‹ Histoire de l'administration parisienne au XIXe siècle (volume 2)Chapitre 53 sur 280 · LIVRE PREMIER. — PÉRIODE · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER. — PÉRIODE

d'un maître des requêtes, directeur du service et ne relevant que du Ministre de l'intérieur (417).

Par un simple décret, le chef de l'administration municipale se trouvait donc lui-même dépouillé de fonctions dont la loi l'avait investi ; il ne lui restait plus qu'à constater les dépenses faites, à son insu. Dans les comptes, il était impossible de mettre les liquidations effectuées en regard des crédits ouverts, pour vérifier s'il n'y avait pas eu d'excédents irréguliers : au lieu de n'engager les entreprises que dans la limite des ressources réalisées, on autorisait à aller de l'avant, sauf, en présence des faits accomplis, ù attendre les moyens de s'acquitter. C'est ainsi, par exemple, que Frocliot, croyant avoir dérinitivcmcnt arrêté le bilan d'un exercice financier, reçut, à Timprovisle, du directeur général des ponts et chaussées, l'avis d'inscrire une dette dépassant 300.000 fr. (418).

Or, d'après les ordres formels de l'Empereur, « il fallait, payer, avant tout, les travaux publics et multiplier les ouvriers », pendant la belle saison (419).

L'œuvre du Consulat et de l'Empire, au point de vue des travaux publics, à Paris, se décompose en trois parties : les moyens de communication, les édifices décoratifs et les installations de services publics.

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Dans les objclsdc la première catégorie figurent: l^Des ouvrages prescrits ou conçus, avant 1789, el dont Napoléon s'appropria le principe : dégagement du pont Saint-Michel et de ses abords (420) ; lotissement de Tancien enclos de rÂrsenar(421) ; construction du pont d'Âuslerlitz (422), du marché des Innocents (423), de l'église de la Madeleine (424). 2° Les opérations indiquées à la fin du Directoire: percementsà travers les domaines nationaux (425) ; rue à former le long de la terrasse des Feuillants (426) ; place du Châtelet (427), rue du Caire (428), marché Thermidor (Saint-IIonoré), avec voies d'isolement (429), rued'Ulm (430), continuation du quai d'Orsay (431) ;

3° Des projets qui ne paraissent pas remonter au delà du 19 brumaire an Ylll : ponts des Arts et d'Iéna (432); achèvement de la rue dcî Seine (433); formation de la place Saint-Suplice, après six changements successifs des limites (434) ; quai Montebello (435).

Les monuments médités, sous TËmpire, et suivis ou non d'exécution, avant 1814, furent : l'Arc de l'Etoile (436), les Palais de la Bourse (437), du Conseil d'Etal (primitivement destiné au ministère des affaires étrangères) (438), des Archives nationales, de l'Ecole normale, du Grand Maître de TU-

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nivcrsité (439), de TËcole des Beaiix-Arts (440), la fontaine de la Baslille (441).

Enfin, parmi les objets à ranger dans la troisième catégorie et qni, pour la plupart, ne purenl être, les uns finis, les autres commencés, avant 1814, se trouvent : les abattoirs du Houle, Montmartre, Popincourt, de Villejuif et de Grenelle (442) ; les cimetières de l'Est (443) et du Sud (444), la grande Halle (445), le canal Saint-Martin (446), la Halle aux vins (447), les marchés des Carmes (448), de la Valléo(440), Saint-Germain (450).

J>ans leur ensemble, ces entreprises présentaient un caractère d'incontestable utilité : il est donc à propos do rendre pleinement hommage a ceux qui en eurent rinitialive ou en comprirent Tintéret.

Mais, l'Empire gâta, |)ar une triple faute, le mérite qu'il pouvait revendi(|uer, dans les mesures étudiées ou obtenues par ses soins : il ne sut pas être juste, envers un passé dont ses actes s'inspiraient ; il s'abusa sur la supériorité de sa puissance d'action ; enfin, il eut recours à des combinaisons économicpies et financières de nature à déconcerter les espérances conçues et à compromettre le bon fonctionnement de Tenseuible des services édililaires, à Paris.

