CHAPITRE XV
Gloire de notre chenltor, et antr» cIioros.
Les Bohémiens n'avaient pas fait cent pas, que don Quichotte s'aperçut qu'il avait oublié le plus important. Il courut après eux au grand galop de Rossinante , et appelant Bracamont : Seigneur Muley Andalla » lui dit-il , vous savez les lois de bi chevalerie : je suis obligé de vous en* voycr vers la princesse Quitteric \ vous sa* vei le reste y mais , comme vous êtes pressé, et que cola pourrait nuire aux intérêts de la priucesse Goya, vous serez quitte on lui envoyant seulement un page de votre part, et de celle du chevalier des Lions , pour lui faire le compliment ordinaire. Je n'y aurais pas manqué , quand même vous ne me l'auriw point dit , seigMor chevalier y ré<>
pondit le prince : je connais les obligations de la chevalerie, et ce ne serait pas être chevalier que d'y manquer.
Il y avait encore une heure de soleil , et notre chevalier, en goût de tenter des aventures , ne voulut pas la perdre. Après quoi il pensa à aller voir Sancho. Il avait une lieue et demie à faire , et Rossinante, impatient de so voir à Pécurie , prit un si bon trot , qu'il les fit en trois quarts d'heure. Basile et le chirurigien, que Bracamont, Îui avait pris les devants , avait instruits e son aventure avec don Quichotte , l'attendaient avec des branches de laurier à la porte, et la cour parsemée de fleurs et d'herbes odoriférantes. Aussitôt quUls l'a-
perçurent y Us connirent à loi ; et ^ quoi qu'il en eût , lis le prireat aur soo cheTal^ et le portèrent en triomphe devant Quillerie f qui se jeta à ses genoux , lui disant : Seigneur chevalier^ vous voyez à vos pieds celle qpe vous faites régner si souverainement sur les autres : il est bien juste qu'elle achète tant de gloire par un peu de soumission. Don Quichotte se jeta lui-raème à ses genoux^ la voulant relever, et il y eut entre eux une contestation galante à qui se lèverait le dernier , et qui cessa enfin y parce que Basile releva don Quichotte ^ et le chirurgien Quitteriez qui no fut pas plutôt debout 3 que 9 lui délaçant son casque, elle lui mit sur la tête une couronne de laurier entrelacée de fleurs, avec quantité de rubans verts et jaunes. Seigneur chevi^lier , lui dit Basile, quiavaitautrefois étudié, il n'y a point ici assez de lauriers pour couronner votre valeur, et je raVn console , parce qu'elle tire son éclal d'ellemême. D^ailleurs, ajouta le chirurgien, nous en avons gardé pour un jambon qui ne manque pas de mérite, et vous en serez le juge demain. Il serait aussi bou dès ce soir , cria Sancho de sou lit : car , de l'humeur dont je connais monseigneur don Quichotte, il a accompli tous ses exploits à jeun. Sancho a raison, dit don Quichotte, et demain nous aurons d'autres affaires. Quitterie le pria de lui raconter ses aventures. Il en fit le récit en termes magnifiques, surtout de la dernière, dont il dit des choses merveilleuses. Sancho remarqua que son maître avait le visage tout poudreux, et le lui dit. Don Quichotte tira eu môme temps son mouchoir, je veux dire le chercha , et, ne le trouvant point , et poussant plus avant jusqu'au fond de ses poches, il les trouva vides. On perd bien des choses, dit-il, dans l'agitation du combat,- et il chercha en même temps sa l)Ourse, qui le consola de la perte d'un étui d'argent où était son cachet. Vous aurez donné , dit le chirurgien , votre étui à la princesse Coya, comme une curiosité du pays. Point du tout, repartit don Quichotte: cHe n'est pas d'humeur à recevoir si peu de chose , ni moi à lui en offrir de si indigues d'elle. Je gagerais bien que cela n'est pas perdu, repartit Ghrysosiomé : il sesera bien trouvé qui les aura ramassées. On apporta use
