‹ Histoire de l'admirable Don Quichotte de la MancheChapitre 38 sur 136 · CHAPITRE Vn · texte numérisé non relu

CHAPITRE Vn

L*élrauge aYentnre du char dea officiera de la mort.

Don Olùchotte était dans une méhuioolie extrême, eu égard au mauvais tour que lui avalent fait les enchanteurs en trans* formant sa douce dame en une laide paysanne, et ce qui le désespérait c'est quil n'y Toyait point de remède. Ces tristes peu* aèes l'occupaient si fort, qu'il en était tout bors de luinnème ; ^ il ne s'apercevait seulement pas que la bride de son cheval lui t^t échappée, et que Rossinante s'arrêCait à chaque uistant pour paître , mais Sancho vint le tirer de cet assoupissement Moi^ sieur, kd dit le fidèle ècnver , la tristesse n>«| pas pour ks bêtes, elle n*esl que pour Iv^Iknmms; mais si les hommes s*ylW9ent

trop aller, ils deviennent bêtes. RcmetteKvous donc, monsieur, et reprenez la bride de Rossinante ; réveillez-vous et Dûtes voir

Se vous êtes chevalier enrant I Hé I que ible cela veut41 dire ? sommes-nous id ou autre part ? je n'ai jamais vu un déco«iragement pardi ? Ne yaudrait-il pas mieux que le diaUe eût emporté autant de Dulcinées ou'il y en a au monde , plutôt qu'un soil cnevalier errant tombât malade? Et TOUS vous laissez aller cependant comme si tout était p«rdul Tais-toi , répondit don Quichotte, tais-toi, et ne profère point de blasphèmes contre la inrinccsse Duldnée.

Ceal moi qui soi» cowibto de sa disgrâce :

Digiti:

elle ne «erait point malhenreurse si les enchanteurs ne portaient jpoint envie à ma gloire et à mes plaisirs, âor ma foi, reprit SanchOy j'en conviens, cela est pitoyable, et ^e ne sais pas qguel est le coeur de roche qui ne se fendrait point en voyant cette pauvre dame faite comme elle est maintenant. Tu as raison de parler ainsi, dit don Quichotte, toi, qui as vu sa beauté sans aucun nuage et dans tout son édat, car le charme ne te troublait pas la vue comme à moi ; c*«t pour moi s^ qu'il est fait, et c'est moi seul qui en éprouve le dangereux artifice. Qq[)endant, Sancho, si je m'en souviens tien, tu m'as fort mal dépeint la beauté de ma dame, car tu m'as dit qu'elle a des yeux de peries , et les yeux qui paraissent de perles ne siéent pas fort bien aux dames ; pour moi je m'imagine que ceux de Dulcinée doivent être des turquoises ou des émeraudes de vieÛle roche, et que deux arcs célestes leur servent de sourcils. Réserve donc les perles pour les dents, et non pour les yeux, cat assurémaiit tu t'es trom-

Eé en prenant l'un pour l'autre. Cela peut ien être , répondit Sancho , car j'ai été aussi troublé de sa grande beauté que vous avez pu l'être de sa laideur. Mais , monsieur, il faut recommander le tout à Dieu, lui qui sait tout ce qui doit arriver dans ce malheureux monde , où on a tant de peine à trouver quelle chose qui ne soit pas mêlé de méchanceté et de perfidie. Il n'y a qu'une chose qui me fâche, monsieur, dans tout cela, c'est que, quand vous aurez vaincu quelque géant ou quelque chevalier, et que vous lui commanderez d'adler se présenter de votre part devant madame Dulcinée, où diable est-ce que le pauvre géant ou chevalier la prendront-ils?

Je m'imagine le voir, le benêt, qui s'en va dans les rues du Toboso, bouche béante, cherchant madame Dulcinée, qui lui passe six fois devant le nez sans qu'il la reconnaisse. Peut-être, Sancho, répondit don Quichotte, que le charme ne s'étendra pas sur des géants ou des chevaliers vaincus. Mais nous en ferons l'expérience sur les deux ou trois premiers que je vaincrai, en leur ordonnant de venir me redire ce cpii leur sera arrivé avec eUe. Vous ave» raison , monsieur, dit Sancho, je trouve l'invention bonne ; et si nous découvrons que la beauté de madame Dulcinée n'est cachée que pour vous, nous aurons la certitude que c'est vous qui êtes malheureux, et non pas elle. Mais, monsieur , tandis que voire maltresse se porte ben, qu'avons-nous besoin de nous attris-

