‹ Histoire de l'administration parisienne au XIXe siècle (volume 2)Chapitre 63 sur 280 · LIVRE PRBMIER. - PÉRIODE 180(M · texte numérisé non relu

LIVRE PRBMIER. - PÉRIODE 180(M

propice, afin de se faire porter sur les ailes du vent qui souffle avec violence.

Ainsi s'expliquent, et la facilité avec laquelle Bonaparte s'empara du pouvoir suprême, et la force irrésistible qui ramenait ses idées, en matière administrative, vers les règles en vigueur, avant 1789 ; mais, pour redonner corps à ces règles, il ne voulut s'entourer que d'hommes ayant servi la Révolution et repoussa, nolammonl, la démarche de Lenoir, ancien Lieutenant général de police, qui était prêt à reprendre ses fonctions sous un nouveau titre (528).

Ce jeu d'é(|uilibro supposait un centre de gravité, dans la personne du Premier Consul exclusivement. Or, l'un des plus graves dangers de l'autocratie, c'est que les agents du pouvoir s'inspirent beaucoup moins de Tamour du bien public que de la volonté du maître souverain ; chez eux, bientôt, l'initiative se perd, le raisonnement se fausse, la conscience s'obscurcit.

Les réflexions précédentes se justifient par l'étude des faits accomplis, de 1799 à 1812, dans l'administration parisienne.

Le préfet de la Seine avait des qualités personnelles (]ui, nvecun pouvoir pondéré, eussent produits des résultats beaucoup plus féconds ; Frpchot se

montra, d'ailleurs, toujours déférant, vis-à-vis du

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Conseil général chargé de conlrôlcr ses acies; il provoqua, en maintes circonstances, des avis que les lois ou règlements ne l'obligeaient point à prendre ; il défendit, avec courage et dignité, auprès du ministre de l'intérieur, les prérogatives et les actes de celte assemblée. Mais, il ne sut pas combattre, avec énergie, pour contraindre le gouvernement à respecter les droits privilégiés des créanciers do la Ville de Paris, sur les deniers en caisse ; il n'osa point braver la loule-puissance impériale, qui préférait décréter des entreprises nouvelles, plutôt que de liquider les anciennes. Le préfet de la Seine avait demandé, au budget de 1808, pour éteindre l'arriéré, un crédit de 3.489.868 fr. : Napoléon alloua libéralement 200.000 fr. I (529). Foudroyé par cet avertissement, Frochot commit une double faiblesse : il ne demanda, pour 1809, qu'une somme ne représentant même pas Taccroissementde la dette municipale, en 1807, et dissimula, sur le montant de celle-ci, plus d'un million, afin de n'accuser qu'un reliquat exigible de 674.000 fr. (530).

Dans cette circonstance, l'Empereur fut beaucoup plus repréhensible que son préfet, car, non seulement il refusa de pourvoir à l'extinction de la majeure partie d'une grosse dette, qui s'était formée, accrue, par suite de ses ordres, mais, à la

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