‹ Histoire de l'administration parisienne au XIXe siècleChapitre 21 sur 221 · ViabilUé · texte numérisé non relu

ViabilUé

A Tépoque où s'ouvrit t Tère des grands travaux de Paris », on était encore sous l'impression des souvenirs douloureux qu'avaient laissés Tinsurrection de juin 1848, et l'empierrement des chaussées, dans les voies de premier ordre, constituait la règle à suivre. Lorsque les impressions du passé se furenJl assoupies, Haussmann prit sur lui de réduire des deux tiers la largeur des surfaces macadamisées, en établissant, sur les côtés, des revers çn pavés de porphyre. La dépense d'entretien se trouva, ainsi, notablement réduite, et le public eut moins à souffrir d'un système de revêtement du sol très pénible, pour les piétons, lorsqu'on répand les cailloux, et très malpropre, un temps de pluie, dès que les matériaux sont broyés.

De 1852 à 1855, les frais annuels de réparation et d entretien des chaussées s'étaient accrus de 50 0/0

et la participation de TEtat de 18 0/0 seulement; or, il y ayait là un constraste choquant^ car celle aggravation considérable des charges de la Ville provenait, tout ensemble, d'une nciesure imposée "dans un but politique el du développement de voies dont les pouvoirs publics avaient reconnu le caractère d'utilité générale, en faisant coopérer le Trésor aux dépenses de leur ouverture (1200).

Haussmann invoqua cesmolifsetobtint qu'à l'avenir le budget du ministère des travaux publies rembourserait la moitié du prix d'entretien des chaussées de Paris (1201).

. Mais, après l'extension des limites de Paris, l'accomplissement de cette promesse augmenta de 58 0/0 la somme à rembourser ; or, quoiqu'il n'eût pas été encore procédé au classement, parmi les voies publiques, d'une foule de rues existantes, dans la banlieue annexée (1202), on fit remarquer que la nouvelle zone n'offrait pas, dans son ensemble, pour le transit, un intérêt comparable à l'ancienne; en conséquence, il fut décidé que la part de l'Etat n'excéderait, en aucun cas, le chiflFre de 4 millioDS, pour une durée de 3 ans (1203); à l'expiration du délai fixé, ce maximum se trouva dépassé, en moyenne, de 272.000 fr. (1204) ; pour calmer les alarmes du Corps législatif, on prit, alors, un p-

énergique : la Ville dutopter entre une contribulioQ fixe et annuelle de 4 millions, pendant 10 ans, ou le retour au dédoublement des rues, en traverses nationales et voies d'intérêt local (1205) : Tadministration édilitaire accepta le forfait proposé, qui ne fit perdre qu'un peu plus de 100.000 fr. par année, de 1867 à 1869 inclusivement, sur la somme qu'aurait produite la participation de moitié.

Toujours aussi hardi qu'ingénieux, dans ses procédés, pour exonérer le budget communal de sacrifices nécessaires, Haussmann imagina un moyen subtil de rendre moins lourd le soin d'entretenir les rues existantes, entre l'ancien mur des Fermiers généraux et l'enceinte fortifiée. Il divisa le réseau en plusieurs catégories (1206), avec réserve, dans tous les cas, de faire installer, aux dépens des riverains, soit un pavage d'échantillon, soit des trotloirs (1207).

Mais, d'une part, il était inadmissible que des voies déjà reconnues, par des actes réguliers, fussent assimilées à celles qui n'avaient qu'une existence de fait ; d'autre part, on invoqua, avec succès, d'anciens « usages locaux », très contestables à la vérité, dont l'observance présumée libérait les particuliers de leurs obligations, en matière de viabilité

Sur les boulevards et avenues qui, avant le XIX* siècle, étaient soumis à un régime spécial (1209), Haussmann, renouvelant une prétention affirmée par de Rambuteau (1210), assujettit les propriétaires à Tentretien des contr allées, dans une largeur de 4 mètres, si mieux ils n'aimaient payer les frais d'un trottoir de même étendue (1211). Une tentative avait même été faite, pour imposer les frais de traosmation du rond-point de l'Etoile; mais la jurisprudence mit un frein à cet excès (1212).

Dans les derniers jours de la période dictatoriale, qui expira le 29 mars 1852, jour de la convocation des Chambres, Trémisot, chef de la division des travaux publics, à la préfecture de la Seine, fit soumettre au prince président, par Berger, un acte législatif qui, entre autres dispositions, prescrivait de déverser souterrainement les eaux pluviales et ménagères, au moyen de branchements latéraux eo communication avec les égouts publics (1213).

Cette réforme affranchissait le sol, à la superficie, d'un inconvénient nuisible à sa conservation non moins qu'au passage. Haussmann comprit et admira la portée d'une pareille mesure (1214), dont les bienfaits se firent bientôt sentir, grâce au développement du réseau d'égouts (1215).

Belgrand fut encore l'âme de ce dernier ouvrage

LIVi\E II. - PÉRIODE 1830-1870 339

déjà conçu et réalisé, dans de modestes proportions, par Chabrol (1216) ; mais il se montra réfractaire aux essais à tenter, pour l'utilisation agricole des eaux s'écoulant par les égouts; Haussmann se passa de lui, car il avait trouvé un autre ingénieur convaincu qu'on fertiliserait puissamment le sol, par un drainage se combinant avec les projections des galeries souterraines. « J'ai choisi M. Belgrand, dit un jour le préfet de la Seine, au Conseil municipal, parce qu'il avait foi dans le système des dérivations; je prends M. Mille, parce qu'il a confiance dans la fécondation des terres par les eaux d'égoûts t » (1217).

C'est, assurément, le propre d'un grand administrateur de découvrir et mettre en relief des collabo^ rateurs de haut mérite; mais, ici, comme dans lai plupart des choses humaines, les avantages que procure le concours d'hommes d'une distinction exceptionnelle ne sont pas exempts de certains inconvénients, qui, pour n'être point aperçus du vulgaire, n'en sont pasmoins réels et, parfois, onéreux.

Ainsi, lorsqu'une voie plantée s'ouvrait, jilans Paris, de 1854 à 1867, aucune entente ne s'établissait, entre les deux ingénieurs en chef chargés, l'un de l'installation des arbres, du dallage des trottoirs et de la pose des tuyaux de gaz, Tautre de la con-

structioûdes égouts^servaotdesupportauxcoDduites d'eau ; Alphand, avec une fiévreuse activité, faisait immédiatemeut dresser, approuver, exécuter ses projets ; Belgrand, avec un tempérament moins fougueux et un esprit plus analytique, élaborait les siens; puis, les formalités remplies, il bouleversait l'œuvre de son collègue, et la Ville payait deux iois le même travail. Le Conseil municipal s'en émut et fit des représentations, que le préfet de la Seine dut accueillir à regret, car sa responsabilité était enjeu. Il y avait bien, au-dessus des deuxéminents ingénieurs en chef, un inspecteur général des poots et chaussées, directeur du service de la vialabilitéet de l'assainissement : mais, quoiqu'ayant jadis mérité une récompense personnelle, de lapartd'uoe assemblée avare de ses éloges (i218), Michal était d'un caractère trop débonnaire pour faire respecter son autorité; Haussmann, auquel il avait donné des notions pratiques sur le nivellement (1219), le sacrifia néanmoi^ns (1220), en partageant ses attributions administratives, entre les deux rivaux qae leur chef nominal n'avait pu, ni mettre d'accord, ni, encore moins, accoutumer à la soumission hiérarchique.

§ 3. — Promenades et plantations^

Dans la première partie du xix* siècle, on n'avait créé, à Paris, d'autres promenades que le jardin de rarchevêché(1221); quant aux plantations, ellesne se rencontraient que le long des quais et des boulevards circulaires établis par les Prévôts des Marchands; leur aspect était assez triste, malgré les dépenses faites, à diverses époques, pour remplacer les arbres dépérissants.

Le programme des travaux arrêtés, depuis 1852, comprenait, notamment, des voies fort larges, avec rangées d'arbres, et des espaces dont, en suivant les anciens usages, on aurait f^it des places nues, mais qu'il parut, désormais, préférable de convertir en pelouses et allées dans le style anglais : de là le nom de squares qui leur fut donné.