belle serviette à don Quichotte pour s'essuyer ^ mais il la rendit sans vouloir s'en servir , disant que la poudre et le sang sont les ornements de la chevalerie. Mais, continua-t-il, comment se porte Sancho? A merveille , répondit-il ; et, si vous n'étiez pas engagé pour demain , nous irions en quête des aventures. Par la mordienna, j'ai bien peur que vous ne me laissiez guère de besogne à faire , au train que vous allez. Quoi! deux aventures dans un jour, et une contre tous les Africains d'Espagne » et partout vainqueur ! vous achèverez de* main do terrasser l'univers. Ne te désole point , ami Sancho : le globe de la terre est grand , et je n'en ai pas encore soumis le quart. Le reste offre à ton bras un beau nombre de conquêtes; et toi-même quand tu l'y mets , tu n'y vas pas avec moins de rapidité qu'un autre : la seule veille des armes, et ensuite les Sarrasins, en sont une belle preuve. Madame, ajouta-t-il , s'adressant à Quitterie, où est le seigneur Osorio ? Je lui avais (ordonné de m'attendre ici , et il me l'avait promis : il sait faji^n qu'on ne se joue pas de la chevalerie. Il est ici, monsieur le chevalier, répondit Quitterie, et il aura l'honneur de souper avec vous , si vous le trouvez bon.
Don Quichotte mourait de faim , quoiqu'il ne le dit pas, tant il était discret 1 mais il avait une toux sèche qui parlait* pour lui, et qui marquait un grand be* soin de s'humecter la poitrine. On apporta fort à propos une grande soupe, et Basile amena en même temps Osorio, qui se jeta aux pieds de don Quichotte. Notre héros le releva avec sa courtoisie ordinaire, et lai di^: Seigneur Osorio, je ne suisplus votre vainqueur , mais un de vos véritables amis| mon âge et ma profession m'autorisent h vous dire que je vous aime en véritable père. Consolez 'VOUS donc , et ne songeons plus à ce qui s'est passé. Voua m'avez vaincu, seigneur chevalier, dit Osorio, et, si je ne me trompe, ces exploits ne vous coûtent guèrç : pourquoi me fàchernis-jed'unechosequim'estcommnneavec de plus braves ? Ils se mirent à table. Don Quichotte mangea comme un Milon de Crotone , et , s'en apercevant lui-même sur la fin: J'ai honte, dit-il, pour la na. ture, d^avoîr assujetti l'homme à ces sortes
DON OCTCHOTTE.
de faibiesscs : Fosprit c(anl aussi noble qu^il Pest, cl d^aoe forme incorruptible, fallait-il qu'il sentit les besoins et les infirmilcs du corps? ne pourrait-il pas subsister seul ? Capable des plus grandes 'choses, et naturellement formé pour les bompreodrc et s'y élever , quelle néce^ sicé y avait il de le joindre avec cet amas de boue^ qui Pentralne et l'abaisse à toute beure vers la terre? Quel secret! et qu'il estbten digne de la Providence élernelle, par cela seul qu'il est impénétrable! Tout en parlanf, don Quichotte n'en pcrdaitpas un coup de dont ; quand il fut rassasié, il alla se coucher, mais après i\cu\ ou trois heures de réllexion qu'il lit sur ses deux dernières a veninres, tout habille sur son lit, il se leva dès la pointe du jour, et demandant pardon à Rossinante de lui donner lantde fatigue, mais que c'était pour bi gloire de Tun et de l'autre , il le monta et foriil. Il ne prit pas le même chemin qucle jour précédent, croyantque les chevaliers^ avertis par la renommée de ses exploits de la veille, n'auraient ii^arde de se présenter à sa rencontre. Il suivit donc ie chemin tout opposé ; mais, s'aperccvant, après une demi-heure de marche, que c'était celui de son village, et qu'il pourrait rencontrer quelqu'un decohnaissance, il tourna vite sur la droite, et coupa dans un bois, enfilant une grande route qui avait toute la mine d'être sujette aux aventares. Cette route se séparait en deux. Il courut, de crainte que quelque autre ne le devançât , se poster à la pointe de l'angle, et cria, comme le jour pYécédent^ à telle (in que de raison. Au premier cri il vit venir sur la droite une troupe de gens à cheval ; et lui de se préparer aussitôt, demeurant ferme au milieu du chemin.
