‹ Histoire de l'admirable Don Quichotte de la MancheChapitre 12 sur 136 · CHAPITRE Xn · texte numérisé non relu

CHAPITRE Xn

Suite des iraAerees innombrables que don Quichotte et son bon t^cuyer rencontrèrent dsins rbôtelleric.

Don Quichotte revint enfin de son étourdissenient , et, du même ton que son écuyer Favait appelé le jour de devant , après le rude combat des voituriers, il Fappela à son tour en lui disant tristement : Ami Sancho , dors-tu ? dors-tu , ami Sancho ? Hél comment diable dormîrais-jc , répondit Sancho , plein de colère et d*indlgnation, quand il me semble que tons les diables

ont été cette nuit après moi ! Tu as raison de le croire, dit don Quichotte , et je n'y entends rien , ou ce château est enchanté. Ecoute ce que je te vais dire, mais auparavant inrc-moi de n*en parler qu'après ma mort. Je vous le jure , répondit Sancho. J'exige ce serment, continua don Quichotte, parce que je ne veux jamais nuire à Fhonneur de personne. Hél ne vous dis-

Digiti:

DON QUICHOrrE.

tî pas que j'en jure y répliqua Sancho, et lue je nen onirrirai jamais la bouche quairès la fin de vos jours ? et IHeu veuille que e la^misse Taire bientôt? Te suis-je bien si à charge, dit don Quichotte, aue tu souiiaites me voir si tôt mort? Ce n'est pas pour cela» répondit Sancho, mais cest que je n aime pas à farder si long-temps un secret , et je crains qu'il ne me pourrisse dans le corps. Qu*ii en soit ce qu'il pourra , dit don Quichotte , je m*en ne à raffection que tu as pour moi et à ta sa- (çesse. n faut donc que tu saches qu'il m'est arrivé cette nuit une des plus surprenantes et des i^us belles aventures qu'on puisse «maginer. I^our te le raconter en peu de mots « tusanras qu'il n'y a pas deux heures, la fille da seigneur de ce chAteau m'est venue trouver ici , et cme c'est une des plr*'

bettes demoiselles quon puisse voir dans le monde. Je ne saurais t'exprimer les charmes de sa personne, ni les gentillesses de son esprit, et je ne veux pas même penser à tant de beauté, pour ne point manquer à la foi que je dois à ma dame. Dulcinée du Toboso. Je te dirai seulement que, parce que le ciel était jaloux du trésor que la bonne fortune m'avait mis entre les mains , ou pour être plus vrai , parce que ce château, comme je l'ai dît, est enchanté , il est arrivé qu'au moment 6ù j'étais avec cette belle dans une conversation tendre et |mssionnée, une main que je ne voyais point, et qui venait de je ne sais où , mais une main pendant au in>as de quelque géant énorme, m'est venue déchaiger un si grand coup sur les mâchoires, que j'en suis tout en sang ; et , anrés cda , le pierfide, profitant de ma faiblesse , m'a donné tant de coups , que ie suis encore pis qaeje n'étais hier quand les muletiers se pnrent à nous de l'incontinence de Rossinante. Je conjecture de là <jue qudque Maure enchanté doit gard^ ici ce trésor de beauté pour un autre que pour moi. Je no crois pas que ce soit pour moi non fAus, interrompit Sancho, car pins de onatre cents Maures se sont si bien exercés sur ma peau que les coups de pieux d'hier ne sont rien en comparaison-; mais , ie vous prie , monsieur , songez-vons-bien a l'état où nous sommes, quand vous trouvez cette aventure si belle? Encore vous , qui avez eu le plaisir de tenir cette étonnante beauté entre vos bras cela vous peut consoler; mais moi , qu'aije eu, si ce n'est les plus rudes coups que ]^&urai de ma vie? Diable soit de moi, continua-t-il, et de qui m'a mis au mondel Je