Les boulevards et avenues se multiplièrent(1222) ; le choix des essences, pour les végétaux, fut si heureux, les soins pris, pour en favoriser le développement, devinrent si attentifs qu'en peu d'années l'ombrage protégea la circulation, sur les grandes artères.

Dans les jardins publics, ouverts par la Ville de Paris (1223), on admira la richesse et la variété des

plantes exotiques recueillies et cultivées aux serres de la Muette, véritable musée borticole.

Deux pépinières furent fondées, Tune au parc des Princes, l'autre à Bry-sur-Marne, pour les arbres d'alignements.

En arrivant à Paris, Haussmann assista au débat de la transformation à réaliser, dans le bois de Boalogne ; l'architecte Hittorf avait été investi, par la confiance officielle, du soin de faire des merveilles (1224) ; le nouveau préfet de la Seine, avec son coup d'œil pénétrant, jugea, de suite, que le choix de l'artiste était malheureux ; il résolut de créer un service spécial des promenades et plantations, avec la pensée préconçue de mettre à sa tète le jeune ingénieur à qui la ville de Bordeaux devait des travaux d'embellissement, dans lesquels Thomme de l'art avait fait preuve d'un goût remarquable (1225).

Alphand, à son tour, fit agréer, avec le titre plus modeste de <r jardinier en chef >, Barillet, à qui, entr'autres œuvres, on doit les dispositions exécutées dans les promenades de la capitale (1226).

Jusqu'en 1855, les courses de chevaux avaient leur siège au Champ-de-Mars ; un hippodrome fut créé, sur les confins du bois de Boulogne et de la Seine, avec la participation de l'Etat (1227) ; c'étai* un attrait de plus, pour la promenade^ dontl'accë

fut facilité, d'ailleurs, par la construction du chemin de fer de ceinture et l'établissement, dès rExposition universelle de 1867, d'un service de bateaux à vapeur.

Les Champs-Elysées, depuis les modifications introduites, de 1840 à 1843, ne paraissaient plus susceptibles d'embellissements nouveaux ; Alphand prouva le contraire, lorsqu'il y eut installé plusieurs parterres et bassins. Des arrangements conclus, avec les propriétaires d'hôtels du faubourg Saint-Honoré (1228), permirent de remplacer, sur l'avenue Gabriel, des murs par un grillage et d'ajouter aux agréments de la promenade la perspective de jardins somptueux.

Pour ne pas interrompre, entre le bois de Boulogne et les Champs-Elysées, le charme de la vue, le département de la Seine et la Ville de Paris exécutèrent, à frais communs, une magnifique avenue, le long de laquelle il ne put y avoir que des habitations de plaisance (1229).

Après avoir tant fait, pour le plaisir de la population aisée, il sembla de bonne politique d'embellir la € forêt du peuple », c'est-à-dire le bois de Vincennes ; en vue de déprécier le mérite d'une compensation bien légitime, les gens malicieux insinuèrent qu'on voulait opérer une diversion, afin

de maintenir la jouissance du bois de Boulogne à U bourgeoisie et au monde élégant.

Quoi qu'il en soit, la faveur publique se porta vers TEst, comme l'attestent les innombrables villas élevées autour du lac de Gharenton et à la ceinturera bois de Vincennes. Alphand ménagea, au plateau de Gravelle, un panorama splendide, dont l'étendue surpasse, de beaucoup, celle qu'on a devant soi, du haut de la butte Mortemart, au bois de Boulogne.

Les territoires annexés reçurent aussi deux parcs, l'un au Nord, celui des Bultes-Chaumont, l'autre au Sud, celui de Montsouris ; les populations des arrondissements excentriques eurent, de cette manière, à leur portée de véritables promenades, au lieu du talus gazonné des fortifications, où elles venaieut, jusqu'alors, les jours fériés.

Mais les vieux Parisiens habitant la rive gauche de la Seine ne pardonnèrent point à Haussmann le morcellement de la pépinière du Luxembourg, que méditait, depuis longtemps, le préfet de la Seine, et que l'on consomma, à son instigation, lorsqu'ÂchilIe Fould en eut fourni le prétexte, par son projet d'aliéner une zone dont le produit estimatif s'élevait à 30 millions (1230). Le plan définitif s'exécuta par les soins de la Ville et, en partie, à ses frais (1231); l'avenue de l'Observatoire et ses voies latéral entrèrent dans le domaine municipal (1232).

§ 4. — Ouorages décoratifs.

Malgré son désir incootestable de grouper, autour de loi, des spécialistes d'un grand talent» pour concourir à la décoration de Paris, Haussmann ne sut ou ne put susciter d'oeuvres dignes d'admiration, en fait de monuments; il en gémissait luimême et laissa, pour ce motif, le Conseil municipal juge du sort des fondations, longtemps abandonnées, de Téglise Saint-François-Xavier (1233).

Des circonstances spéciales le déterminèrent, néanmoins, à ériger des édifices non destinés au service public : il transporta, place du Châtelet, des théâtres, dont le siège avait été détruit, sur le boulevard du prince Eugène (1234), et, prenant comme prétexte le goût de ses contemporains, pour la comédie légère, fit construire, sur les grands boulevards, un superbe bâtiment affecté au Vaudeville, dont l'ancien local avaitdisparu, pour donnerplace à la rue Réaumur prolongée (1235) : on eut, du moins, uneœuvrede Magne, le seul architecte municipal qui, depuis Lassus, ait doté Paris ou sa banlieue d'une église bien réussie (1236).

'a décoration intérieure des édifices municipaux fi confiée à des peintres et sculpteurs de talents

très inégaux : à côté d'Ingres, qui donna de magnifiques plafonds, pour THôtel-de- Ville ; de Flandrin, son élève, qui enrichit de ses belles fresques Saint- Germain-des-Prés ; d'Eugène Delacroix, qui en exécuta quelques-unes, dans d'autres édifices religieux, la faveur préfectorale fit des choix malheureux dont les traces sont affligeantes.

Napoléon III n'avait découvert que Visconli, pour achever le Louvre, et Hittorf, pour embellir le bois de Boulogne ; il affichait, néanmoins, des prétentions artistiques ; s'étant épris, dans ses promenades journalières, du style d'un petit hôtel situé à l'encoignure de l'avenue d'Ântin et des Champs- Elysées, il décida que, tout autour de cette place, les constructions actuelles ou futures emprunteraient le modèle remarqué (1237). La fantaisie impériale coûta plusieurs millions, pour aboutir à un avortement (1238).

Dans une pensée qui dénotait quelque sens esthétique, Haussmann voulut astreindre les propriétaires de maisons nouvelles à mettre de Tharmonie,dans les saillies des bâtiments ; à cet effet, il prescrivit, en délivrant les alignements, d'avoir à placer, pour un même ilôt, les grands balcons, corniches et bandeaux sur un même plan horizontal, si la pente du sol le permettait, ou, dans le cas co

traire, de graduer les € décrochements » (sic), afin qu'en perspective l'œil aperçût la régularité des ouvrages décoratifs. Mais, la juridiction administrative lui contesta expressément le pouvoir d'imposer les conditions fixées c dans l'intérêt de Tornementation » (1239), ce en quoi elle se trompait (1240) ; on craignit, évidemment, que la prérogative revendiquée, si elle était admise, n'ouvrît un vaste chanop à l'arbitraire et n'encourageât le préfet de la Seine à étendre ses exigences, au risque dé semer la désaffection.

1 5. — Travaux dans la zone annexée.

Au fur et à mesure que les agglomérations suburbaines se développaient, entre l'ancien mur d'octroj et l'enceinte militaire, il devenait nécessaire de faire face aux besoins nouveaux résultant de cet essor ; aussi les municipalités firent-elles en sorte d'améliorer les services édilitaires: rues et chemins, mairies, églises, écoles, cimetières, etc.

