‹ Histoire de l'admirable Don Quichotte de la MancheChapitre 131 sur 136 · CHAPITRE XLV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XLV

Des tristes et agréables choses que Panfaragaramus apprit an chevalier de la Manche.

Notre héros allait continuer sa morale , s^l neât été interrompu par Parafaragaramus, qui parut sortir du mur à ses yeux et devant lui. Tous se levèrent â l'aspect de ce sage enchanteur, qui était toujours vêtu de blanc, et tenait pour lors A la main un autre livre que celui qu'il atait coutume de porter. Il s'approcha de don Quichotte avec un visage assez triste. J'ai beaucoup de choses à te dire , lut dit-il , dont quelques-unes te seront agréables et les autres te chagrineront; mais ton courage te les doit faire prendre d'un visage égal. Je commencerai par ce qui peut te plaire , et la princesse Dulcinée m'aidera dans le reste. Voici un livre où toute ta destinée eiit i^crite; je viens de t'pb^nir

de Pluton , A qui le destin a bien roulu le prêter. Les souverains juges des enfers sont charmés de ce qu'il ne s'est présenté aucune accusation contre toi. Comme ils savent punir les crimes, ils savent aussi récompenser la vertu. Ds ne peuvent disposer de rien en ta faveur ,' que dé ce qu'ils ont eux-mêmes en leur pouvoir.

Ils te font présent de toutes les richesses que tu vois sur ce bufiiet; et te recommandent seulement d'en garder quelques pièces pour te ressouvenir d'eux, et de troquer le reste contre le premier qui te le demandera : tu ne perdras rien au change; assure-moi donc que tu le reçois, afin que j'en sois sûr moi-même.

Je n^i jamais été attaché au bien ^ \v\

Aiàu

DON QUICHOTTfi.

4H 4oû QviJcboUa; nr|tii$, puisque cela Oi'e&t dopné d^ ^i l^ojuie part» je le reçois de bon cœur, et vous oÂï*^ le tout pour recoaaaissi^^ce 4^ yoire protection. Je Vexx reuds^âca, li^i répoadit P^eraDira-giiranm^^ par^e qu/s j^ep ai autant et pUis qu'il ne m'efi C»i^i> ireçpis ee qui l'est donné de ia wfkW 4m fui^anees lufer^ nalee. Ils ayaie^t r^oLv de te faire roi , vf^m tes xnq9m;s ^pn^t^op simples pour ffi^wertm 4es l^m^wes fi^s^i corroiîipus qil'iis le »o^% 4 pn^iswt; ^^^te dans le pre* tnier ep4r<9i t o^ |u îe troi^reyres sur terre , el a'j piM^ qu'4 t/p 4if^ttir, à te promet p^ ^%l^ bm flAWPÎr ♦ eu un mot, vis deof MU #tf4 jtra#qj^4Ue» #t aJ^iudooDe pv»>^ ^Hiijoiirçi )«L f(bw#4ei&ie #frm»t9 9 p^i^f^ qu'eue lçserei(4ésQrin^ i4»fruemeii9e et peu lH^¥^«))i)f , #t q^i^ tu ^ervaif ternir r^lat de t^s ff^i^im %^W9 m périmi^t i|ial.«.T^ ^ l'o^Ei^^e du destin que voilJi 45rit i^j^ lipQp Uyr^t

Voi^4 9^ q^^ j'^i £i ^ djffa qui psut te plaire } )e reste 9 qui »^ séria pas de tou goût, doit t^tre ^j^liqvé j^er la priuçesse du Toboso. Quoique tes grandes actions et tes glorieuses entreprises semblent te la devoir acquérir, elle ne peut cepeudept <(re à Iq!^ pe^^ )es raisons quelle pourra t'en dire elle-même y afin que tu 7 ajoutes plus de foi.

A peine Tenchanteur eut achevé , j|ue Dulcinée se jeta aux pieds du franc chevalier, qui la releva , malgré les efforts qu'elle fit pùm f oestsir. ftU'afiuragpiviBos prit un siège le premier, et les obligea d^ s'a^epin Se^goç^r l^l^^YaHer, lui dit'

