours appelés à consentir les projets dont une Ticlion honorable leur attribuait le mérite, dans les actes approbatifs; en tout cas, l'exécution leur appartenait, d'une manière exclusive.
Il n'en fut pas do môme, sous l'Empire. Non seulement les travaux neufs se décidèrent en dehoi*s du Conseil Municipal, mais on les confia aux soins