Quand ils furent près de lui , ils se séparèrent , et passéren t trois d'un côté et trois de l'autre , sans lui rien dire, mais riant à gorge déployée de ce fantôme immobile. Gomme don Quichotte vit qu'ils passaient si indifféremment : llolà , rustres , leur cria-t-il , est-ce que vous u*avez point d'o- . reilies 7 ils s'arrêtèrent à cette demande , et, ne devinant point encore qui pouvait ôire celui quiparlaitdc la sorte, un jcuue homme, plus éveillé que les autres, loi répondit : Nous en avons ehacon deux ^
en avez- vous davantage? Don Quichottn, irrité de la réponse, allait lui repartir de la lance ; mais on homme de quarante ans, qui était apparemment le conducteur de la troupe, lui dit : Monsieur , que d^ mandez-vous? si c'était on pont ou mit porte de ville , nous pourrions croire que vous demandez un péage, mais le grand chemin étant libre, il nous est permis de passer sans rien dire. Je vous en emp^hiH rai bien , monsieur le discoureur, re|)artit don Quichotte. Etilcouruten même temps sur lui. Aussitôt les cinq autres seje(èn.'Ot à la traverse , et saisissant la lance, Par ^ rachèrent malgré tous les efforts de notre chevalier. Us s'en crurent les mailres,et le reganlaient déjà , en riant, comme un homme désarmé ; mats qui pourra peindre ici la fureur dedon Quichotte? Il mît Tépée à la main , et commença à les délier tous ensemble : Canailles , dit-il , il parait bien que vous n'êtes pas chevaliers ; mais ma profession m'oblige aussi de punir les brigands. Ace mol de chevaliers, ils se don tèrcnt que le nôtre avait la cervelle un peu timbrée . cependant , ils ne laissaient pas d'admirer son courage, et roulant profiter d'une si belle occasion de se divertir, ils se donnèrent le mot, et se séparèrent tous sÎK , à cinq ou six pas les uns des autres , et faisant on cercle dont notre éevalier était le centre. Don Quichotte ne douta pas qu'ils n'eussent dessein de Tcnvelopper; et, se tenant sur ses gardes, avec des yeux menaçants, il regardait, bien embarrassé, celui qu'il devait attaquer le premier. Quand il allait d'ancété, celui qu'il voulait attaquer quittait h place et un autre venait à la traverse Jamais don Quichotte n'avait vu une ic\k manière de combattre , et il était dansuoc furie qui n'est pas imaginable; ce qiu l'augmentait encore, c'est que les cavaliers poussaient de grands éclats de rire. Enfin, résolu d'en châtier quelqu'un , il s'adrea^ à celui qui riait le plus fort, résolu de périr ou de l'immoler à sa vengeance. U s'abandonna sur lui en criaolL : Dame de mes pensées ! Et , comme il pensait Iw donncrun coup de taillequi l'aurait fcnda jusqu'à la ceinture , le cavalier , qui s'ciai^ préparé, esquiva le coup en piquant des deux son cheval , et au même instant , »^
tombèrent toas àcoops de fouet sur lo pauvre Rossinante^ dont ils réveillèrent si bien la vigueur^ qu^il fit mille ruades^ emportant son maître plus de cinq cents pas^ sansqu^il pût jamais lui faire tourner )a tète. Les six cavaliers, satisfaits du plaisir quUIs s'étaient donné , jetèrent la lance^ descendirent dans un chemin creux y que notre chevalier ne connaissait paS;» et quand celui-ci voulut regarder ce qu'ils faisaient^ il ne les vit plus; c'est ainsi que tinil cette aventure sans qu^on ait, réussi à découvrir qui étaient les cavaliers.