Mais, il est évident que les efforts déployés, dans chaique commune, ne pouvaient atteindre l'énergie et rétendue de ceux dont la capitale donna le spect'^cle, depuis 1852. Or, en réunissant à Paris la 2 ne qui l'entourait, il fallut l'assimiler au reste de

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la cité dont on lui faisait subir le régime et les charges.

Un compte fut ouvert, à la Caisse des travaux, pour attester le poids des sacrifices qu'avait entraînés l'annexion résolue en 1859 (1241) ; seulement, on y porta une foule de dépenses qui, pour l'ancien territoire, étaient dispersées dans maints articles do budget (1242) ; en outre, par une équivoque destinée à illusionner seulement ceux qui ne compulsaient pas les publications finaucières, on supposa un lien fictif,entre Tagrandissement de Paris et des opérations indépendantes de cette mesure (1243) ; les chiflFres à inscrire furent, de la sorte, grossis, dans le rapport de 17 à 7 (1244).

SECTION vui

Enseignement primaire.

11 a été parlé, précédemment, de la sollicitude croissante du Conseil municipal, pour les écoles élémentaires, depuis 1814 et, surtout, 1833. Bien que cette préoccupation ne se soit jamais démentie, aucun parallèle ne peut être admis, entre les efforts faits, pendant la période 1852-69, et ceux qui avaient été accomplis, à des époques antérieures, pc

développer l'instructiba, au sein de la population ouvrière. ^

Autant qu'on en peut juger, par les documents budgétaires, en 1852, le noncibre des écoles entretenues complètement.avec les ressources communales, était de 124, dont 60 pour les garçons et 64 pour les filles ; ces chiffres n'augmentèrent que de quelques unités^ pendant les premières années de TEmpire ; mais, par la suite, l'essor des établissements publics devint remarquable ; lors de Tan* nexion des territoires suburbains, il y avait, dans la capitale, 134 écoles et 4o salles d'asile. Le reculement des limites de Paris procura 53 écoles et 23 salles d'asile ; en dix ans, le total s'accrut de 43 0/0 (1245).

Il n'est que juste de constater la part honorable qui, dans ce résultat, revient à l'Inspecteur d'académie appelé, depuis 1865> à diriger l'instruction primaire, au sein de la capitale ; son zèle infatigable et sa perspicacité merveilleuse appelèrent l'attention de tous sur M. Octave Gréard, qui acquit, an peu d'années, une influence irrésistible, dans ses démarches en faveur du service auquel il donna un élan inconnu avant lui.

Les matières de l'enseignement s'élargirent, de o &me, pendant la période 1852-1869 ; on exerça

les élèves, dans l'art du dessin et celui du chaot.

Pour stimuler le goût des études> des bourses furent créées, aux écoles primaires supérieures, sans préjudice de celles d'apprentissage. Avec le type de l'école Turgot, s'ouvrit, sous le nom de Golbert, un second établissement, afin de recueillir les jeunes gens qui ne pouvaient trouver place dans le premier.

En outre, les cours d'adultes se multiplièrent; enfin, les subventions de la Ville aux établissements libres augmentèrent, de plus en plus ; entre les années 1852 et 1859, elles s'étaient accrues de 50 0/0 ; de 1860 à 1869, elles grossirent encore de 40 0/0 (1246), indépendamment des sommes consacrées aux ouvroirs (1247) et à la société hygiénique, pour les bains gratuits qu'elle offrait aux enfants des écoles communales (1248).

Un détail assez intéressant mérite d'être mentionné ; en 1852, on désignait encore les deux catégories d'établissements scolaires, au compte de la Ville, d'après les méthodes pédagogiques : enseignement mutuel, enseignement simultané; cette distinction disparut, avec la faveur dont jouissait le système de Lancaster (1249) ; on la remplaça par une autre qui manquait d'exactitude, comme ne correspondant, ni aux vues du législateur, ni à la réa hté faits : écoles laïques, écoles congréganistes{li^O).

Avec une hardiesse sans autre précédent qu'un essai.aussitôtabandonnéque oiisen pratique (1251), le second Empire investit les préfets du soin de Donomer et révoquer les instituteurs et institutrices, dans les écoles publiques, sur les propositions des inspecteurs d'Âcadénnie (1252).

Haussnnann ne trouva pas suffisant le pouvoir de choisir, parnai des candidats ; de peur que le fonctionnaire représentant l'Université ne gênât, par son initiative, l'autorité préfectorale, il en fît,*^ar sorcroit, un de ses collaborateurs (1253).

Tout en se prêtant aux améliorations qui lui étaient demandées, en faveur du service scolaire, le chef du corps municipal de Paris ne put s*empêoher de dire son sentiment personnel, sur les inconvénients attachés, suivant lui, à la libéralité indéfinie avec laquelle on assumait le soin d'instruire la jeunesse, aux frais des contribuables : c L'enseignement des enfanta est un devoir religieux et social, pour le père de famille.... La gratuité des écoles affaiblit le lien de la famille, dégage les parents d^une partie de leurs obligations, diminue la reconnaissance des enfants, abaisse, aux yeux des uns et des autres, la valeur de Tinstruction (car on p ^estime quece qui coûte un certain sacrifice), donne^

enfin, crédit à la fausse idée du droit à renseignement ]».

Mais, Haussmann tenait ce langage en 1859 ; depuis l'arrivée de Victor Duruy au ministère, il s'exprima en d'autres termes, surtout lorsque Ton sut que Napoléon 111 couvrait d'une faveur spéciale l'homme d'Etat convaincu qu'if allait « impérialiser la France démocratique » (sic).

SECTION IX Assistance pabUqae.

Depuis 1852, l'organisation de l'assistance publique, à Paris, eut une forme plus autoritaire que sous le Consulat et le premier Empire, car, si le conseil de surveillance dut être nommé, en grande partie, sur la présentation de certains corps, les assemblées délibérantes, appelées à désigner des candidats, se trouvaient acquises au nouvel ordre de choses ; aucun motif ne porta donc à changer un système si bien adapté aux institutions césariennes.

Aussi en prit-on à son aise, avec les dispositions édictées, par le législateur, pour le régime des services charitables.

11 avait été posé, eu priucipe absolu, que les pr

ticiens seraient recrutés par voie d'élection ou de concours (1254) : sous prétexte d'améliorer le service médical, à domicile» Davenne décida que les hommes de Tart traitant les malades indigents ou nécessiteux seraient choisis par le préfet, sur une liste àe trois candidats, dont la désignation appartiendrait aux Bureaux de bienfaisance (1255).

Un règlement d'administration publique devait être rendu, pour fixer l'économie de l'assistance à domicile (1256) ; on y suppléa par une simple « Ins* Iruction ]» directoriale (1257), qui dérogeait, d'ailleurs, sur 23 points, aux ordres de Tautorité supérieure, tels qu'ils avaient été formulés en 1831.

 la faveur du despotisme qui caractérisait les institutions publiques, les Bureaux de bienfaisance furent réduits à une condition plus humble que de 1814 à 1830 : on leur relira la part des lits d'hospices qui leur avait été concédée (1258) ; ils furent tenus de se dépouiller, en partageant, au profit des nouveaux arrondissements, le droit de désigner les occupants de lits fondés en faveur des pauvres d'anciennes paroisses (1259). Les bons de secours dorent être revêtus de l'estampille attestant la subordination des comités locaux, vis-à-vis du puissant directeur (1260).

'elui-ci relevait du Ministre, autant que du pré-

fet : à partir de 1853, il dut, surtout, compter avec son supérieur immédiat.

Davenne avait soumis à Haussmana une proposition ayant pour objet de modifier le statut impérial régissant la maison de retraite dite de Sainte-Périne (1261). On lui répondit que le préfet de la Seine avait, désormais, qualité pour statuer, en pareille matière, d'après la loi du 7 août 1851 (1262), qu oo eut soin, toutefois, de déclarer inapplicable à la Ville de Paris, quand ses dispositions étaient gênantes (1263).

Haussmann se résignait, avec peine, à c transmettre i> au ministre les avisdu directeur de l'Assistance publique; ce rôle effacé lui semblait c indigne d'une administration intermédiaire i^ (sic) (1264), et il entendit apprécier la convenance de soumettre au pouvoir central les projets dont luimême se trouvait saisi.

