‹ Histoire de l'Afrique septentrionale (Berbérie) depuis les temps les plus reculés jusqu'a la conquête français (1830) (volume 2)Chapitre 102 sur 174 · LES CIIERIFS HASSAN! AU MAROC · texte numérisé non relu

LES CIIERIFS HASSAN! AU MAROC

1763, 1764, le sultan parcourut, avec des forces imposantes, les régions éloignées ou les montagnes d'accès difficile, dans lesquelles l'esprit de révolte avait persisté. Les Haïaïna, qui, à l'est de Fcs, avaient fini par méconnaître toute autorité, furent atteints par le sultan dans le pays des R'iatha, au delà de Taza, battus, châtiés et contraints à la soumission.

Fondation de Mogador. Lb sultan conclut dbs traités de

PAIX AVBC LES NATIONS EUROPEENNES. AFFAIRE DE l'ArACHB. Vers

la même époque (1764-65), le sultan se rendit à Mogador (Souéïra) qui n'était alors qu'une bourgade, auprès d'un havre abrité par deux îlots, et y traça la ville actuelle. Pour y attirer du monde, il décida que son port serait franc ; mais les îlots furent fortifiés et armés. Il permit en même temps l'exportation des céréales, ce qui donna au commerce un accroissement considérable dont le trésor profita. Depuis son avènement, Moulaï-Mohammed s'était efforcé de renouer, avec les puissances européennes, les relations amicales qui avaient cessé pendant le règne troublé de son père, Ce fut ainsi qu'il conclut de nouveaux traités de paix et de commerce avec le Danemark auquel il concéda même, pendant quelque temps, le monopole du commerce de Safi et de Salé (1757) ; l'Angleterre (1760 et 1765) ; la Suède (1763) ; Venise (1765). Toutes ces puissances s'engagèrent à fournir au Maroc de véritables redevances, contre l'engagement de faire respecter leurs navires. Restaient l'Espagne et la France auxquelles le sultan fit des avances. Un négociateur ayant été envoyé auprès du duc de Choiseul, celui-ci fit partir pour le Maroc un certain Salva, chargé de poser les bases du traité et une escadre sous le commandement de Du Chaffaut, afin de l'appuyer (avril-mai 1766).

Des actes de piraterie ayant été commis, quelque temps auparavant, par des corsaire- de Salé, l'amiral français voulut obtenir des gens de cette ville, si indisciplinés et si agressifs, les satisfactions qu'il était chargé d'exiger ; et, comme il n'arrivait à rien par la voie de la douceur, il bombarda Salé et Rabat, mais sans obtenir un résultat bien effectif. De là, il se rendit à El-Araïche (ou L'Arache) et bombarda, le 29 juin, la ville et les forts ; pendant la nuit suivante, il détacha de la flotte huit chaloupes avec mission d'incendier un vaisseau se trouvant à l'entrée de la rivière (l'Ouadel-Kous). L'entreprise réussit à merveille ; mais, à la vue de l'incendie, les indigènes accoururent en grand nombre pour éteindre le feu et les Français durent se retirer, sans toutefois avoir perdu un seul homme.

HISTOIRE DB l'aFRIQUB

Le 28, on recommença le bombardement et, vers quatre heures du soir, un officier, M. de Beauregard, fut chargé d aller avec les chaloupes incendier les navires ennemis. Il pénétra sans peine dans la passe, partagea ses forces en deux divisions et commença son œuvre. Mais les indigènes entourèrent les Français et leur firent éprouver des pertes sensibles. Il fallut ordonner la retraite : malheureusement la marée montante rendait la barre de la rivière presque infranchissable. Après d'héroïques efforts et une lutte acharnée, quatre chaloupes restèrent aux mains des indigènes. Cette fatale entreprise coûtait à la flotte plus de deux cents hommes, dont trente officiers ou gardes de la marine. Sur ce nombre •48 seulement furent faits prisonniers et parmi eux Bidé de Maurville, qui a publié une relation complète de l'affaire de L'Arache et de sa captivité

Ces événements ne paraissent pas avoir nui à la marche des négociations de l'envoyé français, d'où l'on peut induire que le sultan les présenta comme des hostilités particulières des gens de la côte. En 1767, le comte Breugnon, ambassadeur de France, fut reçu pompeusement à Maroc, où il était arrivé par la voie de Salé, et signa, le 28 mai, un traité d'amitié et d'alliance dont les bases ont réglé les rapports des deux nations jusqu'à nos jours. Les privilèges qui y sont accordés à la France sont considérables et, là comme ailleurs, la prépondérance lui est assurée. Chénier, laissé comme consul général, fixa sa résidence à Salé.

Poursuivant et complétant son œuvre, Moulaï-Mohammed avait envoyé en Espagne, dans le cours de l'année 17G6, un ambassadeur extraordinaire Abou-l'Abbas-el-Ghazzal, homme instruit, qui a laissé un récit très complet et fort ampoulé de son voyage. Il fut bien reçu par le roi Charles III et rapporta à son maître les bases d'un traité qu'on signa et ratifia l'année suivante. Dans cette même année 1767, Moulaï-Mohammed reçut, du sultan ottoman Moustafa III, un ambassadeur chargé de lui remettre, à titre de présent, une cargaison entière de canons, de mortiers et de munitions. Ce n'était, du reste, qu'un échange de bons procédés, car le prince marocain avait envoyé à son collègue d'Orient des cadeaux non moins précieux *.

Alger. Mort du dbt Baba-Ali. Avènbmbnt db Mohammed bbn-

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