mais l'être, et si! y a quelque inaleucontre, j'en ai toujours la meilleure part. Comment î t'a-t-on maltraite aussi ? dit don Quichotte. Et ventre de moi 1 monsieur, reprit Sancho ; qu'est-ce donc que je viens de vous dire? Moque-toi de cela , cher ami , dit don Quichotte : je vais faire tout à l'heure le précieux baume de Fier à bras, qui nous guérira dans un insUnt. Ils en étaient là quand l'archer, qui avait enfin allumé la lampe, parut , et comme les lits étaient vis à vis de la porte , Sancho, qui le vit d'assez loin, nu en chemise, la tête enveloppée d'un méchant linge, avec sa mine ae traître, demanda à son maître si ce n'était point là le Maure enchanté qui venait voir s'il l^ur restait encore quelque céte à briser. Il n'y a pas d'apparence, répondit don Quichotte , car les enchantés ne se laissent voir à personne. Ma foi, ils se font bien sentir , s'ils ne se laissent pas voir, dit Sancho; il ne faut qu'en demander des nouvelles à mes épaules. Et crois-tu que les miennes ne sauraient qu'en dire? répondit don Quichotte; niais cependant la preuve n'est pas suffisante pour en conclure que ce soit ici notre Maure. L'archer, entrant là dessus , fut fort étonné de voir des gens s'entretenir si paisiolcmcnt dans un endroit ou il croyait qu'il y eût un homme de tué ; mais , comme il vit notre héros encore étendu tout de son long, et dans la posture d'un homme fort incommodé, il lui dit : Eh bien?.bon homme, comment vous va? A votre place, je serais plus poli, observa don Quichotte. Est-ce ainsi , lourdaud , qu on parle aux chevaliers errants dans votre pays? L'archer , qui était natureOement colère, ne put souffrir ce traitement d'un homme de si peu d'apparence ; il jeta de toute sa force la lampe à la tête du malheureux chevalier, et , ne doutant pas quil ne la lui eût fracassée, se déroba incontinent à la faveur des ténèbres.

Eh bieni monsieur, dit alors Sancho .

il n'y a plus moyen d'en douter, voilà justement le Maure qui garde le trésor pour les autres, et pour nous les gourmades et les coups de lampe. Pour cette

fois ccia pourrait être , dit don Quichotte , et je t'avertis qu'il n'y a qu'a se moquer de tous ces enchantements , au lieu de s'en mettre m colère ; car ce sont toutes choses fantastiques et invisibles. Sancho, lèvetoi , si tu peux, et va prier le gouverneur de ce château de me faire donner prompteroent un peu d'huile, de sel, de vin et de romarin; que je fasse mon baume : je

ne suis point chevalier, ni ne prétends ja- | ne crois pas pouvoir m entasser iong

temps , aa sang qui sort de la plaie que ce fantôme m'a faite. Sancho se leva, mais non san3 crier plus d'une fois de la douleur qu'il sentait; et, allant à tâtons chercher rhôte, il rencontre Tarcher qui était demeuré à la porte, fort inquiet de ce aui arriverait de sa brutalité. Monsieur, lui dit-il, qui que vous soyez, ayez, s'il vous plait, la charité de nous donner du romarin, du sel et de l'huile : nous en avons besoin pour panser un des meilleurs chevaliers errants qui soit sur la terre , et qui vient d'être dangereusement blessé dans son lit par le Maure enchanté cnii est dans (Ttte hôtellerie. A ce discours , 1 archer prit Sancho à peu prés pour ce qu'il était , mais il ne laissa pas d'appeler Ihôte , et de lui dire ce que cet homme demandait, et comme il commençait à faire jour , il ouvrit la porte de l'hôtellerie et alla s'habiller. L'hôte donna à Sancho tout ce qu'il voulut; et oelui-^i, l'ayant porté à son maître, le trouva se tenant la tête à deux mains , «t se plaignant du coup de lampe, qui ne lui avait heureusement fait d'autre mal que deux bosses au front : et ce qu'il prenait pour du sang n'était que l'huile qui lui coulait le long du visaffe. Don Quichotte posa tout cela sur le feu dans on même vaisseau , et l's^ant fait bouillir jusqu'à ce que la composition lui parût à son ))oint , il demanda une bouteille pour l'y renfermer; 'mais, comme il n'y en avait point dans ThôteUerie , il fallut se servir d'un vase de fer-blanc à mettre l'huile , dont l'hôte lui 6t présent. Il dit ensuite.sur le contenant de son baume plus de cent Pater nosUty et autant S Ave , de Salve et de Creào , accompagnant chaque parole d'un signe de croix par forme de bénédiction. ID^ cette pieuse cérémonie furent témoins Sancho Pança , l'archer et l'hôte , car , pour le muletier, il était déjà occupé à panser ses mulets, sans faire semblant d'avoir eu aucune part aux aventures de la nuit. Cette admirable composition étant faite, don Quichotte voulut l'éprouver sur l'heure, et sans s'amuser à l'ap^iquer sur ses plaies, il en avala , en manière de potion vulnéraire, la valeur d'un bon verre. Mais à peine eut-il pris cette dose , qu'il lui prit un tel vomissement qu'il rendit, comme on dit, tripes et boyaux: alors les efforts qu'il avait faits Tayant mis tout en nage , il dananda qu'on le couvrit et qu'on le laissât reposer. Il dormit , en effet , trois heures , au bout desqudles il se trouva si soulagé , qo*il ne douta point que ce ne fût là véritablement le précieux baume de Fier*