Alcfiu^ ïm^fy^ le^ J«.^^ tp^i huoiî^^,

je sais ce que je vpus dois pf^r tous (es péailji^s fi^ jglprieuAK ^^r^iva^x que :vpus avfôf çn^eprAs.jppi^r jçu'^çquérir; je n^ les inç^'itâîs pullpiu^t; m^i^ vx3;tr^bon <;œur a suppléé. à mp^ peu d^.. mérita; vous n's^vef 'paru 4 mes. y^ux que coeoime j*ai paru auj( vôtres : ^ps étions eiLchantés toi^ deux; vous, pour q^oi^.çt a^oi pour vous. jPiut À ï>\^y p<fpr8Uiyii>*èUe, queje TOUS i^ssç psfff^itenient cpnuu coii^me je vQ^scw^)ais àpr^uti j^ n'iiUi^ia jamais faj^ uu y(»^ QU^ les crc^els Xr^Uf^ens du mécbiMrf FrestpMï^'o;?!^ sgrrMché. Qç traître prenait si j>^j| \^ teçpB», d« X^^nf^ dq ~tt ?W*ï*gH«B«ft PWÏ «« 4^r#r,

qu'il m'a beQtfioiHBratttée Imitai ieenlteét et les épines; mon faible oorps auAcombait sous $es coups, et, n'etteudant ma liberté que de Dieu , j'ai fait v<»o « pour sortir de ma captivité et de l'e«cbailtc^ meet qui me retenait* de me faire religiausç sitôt que je eeraie retournée an modde, Pardoottez-moi'cè voeu, que lie désespoir m'a fait faire; je suis mille Hm plus à plaindre que vous : vous ne perdes dans n^i qu'une pciaoeMe «lalheureuae et iufi:Nrlanée , et je ptrds eft voua ia fleur de la chevalerie , le nureir de ta vraie valeur, le prototype de la fidélité , et oa par(aii modèle de toutes les veriwB.

K }>eioe Dulotoëe pufc-^Ue aehcver cette triste haraa^ue % interfoimpve par tant de saii(;lolS'. I^o Qdif^otli paraisèak tQutpens^f; mais Pare&m{|afamus|eralîra de ses rêveries eu lui wioatffeai um livre 9 et ^ le £^rçaat k lir^a le éton^t du deali«» Il le prit do«^ % <et il y luI^u'U étaU arr<âté quç oeUte priueesse serait fe^s^^me. ËAsiûte 0u lui monlra le irésuHai dis dejBti(P,;en 098 qo'il u'jr Voulût pae^ <?oasentir. Il était conçu en ces termes : Et si le chevalier des Lions n'y consent pas, elle ne sera pourtant jamais ù lui , parce qu'i^lle tomtuera meo-té & fes pieds devaiit le prêtre qui voudra les marier : ainsi la vie et la mort de cette princesse seront ^Uire ses mains. C'en est trop, dit-il en rendant le livre : oui, belle princesse, continua-t-il , c'en est trop ! vous êtes Itiikie de vasMtMM; «t je ^«out togage moi-même à soutenir votre vœu. Je n'ai ri.e« S^x\ pwHf yoj|f qvf(S* fip jqve ton* i^Nfre que xupi aidait j^qfmrai f4t i;99s4aM^^ p^s heu^ccy^mentet f4^sfi^fiipt|U||ff||.; je ne pi)é^V^ ay^r acquis ^uçi^» ^iifil sur vçv^yoq J'y repoi^çe pow vx^ius fendre tout^ & vou^^inénie.

A cettie parole, la ouisiquier^CQpme^i^ à célébrer l^s louaoffs d|icbev^lj^.des Lipns, qui s'éiait vaincu Iplrm^mi^î BaU cinée lui promit d'^Uer i^ r^a^ercier aur terre partout pu il aérait^ ^t i^QMne iàéros lui promit de la coi^^ivçf dans tel au4ri>tt qu'elle voudrait se retii^»

Saocbo , (Mus cm'À d«^i MTMy reoiiroia l'eucliiupMur de lui avpir s^vi d'#vaci^t en enff^, e( \t pria 4p \w&j^ Vfm M

ifilt en mMm; et, lui demAttdânt «11 le prenait povr un Bobëmieti « lui dit : Ne sait* ta ^B8 qifil j a des choses à dire et d^aàtr^ à v.Met'i Yois-tu que j'aie dit quelque «k^tcf è ton maitre toachant.

