LIVRE PREMIER. — PÉRIODE
la Ville de Paris, les tanneries^quoique nombreuses, élaionl loin de suffire à la consommation ; de telle sorte qu'il serait utile de faciliter aux tanneurs du dehors les moyens d'amener et de vendre leurs produits ; d'ailleurs, la halle offrait le résultat fort appréciable de diminuer le nombre des intermédiaires d'un concours onéreux (818).
En présence de ces arguments, le Conseil muni-* cipal rétracta ses votes antérieurs; il admit le principe du maintien et d'un agrandissement de la halle aux cuirs, avec adjudication de l'affermage, les charges de l'opération étant au compte du concessionnaire ^819).
Non seulement les objections faites à Texistence des marchés aux tissus et peaux ne furent pas soulevées, à l'égard des lieux publics, pour la vente des deiïrées et comestibles, mais on ne trouve pas trace de remontrances faites, par rassemblée communale, au régime oppressif qu'Angles et Delavau continuèrent à imposer au commerce, dans le but allégué de pourvoir, avec plus de sûreté, à Tapprovisionnement de la Capitale. Decazes, qui, en politique, se rangeait parmi les hommes libéraux, suivit, en administration, les magistrats le plus autoritaires ; il défendit d'acheter les porcs vivants ailleurs que dans des foires et marchés déterminés, de les
introduire, une fois abattus, cl d'en faire lo commerce, sans son autorisation (820), défense àLiquelle il donnait pour ihisedcs lellres patentes du 20 août 1783, oubliant les lois de TAsscmblée constituante sur la liberté des métiers.
Après un tel exemple, on ne saurait donc s'étonner de ce que d'autres préfets de police, quelques années plus tard, se crurent le droit de renouveler la réglementation de Dubois, concernant la commerce des fruits et légumes (825), celui des beurres, œufs et fromages (822).
Le gouvernement crut se relâcher beaucoup des rigueurs du régime impérial, en décidant que « les charbons arrivant à i^aris » pourraient € être vendus ailleurs, au gré des propriétaires » ; par malheur, ou ajouta celte réserve : c en se conformant aux règlements de police )>, qui devaient être mis en harmonie avec les intentions du pouvoir central (823). Or, loin de s'inspirer d'un « esprit nouveau », le préfet de police restreignit, le plus possible, les eiTets de la mesure prise, interdisant, soit d'exercer, sans sa permission, Tétai de porleur,soit de transporter en voiture les charbons de bois, soit d'en faire le commerce (824).
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I 2. Magasins de réserve.
Qnoicjuc la présence, à Paris, d années ennemies el la disette de 1817 fussent des événements exceptionnels, néanmoins elles semblaient juslifier les précautions prises, depuis 1815, pour meltre les habitants à Tabri des troubles el privations comme on en avait connu antérieurement.
Sans attendre une mauvaise récolte, Louis XVllI institua une commission des subsistances, dont les études et avis devaient porter sur toute la France, mais qui, pour la capitale, en particulier, était chargée de pourvoir les magasins de la quantité maximum prévue, pour les farines (250.000 quintaux) (825). Cette précaution, lorsqu'elle fut prise, ne pouvait s'expliquer que par Ténorme consommation corrélative à IVîffectif des soldats de puissances coalisées; tel était, du reste, le prétexte invoqué, comme justilication des mesures prises ou prévues et qui, quelques années après, furent appréciées, à la Chambre des députés, en termes admirables de netteté, de vigueur et de tact. « Vous y remarquerez, disait M. Beslay, en parlant de l'acte constitutif delà commission des subsistances, la contradiction entre les motifs et les faits, entre le dis-
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positif et les intentions indiquées dans les molifs. La sollicitude du gouvernement s'alarme sur Tap*. provisionnementdes provinces occupées parles troupes étrangères, et ce sont ces provinces où le prix des grains est le moins élevé ! )'
Puis, sur le fonds même de l'ordonnance, le rapporteur de la commission parlementaire ajoutait : « Les articles ^1 et 3, en conférant à la commission le mandat d'acheter... des subsistances, pour Tapprovisionnemenl de Paris et des départements menacés, créait, par le fait, une haute maison de négoce. Par une déplorable erreur, on croyait avoir ajouté un instrument à la circulation, tandis qu'en effet on anéantissait le principe vital du commerce; on arrêtait l'action des principaux agents » (826).
Comme il arrive, d ordinaire, quand on part de données initiales entachées de sopiiisme, les fautes s'accumulèrent, et c'est en vain qu'on s'efl[orça,soit d'en restreindre la portée, soit d'en dissimuler les résultats. Une nouvelle commission fut créée, sans préjudice de celle des subsistances, pour diriger la comptabilité de la boulangerie ; en même temps, une avance de 2 millions, sur les deniers de l'Etal, était consentie (827); mais, bientôt, cela parut très insuffisant, et la Ville de Paris eut à se prononcer sur rétendue de son concours aux sacrifices qu'on