CHAPITRE XLIII
De ce qui luivU la désanchantement de Dalcioée.
Sancho voulut aussitôt après ramasser l'autre bourse qui était à terre; mais uo démon qui n'avait encore rien dit fut plus subtil que lui ; il s'en saisit promptement, et, s'adressant à Pluton , lui demanda audience. Sancho se jeta à corps perdu sur le démon; mais celui-ci, lui fichant ses griffes dans le bras, lui fit jeter les hauts cris/ Malgré la douleur que lui faisait le lutin, il criait que cette bourse était à lui, et qu'il l'avait gagnée de bonne guerre. Tais-loi , lui dit Pluton d'une voix épouvantable; on fait ici justice à tout le inonde : laisse-Ie parler , on t'écoutera après dans les défenses. Le lutin prit donc la parole, et, s'adressant à Sancho luimême : Je ne veux , lui dit-il , pour témoins de ce que je vais dire que toi-même et l'illustre don Quichotte.
Te souviens-tu bien que, lorsque tu trouvas dans la montagne Noire une petite valise , tu te saisis de cent douze écus d'or qui étaient dedans? te souviens-tu bien qu'un bûcheron te dit qu'ils appartenaient à un jeune homme qui coorcût
dans la forêt? te souviens-ttt bien (pie ta voulais empêcher ton maître d'aller chercher ce jeune bonuyie, parce que ta craignais d'être obligé de lui rendre son ar^ gent? Regarde si tu ne fis pas deuik vols pour un. Le malheureux. Cardeaio avait besoin de subsistance et de nourriture , et tu lui ô tas les moyens d'en trouver en le volant de guet-apens. Ke dis point que cet argent était perda pour lui 9 tu sait bien qu'il lui appartenait, et que de vib ouvriers avaient. eu la modération de ny point toucher; et en outre, supposoos que cet argent aurait été perdu , quel droit y avais'tu? ne savais-tu pas que les trëson égarés ou perdus appartiennent aux démons, qui en sont les gardiens naturels, et en deviennent enfin les propriétaires? C'était à moi que cet argent aurait appartenu; mais je ne voulus pas te l'ôter daas le moment, dans la pensée que tu aurais assez de probité pour la rendre & Cardeoio après qif il serait reutré dsnsson bon sens, et qu'il aurait retrouva sa chère Lucinde. L'aa^tu fait; elaa-tu même eu ancime en-
la re^UtutÎQQi de cet avg^ot , puisque tu es eo ëtat de m^ le rendre ^ ou bien compte que je te y^i» mettre tout le ccurp$ en lauières et eo diarpâe avec mes grifies*
SaBcko fiii bien étonné qu'on lui de* mandât bt s«9itUutîon d'un argent auquel il ne soqgeait plus* Lesc griffes effroyables dont le lutin était armé, et dont il avait déjà ressenti la pointe ^ lui causèrent un frisson depuis les pieds jusqu'i la téte^ et la peur qu'il en eut fut telle qu'il ne put ouvrir la bouche. Parafaragaramus en* treprit sa défense^ Grande divinité» dit-il à PlutOQ f vQ^Sj sévère Minos> et vous, équitable Rhadamante, souveraios juges des enfers , vous venez d'entendre l'accu* sation qui viept d'être intentée par Plu* tus contre le chevalier Sancho» Son étonnement ne lui permet pas d'ouvrir la bouche pwr défendre son innocence, qui éclata d^ns son silence \ mais souffrez que je vous la représente en «on entier. Il est vrai qu'il a trouvé l'argent qu'on lui redemande 9> il est vrai aussi qu'il ne l'a point rendu » et il avoue m4me qu'il n'a pas eu l'intention de le rendre; mais quel droit a Plutus de redemander cet argent? Il avoue lui-même qu'il n'était ni égaré ni p^rdu, il avoue qu'il appartenait à Cardenio : ainsi, Cardenio a pu en disposer^ il a su que le chevalier Sancho l'avait trouvé^ et, puisqu'il ne le lui a pas redemandé , n'était-ce pas consentir à ce qu'il le gardât, et le lui donner tacitement? Je sais même qu'il le lui a donné tacitement, par conséquent la propriété de cette bourse , qui a été transportée à Saocbo, rectifie ce qui parait criminel au premier i^ioment de la possession. Ainsi
je conclus à ce qu'il soit renvoyé absous de l'accusation contre lui intentée , Plu tua condamné à lui rendre et restituer sa bourse , et aux dépens, SanchD fut rassuré par un si beau plaidoyer , et voulut y ajouter quelque chose du sien ^ mais Plu-
. tua ayant demandé, comme font les avocats au barreau , un mot de réplique , et
l'ayant* obtenu, Sancho fut obligé de se taire* .