à-bras, et qu'avec ce secours il fût en êiv d'entreprendre, sans rien craindre, les ^ périlleuse» aventures. Sancho Pança « qi trouva la guérison de son maître miran leuse, le pria instamment de loi lai»^' prendre ce qui restait dans le pot; et é4 Quichotte le lui ayant donné , il le prît ps les deux anses*, et de la meillenre foi A monde, s'en mit une bonne partie dam: V corps, c'est-à-dire autant à pea près qne sn maître. Avant que de remède opérât» lep» vre homme eut des nausées et des sueurs > , violentes , et soufik*it des angoisses si excès sives, qu'il ne douta point que sa dernier heure ne fût venue; et, dans ce pitoyabir état , il ne cessait de maudire le baamê et V traître qui le lui avait donné. Ami Sandio lui dit gravement son maître, je suis le pi» trompé du monde si tout ceci ne rarrhf parce que tu n'es pas armé cheYalier, rtf tiens pour moi que le baume n'est bon qu^ ceux qui le sont. Hél de par Ions les dii> blés , répliqua Sancho , que vous ai-jedoiit fait iK>ur m'en avoir seulement laissé goéter ? il est , ma foi, temf|s de me donneriti avis quand je crève. Mais bientôt le baonif fit son effet, et le pauvre écuyer Yida tail d'ordures de tous eûtes, qu'en un momm il mit son matelas de jonc et sa conTertmt hors d'état de servir jamais à personne. Ces vomissements étaient accompagnés de si violents efforts , cpie tons les assistant désespéraient de sa vie; enfin la bourrasque s'appaisa , mais au lieu de se sentir soulagé comme son maltr^, il se trouva si faible cl si abattu , qu'à peine pouvait-il respirer. Cependant don Quichotte , qui se sentait tout refait , ne voulut pas perure un instant à se mettre en quête d aventures. Il se croyait redevable oa tous les moments qu'il

Serdait à tout ce qu'il y avait d'infortunés ans le monde ; et , plein de confiance dtv sonnais dans son baume, il ne demaodait que des dangers, et ne comptait pour rien les plus terribles blessures. Dans cette impatience, il dit à Sancho qu'il fallait partir. Aussitôt il sella lui-même Rossinante, mit le bat sur l'Ane, et l'écuyer sur le bat, après lui avoir aidé à s'habiller; et puis, s'étant jeté à cheval, en guise de lance il se saisit d'une demi-pi(jue qu'il vit dans un coin. Sur prés de vingt personnes qu'il y avait dans l'hûtellerie, toutes le regardaient avec étonnement, et la fille de l'hûte l'obsarvait encore plus curieusement que les autres, carde sa vie elle n'avait rien vu de si grotesque. Lui interprétait autrement l'attention avec laquelle elle le considérait ; il avait aussi les yeux attachés sur elle , et de