Du fonctionnaire responsable, placé à la tète d'une administration autonome, il voulut faire son collaborateur (1265) et administrer, en réalité, des intérêts qu'il était appelé seulement à surveiller. Mais, sa tendance fut enrayée, par Tattitude ferme et la clairvoyance profonde d'Armand Husson, qui sut habilement louvoyer et maintenir ses prérogatives. De son côté, par une initiative demeurée célèbre, 1

général Espiaasse enjoignit aux préfets d'abuser de la luleile administrative, pour contraindre les établissements charitables à vendre leur patrimoine immobilier (1266), alors que le législateur voulait qu'an ne pût Valiéner, sans l'avis favorable du Conseil municipal (1267), ce qui impliquait la répudiation virtuelle des préjugés caducs et des règles anciennes ayant pour butde donner, comme consistance, à la fortune des pauvres, des rentes sur l'Etat donbiement avilies, par la dépréciation progressive du numéraire et là restriction périodique des revenus (1268)/

On n'avait point attendu cette fâcheuse pression du gouvernement, pour mettre en pratique, dans la Capitale, la mesure prescrite (1269); néanmoins, grâce à sa situation prépondérante, Haussmann parvint à assu^rer des remplois de capitaux hospitaliers en maisons de produit (1270).

Mais il sacrifia, par contre, les intérêts de TAssistance publique lorsque Toccasion survint de favoriser des percements d'avenues ou autres^pérations de voirie (1271).

Depuis longtemps, le siège de l'administration hospitalière était auprès de THôtel-Dieu; on le transféra sur un vaste terrain acquis, par la Ville, place de Grève, en retour sur le quai, la rue de la

Tâcherîe el l'aveDue Victoria (i272); l'extension prévue des services recul ainsi satisfaclion, et, aux encoignures, s'élevèreot des bâtiments à osage d'habitation, afin de prévenir, suivant les vues d'Haussmann, la tristesse et l'isolement que créent les édifices publics.

Davenne fut l'artisan d'un vaste et fécond projet : celui qui consistait à transférer hors Paris les hospices d'incurables et maisons de retraite (1273); l'opération procura un bénéfice considérable (1274), tout en assurant la jouissance de lieux vastes et salubres.

Les hôpitaux ne furent point déplacés* mais agrandis (1275); on en créa un à Ménilmontant (1276), pour les malades des arrondissements nouveaux de l'est.

Là reconstruction de l'Hôtel-Dieu mérite quelques développements.

L'assiette du vieil édifice était resserrée par des obstacles topographiques : au sud, la Seine, qu'on dut franchir, au xvni* siècle, pour créer un bâtiment annexe dont le sol avait été fourni, en partie et à titre gratuit, par la Ville (1277) ; au nord, le parvis Notre-Dame, qu'il était impossible d'absorber ou de rétrécir; à Test et à l'ouest, le Pont au Double elle Petit Pont. Depuis le transport du chef-lieu

radrainislration sur la place de Grève, on avait dû faire occuper, par des malades, les bâtiments désaffectés ; cette dispersion, entre trois édifices, des salles et des localités à usage commun, nuisait au bien du service. Le principe d'une reconstruction s'ipposait donc, avec évidence. Mais, les avis différaient, quant au choix de remplacement destiné au nouvjBl hôpital. Haussmann insista en faveur du projet qui prévalut, parce qu'il voyait, dans son adoption, un moyen de renouveler Taspect de l'île de la Cité. La Ville et l'Assistance publique s'entendirent, pour fixer le périmètre de rétablissement (1278) et les bases de participation respective aux dépenses (1279) : le gouvernement approuva le projet (1280), avant que le Corps législatif eût autorisé à prélever, sur l'emprunt municipal de 1865, une somme de 50 millions, pour l'exécution de travaux parmi lesquels figurait Tasile à réédifier (1281).

Mais, par suite, soit de l'insuffisance des études préparatoires, soil de l'exagération des indemnités foncières et locatives, soit de la découverte d'exigences imprévues, on ne tarda point à s'apercevoir que la dépense excéderait, de beaucoup, les chiffres énoncés, avec une confiance au moins apparente (1282) ; l'Assistance accusa la Ville de ne point tenir ^.s promesses (1283), alors qu'en réalité la Caisse

municipale était en avance (1284) ; de fait, les produits sur lesquels avait compté Fadministration hospitalière ne se réalisèrent pas.au gré des désirs et des espérances (1285) ; on ne pouvait disposer.d'ailleurs, de l'ancien hospice des Incurables-Femmes, tant qu'aucune solution ne serait intervenue, au Corps législatif, sur le projet de vente à la Ville, pour transférer, rue de Sèvres, le lycée Louis-le-Grand ; or, la Chambre garda l'affaire jusqu'aux événements de 1870. Faute de fonds, les ouvrages en cours languissaient, et la guerre en suspendit complètement Texécution, ce qui motiva de fortes indemnités (1286), au profit d'entrepreneurs qui, selon toute apparence, malgré leur solvabilité, auraient été impuissants à remplir leurs obligations, s'ils avaient été mis en demeure, par l'Assistance publique, de continuer les travaux.

Quoi qu'il en soit, le Corps législatif ayant exigé d'Haussman n l'engagement formel de ne pas installer (1287) plus de 500 lits, au nouvel HÔtel-Dieu,et les dépenses faites, pour les établir (1288),ayant atteint plus de 37 millions, le prix de revient, par lit, ressort à 74.756 francs !

Les soins à procurer aux enfants chétifs,ou atteints d'affections qui exigent un traitement balnéaire, donnèrent lieu à la fondation de deux hôpitaux

Tuo au bord de la mer, à Berck (Pas-de-Calais) (1289), Taulre à Forges (Seine-et-Oise) (1290). Dans le voisinage de ce dernier établissemeat, une maison de convalescence put, aussi^ s'ouvrir, grâce à la libéralité d'un membre de la famille de Larochefoucauld (1291).

En regard de cette munificence d'un gentilhomme, il convient de mettre celle d'un ancien négociant. Chardon Lagache, dont l'inépuisable largesse, secondée par celle de sa digne compagne, permit d'installer et de doter une maison de retraite, dans les dépendances du domaine acquis pour l'Institution Sainte-Périne (1292).

Depuis 1850, l'Assistance publique tendit, de plus en plus, àconstiluerdesservicesd'approvisionnement direct, au lieu de se pourvoir des denrées nécessaires, à l'aide d'adjudications (1293) Daven ne assurait que ce système d'achats en régie était avantageux (1294); cette assertion manquait, au moins, d'exactitude pour la boulangerie, qui fut convaincue, par Le Play, de fabriquera perle (1295), ce qui n'empêcha pas de ragrandir,d'une manière coûteuse (1296), et d'aggraver ainsi le déficit*.

Là ne fut point le seul fait de mauvaise gestion qu'accusent les documents officiels.

Après avoir déféré, sous la seconde République,

aux vives représentations faites, par ie Conseil municipai, vers la fin du gouvernement de Juillet (l!297), Davenne rétablit les prestations alimentaires, pour le personnel des agents logés (1298).

Le même fonctionnaire constata une série d'abus commis^ sous prétexte de sollicitude en faveur des malades.

Des directeurs avaient demandé, par économie, Pachat de voitures suspendues, qui servaient, en réalité, à leur usage exclusif, et non pas au transport des pauvres gens (1299).

Les crédits étaient dépassés notablement, et, pour ajourner Taveu de cette irrégularité, on alléguait renvoi tardif des pièces justificatives, par les créanciers ; les comptables avaient une tendance à n'inscrire qu'en fin d'année les dépenses faites (1300); celles d'entretien architectural et de mobilier restaient incertaines: il fallut prescrire, à chaque changement de directeur, une liquidation qui ventilât les responsabilités (1301).

Très redoutés des malades, toujours dans la crainte de vexations, les gens de service spéculaient sur le besoin de leur concours, notamment par l'achat des aliments distribués aux pensionnaires; ce trafic fut interdit (1302).