Je conviens > dit Plutus^ que l'argent appartient au chevalier Sancho^ puisque le sageParafara^liSffWNisaffîrmequeCardef
nia le lui a donné ; je consens qu'il en pr^ fite, et renonce & toute propriété dessus» tant au principal qu'à l'accessoire; maisle tribunal des enfers ne puni t pas seulement les mi^uvaises actions, il punit aussi lef mauvaises intentions. Celle du chey^M^ "^ a été de retenir cet argent à Piusu du propriétaire , et y par couscquent , de faire un vol ; cette intention n'a pu être rectir fiée par la propriété postérieurement ac^ quise; elle ne peut avoir d'effet rétroactif» et par conséquent n'a pu justifier uii9 intention antérieuremenf criminelle , et c'est le point sur lequel j'insiste.
Les juges imposèrent silence à Parafer ragararaus et à Sancho, qui voulaient parler, et Minos , ayant été aux opinions, prononça l'arrdt en ces termes : La cour a ordonné que Plutus rendra au chevalier Sanchoi la bourse et l'argent qu'elle renferme, et que préalablement, avant la restitution d'iceUe , icelui Sanclxo, pour punition desa mauvaise intention , Tec%^ vra vingt coups de bâton sur ses épaules» si mieux il n'aime renpncqjr à toute proi^ priété sur la bourse, ce que la cour laisse à son choix et option sans déplacemeiit» dépens compensés.
Par ma foi , bon , reprit Sancho après cette belle décision , j'ai eu vingt-quatre coups pour quatre cents écus d'or, et je laisserais ma bourse pour vingt ! Non h*^ rais- je pas pour cent. Mais, miessieura ks jugies des enfers et des diables, ajouta-tst» ne serait^il pas à propos d'envoyer cheS** cher ma femme pour lui en faire recevoir sa part? La bonne bête a plus profité que moi de l'argent : ainsi il serait juste qu'ella payât la meilleure partie^ les cordeliers n'ont pas de manche si large qu'est sa conscience ; et dé mauvaise dçtte il faut tirer tout ce qu'on peut , dût-on être payé en chats et en rats, autrement celle qui a mangé le lard ne le paierait pas, et mot» qui n'ai mis qu'un bout du doigt dans la sauce, je la paierais tout entière avec le poisson. Oui , ma foi , elle a bon appétit c autant de servi, autant de mangé; biea gagné, bien dépensé, il ne faut point de bourse pour le serrer, et cependant San* cho a bon dôs, il est battu et paie l'a^ mande. Ainsi va le monde , les bons paiesl pour les méchants j^u^aiç, si j'en ét«is te
ina!tre,bon gr^ tuai gr^ je taferaîs chanter, lia raison, interrompîtMinos; nousavons eu tort d'imposer au seul Sancho une punition qui doit être commune à sa femme et à lui, puisqu'il n'a eu sa mauvaise intention que pour enrichir sa mauricaude : ainsi il faut reformer notre arrêt, et trouver deux différentes pe'nitences qui conviennent à Tun et à l'autre. Ils retournèrent aux opinions, après quoi Minos donna ordre à Sancho de donner à sa femme douze ^oups de bâton bien appliqués , tout aussitôt qu'il la verrait , et que pour lui il en serait quitte pour trente poils de barbe qui lui seraient arrachés sur l'heure.