ter, nous autres? Poussons toujours no tre fortune du mieux que nous pourrons , en cherchant nos aventures; le temps romédiera à tout, lui qui est le meilleur médecin du monde, et qui guérit presque toute sorte de maladies. Don Quichotte allait répondre, quand il aperçut dans le chemin un chanot charcé de tant de dilTérents personnages, qu'il ne put s'empêcher dW prêter une grande attention. Celui qui servait de cocher était un démon hideux ; et comme le chariot était découvert , on voyait aisément tout ce qui était dedans. La Sremiére figure qui s^oflfrit aux yeux de on Quichotte , après le cocher, fut celle de la mort sous un visage d'homme, et il y avait auprès d'elle un ange avec de grandes ailes de diverses couleurs, et de l'autre coté un empereur avec une couronne oui paraissait d or ; aux pieds de la mort était te dieu Cnpidon avec son carquois, son arc et ses flèches, mais sans bandeau: on voyait ensuite un chevalier armé de pied en cap , mais au lieu de casque il portait un chapeau tout couvert de plumes ; et il y avait en outre un grand nombre d'autres personnes diversement déguisées.

Ce spectacle surprit d'abord notre chcvahOT et excita son étonnement; quant à Sancho, il en eut toute la frayeur qu'on P®"t en avoir. Mais une prompte joie succéda à la surprise dans l'esprit de don Quichotte, qui ne douta point que ce ne fût une occasion de quelque grande et nouvelle aventure. Dans cette pensée, il s'avance, et résolu de s'exposer à toute sorte de pénis, il se pose au devant du chariot, et dune voix fière et menaçante, il crie : Charretier, cocher ou diable , il faut que tu me dises à l'instant qui tu es , où tu vas , et quels gens tu mènes dans ce chariot, qui a bien plus l'air de la barque à Caron que d un chariot ordinaire? Monsieur, répondit doucement le diable en arrêtant son chanot, nous sommes des acteurs de la compagnie du mauvais ange ; nous avons , ce matin , oui est l'octave de la Fête-Dieu , représente la traçédie des Etats de la mort, derrière cette colline que vous voyez là, et nous devons la jouer encore ce soir dans ce viUage qui est devant nous; et, parce qu il n'y a pas loin, nous n'avons pas voulu quitter nos habits, pour ne pomt avoir la peine de les reprendre. Ce jeune homme représente la mort et cet autre est un ange : cette femme , qui est la femme de 1 auteur de la comédie, est la reine; en voilà un qui fait le personnage dun empereur et cet autre celui d^ soldat; et

U)S i^lUÂlOTlE,

nu , je sfii:» Ut diailc , à TOire service , et on <ks |)Tiodaax acteurs, car c'est moi qm imfre la acrne. Si Tf>i» avez autre chose à me rfemander, monsieur, ne cra ignez point, j^; rép</ndrai à tr>ut îscrupuleusement : romr me je âuis le diable , il n'y a rien que je ne ^arhe« Sur mon honneur, répondit don <^irhotte, foi de chevalier errant, lorsf|ue j'ai vu le chariot, j'aurais juré que c était une grande aventure qui soffrait, ^ je rois i>ir>n maintenant qu*il ne faut jamais se fier aux apparenci-s , si Ton ne veut être trom- ))é. Allez 9 mes amis, allez en paix célébrer votre fête, et si je vous suis utile à quelque ciMise, croyez que je suis à vous de tout mon c^mir : toute ma vie, j'ai aimé la corr.édie et les masques, et, dés ma tendre jeunesse , ça toujours été ma passion.