Lomps en temps faisait de grands soupirs, qu il semblait arracher du fond de ses euirailles , mais dont il savait seul la raison , quoique ceux qui FaTaienl vu si meurtri le soir aanparairant s'imaginassent la deviner vn Vimputant à la douleur de ses blessures. Dès que nos deux héros furent à cheval, lion Quichotte , s*arrôtant sur le pas de la porte , appela l'hôte , et , d'une voix g^rave et posée : Seigneur châtelain, lui diti 1 , je serais un ingrat si je ne me ressouvenais de toutes les courtoisies que j'ai reçues dans votre château. Si je puis me reconnaître de tant d'honnêtetés en vous vengeant de quelque outrage , vous, savez bien que mon devoir est de secourir les faibles et de châtier les traîtres. Cherchez donc dans votre mémoire , et , si vous avez à vous plaindre de quelqu'un , vous n'avez qu'à me le dire : je vous promets , par Tordre de chevalerie que j'ai reçu, que vous serez bientôt satisfait. L'hôte répondit avec la môme gravité: Seigneur chevalier , je n'ai. Dieu merci , besoin que vous me vengiez de personne : quand on m'oflense, je sais fort nien me venger moi-même. Toute la satisfaction que je vous demande, c'est que vous me ^ycz la dépense aue vous avez faite cette nuit , et le foin et 1 avoine que vos bêtes ont mangés , car on ne sort pas ainsi de l'hôtellerie. Quoi 1 c'est ici une hôtellerie? réplicpia don Quichotte. Oui, sans doute , et deà meillenrcs , dit l'hôte. J'ai été bien trompé jusqu'à cette heure , continua le chevalier : en vérité je l'ai toujours prise pour un château d'importance. Mais , puisque c'est une hôtellerie, il faut que vous me pardonniez si je ne vous paie pas ma dépense ; je ne dois pas contrevenir à l'ordre des chevaliers errants , qui, je le sais, n'ont jamais payé quoi cpe ce soit , parce que la raison veut , aussi bien que la coutume, qu'on les régale partout gratis, en récompense des fatiffues incroyaUes qu'ils souffrent en cherenant des aventures de jour et de Huit , l'hiver et l'été , à pied et à cheval , mourant tantôt de faim et de soif , de froid et de chaud , et sans cesse exposés à toutes les incommodités oui se rencontrent sur la terre. Ce sont là fadaises de chevalerie dont je n'ai que faire, répliqua l'hôte; payezinoi ce que vous me devez, et laissons^à ces contes : je ne donne pas ainsi mon bien. Vous êtes un sot et un méchant hôte , dit don Quichotte ; puis, baissant sa lance et piquant des deux , il sortit de l'hôtellerie sans que personne l'en pût empêcher , et marcha quelque temps sans regarder si son c(;u)er le suivait. Lhôte, voyant qu'il ne

(allait rien es|)érer de don Quichotte voulut s'en prendre à Sancho; mais celui-ci jura qu'il ne paierait pas plus que son maître, et qu'étant écuyer de chevalier erran^, on ne lui pouvait pas contester le même privilège. L'hôte eut beau se mettre en colère et le menacer de se payer lui-même par ses mains d'une manière que l'écuyer s'en souviendrait long-temps ; Sancho jura tout de nouveau, par 1 ordre de la chevalerie qu'avait reçu son maître, qu'il ne donnerait pas un maravédis, quand on le devrait écorcher, et qu'il ne serait jamais dit que les écuyers à venir pussent reprocher à sa mémoire qu'un droit si beau et si juste, se fut perdu par sa faute. Malheureusement

Kur l'infortuné Sancho, il y avait dans ôtellerie quatre laineurs de Ségovie et trois marchands d'aiguilles du Porto, tous « bons compagnons et gens délibérés, qui, poussés d'un même esprit, s'approchèrent de lui, et le descendirent de son âne, pendant qu'un d'eux alla quérir une couverture dans laquelle ils mirent le pauvre Sancho, qu'ils emportèrent dans la cour. Alors