Cette proposition Isi fit froncer le sourcil; mais on l'y fit résoildre malgré lui, malgré ses dents. Dety^ démops lui ayant lié les bras derrière le dos^ et assis sur la sellette, lui prirent chacun une oreille avec des tenailles pour lui faire tenir la tête ferme, et les deux autres vinrent se mettre à côté de lui, et avec des pincettes A barbier ils lui arrachèrent les poils de la barbe en même temps; en sorte que , l'un tirant à droite et l'autre à gauche, ils lui faisaient faire une grimace de chat effarouché , toute plaisante et toute risible. Il cria plus haut qu'il n'avait jamais fait; mais cela ne servit de rien , non plus que la douleur qu'il ressentit aux oreilles, qui manquèrent aussi d'être arrachées. Il fal«lut compter les poils de la barbe qu'on hii avait arrachés; et, comme il s'en trouva six de trop, Minos ordonna qu^iis aéraient précomptés sur les coups de bâton ordonnés à Thérèse, attendu que, l'homme et la femme n'étant qu'un , ce que l'un recevait devait être au profit de l'autre. Won, non , dit Sancho, quodgriptiygrip$i. Quand elle a bien bu, je ne laisse pas d'être à jeun; il ne faut pas réformer un arrêt , elle en aura sa part : on m'a donné un chapon , je lui rendrai une poule. Ensuite Sancho , ayant été lâché , reprit sa bourse avec tant de joie« qu'il ne se sentait plus ni des coups de discipline , ni des poils de sa moustache , non plus que de -ees oreilles.
Il aurait voulu déjà être bien loin avec son argent, et regardait s'il ne verrait pas «ne porte ouverte pour sortir au plus vite;
DON QUICHOTtÊ*
mais le pauvre homme n^avatt gftrde d'en voir; car elles avaient toutes été fermées avec une grande exactitude. Son inquiëtudese remarquait paraes iréquens toornemens de tête etson agitation continuelle; le malheureux n'en était pas encore toutefois où il pensait ; car un démon dameret, c'est-à-dire fort proprement véta, et nullement cflroyable comme les autres , mais, au cantraire , parfaitement bien mis avec de la brod^ie d'or et d'argent , de bella bagues et de beaux anneaux aux doigts, de beau linge et de belles dentelles, poudré , frisé , en^n mot tiré à quatre épingles, ^t d'un visage fort doux , fort mignon et fort beau , s'approcha du trône de Pluton , et , ayant posé sur le premier degré deux petits paniers qu'il portait, Tun rempli de petites cornes de différentes couleurs, et l'autre de petites fioles d*essence, de pots de pommade, de tours de cheveux , de bottes à mouches , de fard et d'autres ingrédiens propres aux femmes , se mit à genoux , et d'une voix fort douce et fort agréable , se mit à le supplier de lui accorder une audience.