Presqu'au même instant , il arriva un des acteurs, qui était resté derrière : il était tout couvert d'oripeaux , avec plusieurs rangs de sonnettes , et il portait , au bout d'un bAton, trois vessies de pourceau enflé<*s. (^ dr6k^-€i , en approchant de don Qiji('lu)tte , commença à escrimer de son bâton , frappant de temps en temps la terre avoc h*s vessies, et faisant à droite et à gauche d(ï grands sauts qui faisaient résonner I(*s sonnettes. Une si étrange flgure , co Irruit et cette agitation firent peur à Rossinante; : il prit le frein aux dents , et , malgré l'adresse de doaQuichotte , il se mit à courir à travers champs, avec une légèreté (|u*on aurait jamais attendue de lui. En même tem|)s Sancho , qui vit son maître en danger de tomber , sauta du grison à bas , et courut de toute sa force pour le secourir; mais quand il arriva, don Quichotte avait déjà fait la culbute, aussi bien que Hossinante, à qui cela ne manquait jamais d'arriver. (Cependant Sancho ne fut pas plutôt & b.'is , que le diable des vessies , voyant fane sans maître , sauta légèrement dessus, et , le pressant à grands coups de vessie , tandis qu il Veffrayait déjà bien-assez par le bruit des scyinettes , il le Ut cjoutït comme un cerf vers le village où ils allaient jouer la comédie. Sancho regardait avecune douleur incroyable la chute de don Quichotte et la course de son grison, et ne savait auquel il devait courir le premier, mais enfin son bon naturel le détermina en faveur de son maître, quelque amitié qu*il eut pour son âne , et quoiqu'il souQrtt douloureusement des coups qu'il lui voyait pleuvoir sur la croupe. Il alla donc vers don Quichotte , qui était tombé assez rudement, et , rayant aidé à remonter sur Rossinante : Monsieur , lui dit-il en soupirant , le diable

emmène le grîsoo. Qœl diable ? demanda don Quichotte. Celui des somMtta, rêpundit Sa nclio.Console4oi , Sancho,repartit don i^ichotte : je te le ferai bien rendre* fât-il caché dans le fond des abimes. Sais-aii>î seulement; le chariot ne va pas trop >ite, et les mules te récompensen>at en attendant de la perte du grison. Ah! monsieur, il n'en est pas besoin, cria Sancbo : ie diable a abaiidonné le grison. Le voilà qui revient, le pauvre enfont ! Je savais bien qu'il riendrait me chercher si nue fois il était en liberté.

Sancho disait vrai : le diable et le grison avaient culbuté, comme pour imiter don Quichotte et Rossinante, et pendant que le diable s'en allait à pied au village ; Fane revenait vers son maître. Quoi qu*il en soit , dit don Quichotte , il ne sera pas mal à propos de châtier l'insolence de ce démon , quand ce ne serait que pour Texemple, et je vais te venger tout à r heure du premier qui me tombera sons la main , fûtce Fempereur même. Monsieur , monsieur, repartit Sancho , laissons cela : sur ma foi , la chose n'en vaut pas la pdne. D n'y a rien à gagner avec les charlatans : ce sont des gens qui trouvent toujours des amis. J'ai vu autrefois un comédien poursuivi pour deux meurtres, et il en sortit sans qu'il lui en coûtât une maille. Ne savczvous pas bien que tout le monde aime ces gens-là , parce qu'ils donnent du plaisir et Qu'ils font rire, et ceux-ci surtout, qui se disent de la troupe royale? 11 ne sera pourtant pas dit , répliqua don Quichotte, que le diable m'ait échappé de la sorte, quand tout le genre humain devrait s'en mêler et prendre sa protection I En même temus il court après le chariot , qui était déjà bien près du village, criant à. haute voix : Arrêtez, arrêtez, faquins, arrêtez 1 que je vous apprenne comment il faut traiter hs animaux qui servent de monture aux écuyers des chevaliers errants. Don Quichotte cria si fort , que les comédiens l'entendirent fort bien. Jugeant de son intention par ses paroles, la mort incontinent se jette à terre avec le diable qui servait de cocher , suivis de l'empereur et de l'ange; et il n'y eut pas jusqu'au dieu Cupidon et la reine même qui ne voulussent être de la partie ; ils se chargèrent tous de pierres, et, se retranchant derrière le chariot, attendirent don Quichotte, résolus à sebiea défendre. Don Quichotte, qui les vit si bien armés et en si bonne contenance , re« tint la bride et refléchit un instant pour savoir par où il attaquerait ce batailloa

1)o:h OiiaïaiTE.

ayec le moias de danger possible. Pendant qu'Use consultait sur ce qu* il avait à faire, âancho arriva, et, le voyant tout près d'attaquer des gens si bien retranchés : Monsieur, lui dit-il, voici une aventure qui ne me parait point du tout bonne à entreprendre : où diable sont les armes défensives contre des cailloux, à moins que Ton ne soit sons une bonne cloche de bronze? N'en ayez-vous pas fait l'épreuve assez pour ne pas la renouveler , et voulezvous attaquer seul une armée où les empereurs combattent en personne, et qui est soutenue par de bons et de mauvais anges » sans compter que la mort est à la tête ? Mais , mon maître , pour parler plus franchement, considérez-vous bien que, parmi tous ces gens-là, il n*y a pas un seul chevalier errant? En voilà assez, interrompit don Quichotte , tu as trouvé le véritable motif , et voilà justement ce qui doit me faire changer de résolution : je ne puis ni ne dois mettre Tépée à la main contre qui que ce soit qui n'ait reçu Tordre de chevalerie. C'est donc là ton affaire , Sancho ; c'est à toi de i>rendre vengeance de l'outrage qu'on a fait an grison : je me