Un certain nombre d employés avaient pris Thi

tude de se servir chez les fournisseurs de l'administration, qui espéraient, par des concessions de prix, obtenir un contrôle complaisant : cette indélicatesse dut être réprimée (1303).

Le personnel médical n'était pas exempt de reproches. On découvrit maints abus qui lui étaient imputables : exagérations scandaleuses, dans les quantités de médicaments, c pour les besoins généraux des salles » ; envois répétés d'un même bon, à la pharmacie, et signatures en blanc, par les chefs de service (1304). Les directeurs reçurent l'ordre de ne viser et faire exécuter que les propositions écrites entièrement de la main des médecins responsables (1305).

L'admission des malades était abandonnée au bon plaisir des élèves de garde; Davenneeut le courage de réagir contre l'arbitraire et les inconvénients de ce système déplorable ; il écrivit, à ce sujet, une page remarquable, par la netteté des principes et l'élévation des sentiments (1306); son langage ne fut pas moins noble, lorsqu'il rappela qu' « un malade ne peut être retenu de force » (1307).

Les intérêts moraux des pauvres soignés, dans les établissements hospitaliers, provoquèrent une série de mesures, afin de faire respecter la liberté de conjcience (1308), et, en môme temps, de pourvoir aux

l- 362 HISTOIRE DE L'ADMINISTRATION PARISIENIŒ

^' besoins du culte (1309), en assurant une cérémooie

F ' religieuse, pour les convois de toutes classes (1310),

\ ou en facilitant l'accès de dames charitables, auprès

i des malades (13H;.

l Les asiles de convalescence fondés par « la muoifi-

r' cence impériale» — aux frais descontribuables —pe-

sèrent lourdement sur TAssislance publique de Paris. [ On a vu précédemment (1312) que le baron Augel

[ * de Montyon avait doté les hospices, pour assurer,au

\ sortir de l'hôpital, un secours permettant à des pao-

1 vres, encore affaiblis, d'attendre le retour des forces

; et la reprise du travail. La quotité des allocatious

était de 0 fr. 50 par jour de traitement : on doubla cette somme, pour la redevance à payer aux asiles (1313), de telle sorte que, chaque convalescent dirigé sur Vincennes ou le Vésinet coûtant le double de ce qu'il aijrait reçu, dans les conditions ordinaires, oo dut restreindre le nombre des participants.

Un abonnement annuel de 75.000 fr. reslreigoil un peu le sacrifice (1314); mais, ce léger avantage était loin de compenser le tribut de 1 0/0 imposé, par Haussmann, à TAssistance publique, en faveur des asiles impériaux, sur lé montant de tous les Iravaux exécutés^pour le compte des hôpitaux, hospices et services de secours (1315).

Contrairement à la règle traditionnelle, qui fais

regarder la demande d'entrée à l'hôpital comme une présomption d'indigence, la Gourdes Comptes, de peur d'abus, exigea que les causes de non-paieraent des soins reçus fissent Tobjet de titres justificatifs, sans quoi les économes devenaient responsables des frais de séjour (1316). Jusqu'alors, l'administration n'avait posé le principe du remboursement qu*à l'égard des individus étrangers à la capitale (1317),et elle obtint,en cette circonstance, Tappui du ministre de Pinlérieur (1318).

Turgot tenta, jadis, de créer un service de statistique médicale; Armand Husson, versé dans les connaissances économiques, mit en pratique ce projet essentiellement utile (1319).

Parmi les principales libéralités recueillies, de 1852 à 1869, en faveur des pauvres de Paris, il convient de placer, au premier rang, le magnifique legs dû à la comtesse de Lariboisière et qui, maihéu» reusement, ne reçut point sa destination, car la testatrice entendait fonder un nouvel hôpital, tandis qu'au moyen d'un accord,avec les héritiers du sang, TAssistance publique encaissa 2.600.000 fr., sans autre engagement que celui d'attribuer à un hôpital déjà créé le nom de la bienfaitrice (1320).

Des ressources de moindre importance, mais assez levées, pourtant, vinrent, également, grossir le

patrimoine de l'administration charitable; tels sont les legs Lelong (1321),Fortin (1322), Azimon (1323), Simonin Lallemand (1324).

De 1852 à 1869, le montant des rentes inscrites au budget charitable diminua de 10.000 Francs.

Ce résultat provint de deux causes: 1^ les aliénations autorisées, pour payer des travaux d'architecture (f325) ; 2® les conversions successives des rentes sur l'Etat (1326), dont l'effet restrictif n'était point compensé par l'accumulation indéfinie du dixième des arrérages prescrit, seulement, en vue de la dépréciation du numéraire (1327).

Le produit du droit des pauvres augmenta, en moyenne, d'environ 4 0/0 par année, avant l'agraodissement territorial de Paris, qui procura une plusvalue immédiate de 200.000 fr. ; mais, la progression annuelle ne fut' plus que de 1 1/2 0/0 (1328); la liberté des théâtres (1329) n'exerça point une influence appréciable sur les recettes. L'affluence, vers les spectacles, ayant été très grande, en 1855 et en 1867, éleva, dans une mesure sensible (1/3), le revenu des pauvres prélevé dans les lieux de divertissement. Mais, le prix d'entrée, aux expositions universelles, fut déclaré exempt de tout tribut envers l'Assistance publique (1330).

De 1852 à 1869, la subvention ordinaire (.

extraordinaire imputable sur l'octroi, eu faveur des œuvres charitables, varia entre cinq millions et H.430.000 fr., soit une moyenne de 6.920.359 fr., pour la période 1852-59, et de 9.945:238 fr., pour la période 1860-69; l'écart, entre ces deux derniers chiffres, n'est que de 3 millions, somme assez faible, pour tenir compte, tout ensemble, du renchérissement de toutes choses et des besoins plus étendus résultant de l'annexion des communes suburbaines. Sans doute, il faut faire état de Tactif trouvé^ dans ces communes, et des augmentations de produits obtenus, avec les revenus de nouveaux legs ; mais, ces ressources furent loin de compenser l'aggravation des charges.

De 1852 à 1859, le nombre des malades traités annuellement, dans les hôpitaux, s'accrut de 22 0/0; de 1860 à 1869, il s'éleva encore de 16 0/0 ; l'augmentation de la masse des journées de présence, pendant les mêmes intervalles, fut encore plus sensible (38 et 18 0/0). Or, indépendamment de cette progression, le prix de revient, pour Toccupation des lits, passa, entre les années 1852 et 1869, de 1 fr. 75 à 2 fr. 75 par jour, soit 46 0/0 en plus.

L'examen synthétique et impartial des actes relatifs à l'Assistance publique, dans la Capitale, pen-

nt les 19 années que nous venons de considérer.

démontre, tout ensemble, Pintelligence, le zèle et la fermeté des deux administrateurs qui dirigèrent le service complexe et délicat des secours publics ; il atteste les efforts faits, pour extirper de multiples abus et accomplir d'incontestables améliorations: mais, les réformes n'eurent pour objet que le régime hospitalier : celui des secours à domicile ne profita, en aucune façon, de la sollicitude officielle, car te traitement médical, institué par Davenne, n'eut d'autbe but que de soulager le service des hôpitaux et de prévenir la nécessité d'augmenter le nombre des lits, avec une dépense corrélative très supérieure à celle des soins donnés aux malades visitéschez eux.

Le résultat poursuivi fut, d'ailleurs, atteint, car, en 1869, la quantité de lits en service était inférieure de 2 unités à celle qu'énonce le compte de l'exercice 1853 (7.024 au lieu de 7.026).

Même à Tégard des hôpitaux, les dispositions réalisées ne se trouvèrent point à la hauteur des progrès de la science, notamment sous le rapport hygiénique; mais ces exigences irritaient Haussmann: V L'idéal des médecins, s'écriait-il,un jour, ce serait un seul malade dans la plaine Saint-Denis ! Go se plaint du manque d'air, pour les individus traités à rhôpital : je tinis par croire qu'ils en ont trop et s'enrhument... > (1331).