Un diable de si bonne mine attira l'attention de nos deux chevaliers; et , Pluton lui ayant permis de parler , il commença par remontrer toutes les peines qu'il se donnait pour rendre îès femmes belles et attirantes, qu'il inventait tous les jours quelque pommade, quelque essence pour conserver leur teint , oa bien pour en cacher les rides; qu'il avait depuis peu de temps travaillé i cela avec beaucoup de succès , puisqu'il y avait des femmes âgées de plus de soixante ans qui ne laissaient pas, par son moyen » de paraître avec des cheveux bruns, une peau unie et délicate , et enfin si jeunes , qu'il faudrait avoir en main leur extrait baptistaire pour les croire plus vieilles que leurs enfani; que cela faisait augmenter le nombre de leurs amans , et augmentait en m&me temps celui des sujets de Tenfer, mais que , malgré tous ses soins , il courait risque de perdre son temp; s'il y avait encore dans le monde deux hommes de l'humeur du chevalier Sancho , qui, à tout moment, disait pis que pendre d<»
femmes y et tâchait d'en dégoûter tout le monde; que, si ceià-étliit souffert, il
n'avait qu'à laiaser en enfer son panier plein de cornes , parce qu'il oe'trouyerait plus de femmes qui en pussent faire pointer à leurs maris > n'y ayant plus aucun homme qui leur Toulût aider a les allarher; qu'il avait employé un temps infini pour en faire qui fussent propres à tout le monde ; qu'il y en avait de dorées pour les maris pauvres j et qui se changeaient sur leur tête en cornes d'abondance ^ qu'il y en avait d'unies et de simples pour ceux dont les femmes faisaient l'amour but à but; qu'il y en avait de jaunes pour ceux qui épousaient des filles qui avaient déjà eu quelque intrigue, de blanches pour ceux qui é[tousaient des veuves, de noires pour ceux qui épousaient de ikusses dévotes, de diaphanes et de transparentes pour ceux dont les femmes savaient cacher leur infidélité , de vertes pour ceux qui épousaient des filles élevées dans un couvent on dans une grande retenue , et de rouges pour ceux dont les femmes payaient leurs amans , à qui d'ordinaire elles ne se contentaient pas de sacrifier la bourse et l'honneur , mais le sang même de leurs époux; que chaque couleur convenait parfaitement à la qualité d'un chacun ; qu'il y avait dans le monde assez de femmes de vertu qui rebutaient les hommes , sans que Sancho voulàt mettre les hommes sur le pied de rebuter les femmes; qu'il demandait de ces imputations justice , et protestait , en cas de déni , de. laisser toutes les femmes et les filles en {varde à leur propre vertu , sans les tenter dorénavant par lui-même, et sans les l'aire tenter par d'autres , ni leur fournir les occasions d'être tentées.
Sancho , qui n'avait jamais cru qu'on eût dû lui faire un crime de cinquante bagatelles qu'il avait dites 'sans dessein , tomba de son haut à ce plaidoyer. Qu'astu à répondre i cette accusation? lui demanda Pluton. Il n'y répliquera rien, dit Parafaragaramusen prenantson parti, et , en efiet , ce n'est qu'une accusation en l'air où il n'y a rien à ri^pondre. Supposé même qu'il fût vrai qu'il eut voulu détourner les hommes de l'amour des femmes , il n'aurait fait que ce que font tou9 les jours les confesseurs , les direc-^.
teurs et les prédicateurs, sur qui la puissance de l'enfer ne s^étend pas : ainsi il y a lieu à appel pour cause d'incompétence. D'ailleurs il ne suffit pas au ddrhon Molieros d'accuser le chevalier Sancho ; il faut qu'il le convainque, qu'il montre quelque preuve d'homme ou de l'emme que ses discours aient converti : c'est de quoi je le défie, et c'est ce qu'il ne peut pas faire , parce qu'en efiet Sancho n'a fait que perdre sa morale ; et comment rie la perdrait-il pas , puisqu'il n'en a jamais débité qu'en plaisantant, et que les gens d'église la perdent bien , eux qui prêchent avec le plus grand sérieux qu'ils peuvent, et qui même l'appuient des préceptes et des commandemens qui leur viennent d'en haut et d'un pouvoir supérieur à tout.
Outre cela, poursuivit un démon qui n'avait point encore parlé, le chevalier Sancho ne parle point contre les femmes par malice : le bon seigneur les aime autant et peut-être plus que les autres. Je ne ressemblerai pas à Molieros, et je rapporterai là preuve de ce que j'avance. Il ne faut que rappeler l'aventure qui lui est arrivée il n'y a pas long-temps avec une jeune fille nommée Altisidore.