3uatre des plus forts prirent chacun un c^in e la couverture et commencèrent à faire sauter et rcssauter Sancho, jusqu'à douze et quinze pieds en l'air. Les cris affir^ux que faisait le misérable berné allèrent jusqu'aux oreilles de son maître, qui crut d'abord que le ciel l'appelait à quelque nouvelle aventure; mais, reconnaissant bientôt que ces hurlements venaient de son écuyer, il poussa de toute la vitesse de Rossinante vers l'hôtellerie, qu'il trouva fermée. (]omme il en faisait le tour pour chercher quek|ue entrée, les murailles de la cour, qui n'é-' talent pas fort hautes, lui laissèrent voir Sancho montant et descendant dans l'air avec tant de grâce et d'agilité, que, sans la colère où il était, il n'aurait pu s'empêcher d'en rire. Mais cette plaisanterie ne lui revenant pas dans l'humeor où il se trouvait, il essaya plusieurs fois de monter de dessus son cheval sur le haut de la muraille, et il l'aurait fait s'il n'eût clé si froissé qu'il ne fut pas même en son pouvoir de mettre pied à terre. Tout ce qu'il put ce futde dire, du haut de son cheval, tant dinjures aux berneurs, et de leur faire tant de défîs, qu'il est impossible de les pouvoir' écrire; mais lesimpito^ablesn'en continuèrent pas moins leur jeu; ils n'en rirent*mêmc(][ttQ plus fort; et le malheureux Sancho, priant, menaçant tour à tour , ne gagna rien que lorsque les berneurs, apr& s'être reposés deux ou trois fois, le laissèrent de pure lassitude, et, l'enveloppant dans sâ^casaqiœ,le

roniirent rharitabloment où ils Favaient pris, c'est-à-dire sur son âne. La charitable Maritorne, qui n'avait pu voir sans douleur le cruel traitement qu'on faisait à Sancfao, lui apporta sur Theure un pot d'eau fraîche qu'elle venait de tire^ du puits; et comme il le portait à sa bouche, il ftit arrêté par la voix de son maître, qui lui criait de l'autre côté de la muraille : Mon 61s Sancho, ne bois point de cette eau; n'en bois point, mon enfant, ou tu es mort : n*ai-je pas ici le divin baume qui va te remettre en un moment? Et en disant cela, il montrait le vaisseau de ferblanc. Mais Sancho , tournant la tête à ses cris • et le reg^ardant tant soit peu de travers: Hé, monsieur, lui dit-il, avez- vous déjà oublié que je ne suis pas armé chevalier, bu voulez-vous que j'achève de vomir les boyaux qui me restent ? De par fous les diables , gardez votre breuvage et me laissez en repos. En même temps H commença à boire; mais, comme il sentit à la première

gorgée que •ce n'était que de Tcau , il ne put passer outre , et pria Maritone de lui donner un peu de vin , ce qu'elle fit de bon coeur le payant de son propre argent. Aussi, dit-on qu'elle ne laissait pas d avoir quel-

Sie chose de bon , quoiqu'il y en eût de ^ us scrupuleuses. Sancho, ayant bu, fut conduit honorablement jusqu'à la porte de rhôtellerie, où, donnant des talons à son àne, il sortit fort content de n'avoir rienpa^é , quoique ce fût aux dépens de ces rems et de ses éi|aules , ses cautions ordinaires, n est vrai que son bissac demeura pour les gaçes; mais il était si transporté de joie, qu'il ne s^en aperçut pas. L'hôte, voyant Sancho dehors, voulut fermer la porte aux verrouxr mais les berneurs, qui n'étaient pas gens à se soucier de notre chevalier, quand même il aurait été delà Table roBde, ne le voulurent pas souffrir, et peutêtre qu'ils n'eussent pas été fâchés d'avoir occasion de sedivertir aveclemaltre comme ils avaient fait avec le valet.

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