Ta venir ? et ofoi8<>t«i que Pluton s'intéresse autant û on «naMieiireux pécheur leomme toi qtt'é un atittiliônnéte homnie que lui? Tu saisMeti ce quMI t'en ^ coàtë .pour tes itiëdlMnces, tes menleries et ton avarice , et cé -quli en doit coAter â ta femuEie, que tu dois pajer dès que tu la verras, amis peine d'éUré encore ëtritlé en chien renfermé , souvienè-Ven bien. On a sans doute oublié exprès ta fi^loutonnerie; mais lirendl'-y garde i tu t'en aentiras dans pea d» lemps^ et tu Mié songes i te résilier* I^ robe blanche que tu portes prouve qae tu es aarit innoeeftt delVteMr, peMe donc A te conrfgev, oé bi«tt «once que la sepondé {mnftlott suHi f9ta« rude que là pnmilère* M^aië Kiiy pMnaiivIt'^it , qui prétends wntsfsmoff^i que ftiras- tu de tern argent ? Je iâm bien , lui dit Saneho» que M rîcibëa MHit AaiMiageaMes aux tiTis etftoitablei «us autrel, mais je n'en abuserai pan. Je ne suid pas liomme à prêter i OMre , et If ti'y a point d'argent mioux eMptoyé qifÀ un ange gardien; ditei-mui deavr^ ^bm^méme ce qu'il l^ut une fed Aisé? VtMift parler en honnête KoMirtiè^ Itlf réptfqua ParÉfaragaramus.

Eb bien , remet» but cfrtM les maiba du curé -Se ton vHlàffe , Mns en partet à ta îkffûtMS n est ht^fhim^ d%m»ëUr,et aura s<Mtt Hé mai4elr f à fille tl de t'empdcber dé janiaîé toMbeir m «nécessité. l>v ma M ^ re^irit Silmrdio tilutfé)oUl , èci se frappant de ta mitflfi dtbM dMÉ là iMîn gauc^he , Icues, nous àUHoUi Mt ub pape» ca^ toous aoMtniei Màé êe^t de Même avis.

Ëh! non, Bon« ttva maurîcAUde n*en êtiura rien t uit secret tt^^ )»!us un secret quand une femme le sait, e% une femme ne sait té secret dé son maft que pour le trahir : ce sont des importunes à deman* der et des diableé à rendre. Tliérése n*en croquera que d'une dent. La boane pièce a fait de Pàuire comme deè choux de son jardki ; mais ^tlencé » A bon dbat bon rat, découvre ton trésor ànx voleurs» et dors tranquil!te«ieftt d tli ee une bêtei À 1)00 entMdeury séiIM) <à«euf* est ma/ttrè

à son tour, tt qu*eHe ne m^éebaufle pas les oreilles, car je redoublerai la dose , vous savez bien ce que je veux dire»

Sancho aurait continué ses impertineniM, si Parafaragaramus ne se fût retOU)rné vers Belerme et son amant Duirandart.

Rien ne iToppose à votre mariage, leur dit-il , et vous serez mariés quand voua voudrez. LA^dessus ils se donnèrent 4a main, et la joie recomusen^a de pltia belle. Merlin et Parafiiragartfhiusy prirent part; et, comme on avait deSBSeîu degri^ ser tout-â-feit Sancho , pour le mieux faire dormir, et d'endormi!^ aussi don Quichotte, Merlin leur dit qu'avant de sortir de son palais il fiillail «olenniser les no^s des amans. El i ces mUts, il ae Hait le premier à table » et convia tous lea autres d'en foire autant, en suite que Sancho n*eut plus besoin que d^Un lit.

PHuf son mattre , comme il était enrêmeHaent sobre et quMl ne buvait qu'es homme de bonne compagnie , Dulcinée f perdit aa peine, etoii Alt obligé de mêlaé dana ce qu'il mangeait et dana seti wetfé des impositions aséoupissabtea. A pèhkU leaeut-on vu bâilla, qu'on pArlad^illet' êé reposer La princesse Dulcinée fiiK cou-' duite dans la chambre qui lui était dea-* tlnée, et Belerme, Durandart, Montesltaos, Merlin et Parafhragaratmis , «on-* dvisireot nos aventuriers dans celle quVm leur avait préparée, et qui était dMnu magnificence achevée; For et Parjfetit y brillaient partout^ les glaces^ en ftfi-^ aaient la tenture ^ rendaient la Imtlièif^ qu'elles recevaient de deux lustres d'atr*^ cent chargés de vitojgt-^uatre bougies, dont la réflexion était al vive, qum éUit tmposrible d'y jetcfr lea yeux aarna élve ébtoui) deux lits de brocatt^lr, ateè teura housses trattiantea fusqii'à leitte^ garnies dHine large fraitge d'or, en fai«saient l'ornement, et étaient accompagnés de deux fauteuils dorés, garnis comme les lits, et d'une taMe qui paraissait d^r^ gent massif; le tout ensemble MMt A la vue un effet tout agtéable. lia croyaietit être dans le palais enc4ianté de Circé en d'Alcine , et A grand'peine pottva$ent-ila se persuader qu'un enchanteur dût être ai curieux dans èes meubfta. fia «n àdantrireAt la toMuté j et nt^^

taient à Itur Tov<eil i l'examiner de plus près ; mais leur étonnemeDi fut extrême , lorsqu'à ce réveil ih se trouvèrent dans la même chambre ou ils couchaient or* dinairement.