Si rémioent préfet de la Seine répugnait à entrer dans les vaes des praticiens^ au' sujet. des changements matériels à introduire, dans le pian des inslaU latioQS hospitalières, il refusait également, assuret-il, d'encourager les efforts administratifs qui auraient été faits, auprès de lui, à Fégard des transformations morales à apporter, dans le service des pauvres (1332). Mais, ici, Haussmann s*est abusé, en paraissant croire qu'il dépendait de lui d opérer une pareille métamorphose, et il calomnie le plus fin des directeurs placés sous sa surveillance, en le supposant assez simple pour ne pas prévoir un conflit dont rissue lui aurait été fatale.

SECTION X

Police municipale

1 1'"". — Organisation intérieure et extérieure

L'expérience acquise, sous plusieurs régimes politiques, montra la forte constitution donnée à la préfeclurje de police et dont une nouvelle preuve ressortit du concours efficace obtenu, pendant les journées de décembre 1851.

Â.ussi, n'y eut-il rien de changé, dans Torganisa-

tioD des services sédentaires ou actifs dépendant du magistral de police ; ou dut, seulement» agrandir les cadres, par suite de diverses lois dont Tobjel réfléchit sur l'étendue et les éléments de la surveillance à exercer.

Par contre, les attributions administratives fixées, sous le Consulat, subirent, nous Pavons dit (1333), un démembrement, sous le second Empire ; néanmoins, il a paru rationnel de maintenir, dans la présente section, des matières qui ne changent pas de nature, suivant le titre du fonctionnaire auquel Texamen en est dévolu.

I 2, — Protection des personnes et des biens

C'est une très vieille tradition, dans la police de Paris, que celle qui consiste à restreindre la liberté individuelle, sous prétexte «d'assurer l'exécution » des lois et règlements; de reproduire la teneur des actes du pouvoir souverain, d*y ajouter arbitrairement et de finir par perdre de vue l'existence même de ces actes, pour se mouvoir facilement, dans le cercle d'appréciations variables avec le temps. La tendance qu'on vient de signaler se manifesta, plusieurs fois, pendant la période 1852-1870.

Ainsi, Boittelle publia une sorte de Code conr

nant (( la sûreté,la liberté et la commodité de la circulation » (1334). Or, en fait, il sagissait, dans cette compilation superflue, de prendre une revanche de la perte des pouvoirs transférés au préfet de la Seine ; sous couleur de garantir Tintérèl des passants, il trouva fort habile de ressaisirjndirectement, ce qu'on lui avait enlevé (1335).

L'industrie des loueurs de fiacres était devenue libre (1336) : Boitelle s'empressa de circonscrire les avantages de l'émancipation ; il s'arrogea, notamment, la prérogative d'assujettir les cochers à un coslumequ'ilauraitdéterminé,danssasagesse(1337), et rendit cette mesure applicable au service des voilures de remise (1338).

Des traités, sur les stationnements des omnibus et fiacres, furent conclus, au nom de la Ville de Paris, les uns par le préfet de police (1339), les autres par le préfet de la Seine (1340): Jean-Marie Piélri et Boîttelle n'en jugèrent pas moins indispensable de transformer en prescriptions d'ordre public des clauses purement conventionnelles (1341).

Encore bien que le principe du libre parcours, sur

lesgrands chemins, eût été proclamé (1342), défense

fut faite, aux diligences attelées de plus de deux

*ievaux, d'emprunter les Champs-Elysées, traverse

la route nationale n*^ 13 (1343); ici, l'abus de

370 HISTOIRE DE L'ADMimSTRÀTION PARISIENNE

pouvoirs avait été peut-être inspiré de haut, afin de prévenir des embarras de voitures, aux heures où Napoléon Ul conduisait quotidiennement son phaëton.

§ 3. — Contrats administratifs dans Vintérit de la propreté et de la sûreté des voies de communication

Les arrangements conclus, en 1846, avec diverses sociétés d'éclairage par le gaz, devaient avoir uoe durée de 17 ans; néanmoins, dès Tannée 185!2, on s'occupa de jeter les bases d'un nouveau traité, pour le service de Tillumination.

Le Conseil municipal reçutdiverses offres, écartées comme n'étant point pratiques (1344); il résolutde ne proroger le privilège dos compagnies qu'après fusion préalable de leurs entreprises (1345). Eo retour de cette mesure, qui constituait l'érectioû d'un monopole, l'assemblée communale voulut que l'avantage consenti trouvât sa compensation, dans des clauses favorables aui habitants, considérés comme tributaires collectifs ou individuels. Les pourparlers furent longs et laborieux: on ne s'entendit qu'au bout de trois ans (1346).

Après l'annexion des communes suburbaines, un accord s'établit, pour mettre successivement l

territoires réunis à la capitale en possession de l'éclairage au gaz qui fonctionnait dans l'ancien Paris (1347). Le préfet de la Seine et le Conseil municipal admirent, sans difficulté, que le contrat en vigueur portait sur un état topographique et industriel qui ne pouvait subir de modification qu'au moyen du commun consentement des parties ; ce principe impliquait, au profit de l'entrepreneur, la reconnaissance d'un surcroît de charges dont la Ville devait le dédommager: des stipulations complexes et onéreuses réglèrent ce point (1348).

A la fin de l'Empire, pour procurer à la Caisse municipale un appqint de ressources cLevenu nécessaire, malgré des affirmations optimistes, Alphand fit prendre, par la Compagnie parisienne d'éclairage au gaz, rinitialive ostensible d'une demande en révision des traités existants, sous prétexte d'éteindre quelques contestations pendantes: le but réel de la démarche provoquée était tout autre. D'après les conventions arrètées,en 1855 et 1861, les bénéfices nets du monopole devaient se partager entre la Ville et son concessionnaire ; mais, on avait prévu que la répartition necommenceraitqu'en 1872(1349). L'anticipation sollicitée constituait donc une avance in'il fallut rembourser, sous la forme de clauses ^mpensatoires. N'y avait-il pas là les caractères

d'un emprunt déguisé? Des scrupules naquirent, à ce sujet, dans le sein de la commission préparatoire (1350) et dans les bureaux du ministère de l'intérieur (1351).

Mais, on estima,finalement,que la loi du 24 juillet 1867, en disposant qu'il serait statué, par décret en Conseil d'Etat, sur les traités relatifs à la concession de services municipaux, dans les villes dont les revenus annuels dépasseraient 3 millions, n'avait point fait de réserves, sur la nature et la portée des arrangements à approuver ; en conséquence, le nouveau traité reçut la sanction du gouvernement (1352).

I 4. — Contrats relatifs aux statUmnements et transports sur les voies de communication

On a pu remarquer que, depuis le commencement du XIX* siècle, jusqu'en 1854, la Ville de Paris n'était intervenue, dans l'industrie des transports de voyageurs, à travers la capitale, que pour fixer les tarifs d'occupation périodique des lieux affectés aux stationnements de voitures.

Sous le second Empire, on en revint au système des privilèges, jadis conférés à des entreprises.

Comme les sociétés d'éclairage et pour les mên

motifs, les compagnies autorisées, par la police, à

mettreen circulation des ononibus, durent confondre leurs intérêts; comme prix du monopole, elles souscrivirent à des conditions affectant, à la fois, les intérêts de police, de finances et de consommation (1353).

A la suite de Textension territoriale prononcée, en 1859, Haussmann s'entendit avec la Compagnie générale des Omnibus, qui obtint de sérieux avantages, en retour de l'aggravation des charges afférentes au service à organiser dans les nouveaux arrondissements (1354).

il était plus difficile, pour les fiacres, de justifier la convenance et Tutilité d'un acte où la Ville de Paris figurerait, comme partie contractante. On trouva, néanmoins, des prétextes ingénieux, pour pactiser avec « une compagnie de capitalistes », en déclarant qu'il s'agissait de créer, à la fois, pour Ihs besoins du public, 1.000 voitures, dont 500 sur les corps de place et le reste sous remise (1355).

Malheureusement, la spéculation ne réussit pas (1356) ; Haussmann sauva les intérêts compromis, par un traité, dont l'annexion devint encore Toccasion ; il y eut un monopole concédé pour 50 ans (1357).