Don Quichotte rêvait à. ce que ce pouvait être, et finit par s'arrêter à l'idée que c'étaient des démons y et que désormais les enchanteurs ne manqueraient pas d'armer l'enfer pour lui susciter des alTaires^ dans Timpuissance d'en venir à bout par eux-mêmes.
Les fougues de Rossinante étant passées, il le ramena sur le champ de bataille, où il retrouva sa lance y il la reprit avec une joie incroyable, comme l'iustrument le plus glorieux de la chevalerie, et celui dont il avait fait tant de merveilles. Après s'être consulté quelque temps, il prit sur la gauche^ et marcha. trois quarts d^heure sans trouver de grand cheiuin. 11 arriva enfin à un carrefour, où vint à passer un dévot ermite qui retournait, disait-il , à son ermitage après avoir fait une quête. Qu^avez-vous là> mon frère 7 lui demandat-il, voyant une besace bien enilèe. Monsieur, répondit-il , ce sont les provisions de la semaine. Vous êtes donc plusieurs? ajouta don Quichotte. Je n'ai que moi, dit l'ermite; mais, quand il en reste, il ne moisit point, £t, en vérité^ monsieur, il ne faut point me le reprocher : notre vie est comme celle des chevaliers errants ; nous ne vivons qu'à la sueur de noivù corps, et il est bien souvent soleil couché •que je n'ai pas déjeuné. Vous avez raison, frère, dit don Quichotte, et je sais bien qu'en dire : je sois levé dès les trois heures^ j'ai bien sué, bien fatigué, et je suis à jeun. Monsieur, dit Termite, que houle ne vous fasse point domm<ige, le vin n'est pas mauvais, la bouteille a la panse large , et elle souffrira douze atteintes qu'il n'y paraîtra pas. Don Quichotte ac-
cepta l'offre j ils se mirent dans le champ, sous uffi arbre^ et l'ermite étala fout co qu'il y avait dans la besace , qui servit de nappe. Il en sortit d'abord une boûteillo nattée, d'environ un bon demi-pied de diamètre et de plus d'un pied de hauteur. Est-ce là la petite? demanda donQuichottc. C'est l'ainée et la cadette, répondit l'ermite \ elle est iillc unique, en un mot, et c'est pour cela qu'elle est la bien-aimée. Le frère parut bon compagnon à don Quichotto , et il lui aurait fuit quelque leçon, s'il n'eût cru devoir quelque complaisance à son hùte. L'ermite avait un pied de bœuf tout cuit, un grand morceau. de chevreau, et il tira de sa poche une boite double, où il y avait d'un côtédu sel, et de l'autre du poivre : puis servant encore ub pain de cinq ou de six livres , 11^ se mirent â manger^ et de bon appétit. Pourquoi vous-êtes vous fait ermite ? demanda don Quichotte.C'est là unegrande histoire, répondit il : il y en aurait bien pour cinq semaines. Non pas à raconter? dit don Quichotte. A raconter, dit Termite,- mais, eu gros, et sans rapporter les circonstances, je vous dirai qu'après . avoir sorvi quinze ans, on mç préféra un nouveau-»
venu pour en faire un colonel; je l'appelai en duel, nous nous battîmes, je le tuai, on qk3 mit au conseil de guerre ; je fus condamne à perdre la tête, et, étant sur l'échafaud , quand on me délia les mains pour m'ùter mon pourpoint , je demandai vite une croix d'airain que tenait le confesseur ^ il me la donna , et moi j'en desserrai un si grand coup par les màchoircs de l'exécuteur^ que je l'étendisàmes pieds; je me jetai en bas de l'échafaud^ et, prenant le premier chapeau que je pus attraper, je me sauvai dans la foule, résolu de me faire ermite par dévotion , de peur d'être reconnu. Et vous, monsieur^ demanda Termite à son tour^ quelle est votre hiltoire ? Don Quichotte la lui raconta, puis il ajouta qu'il s'était fait chevalier errant pour secourir les malheureux, protéger les veuves et toute la société, ain» qu'il avait accoutumé de dire. Vous avez la entrcprb bien de la besogne ! dit le bon ermite. Et le métier donne-t-il bien? On trouve toujours quelque aventure^ répondit don Quichotte^ mais elles
