LIVRE II. - PtelODB 183<M
S 3. -^ Emprunts contractés
En 1789, l'incendie des barrières de Paris avait été le prélude, sinon le commencement, de la Révolution ; en 1848, la destruction des bureaux de péage, aux exlrémilés de certains ponts, fut Tun des résultats du soulèvement populaire.
Cette manifestation spontanée parut assimilable à an < fait du prince », et tout se réduisit à en évaluer les conséquences dommageables, pour les sociétés concessionnaires. Mais, une première question se posait : à qui le paiement des indemnités incomberait-il? Tous les ponts à péage avaient été concédés par TEtat (602); celui-ci se trouvait donc responsable, en principe, de Tinexécution des engagements souscrits en son nom; néanmoins, en pratique, on présuma que l'abolition des redevances acquittées, par le public, offrait un avantage, pour la masse de la population parisienne, et que, dès lors, il appartenait à la Ville de désintéresser les concessionnaires (603).
Mais, les ressources supprimées étaient d'une réalisation successive ; les actionnaires acceptèrent donc, sans peine, des annuités réparties sur une
période assez longue, ce qui dispensait de verser, immédiatement, des sommes qu'on n'eût obtenues qu'à un intérêt assez élevé (604).
Malheureusement, cette combinaison n*évita point la nécessité d'un emprunt, pour couvrir le déficit de Texercice 1848: la Banque consentit une avance de 10 millions (605) ; à l'aide de cette ressource, la réalisation de l'emprunt put être différée jusqu'au 26 avril 1849, c'est-à-dire à une époque où la confiance renaissait; la Ville était autorisée à adjuger, pour une somme de 25 millions, des obligations remboursables à 1.000 fr. et portant intérêt à 5 0/0, plus une prime de 1 0/0 ; les titres fjrent souscrits à 1.105 fr. 40 l'un (606).
C'est par un procédé analogue que se réalisa, quelques années après, le second emprunt contracté, par la Ville de Paris, pour exécuter diverses opérations d'utilité publique, en concours avec l'Etat (607). Les annuités, pour rachat de péages sur les ponts, devaient coûter . . . 19.105.905 >
L'emprunt de 25 millions . . 36.054.152 •
Celui de 50 millions .... 89.176.000 »
Les contribuables eurent donc à supporter une nouvelle dette constituée de 144.336.057 i
I 4. — Situation financière de 1848 à 185 i.
En ajoulanl au passif de la Ville, tel qu'il existait, le 1«^ janvier 1848, après
règlement 55.000.000 »
la valeur des charges créées par les emprunts, rachats de péages, acquisitions à termes 148.200.000 »
on arrive à un total de .... . 203.200.000 »
Mais, pendant la période 1848- 1851, la Caisse municipale éteignit:
Sur les dettes antérieures à 1848 34.567.000 i>
Sur les dettes postérieures à 1848 5.197.000 »