tiendrai ici pour t' animer au ooinbat et povr te donner des avis salutaires. C'est un mal, monsieur, repartit Sancho, de tirer vengeance de quelqu'un , et un bon chrétien doit tout oublier; mais je ferai en sorte avec le grison qu'il ne sera point lâché; et, comme il est pacificjue aussi bien que moi , je suis assuré que je le contenterai mieux d'une mesure d'avoine qu'avec toutes les satisfactions du monde, si c'est là ta résolution, répliqua don Quichotte , bon et pacifique Sancho , Sancho chrétien, laissons là ces fantômes et allons chercher des aventures meilleures et plus importantes : ce pays-ci a l'air d'en produire de nombreuses et des plus surprenantes. En disant cela , il se jeta sur Rossinante , et Sancho alla monter sur son âne. I^ mort , de son côté , avec toute sa troupe , se remit dans le chariot , et ils continuèrent leur voyage. Voilà l'heureuse fin qu'eut la terrible et périlleuse aventure dû chariot de la mort, grâce aux sages conseils de Sancho Pança. Nos héros eurent , le jour suivant, une autre aventure non moins étonnante que celle-ci, et qui mérite bien à elle seule, un uou veau, chapitre.

ciupiTRE vm.

L'étrange aventure qui arriva au valeureux don Quichotte avec le grand chevalier des Uiroire.

Don Quichotte et son ècuyei», après avoir marché quelque temps, s'arrêtèrent sous de grands arbres, où ils soupèrent au frais avec les provi^ons que portait le grison. Pendant qu'ils mangeaient, Sancho dit à son mattre : Parlez donc, monsieur : n'aurais-je pas été joli garçon si j'avais choisi pour récompense les dépouilles de la première bataille, au lieu des poulains? Ma foi, monsieur, jo le dirai toute ma vie, qui s'attend au hasard n'est pas trop assuré de dîner, et que le moineau à la main vaut bien mieux que l'oie qui vole. Cela peut être, répondit don Quichotte ; mais cependant, si tu m'avais laissé faire, tu n'aurais ras lieu de te plaindre des dépouilles, et, à heure qu'il est , tu te verrais entre les mains la couronne d'or del'empereur et tous les beaux habits de» gens.d^ sa suite. De

bonne foi, monsieur, répartit Sancho, c'est quelque chose de bon pour le regretter que les couronnes des empereurs de comédie ! Ils ne sont pas si fous que de les faire faire ' d'or, et c'est assez qu'elles soient de laiton ond'oripeau. Cela est vrai pour l'ordinaire, répliqua don Quichotte, et je ne jurerais pas aussi que tout ce que nous avons vu là fût réellement bon ; il y a apparence que c'étaient autant de choses fausses, car on n'y regarde pas de si près pour la comédie. Au reste, Sancho, je veux que tu l'aimes, la comédie, et que ceux qui la composent, et ceux qui la représentent, soient toujours de tes bons amis; car, enfin, ce sont des

Sens importants à la répijri)lique. La çoméie est un miroir fidèle qui nous représente au naturel les actions de la vie humaine , et rien au monde ne nous montre mieux

IK>N i^ricnoTTE.

f ^ qa« noa» sofhmes et ce qiM aoni deroi» ^Ire que ceux mi k représenlent. As-tn jamai» vn repeienler quelqae comédie, Sancho ? (>ni oà , monsieur, répondiMl, |eii ai Ta. L'nn est empereur, ait don Qaichotte, Fantre roi, un antre chevalier; eelai-d marchand, eehii-là soldat ; il j a an juge» an ecclésiastique, et d'antres différents personnages, suivant le sujet; et , la comédie achevée ils demeurent tous égaux. Mon ami , la même chose arrive dans le cours de la vie : il y a des empereurs et des rois, des chevaliers, des juges, des soldats, et plus de différents personnages, sans comparaison, qu'on n'en voit sur le th^Atre. Nous jouons chacun notre rôle pendant que nous y sommes, et, quand la mort est venue et nous a dépouillés des choses qui mettaient de la différence entre les uns et les autres, nous entrons tous égaux dans la sépulture. Jour de ma vie I voilA qui est bien dit, s'écria Sancho, mais cela n est pourtant pas si nouveau oue je ne Taies déjà ouï dire ; mais enfin cela est bon, aussi bien que ce qu'on dit des échecs : autant oue le jeu dure, chaque pièce fait son métier, et, le jeu fini, elles sont toutes nélo-mélc dans une botte sans aucune difrérenop, ce qui est justement comme ceux qu'on met dans le tombeau. Il me semble, Sancho, dit don Quichotte, que tu deviens