SECTION IX Assistance publique.

Il a été expliqué, dans V Introduction^ que les secours publics, à Paris, sous ranciennc monarchie, ne constituaient pas un service relevant de l'Echevinage : leur histoire sortait donc du cadre, déjà bien large, de notre étude.

Néanmoins, pour s'expliquer le système qui prévalut, sous le Consulat, en matière d'assistance à domicile ou hospitalière, il est indispensable de mettre en relief les liens (|ui rattachent ce système, soit à la tradition monarchique, soit aux principes révolutionnaires, que nous n'avons point analysés, dans Vlntrodtictionj pour ne point scinder le sujet.

C'est depuis la Renaissance, on le sait, que le pouvoir civil, d'accord avec l'autorité ecclésiastique, sécularisa l'administration des asiles ouverts à la vieillesse, aux maladies et infirmités. On maintint à ces établissements leur autonomie, mais en stipulant des formes et garanties parmi lesquelles figurait rintervention nécessaire de magistrats etofficiors royaux, dans la haute direction des intérêts chari-

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tables. A Paris, le Prévôt des Marchands, le Lieutenant général de police, le premier Président du Parlement et le Procureur général, des membres de la Chambre des comptes et de la Cour des Aides, rArchcvecjuc, siégeaient, de droit, dans les conseils des principales fondations hospitalières, c'est-à-dire rilôlcl-Dieu et Tllôpital général.

Le traitement des maladies et infirmités s'etîecluait au siège primitif de THôtel-Dieu, de sa l***® succursale, Thopilal Saint-Louis, créé par Henri IV (451), ou de sa 2* succursale, Thospice des Incurables ouvert avec une libéralité de Tévéquc François Joulel do Chûtillon (452) (14.000 livres de rentes), accrue par les dons de M*"* Lebret et du cardinal de Larochefoucauld.

Les vieillards indigents, les mendiants valides et les orphelins délaissés étaient recueillis dans les maisons dépendant de Tliôpital général (453).

Il existait, encore, une institution mixte, le Grand bureau des pauvres, dont le caractère s'était modifié avec le temps : elle devait, d'abord, réprimer la mendicité, procurer du travail, pour les pauvres non infirmes ni caducs, et secourir, chez eux, les malheureux incapables de gagner leur vie (454). Puis, cette « Aumône générale » assuma le soin de traiter des maladies spéciales dont THôtel-Dieu refu-

sait de s'occuper (455) ; elle admit, ensuite, dans son hôpital, des aliénés (456), des vieillards (457), servit de centre à la distribution des secours périodiques et individuels aux indigentsqui remplissaient les conditions requises, pour être assistés (458).

Enfin, les c charités paroissiales », dont Texistence remontait aux premiers siècles de l'ère chrétienne (459), restèrent en possession du rôle discret qu'elles remplissaient, auprès des pauvres honteux visités, en leur logis, par des dames du monde et, ensuite, des filles de Saint-Vincent-de-Paul (460).

La Révolution ayant fait assumer, par l'Etat, le soin d'éteindre la mendicité, de venir en aide aux vieillards, infirmes, orphelins et nécessiteux, l'autonomie des institutions hospitalières de Paris disparut, pour faire place à une direction générale, et la distribution des secours à demeure fut aussi centralisée.

Devant l'impossibilité de faire les sacrifices corrélatifs à des promesses imprudentes, le législateur déchargea la nation du rôle accepté, pour elle, en 1789, vis-à-vis des malheureux. Cependant, on maintint, dans chaque Ville, l'unité do gestion des divers hospices (401).

A Paris, l'Assemblée constituante avait créé une € administration générale » des secours, jusqu'alors

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