La désole Saocho 9 malgré les douleurs qu'il ressentait daos tout son corps , crut que tout ce qui lui était arrivé n'était qu'un rêve. 11 chercha au plus vite son ûénQr, et ne le trouvant pas sur lui, c'est-à-dire sur son estomac, oà il l'avait mis : Eh, oui, oui ! s'écria-t-ii, fiez-vous aux promesses des démons ! Notre curé a raison de dire que ce sont des trompeurs. Parafaragaramus ne vaut pas mieux que les autres : autant fait celui qui tient le pied que celui qui écorche. Il se leva tout en jurant : mais il eût bien voulu avoir retenu ses paroles , à la surprise agréable qu'il eut de voir au pied de son lit ses armes en bon état, ses habits ordinaires, deux autres habits fort propres, Ml robe blanche , et par-dessus le tout un petit cofire d'ébène garni de lames d'argent, et la clef à la serrure. Il alla promptement l'ouvrir; et, trouvant ses deux bourses dedans et tout son argent , qu'il compta pièceà pièce, l'esprit acheva de lui en tourner de la joie qu'il en eut.

Ah! mon cher maître, cria-t-il en courant ouvrir les rideaux du lit à don Quichotte, vival! le diable n'est pas toujours à la porte d'un pauvre homme. Je ne me changerais pas pour l'archidiacre de Tolède ; j'ai mon pain gagné. Au pis aller , je n'aurais qu'à me faire moine : la pitance est assurée. Reloorooos à notre TiUage a pierre qui roule n'amasse point de monase, je ne mériterais rien que le bdt du plus grand âne de la Manche , si je ne me fais siûvre comme un barbet , à présent qu^ j^'ai le vent en poupe. Adieu-, je m^en vais marier Sanchette^ et trouver un gendre avec qui je ferai gatidêamtu, X^a'jr art-il donc de nouveau? 4ui dit don Quiçhottp 9 qui n'avait encore rien vu , parce que les rideaux du pied de son lit «taient fermés et cachaient les richesses qu'on lui avait données. Levez-vous, levez-vous promptement , lui dit Sancho.

Vive Dieu! vous êtes aussi riche que Crésus^ et moi aussi à mon aise. Trous* ppxy^ nos hra^ jusqu'iiu ço|ide \ l^ bjiche

etiX grande , et il y a suflSsamment de la pâte pour faire des galettes et des miches; on ne jouit de l'argent que lorsqu'on l'emploie, nous n'avons qu'à vivre à gogo^ vie de cochon , sauf respect, courte et bonne : nous n'avons dans ce monde qu'aujourd'hui et demam , et le reste de notre vie^ l'habit ne fait pas le moine, ni la soujiane l'habile homme : trois pas sur le pavé en découvrent la sottise; un âne chargé d'or est toujours un âne; mais n'importe, chacun lui ouvre la porte, il est bien reçu partout, et trouve des parens où il n'en cherchait pas; nul n'a honte de parens vicieux , pourvu qu'ils soient riches : bref, tant y a que je veux m'en aller , car on pétrit de boa pain partout.

Pendant que Sancho s'épuisait eu proverbes, son maître s'était. levé, et vît toutes ces richesses sans aucune ëmolîon. Je m'y étais bien attendu , ami Sancho , lui dit-il ; mais qu'est devenue l'illustre princesse Dulcinée du Toboso? Ne l'ai-je retrouvée que pour la perdre? Astres ennemis, s'écria-t-il , iallait-il montrer cette merveille pour me Vôtex si tôt! Il continua pendant une demi-heure toutes les imprécations qu'il avait lues dans ses romaus , et Cid Ruy Gomes prétend qu'il les faisait de bon cœur, parce qu'il croyait avoir senti pour Alonza Lorenso une douceur de cœur et des émotions qui jusque-là lui avaient été inconnues.

