LIVRE PREMIER. — PÉRIODE
11 y avail un intcrôl politique à substituer des hommes dévoues .TU nouvel ordre do choses, etsupporlant avec peine la discipline, à des sujets accoutumés aux anciennes inslilutions cl à Tobéissance passive envers leurs chefs ; il y avait, aussi, un inlérùt financier à licencier des soldats rétribués, pour remettre le service d ordre intérieur, qu'ils exerçaient, à des citoyens qui le rempliraient gratuitement, comme un honneur et une charge.
iMais, dans ces conditions, les communes devaientelles (aire les frais de l'organisation et de l'entretien des c( gardes nationales »? On se le persuada aisément; d'ailleurs, verser à l'Etat des sommes destinées à revenir, pour leur emploi, dans chaque localité.quel avantage pécuniaire celaeut-il procuré? En revanche, les municipalités auraient eu moins d'influcMice sur des cohortes échappant à leur autorité directe et moins de zèle pour les mettre en activité.
Avec le Consulat et l'Empire, les idées changèrent : les milices citoyennes rentrèrent dans Tombre et n'en sortirent qu'au moment où Tarmée active, étant presque tout entière employée au dehors, eut besoin de céder à la population civile la défense des places fortes (733).
On sait le rôle honorable que remplit la Garde
f &8 HISTOIRE DE L'ADMINISTRATION PARISIENNE
nationale, à Paris, en 1814, au moment où la capitale fut investie, etraccueil favorable que reçurent d'elle les Bourbons. Aussi, quoique constituée, au début de la Révolution, dans un but hostile à la monarchie, reprit-elle, après la chute de Napoléon, une importance, non plus temporaire mais permanente.
Cette situation devint une charge d'autant plus lourde qu'on fit assumer à la ville de Paris les trais afférents à Tétat-major général des Gardes nationales de France (734).
Dix ans après, l'esprit des légions parisiennes ayant inspiré quelqu'inquiétude, les cadres furent restreints (735) et, un peu plus tard, il y eut dissolution de celte force armée (736).
C'est ainsi que les dépenses décrurent progressivement, de 658.000 fr. (1816-1817) à 31.000 fr. (1828).
SECTION VIII Frais de police générale
Quoiqu'à l'arrivée de Louis XVIII, en 1814, la préfecture de police eût été remise entre les mains
LlVIin: PRBMIBR. — PÉRIODE 1800-1830 249
du « dircclcur général de la police du royaume », les dépenses de celle administration reslèrenl enlièremenl au comple de la ville de Paris.
Il esl vrai que, pour soulager, dans sa lâche, le direcleur général, on lui adjoignit Irois niailresdes requéles, donl la collaboralion fui subsliluée à celle des auditeurs précédemment placés auprès du préfet (737); lorsque ce dernier reparut, les maîtres des requêtes demeurèrent à ses côtés (738).
Les dispositions adoptées furent prises dans le but, non pas d'améliorer les services locaux, mais de répondre à des exigences d'intérêt politique, dont la satisfaction semblait d'autant plus facile qu'elle se dissimulait sous des apparences édililaires et qu'on navait point à redouter du Conseil municipal, comme des Chambres, le rejet des demandes de crériils, piiisqu'au besoin le gouvernement rétablissait d'oflice les allocations, s'il le jugeait convenable, en fixant le budget de la capitale.
Toutefois, en présence des charges écrasantes qui accablaient la grande cité, en 1815, le ministre de rinlérieur prévint Angles que le budget de la police parisienne devrait subir une réduction. Cet avis souleva de vives remontrances, de la part du destinataire : pour son administration, répondit-il, lOHl esl impérieux, de nécessité absolue et d'uN
250 IlISTOIRb: DE L'ADMINISTRATION PARISIENNE
iNTÉRÂT GÉNÉRAL ». Les conjoiiclurcs étaient telles qu'on uuraitdû augmenteriez crédits; en les maintenant au môme chiffre, la préfecture de police avait € déjà, opéré, réellement, une économie », quoique ses services (c se rattachent à la sûreté du gouveniement » (739).
On avait entendu, jadis, Dubois tenir le môme langage, auquel Napoléon ne s'était point arrêté. Angles eut comme un prompt remords d'avoir suivi un tel précédent, et, en post-scriptum^ il promit d'étudier les moyens de réaliser des diminutions, dans la dépense globale.
Chabrol disait, ouvertement, à la môme époque, au Conseil municipal :
€ C'est une chose intolérable (|ue de voir ce budget (de la police) augmenter tous les ans, sans que rien puisse arrêter cette progression.... Ces augmentations sont un véritable désordre, auquel mon collègue... est résolu à mettre un terme... Il est cependant certain (pie Paris n'a pas changé... Ces grands mots de sûreté et salubrité ne sont là que des moyens d'en imposer ; ces paroles sont vides de sens, dès qu'elles sont fort mal appli(juées « (740).
En effet, de 1807 à 1812, toutes choses égales, dans la nomenclature des services, les comptes de la police accusaient une augmentation de 105.000 fr.,