se sont pas si fréquentes que je les ai vaes du temps d'Amadis et du cheyalier du Soleil : à peine yovons-nous à présent un tournoi en cinquante ans ; mais nous nettoyons les grands chemins de brigands^ et il y a toujours de quoi occuper un ch^Talier. Je voudrais bien tous voir à l'œuvre^ dit Pennite^ à votre air et à votre taille^ je crois qu'elle doit être bientôt expédiée. Plût àDieu^ repartit don Quichotte^ que la fortune m'offrit tout à l'heure matière à me signaler et à vous divertir! En achevant ces dernières paroles, il vit yenir trois hommes à pied qui , arrivés près de lui^ lui demandèrent la passade. Ils étaient dcmî-nus, les cheveux en désordre, l'air farouche, le teint pâle , et aux bras et aux jambes il paraissait des marques qu'ils avaient porté des chaînes. N'6tos*vous point, leur demanda don Quichotte, des chevaliers errants que Ramirez tenait esclaves dans ses prisons? Non, dit l'un d'eux : nous sommes bien errants, mais non pas des chevaliers , et nous ne connaissons pas Ramirez. Où demeurez-vous?
demanda don Quichotte. Où nous ne posvons passer, répondit le ménle. Où allez vous 7 conlinua-t-il Nous ne saurions le dire que demain, répondit-il. Et pourquoi y maître jaseur? demanda don Quichotte. Parce que nous ne savons pas l'avenir, répondit l'esclave. D'où venezvous donc ? dit don Quichotte : peut-être saurez-vous le passé. Le passé est bien loin, dit l'esclave pn&tendu, et, comme nous ne l'avons pu suivre, nous ne savons ce qu'il est devenu. Pendant que don Quichotte faisait cet interrogatoire, le dévot ermite avait serré les restants dans sn besace, et, l'ayant mise sur ses épaules, s'était approché de Rossinante. Don Quic|iotle, qui Pavait aperçu, crut quMl voulait le retenir en cas d'aventure, et le laissa faire }
puis, s'adressant à Pesclave, tout en colère: Sais-tu bien , pied-plat , que je n'entends pas raillerie? Je crie pourtant assez haut, répondit l'autre : est-ce que vous élcs sourd, ou que vous n'entendez pas la langue? Attends, attends, répliqua don Quichotte, je vais l'apprendre à nouffonuer. Il se lance sur lui l'épée à la main, et Fesclave, lui rompant la mesure, lui dooni la peine de se retourner cinq ou six fois avec une extrême fatigue du poids de ses armes, et se mit à faire cinq ou six cabrioles. Les deux autres se joignants lui, des pierres à la main, sommèrent don Quichotte de laisser le chemin libre aux passants, en déclarant qu'ils avaient mission de purger le monde des chevaliers errants, qui ne faisaient que du mal sur la terre. Don Quichotte, enragé de se voir traiter ainsi par des misérables, et voyant qu'il n'en pouvait venir à bout, parce qu% étaient plus ingambes que lui : Allez, allez, canailles, nous nous retrouveroos, cl j'aurai le plaisir de vous brancher tous trois de ma main. Vous aurez la peiocdc nous chercher à pied, lui dirent-ils, et vous n'êtes pas assez bon piéton pour nous attraper. Ce mot, qui semblait dit au hasard , fut un oracle : le dévot ermite, qui disait son chapelet pendant la dispute, monta sur Rossinante quand il la vit finie; et, saluant don Quichotte de la tdte:
Adieu, seigneur chevalier, lui dit-îl. Vous ne songez pas à payer votre écot : je vais me payer par mes mains, et répandre partout la gloire que vous venez d'acquérir. Il piqua des deux en même temps, et ïl trouver des ailes ù Rossinante, laissant don Quichotte dans une peine extrême de la bizarrerie de cette aventure, et te trois esclaves continuèrent ainsi leur chemin.
•Digiti:
^i^îiièiA