Shts habile de jour en jour. Assurément, it Sancho, j'apprends tous les jours quelque chose avec vous : il faudrait que j'eusse la tôte bien dure si je n en profitais pas. lies terres sont bien stériles et bien sèches qui ne rapportent pas du fhiit quand on les cultive et qu^on les Aune ; je veux dire, monsieur, qtie vos discours ont été le foniter que vous avex répandu sur la terre aèrhe et stérile de mon esprit, et le temps que j ai été à voire service a été la culture, et tout cela me fera rapporter du finiit dime du bon labourage que vous avei Huit dans mou intelligence. Don Quidiotle •ouril du bon misonnement et des tenues recherchée de Sancho ; il hii parat qu'il m savait eMMivemenl plus qns'à FeraiiMirc^ et il était liiut surpris é» diodes i^u'il hit eiftieiidait dire de tem|n e» len^ \érilahlemeul il hii «rriimit soumnl de ne *wir%wtMr quand il voulait s élever et fiiîrp l^hahile IhMMme ;v^ enti^ laM de propMliets ^ il dirait, il y eu avait toujours qaomillé qui u'arrixaie«i point à fr<^i^

Ih M^»)MmM une partie de la Mil en teuam de 9C«ahMdes di^oMM^ jtt»fn^ c«> ^(u u prit eux ve a Nauoho de Cmner tes cnn* nvvtiMs 4e sa \iie : t'élail sa imnièw die

Crier quand il voufanldonnir. IldUt bâ t et le HeoQ au grisou, et kd Ussa la liberté de paître; nour Rosainanle, il lui Ma sfanpfeneBt la bride, parce que don Qnicbotte lui avait expressément défieiidn de tau ôter jamab la seBe luit qu'as seraient en campagne ou qu ils coudioraient à découvert ; coutume ancicmie si prudemment établie et si fidtiJenient observée par les chevaliers errants, oii^on ne trouve jamais rien de contraire dans leurs histoires. Enfin Sancho s'endormit au pied d'un chêne; et don Quichotte, appuyé contre un autre, sommeillait, et rêvait par fois, pendant que Rossinanin et le grison se mirent à paître l'herbe fraîche.

Ce fut une chose admirable (jue ramltié de ces deux animaux, et on sait par tradition que l'auteur de cette histoire en avait composé des chapitres entier ; mais fl n'a

Ks voulu les mettre dans son livre, pour s raisons de convenance, quoiq[ue cependant il se laisse aller qudquefbisjusqu'à écrire que ces deux rares animaux prenaient un plaisir singulier à se gratter l'un l'autre, et que, qwmd ils étaient bien las de se gratter. Rossinante élendaitle cou en croix sur celui du grison, en le faisant dépasser d'une bonne demi-aune ; et puis, tous deux les yeux fichés en terre, ils auraient demeuré deux jours de cette manière, si on ne les en avait tirés, ou qu'Os n'eussent été pressés par la faim. D y en a qui disent que l'auteur n'avait pas fait scruj^e de comparer leur amitié à celle de Ntsus et d'Euryale, ou à celle dePyrade et d'Oreste : ce qui doit nous montrer la grande opinion qu'il en avait» et eu même temi»s combien il est indigne aux hommes de vi<der famitié qu'ils ont une fi^fe jurée, pendantque les bètes rentretit— inl fidèlement Et il ne faut pas s'imaginer qwrauleur se soit fort éloigné de h rabon en comparant ramiliè des bêtes avw celle des

coup de «oses fUBnnnnfs aver dfcs» et me c^est dTcOes qu*ib ont appris heiuacoup de choses importantes : c*est des ciaugufs que nous tenoBS r»age du remNie le plus oriiuairedela médecine ; les imMS j exemple de la vigilance; les f

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