Archives nationales, F
Dans le sein de la Commission préparatoire, Delangle avait montré une résistance irréductible ; devenu ministre, il présenta, le 9 février 1859, un rapport enthousiaste, en faveur du projet qu'il avait combattu ; ce document n'est qu'une reproduction des arguments qu*avait fait valoir Haussmann devant la dite Commission.
967. Loi du 16 juin 1859 présentée le 3 mai ; rapport de M. Riche, le 20 ; discussion les 25 et 26 ; adoption à cette dernière date.
968. Consulter le tome II des Mémoires d'Haussmann. — Parmi les collaborateurs dé ce dernier, deux hommes ont seuls obtenu ses éloges : Ilaudry de Janvry et Deschamps.
De tous les chefs de division dont il se vante, à tort, d'avoir fait la fortune, celui qu'Haussmann place le plus haut, dans son estime, est Haudry de Janvry, qui devint directeur général des contributions directes, puis, pour son malheur, secrétaire général du ministère des finances et Conseiller d'Etat, par ce qu'il était filleul de Napoléon III. Désigné comme orateur du gouvernement, il essuya un échec lamentable, devant le Corps législatif; excellent spécialiste, en matière de contributions directes, il ne fit jamais, hors de là, preuve d*une capacité supérieure, quoiqu'étant devenu, à 27 ans, chef de bureau ; le sentiment général ne pardonna point cette faveur injustifiée, qui valut à de Janvry sa mise à la retraite, en 1848 ; la mesure, d'ailleurs, ne fut pas maintenue.
Deschamps était chef de service du plan de Paris ; très actif et rompu à la pratique de sa spécialité, il émerveillait le
préfet de la Seine, par la promptitade avec laquelle il faisait dessiner, colorier, entoiler des tracés à grande échelle, figurant Touverture ou l'élargissement des voies publiques ; on avait, du reste, étendu, en conséquence, les cadres du personnel des géomètres, chaîneurs, etc. C'est à cet agent qu'on doit l'innovation consistant à établir des pans coupés, à l'en*' coignure de larges artères, ce qui empêche d'équarrir les pièces et nuit à la commodité des installations; antérieurement, et en vertu d'ordonnances de police remontant au xvii^ siècle, les pans coupés n'avaient pour but que de faciliter l'évolution des voitures, au tournant des rues étroites. En 1861, Deschamps éprouva une grave mésaventure. Il avait dressé le plan de la rue de Médicis, en détachant du Luxem* bourg une large zone, sans s'inquiéter de l'émoi causé par la première atteinte que subit un site cher à la population. Or, il arriva que, 1\ trouée faite, on n*avait, en perspective, que l'angle du théâtre de l'Odéon, vers la rue Rotrou, ce qui produisait le plus vilain effet. Napoléon III, étant venu sur les lieux^ témoigna un très vif mécontentement et prescrivH de dégager l'aspect de la façade, jusqu'à la rue Corneille ; aussitôt on déplaça Taxe de la voie, en ne laissant, à l'opposite du jardin, qu'une bande de terrain avec profondeur insuffisante pour garantir la salubrité des maisons à construire, qui eurent de simples courettes et dont les murs fort élevés obscurcirent tout un Ilot de propriétés ayant accès rue Monsieur le Prince. A ce prix, l'œil des passants posséda la vue oblique du bâtiment masqué par le plan primitif» L'auteur d'une telle gaucherie ne semble pas digne d'exciter l'admiration ; il l'est encore moins, pour qui sait qu'en 1866 le chef outrecuidant du service du plan regrettait le vote du Sénat, restrictif des emprises opérées sur les dépendances d'un palais dû à Jacques Debrosse : à entendre Deschamps, il aurait fallu isoler les constructions, par des rues, et supprimer le jardin !
969. Arrêtés préfectoraux des 2 novembre et 34 décembre 4864 ; sur les motifs de la réorganisation effectuée, lire, au Mmiteur de la même année, le Mémoire au Conseil municipal de Paris, à l'appui du budget de 4862.
D'après le nouveau règlement sur le départ des attributions^ le préfet ne se réservait que les affaires rentrant dans les trois catégories ci-après :
4® Actes ayant le caractère de décisions ;
2o Engagements financiers ;
3*^ Correspondance avec les ministres.
Tout le reste était abandonné aux directeurs et au secrétaire général, pour les services relevant immédiatement de lui.
Des arrêtés ultérieurs du 45 février et du 23 juin 4864 déléguèrent aux directeurs le soin de statuer sur certains objets impliquant une dévolution de l'autorité pubjique ; or, la loi seule peut conférer cette investiture et, dans le cas d'empêment des préfets, les arrêtés consulaires des 47 nivôse et 43 germinal an IX, 27 pluviôse an X, Tordonnance du 29 mars 4824 et le décret du 29 décembre 4854 ont désigné les remplaçants éventuels qui exercent les fonctions préfectorales Sur la nullité des actes accomplis, en dehors des formes prescrites, voir Conseil d'Etat 28 avril 4882.
Depuis 4874, Alphand, qni n'avait pu se faire élire, par le Conseil municipal, membre de la Commission des logements insalubres, obtint de Ferdinand Duval, préfet de la Seine, un arrêté du 44 mars 1877 ^ui le chargeait de présider, en Tabsence du préfet, la dite Commission ; un recours fut introduit, contre cette mesure arbitraire, et il fallut rapporter l'arrêté attaqué, ce qui permit de déclarer le pourvoi devenu sans objet (Conseil d*£tat 22 février 4878).