‹ Histoire de l'administration parisienne au XIXe siècle (volume 2)Chapitre 96 sur 280 · LIVRE PREMIER. — PÉRIODE · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER. — PÉRIODE

5 millions, pour leur quote-part dans l'ensemble (les sommes mises au compte du Trésor.

Ces considéralions ingénieuses ne fermèrent point la bouche des adversaires du projet de loi. M. de Kcrgariou se laissa entraîner jusqu'à dire, en soulevant, d'ailleurs, de véhémentes protestations, que Paris ne produisait rien, pour la richesse nationale ; il n osa pas, cependant, soutenir que ses consommations restassent impayées, pour les départements bénéficiaires (842).

De Vilièle apporta le secours inattendu de sa parole et de son influence, en faveur de la disposition proposée, qui obtint une énorme majorité (843).

Bien qu'ayant déclaré, à tort, que l'institution de la Caisse syndicale empêcherait « tout gain illicile, dans les transitions de disette aux années d'abondance >) ; qu'elle maintiendrait la corporation des boulangers dans la jouissance d*un bénéfice constant et réglé, (844), Chabrol n'avait pas foi dans Tefficicité de la réserve, qu'il considérait comme « une de ces vieilles affaires par lesquelles on a fait, dans le principe, beaucoup des spéculations » (calcules hypothétiques) et qui avait été environnéede toute lobscurité possible, t (845).

Aussi, lorsqu'en 1829 une nouvelle cherté survint, dans le prix des blés, d'autres dispositions préven-

tives étaient prises, pour faire affluer vers Paris les céréales. Pendant les meilleure années, la Ville, ayant acquis des grains, en confia le dépôt à des propriétaires ou négociants solvables et assujettis, en outre, à fournir caution, avec charge de remplacer, en grenier, les blés qu'ils sortiraient. L'approvisionnement devait, de convention expresse, être mis en vente, quand le pain atteindrait un prix voisin de i franc les deux kilogrammes. Les farines pouvaient être apportées librement,sur le carreau de la halle aux blés, en quantité équivalente à celle du pain distribué en secours.

On rencontra des difficultés, dans ce mode de débit, par suite de défiances sur la qualité de la marchandise : les f conservateurs » attitrés de la Ville prirent, alors, pour leur compte, les grains délaissés. L'opération procura un bénéfice net de 2 millions à la Villede Paris. Chabrol eslimait nécessaire de reconstituer, sur les mômes bases, un nouvelle réserve disséminée, c par petites masses >, entre les mains de conservateurs qui prendraient rengagement de vendre, au cours moyen du jour ; du reste, dans la pensée du préfet de la Seine, ce n'était là qu'un expédient provisoire, pour ménager la transition vers un état normal, consistant à faire créer, par le commerce lui-môme, une réserve autour

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