Je la connais aussi bien que vous , repartit Molieros : c'est mol qui lui en avais inspiré la tentation , et je l'avais conduitejusqu'au point de réussir^ quand des esprits d'en haut , gardiens de l'honneur de cette fille, vinrent mal à propos les séparer tous deux , et les. châtièrent de leur mauvais dessein sans leur avoir permis de l'accomplir. Cependant ce n'est pas là ce qui me chagrine le plus , puisqu'ici la volonté est punie aussi bien que l'action , et que Sancho , en voulant déshonorer cette fille , l'a déshonorée en effet autant qu'il a pu , et n'est pas moins coupable du crime que s'il l'avait commis , puisqu'il n'a pas dépendu de lui de le commettre : aussi cet article est- il marqué sur mon journal en lettres rouges , mais ce ne sera qu'après sa mort qu'il en tiendra compte. Ce qui me choque , c'est qu'il me rompt en visière , témoin une fille de son village qui allait s'abandonner à son amant lorsqu'il vint mal à propos leur rompre le^chiens^ar sa
DON ÛWCBOTTB*
présepee , ^l Uns ait qadqne eho&». qpp eette fille a toajouiB contre lui «ur le cœur f ce qui.fai^ qu^ depui» ce tempç-^ elle lui a toujours fait la mîpe. Ai-je jn^ati? ditnt à Saucho en le regardaot; ce que je dis n'est-il pas vrai ? Par ma foi , dit Saucho, ce diable-là tient ua re-*- .gistre bien exact de ce que je fais; c'est peut-être lui qyi a écrit ma vie. Il allaii continuer , lorsqu'il fut interrompu.
Halte-là ^ messieurs les avocats , leur dit lUiadamante d'un ton effirojrable* La cour est assez instruite du fait dont il s'agit. Le chevalier Sancho t'a rompu en visière » poursuivit-il » s'adressant à Molieros, mais tu n'es qu'un jeune diable apprenti ; les crimes dont tu l'accuses devant ûous ne sont point de notre, compétence ^ ils n'offensent que. toi et nous, et nous ne sommes pas juges dans notre
Sropre cai;ise« Je conviens qu'il a voisin ésbonorer Altisidore; mais* puisque le^ esprits d'en haut l'en ont puni , ce n'ffti pas à nous à redoubler ^ peines et nou^ l'en tenons absous. A ces mots il arrêta un momec^t ; et Sanchp , qui crojait en êti^e quitte f prit ce teqips-là pour dire à son maître que les juges d'enfer qe sont pas si diables qu'on le dit , puis^jtt'ÂIs entendent raison.
Mais y reprit Bhadamante jn }e regardant d'un visage affreuj; et le faisant trembler , je trouve que le^ démons accusateurs, ont pris le change,. et qu'au, 1 ieu de s'attai^her à des faits graves, ilis n'ont objecté que des minuties. C'est d'avoir voulu .violer les> droits de l'hospitalité ep voulant d'un lieu d'honneur oà il était bien reçu en faire le théâtre de ses débauch<;9» c'est pour cela qu'il naérîtf» des reproches et des châtimens ; <^est d'avoir été hypocrite , d'avoir voulu priver Ifss autres des }»taisirs infâmes ou il tâchait de se souiller ul-même , d'avoir voulu , sans les dehors, d'une vie honnête e^ d'un mépris affecté des femmes, cacher le penchant vicieux qu'il a pour elles : c'est là vouloir en imposer à Dieu et aux hommes^ avoir deux mesures, Tune pour soi, l'autre pour autrui; c'est cela » encore un coup, dont on devait l'accuser; il devait se souvenir de son proverbe ordinaire : MédeciA^ guéris-toi toi-méiDe,,^ Ç^i\ jff^^