Vainement les loueurs atteints,par cette mesure, |

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prétendirent-ils que le pouvoir de régler Tusage

^ des voies publiques ne saurait être détourné de son

k. but, pour assurer Texécution d'arrangements con-

i dus avec des tiers : il fut déclaré que « le refus

h d'autoriser » Toccupation des lieux de stationoe-

[4 ment, par un plus grand nombre de véhicules appar-

j tenant à la même personne, ne constituait pas un

t; »acte repréhensible (1358); dans des circonstaDces

J assez semblables, la jurisprudence avait été plus

Jr sévère (1359); mais on n'envisagea pas, peut-être,

5 sans quelque effroi, la perspective d'un procès, donl

' en fait,Ia survenance se produisit quand môme.

>» Le préfet de la Seine, en effet, n'avait compté,

• ni avec les revirements, dans les idées de son maître,

I ni avec le peu de casque celui-ci faisait des conséquences financières attachées à ses desseins. Quel-

' ques mois après la signature du contrat, liant la Ville

•* pour un demi-siècle, le gouvernement impérial proposait la liberté des coalitions (1360), qui favorisa ■

une grève des cochei'S de la compagnie concessionnaire; Napoléon IH intervint personnellement (1361 ) et désigna des arbitres, au mépris de la loi (1362), en vuede fixer les bases de résiliation d'un traité qu'Haassmann, lui-même, disait-on. avait été contraint de soutenir, devant le Conseil municipal, pour salis- I faire certain personnage dont Tinfluence balança

la sienne.

UVRK IL - PÉRIODE 18301870 37$

Le monopole avait paru un moyen de procurer des voitures nombreuses, de bons chevaux, des cochers irréprochables : la liberté sembla encore meilleure (1363).

Encouragés par la proclamation du droit à dédommagement, de modestes loueurs, jadis pourvusd'une autorisatiou, dont ils tiraient des avantages désormais perdus, réclamèrent une indemnité, à raison du préjudice que leur causait la libre concurrence. Où leur répondit qu'ils n'avaientque de simples permis de police; qu'en 1862 la Ville avait réservé leur situation acquise, au regard de la Compagnie, mais n'avait pas, pour cela, pris rengagement de maintenir les avantages dont ils jouissaient (1364).

§ 5. — Police des constrwtions

Le législateur moderne maintint « provisoirement » les dispositions en vigueur, pour sauvegarder la solidité des édifices (1365) ; plus tard, on affermit cette consécration, en l'élargissant (1366).

Dans la pratique, le soin de pourvoir à la sûreté et à la salubrité des bâtiments se partagea, pour la capitale, entre les deux préfets de la Seine et de police.

Frochot revendiqua les mesures préventives (1367),

comme se rattachant à la délivraocede l'alignement; il en induisit la possibilité d'instituer une commission d'architectes-voyers, pour reconnaître, par expérience, la nature et l'étendue des précautions à imposer aux constructeurs (1368) ; le refus de s'incliner, devant les lumières et la prudence des hommes de Tart, était réputé une infraction aux lois et poursuivie comme telle ; seulement, Frochol prit sur lui de déterminer la juridiction répressive et indiqua, tour à tour, le tribunal correctionnel (1369), puis le conseil de préfecture (1370).

La jurisprudence admit, pendant longtemps, ce mode de procéder (1371), non, cependant, sans quelqu'hésitation (1372), puis elle en fit justice (1373).

Mais, pendant la dictature qui suivit le coup d*Etat du 2 décembre 1851, une innovation très importante avait été introduite ; quiconque projetait de bâtir, à Paris, dut soumettre des plans, coupes et élévations an préfet de la Seine, désormais investi du pouvoir de prescrire les mesures reconnues nécessaires, dans l'intérêt de la sûreté publique ou de la salubrité (1374).

Déjà, le même fonctionnaire avait reçu, du ministre de Tagriculture et du commerce, le soin de réaliser les vues du législateur, en matière d'assaini.

ment des habilalions (1375) ; quelques années après, il recueillit, dans le partage des attributions de son collègue, la surveillance des édifices en péril et l'exécution des règlements sur les fosses d'aisance (1376).

Sur l'avis du Conseil d'hygiène, Jean-Marie Pietrî avait enjoint à tous les propriétaires de tenir les aiaisons et leurs dépendances dans un état qui ne pût nuire à la salubrité extérieure (1377).

La commission spéciale, appelée à visiter les logements malsains, remplit sa mission avec un zèle incontestable (1378). Mais ses eflForts furent souvent stériles, à cause des lenteurs de la procédure et d'une insuffisance manifeste, dans la sanction (1379).

L'acte dictatorial, qui armait le préfet de la Seine d'une redoutable autorité, ne fut pas plus efficace, parce que, pour en atténuer la portée et les conséquences, Trémisot, son auteur, avait eu soin délimitera 20 jours le délai, dans lequel devraient être notifiées les prescriptions à formuler, au sujet des plans produits par les constructeurs (1380); or, en fait, presque jamais le double examen technique et administratif n'était effectué en temps utile (1381): la prérogative dévolue devint donc lettre morte, sauf dans les circonstances où les* vices reprochés

X propriétaires servaient de prétexte, pour retar-

derrexécution de travaux, dans des immeubles placés sur le trajet dvune voie à ouvrir.

Ce détournement manifeste de pouvoirs s'étendit de même à l'exercice de la surveillance sur les constructions menaçant ruine : on vit, un jour, le préfet de la Seine, comme « Grand-voyer ;•, intimer au préfet de la Seine, représentant la Ville de Paris, Tordre de démolir un bâtiment communal occupé par certains locataires qu'on pensait, de la sorte, expulser, sans indemnité, en invoquant la force majeure (1382) ; mais cette manœuvre fut déjouée par la juridiction administrative (1383).

Des hygiénistes autorisés avaient émis le principe que la hauteur des bâtiments, en façade sur rue, ne devrait point excéder la largeur assignée à la voie publique. Mais, l'agglomération énorme d'habitants et la valeur vénale des terrains, à Paris, rendaient irréalisable ce desideratum. La seule chose qui parut possible fut de maintenir à peu près la limite fixée sous le règne de Louis XVI (1384), pour l'élévation des bâtiments (1385), quoique les rues nouvelles ou anciennes eussent reçu des dimensions plus spacieuses (1386). Toutefois, il fut admis que, quand les voies auraient 20 mètres de largeur, les constructions pourraient atteindre, en élévation, la même étendue à lentablement (1387;.

On profita des dispositions à prendre, sur la hauteur des édifices, pour reconnaître au préfet le pouvoir d'imposer un certain intervalle entre chaque étage (1388). Ce fut un bienfait inestimable, mais dont restent encore privées, à Tentre-sol et à Tétage d'attique, une foqle de maisons construites au xviii* siècle, c'est-à-dire à une époque où la « Chambre des bâtiments >,tr.ès sévère pour exiger des mai sons une durée plusieurs fois séculaire, n'avait, ni qualité, ni savoir, pour ordonner les dispositions propres à satisfaire l'hygiène du logement.

SECTION XI Encouragements

Depuis 1852, le nombre des œuvres subventionnées, par la Ville de Paris, s*accrut notablement ; déjà, il s'élevait, alors, à 46 et progressivement monta jusqu'à 75, outre les écoles et cours de dessin.

Les crédits alloués, comme encouragements, passèrent de 89.000 à 120.000 francs : ils atteignaient 100.000 fr.,au moment de l'annexion des communes uburbaines.

38Ô HISTOIRE DE L'ADMINI8THÂTI0N« PARISIENNE

Par une faveur exceptionnelle, qui n'avait été accordée qu'avant 1830 (4389), l'orphelinat du faubourg Saint-Antoine, créé entièrement aux frais de la Ville (1390), et reconnu comme établissement d'utilité publique (1391), obtint la concession perpétuelle des terrains et bâtiments dont il n'était jusque-là qu'affeclataire (1392).