Il est constant que cette femme était fort aimable , et l'art, joint à la magnificence des habits , ajoutant du lustre i la nature, il ne faut pas s'étonner si notre chevalier , qui n'avait jamais rien aimé, s'était trouvé sensible ^ surtout ayant le cœur préparé à l'amour par les sottises qu'il avait lues dans ses romans « et dont il avait encore la mémoire et la tête remplies.

Il pesta donc d'abord contre les astres et les destins; mais^ se ressouvenant qu'elle avait fait vœu d'être religieuse , et qu'il y avait consenti , il se calma aussitôt. Son écuyer l'obligea ensuite de faire la revue du présent qu'on lui avait fait, et il I9 trou va. d'une magnificence qui le surprit ; aussi était-il effective** TO^nt trf^riçli^ çt ditfoe d«f &p«8^U et

DON QUICBOTTJE.

clesFi^ançàisy qui le fliisaient en camtnQn, et qQÎ s'étaient cotisés poar cela les uns et les antres. Les Français cependant , qui n'avaient pas ëtë dchés de trouver une occasion de témoigner leur générosité^ et de reconnaître en quelque façon les honnêtetés des Espagnols , 7 avaient contribué plus abondamment , sons prétexte de reconnaître les services que le héros de la Manche lear avait rendus. Don Quichotte trouva dans sa revue trois habits complets et superbes, du linge très-beau et très-fin , une grande bourse dans laquelle il y avait cinq cents pistoles d'or, et pour plus de dix mille écus de vaisselle d'argent, mais il ne trouva point ses armes.

Quoiqu'il ne fût nullement entaché d'avarice , il ne laissa pas d'avoir de la joie de se voir si riche en si peu de temps ; mais il est certain que cette joie fut celle d'un honnête homme , c'est-àdire qu'elle fut modérée. Il en était occupé , lorsque le duc de Medoc entra dans sa chambre, et feignit d'être tout étonné d'y voir cette raisselle étendue; il en admira la fabrique et Tarr , et demanda à notre héros si c'était à lui , et qui la lui avait apportée. Don Quichotte se contenta de lui dire que tout lui appartenait , et la lui offrit. Il allait lui ra<» conter de quelle manière il l'avait reçue, lorsque le duc lui demanda s'il voulait troquer sa vaisselle contre son pesant d'argent monnayé et le dixième de plus pour la façon* Don Quichotte « qui se souvenait de l'ordre qu'on lui avaitdonoé, accepta l'offre sur-le-champ , et excepta seulement une paire de flambeaux de yermeil qu'il voulait , disait-il , garder , par des raisons qu'il lui dirait. Le troc fut fait dans le moment, et, quelque instance que lui pût faire le duc, il ne voulut jamais être présent aux pesées , et a'en rapporta & la bonne foi de ceux qui Toulurent s'en mêler. Il voulut de plus obliger les ojficiers du duc de recevoir de lui quelques présens ; mais comme ils avaient des ordres contraires , ils le remercièrent , et pour l'empêcher de les en {tresser davantage, le. duc fut obligé de vii dire qua 1« prerpifr qtiî prepdfatt 4^

lui la moindre chose ne resterait pas une heure & son service.

Pendant qu'on avait fait le troc, don Quichotteavait été habillé parles officiers du duc , qui leur en avait donné ordre , sans que notre héros s'y opposât , parce que , espérant que Dulcinée viendrait lui rendre visite, et qu'il était naturel de vouloir plaire à ce qu'on aime, il s'était laissé accommoder plus magnifiquement qu'il n'avait jamais été. Sancho lui-même, qui se regardait comme un gros seigneur^ s'était mis le plus proprement qu'il avait pu , et , commençant à se donner de grands airs, eut l'effronterie de dire aux gens du duc , en présence de leur maître, et en leur montrant les richesses de don Quichotte et les siennes ; Tenez , messieurs, quand vous viendrez ici , faites comme dans un jardin , où il est permis d'avoir des yeux , mais point de mains. Le chevalier le regarda de travers à cette insolence; mais Sancho, soutenant la gageure : un bon aventurier en vaut deux, dit-il. Le duCf qui ne voulait plus donner à notre héros aucun sujet de se fâcher, ne fit pas semblant de prendre garde aux paroles de Sancho, et , l'ayant pris par la main, il l'emmena diner où tout le reste de la compagnie les attendait . et Sancho les suivit.