^« liH4iV41f UkfwêàkM te vefU»ftCix autres e( tUc 9js Tesecon fml Ntianit^ta pa» que \fi ii^illeur sermon' se fîre de l'exevApte qu'osi donne? Voilà «0 qu'on appelle hjpiKsriaiei ce vic« ressortit à noUft justice 9 et e'eH pour eela qu'il lui doit être imposé uoe puattion^ Ea mtese teipps il se leva , aiti^ aux «piniens > et Minos prononce l'arrêt en ee» lennea %
Attende que les crimes dont l'acsosé est préveau et eonvaincu sont d^ayoir itosla sali^fftire Dieu et les bonHnfa d'une beUe apparence qui n'est que de la fUmée, et qai provient d'un cerveau gité qu'il faat purger; ^wdpone qu'il sere. parfunaé de deux e^ssolelles d'enfer dftna le moment. fit a^^Uôt il Çt iîj»s BnâT déiwoM , qui étaient touj^ws restés pcoefeMS de Saociiat 4s se s^iair de lui^ Ils le pritftni doue «»cor^ « et , deux \m taoani la têle oomme qm^nd Oft \^\ f vaÂt af racM la moitistMlie, l^deux eiUieaj^ireot dbaeiio uoe bwide 4a p9iMer qu'Uis rowiVèiesA en flècshea^ «4, ^ ajiAnt ^Uviciék un kout^ ila le anmC d9(i^ lerm boue^» et Fanstr^ dstnaks narinsa ^u paliept» et souflèieut ebseun leuf csanoufiet à parts! d'hi^jo» » ea ^ était cs^^eMe de fiiiye crevés un eheval, et; qiiô, fut eupsi plu^ i|snaib|e à SiMM*0if|Be tpujt m qiï'îl fivaUi émore souffert s ks jrç^^Ji lui spfUisejM P^epqm ^ i^i tiàù, et jam^k son cerveau ne ftit mieux puryé, car il en éternua plus de cent ioia avec des ébrs^nlemefis de tête extraordinaires. S'il n'en fàt pas revenu si proaspCemcitt , les peines de l'enfer eussent été bornées là; mi|is, comme il parut avoir toQl-â-fait repris ses sens et sa connaissance par un grand verre de vin qu'on loi fit boire, on acheva la cér.émoaie*
Le pauvre diable croyait biee encore cette foisrlà être quittede toutes persécutions , mAis un autce démoa l'eatrepril en lui disant % N'as-tsh pas entendu lire par ton miuùe ce qvi est énrit au^dessiss de la porte du palais de Merlitif et qui conduit à celui de Pluton , «u lu es? N^aa^ tu pas entendu qufil n'y doit entrer que des gens d'un cœur pur , qui ne possèdent rien du bien d'autrni^ et qiû n'ont jaBiais fait aucun mensonge? Ob ai purifié ton corps et ton oerveaatoa t'a justifié aur
Digiti:
DOK QUïGhOttË.
tenait pas; je requiers qu'on purifie ton esprit pour tes menteries. Combien en as- Ui Mt ^ fa vie? Lf roiià toutes ëetilés , pOUrstiivH^il en hir montrant un gros livre; mais y comme le temps me presse, je ne t'en citerai qu'une , parce qu'elle est graye et qu'elle était contre les lAC^l^s^ ton bon maître et bienfaiteur, et contre la princesse Dulcinée , qui a été privée ^ par ta négligence j 4e la côûsôlatlôn qâ^elfe aurait eue et qu'elle attendait de recevoir des dorivêUasde san ekevilîex? Foft#l« •eùlemént la chtreber? et tout ee que ta viaaieo-mpportei à toa bon raaitre M* tatt-^U pas fiEMi&?.Vwrley perfide l est-^re ftitisi que ttt àom i«côBftai|re 1«b gënëR^ sUés diif (irand don Qniehotte, qui i'ayalt fiiift présent de deux ânona à la place de lOÉi âne^cpie tu t'étais sottaideat laissé iwpndre? Aa-'te ranilndé au préaeat et au doa: quand tu ' eoa xetrolivé tan ^ler aâ^ aMMde?. SoiiTaraioa jageé>, aantiaiia-Ml ad tfaénessant i Plutim et aiuc ilutffl3s> je xqvs en damaode juëtiee , sai^aot votre éqiiitâ éi votm pradeaoa or^tnaircai