SECTION XII Hommages et récompenses

Le Conseil municipal sut, en plusieurs circonstances, honorer les gloires scientifiques, littéraires ou artistiques de la France, sans s'arrêter devant des considérations politiques ou religieuses ; il vota l'abandon gratuit et perpétuel d'un terrain, pour la sépulture de François Arago (1393), qui avaitrefusé de prêter serment à TEmpire, et pour celle de Fromental Halévy, qui était israëlite (1394).

Il concéda la jouissance d'un chalet avec jardin, près le bois de Boulogne, à Lamartine, en votant 40.000 fr. pour les dépenses d'appropriation (1395).

En revanche, il rétablit l'allocation annuelle de 10.000 fr., accordée en 1811, au page de Napoléon 1" qui était venu, à l'Hôtel de Ville, annoncer la m ' sance du roi de Rome (1396).

IPS.--"«>fc .

11 pourvut d'une pension de 3.000 fr. M. Kind, ingénieur saxon, à qui Ton doit le forage du puits artésien de Passy (i397).

Par analogie avec une mesure prise, jadis, sur rinitiatjve de Chabrol, à Tégard des Filles de la Charité, il y eut dispense de taxe, pour inhumer temporairement les Frères des Ecoles chrétiennes, exerçant leur mission à Paris (1398).

lit

RÉSUMÉ

Au cours des débats, sur la convention entre la Ville de Paris et le Crédit foncier, comme on vantail, de nouveau, Tessor des receltes municipales, depuis 18 ans, Thiers interrompit, pour lancer cette brève apostrophe : « Votre plus-value, c'est la cherté ! ». Le mol était sévère, mais profond. '

Haussmann inscrivit, dans les cahiers des charges applicables à toutes les ventes de terrains communaux, une clause obligeant à bâtir avec des pierres de taille et à orner les façades de moulures, bandeaux etc. Le luxe extérieur des maisons réagit sur la décoration intérieure, Tameublement dut être eo rapport avec Taspect des pièces et la tenue des occupants avec celle de leur habitation. Les besoins factices de la vie s'étendirent ainsi, de proche en proche ; ce phénomène afifecta les diverses classes de la population. Or, il y eut là un écueil, pour les gens, en grand nombre«dont les ressources aeco

sistent pas en capitaux productifs, mais en salaires plus ou moins rémunérateurs, qu'une suite d'éventualités peuvent suspendre ou ravir définitivement. Même chez ceux qui possèdent des rentes ouautres revenus équivalents, les appétits rendirent insuffisantes les satisfactions obtenues : qui ne sait Tattrait grandissant qu'acquirent les jeux de Bourse, sous le second Empire ? Comment ne pas saisir, dans l'entraînement fatal qui les déterminèrent, un lien avec les grands travaux exécutés et l'intention formelle de multiplier les < quartiers riches >?

Depuis Tépoque de la Renaissance, on avait vu, à Paris, étendre ou rebâtir' les édifices, en les améliorant ; mais, on était accoutumé, alors, à une hiérarchie sociale qui rendait naturel le contraste, entre les hôtels de l'aristocratie ou de la finance et les demeures ménagées pour la bourgeoisie ou la classe des artisans : d'un côté le luxe sculptural ; de l'autre, la simplicité architectonique. Au xix® siècle, dans les f quartiers. neufs » formés, de 1814 à i847, une évolution s'aperçoit : l'aspect des façades varie avec l'aisance présumée de la masse des habitants de la zone environnante ; néanmoins, combien paraissent pauvres,, de nos jours, les bâtiments élevés, derrière l'église de la Madeleine ou celle de la Viaitél

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Oq appr^ie. dans la pratique, laYaleord'oD mécaûîsLne înJustriei. d'après le prodoil obtenu avec a De d<:^pv:Die déterminée ; en appliquant ce principe à notre sujet, il est manifeste que Tobjet utile des travaux entrepris, dans la capitale, de 1852 à 1867, représente un faible rendement, si on le rapproche du total des chaires imposées aux contribuables, pour l'exécution partielle dn programme tracé.

De plns,les moyens employés ont eu, sur les mœurs publiques et la condition économique, une influence qu'il est à propos de signaler.

On s'est accoutumé aux emprunts périodiques, aux anticipations financières, pour satisfaire des exigences de bien-èlre collectif; les créations et augmentations d'impôts ont pu s'opérer sans résistance. Jadis, l'expropriation était regardée comme un malheur ; sous le second Empire, elle est devenue un bonheur, une source suspecte d'enrichissement, pour les lo' cataires (1399), aussi bien, sinon encore plus, que pour les propriétaires (1400). L'administration, d»"^ ses procédés, ne saurait s'affranchir des lois mo

LrVRE II. - PÉRIODE 1830-1870 385

les ; vis-à-vis d'elle, comme des individus, il est faux et dangereux de soutenir que « la fin justifie les moyens >.

L'impatience du bien n'excuse pas le gaspillage des deniers. Les maisons bâties, rue de Rivoli et place du Palais Royal, de 1850 à 1852, étaient à peine terminées que le marteau des démolisseurs les frappait,par ilôts entiers (1401); on dépensa plus de 3 millions, pour de nouvelles écuries de l'Empereur (1402). Le comble d'un édifice, à l'opposile du Palais Bourbon, choqua Napléon III : il fallut que le préfet de la Seine s'arrangeât pour faire remplacer cet appendice de mauvaisgoût ; il dissimula au conseil municipal le dédommagement à souscrire (1403).

Certes, en dépouillant de toutes ses superfluités la lâche remplie, parHaussmann, elle reste considérable et comprend un grand nombre d'objets dignes de reconnaissance. Est-ce à dire qu'ils fussent sans précédents ? A aucun point de vue on ne saurait le soutenir.

Aux xvii® et xvme siècles, les Prévôts des marchants et Echevins avaient embelli Paris de grands boulevards, décoré lacapitaled'ouv'ragesqui demeurèrent au nombre de ses plus beaux ornements.

Les aqueducs de la Dhuyset delà Vanne ne cons-

tuaient pas une idée originale, après le canal de

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rOiircq ; le changement de forêts en parcs était uue imitation anglaise.

Mais, à aucune époque, avant le second Empire, on n'avait fait tant de choses en si peu de temps. Faulil voir là une preuve de génie ou d'imprudence ?

Il n'est pas plus donné à l'hommed éluder les lois économiques que de braver les maximes morales. En brusqifant Pexécutionde ses projets, la Ville de Paris augmenta la valeur des biens-fonds et de la main-d'œuvre, puis elle rendit la majoration plus sensible, en aggravant les taxes municipales: droits de marché, d'octroi, de mesurage des pierres, de stationnement des voitures, tables et chaises. Il se produisit, de la sorte, une hausse générale, dans le prix des choses ; la Caisse municipale en éprouva le conlre-coup, et l'on fit, ainsi, surgir, dans la poursuite du but qu'il s'agissait d'atteindre, des obstacles financiers, dont les progrès se mesurent par la gradation d'expédients, de plus eu plus coûteux, qu'on ne craignit pas d'employer.

Or, ce n'est, ni d'après le montant des dépenses consommées, ni d'après le nombre des actes émis quedoit s'apprécier le talent d'un administrateur; lasupputation repose, ici, surdeséiémentsphiscomplexes et plus difficiles à dégager.

Haussmann a été grand, non pour avoir prél

plusieurs milliards sur Tépargne, mais pour s'être leno constamment à la hauteur de sa mission, en s'efforçant de ne point sacrifier, à la réalisation d'un rêve ambitieux^des intérôls légitimes el permanents, dont le respect ne procure d'autre récompense que le sentiment du devoir accompli.

il a été grand, non pour avoir su garder longtemps la faveur d'un monarque, mais pour s'être entouré d'hommes de valeur, qu'il se plut à mettre en relief, sans amoindrir l'éclat de son preslige personnel.

Toutefois, cette grandeur porte avec soi un enseignement dont le fruit n'a pas été perdu : en éciip- , sant une assemblée remplie d'élites intellectuelles, Haussmann montra que, pour contenir Télan impétueux d'un administrateur poussé dans la voie des entreprises aventureuses, il faut une force de résistance que ne saurait communiquer le pouvoir discrétionnaire du gouvernement (1404).

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