Là ils furent questionnés sur ce qu^Is étaient devenus la veille , et sur ce qui leur était arrivé. Don Quichotte le ra*^ conta sans en oublier la moindre circonstance, et Sancho le certifia par des preuves incontestables, de manière à faire étouffer de rire. On feignit de ne pas croire que Dulcinée fàt effectivement désenchantée; car, disait-on ^ elle serait déjà venue vous voir pour vous remercier. Ils allèrent après le diner faire un tour dans les jardins du château , où , après avoir continué long-temps la même conversation , tout le monde a'éloigoa insensiblement de don Quichotte , qui de sa part ne fut pas fâché d'aller seul entretenir ses rêveries environ une heure, après quoi les deux ducs et le comte Yalerio allèrent le trouvei; avec beaucoup d'empressement en apparence.

Ah ! seigneur chevalier , lui dit le duc 4e Me4oc ep l'abordapti il T^ept d'arriver

mti WJCHOTT».

qualité ëmioente, tant par «a perspoo^ que parsoa train, et qui ^«tla plus belle créature que j'aie jamais yue. Elle n'a point youlu dire qui «elle est 9 mais elle a promis qu'on le saurait en votre présence», et elle vous demande avec l)eaueoup d'impatience* Je l'ai conduite dans l'appartement de la duchesse mon épouse, ou m^adame d'Albuquerque j^t les autres dj^mes lui tiennent cpmi>^goie çt l'aduvi* renU Don Quichotte, qui avait l'idée remplie de sa Dulciioée , ne douta pas un moment que ce m Tut ell^^ ^ suivit le duc et les autres « qui l'em^ndea^ieiit c<»mme ea triomphe^ en publiait la ^e^ut^ de cette dame inconnue-

J)és qu'ii^ parurent ^ Dukioé^t car c'était en eiTct elle-même, alla au-devant d'eu^ , et voulut epcore se jeter w% pieds du Xejidre chevalier, q^i l'eif ei^)i£cbaf ^\f qui ne put vQlr'la perte qu'il iaisail d'uaç ^i belle personne sans répandre d^ UrijQeSf Elle le remercia epcore de la liberlfé qu'il lui avait p2:ocurée , et le pria de .t^rouver hon qu'elle allât accomplir son vpeu. Le cbei^aUer coosepUt i tput eç qu'elle voulut^ et lui dit qu'il était jpèt, à la conduire partout où elle avait dessein d'aller, ^on ^ seigneur ^ répoad'ttelle en faisant sexuUlaiit de pleurer j| ie^ I^Um^s qqe j'ai ppyr vous «e cadrent point avec les v<06^ux qu^ je vais faic^; p*eoMriBtenonsppij3t,KPreblessmreqae nous

devrons Vwx ê% VgUêHtn UoNr if «mim :

notr«<fépar4tioo «a ast l^seul mf^y^u* Si p vous voyais plua lopg^tempat jf ne ferais que ma reodri^ malb^ureuae : aioâ p^rineUe^TfiiGi de prendra de vova «o <:o<igé étoroeU Ces ebemins sont sûrs , et mon éqiMpagi? est asses grand pour me garantir de toute HMUvaisf «veolttit; {];arde^ cette bague pour rai»0ur de moi : je vous U donne, fin m^o^e tWBps ells lui présenta u^ A>rlt beau diamfAt^ ie chevalier: le f^i après queiq[iM diffieidtSv ep lui baisaat la ww «t w ffietlAiU m genou i terre^ SosMÎta J)\iIc9o4a «mbrasis tOMtes 1^ dpniet, et j»^ omnii le ^tiags QQ passaot d^vMtdçm Quic^Uff^cMame pour lui cacher ses pleurs^ (#eilac4etUdoc lui présenta la main , et la conduisit jusqu'à sop imrr«t9s^, â'oik «Ho nigafda ^core le désolé ^jiair^Mpera et 1^4 défendît de la suivre* Il U vit partir daqa «ao carrosse , traixié piMC six «îbavaHK^ et fim de vingt cavaliei^ U spivadaRt'. Cdtaîeat ceux qui avaient si bien lait Up î^^ga* d'enfer» les eocbanleuri a(k«4éaiwa« tpuf de la l)andf da fir^ff^iiifMit et de Gipez de P^^samoutay qui ^'^ leUMur* uaieot fort bie^ répmpeoa^a d|i divertisscment qu'ils sétaieioft dpood i eux* roéaies. Elle «nràit fort hiep jg«é ao« personnage, et son mari» qui avait fait catiii de Merlin» a'ea ^it wmi tact bien acquitté.

SB^^^^S^^^^^!^^!R|RSPSSK^ffi^ J

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