Oa éeoMioda i Saaeho s'il avait q^lque chase à diae , et son amende ajraat fait Mnnailraïqukin âe lai imp,ftialt rien dont Il œ s?a€^^ lui^iméme^ on alla aux pplaiona» et Mîoos prononça que lacott^ t»tu« était de pttnir Ica parties coupables 9 et le mansanifa qui I ui é ta tt repiioGhé é ta at fait à aoe fivia^ la coar ordoiraait que la botttfaa-de SaB(d)o aeraÂt frappée de dôme coups de poiog appliqaés par eMe^avâme* SHilcÎDée^ qui était à. coté de • don Qui - £!botte^ aa^priôa^f fap(toa et les aMres de la dispenser d^etraireaécutriae de ledr a^dt) ett i ecl pftièrev Vexéeùtioo en fat cona^ uiise aax douze fiUea de Belerme > cpii VQuhnraat aussi s'en déiiMuk^; BMHeon les 3robli(^ea,soaapeiiie dé reateteoeiMiatéeSk Saocha ^t dooe retiré de la balustrade, - et poiltQpar leaqaatie-déaKins au milieu deeesdenl(iiaaUjBa^ou.daKa6iBe des dooae figUFèa qui paraiiBsaientteHes^U j fiitaasis à (llate Cen^f et là chacune^ l'une après l'autre, en tournant autoiir de tui dé sa gauche à sa droite > lui appliqua un aoitf^ flet de tou^e sa force ; il oe fut auUement ménagé, parcie que la nièee et sa gou-» vernante ^ cpsi étaient au nombre de ces fiUei^ 7 dépiqjrèiapt foute la' vigueur de
leurs bras. Le pauvre homme n'osait branler crainte de pis, et souffrit tout tna^ Mit maigre set ^nta» H en eut là mârboif ë gauche ébranlée et la Joue toute déchiquetée en dedans, de sorte qu'il crachait du sang en très^rande quantité. Plutôt! demanda ensuite s^il y avait encore quelqu'un qui eût quelque chose à reprocher à Sancho ou aux autres , et, tout le Àônde Éyatit gardé le sifetiCe , il les déclara tous innocens, et ordonna que Sancho fât Vêla d'âne éoftë ptuHUftu Làdessus Miaaa présenta aux démuue tttifc fintMfa maadille d^tw beau brocuft bkiao^ dont ih vdtîifeaC le eliavalîer,qul se laiwi faite de lu» giéi e| fut reoâu A aèa usaitrub
Bam ce motûent us» eeitp de tounef|i« se fi4 eqteadre; les limslèvifr du puMe dé PlutoÉ , qui ae jetaient qu'une lueur fort sorafaeip, n'étant ipie dee botigtas dans dal lanternes de paplen bsQuttlard , diilpam-* tent» et une obséueité fetft épaisse ëliecédd à cette hiear. La première grWa de M tomba ^ et en un niooMiiit le tfafédtrè mt lequel ila étaient toQ» Ha i^«enrit dues là salle d'oA ilë étaiebt Aié9toé^mi kf grillé de fer tonba , le tout au bf ait du tofer^ netve et dans une ufascutrté tt^s-gràiidei Parafaraga^ramus leur dit de le Sairre, et à cet effet iU le prfrenl par la maln« Hé étaient dans la même salle ou ils avaient vu Dulcinée en paysanne; il parut lOfit d'un coup de la lumière i et , eu tfeu dtt spectacle affreux du tribunal de Pllaton, il ne ^e présenta rien A leurs yeHA f|tie d'«h gi%able A la vue* Ce n'étaient è}Ue Mtfotrs de tona eAtél^, lustrea éelatilne d'or et d'argent, et une UMisiqile eharttiAbtë s'y ieisait eneendrUb Bafta ils t^nayiient être effectivement dans un palAis «udiaitté^ et Sancho D'aumlt pas cnrsortil* de Peiùi-^ far si son eorpt , s« batbe^et ses jonee ù^u avaient porté des manqua. 8ix deé^ fithM de Belerme lui demandèrent congé, et elle IHiccorda k toutes etileé qui le vouhiretat. Il en sortit huit àvee Farafliragaf atnns , qui se obargeA du sehtde léè ctîMidlrihf. Sanche voohiit kto siiivns; thftîe lé sagié endbjanteur lai ardonâu de tester atee Itt autres, Passuranl qu^M ii%fv«it pMa HUtt à oraiodie«
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