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Conseil municipal, est assis sur une réputation faite d'exactitude, dans les paiements, de loyauté, dans toutes vos transactions » (047).
Mais, il faut le dire, c'est, par dessus tout, à la prudence et aux lumières du préfet de la Seine que Ton doit l'amortissement rapide et inespéré d'un passif écrasant. Chaque année, le dépôt des documents budgétaires comprenait la situation de la dctie exigible aclucllomcnt, à termes fixes ou à des époques indéterminées. Chabrol s'efforçait ainsi de contenir le zèle et de calmer l'impatience du Conseil municipal, tout en louant sa sollicitude pour les besoins collectifs, dont lui-même s'occupait avec une activité infatigable.
§ 2. — Emprunts.
En rappelant les conditions dans lesquelles avait été contracté Temprunt de 8 millions, sous l'Empire, des critiques ont été faites, parce qu'il ne saurait y avoir de prêt sans ga^c certain. Or, la Ville de Paris n'était pas mieux partagée, à cet égard, pendant les années qui suivirent la chute de Napoléon : était-il donc plus raisonnable, de sa part, d'émettre des litres remboursables?
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A ne considérer que les principes, la négative ne saurait faire doute; mais, au point de vue pratique, on n'avait pas le choix des moyens, puisqu'il fallait, à tout prix, satisfaire des vainqueurs inexorables; compter avec la dureté des temps et pourvoir à des besoins urgents.
Les emprunts ouverts à Paris, de 1814 à 1830, eurent donc pour origines et justification : les malheurs de la patrie, les souffrances de la population pauvre ou peu aisée, les besoins inéluctables de la masse des habitants.
Afin d'acquitter le prix des fournitures faites aux armées ennemies, en 1814, le Conseil général de la Seinevota auecolisationmunicipale, véritable emprunt forcé, que la Ville s'engageait à rembourser, des qu'elle aurait des ressources disponibles; en effet, trois ans après, on restitua d'office toutes les sommes de 10 fr. et au-dessous, puis une partie de celles n'excédant pas 30 fr. (648) ; le surplus donna lieu à des paiements sur réclamations individuelles (640).
En 1815, les exigences des coalisés devinrent beaucoup plus étendues que Tannée précédente : la Ville eut besoin, d'abord, de 12 millions, remboursables sous forme de billets à échéances; puis, elle dut émettre, presqu*aussitôt après, un nouvel emprunt s'élevant à un million do rentes, chiffre que,
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doux RDS après, on provoqua l'autorisation d'accroître de moitié, afin de parer aux conjonctures résultant de la disette (650). Mais, bientôt, le poids de ces engagements parut trop lourd, car il fallait les remplir dans une période assez restreinte ; on reconnut indispensable d'échelonner davantage les termes d^amortissement et de réduire la somme exigible à chaque époquo de libération partielle.
Un traité amiable fut conclu avec des banquiers ; il avait pour triple objet : V Le retrait des bons et rentes en circulation ou engagés; 2"" L'acquittement de la dette non liquidée ; ^'^ l/acli6vement des abat* toirs. Les deniers recueillis, en 1815 et 1817, avaient atteint 28 millions ; le prêt d'unification fut de 31 millions, amortissable en douze ans et par tirages trimestriels (651).
Puis, pour hâter l'achèvement du canal delOurcq et la distribution de Peau destinée au service public et privé, la ville émit encore 7 millions de bons négociables par les concessionnaires de l'entreprise (652) ; elle se libéra, dans la môme forme, d'une partie de ses obligations envers le Trésor (653) et la caisse syndicale des boulangers (654); il lui fallut également recourir à des prêts par le Mont-dcpiélé (655).
Craignant toujours de ne pas être à môme de rem-
plir les engagements pris ou de ne pouvoir excculei*, à bref délai, des projets urgents, Chabrol sollicitait Taulorisation de faire appel au crédit, sauf à ne pas user de cette faculté, si les besoins constatés |)ouvaient ôtre satisfaits par d'autres moyens ; c'est ainsi que sur les 1.500.000 fr. de rcutes,dont l'émission avait été permise, en 1815 et 1817, il n'y en eut que S12.000 définitivement aliénés (656).
En 1818, le commerce des vins offrit 1. 200.000 fr., pour accélérer les constructions de l'entrepôt Saint- Bernard ; la Ville obtint la faculté de réaliser cet emprunt (657). Mais le préfet de la Seine retarda le plus possible cette négociation, en faisant escompter les billets souscrits, par des marchands de combustibles, en faveur de l'octroi (658).
De 1819 à 1826, sur 24.825.000 fr. que le Conseil municipal consentit à faire prêter, en faveur do la Ville, 9.124.000 fr. furent seuls demandés (659).
En 1825, cependant, une occasion favorable de recourir au crédit se présenta : on proposait des capitaux à 40/0 d'intérêt et 1 0/0 d'amortissement ; le jeu des annuités aurait éteint l'emprunt on 40 ans. Mais, en annonçant ces ouvertures, Chabrol recommandait de ne pas s'engager dans de pareilles opérations, sans de graves motifs. « Il faut, dit-il, user sobrement [de notre crédit], et nous ne (levons jamais